CHAPITRE y m
étiquette ayec. lewjpieUes tous les points de la discipline militaire furent cUMenés poor sa réadmiision au château. Cepradant Tair froid d'une humide soirée de printemps lui, pénétrait tout le corps ainsi qu'aux gens de sa suite, tandis qu'ils attendaient devant le château qu'on échangeât le mot d'ordre, qu'on livrât les cleiii, qu'on terminât ei^ toutes ces minuties quiaccompagnentles mou^ vements d'une garnison dans une forteresse bien gardée.
c Allons, dit*il à uu vieux chevalier qui censurait aigrement le lieuienint'gouvemeur , c'est ma iisiute. J'ai parlé tout-à-l'heure à Aymer de Valence d'un ton un peu trop impérieux pour qu'il n'en tdt point offensé , lui si récemment élevé aux honneurs de la chevalerie, et cette manière exacte d'obéir n'est qu'un acte de représailles assez natiu'cl et très pardonnable. Eh bien ! nous lui devons quelque chose en retour, sir Philippe, n'est-ce pas? Ce n'est pas un soir comme celui-ci qu'il fiiut Ikire rester les gens à la porte. ».
Ce dialogue, entendu par quelques uns des écuyers et des pages, voyagea de l'un â l'autre- jusqu'à ce qu'il perdit entièrement le ton de bonne humeur avec lequel il avait été tenu; on crut que sir John de Wallon et dr Philippe méditaient une vengeance» et l'on répéta que le gouverneur regardait ce retard comme un affront mortel que son subordonné lui disait avec intention.
C'était ainsi que la haine augmentait de jour ea jour entre deux guerriers qui, sans aucun juste motif de mésintelligence, avaient au contraire toute raison de s'aimer et de s'estimer l'un l'autre. Elle devint visible dans la forteresse même pour les simples soldats , qui espéraient gagner de l'importance en se prêtant à l'espèce d'émulation produite par la jalousie des officiers commandants. Une pareille lutte peut bien exister aujourd'hui, mais dégagée du seuiti-' ment d'orgueil blessé et de dignité jalouse qui s'y rattachait , alors que les dievaliers avaient pour but de ne pas permettre que la moindre atteinte fût portée à ce qu'ils appelaient leur honneur.
Tant de petites querelles eurent lieu entre les deux chevaliers, que sir Aymer de Valence se crut obligé d'en écrire à son oncle , le comte de Pembroke. Il déclarait à son parent que sir John de Walton avait malheureuseoient compi depuis un certain temps des préventions eontre lui , et que , après avoir supporté en beaucoup d'occasions la mauvaise humeur de son commandant, il se voyait forcé de demander qu'on l'envoyât du château de Douglas dans tout autre endroit où il pourrait acquérir quelqae gloire et oublier lea Bdotifis de plainte qu'il avait contre son si^érieur. Dans le courant
U LE CnkTEàV DANGEREUX.
d«lâ ItfttM, tir Ajnnef prit tm ioin toat {NirUeidter d'expHlNfr en termai e<mf raablM le ohisrtai qne Inl dftnsatettt la )ttoi!isi« et les injustieai de ilr John i mah de tels sentlneata twt difleUea à déguiser /et malgré luii m air de déplaisir qui perçait dans |Aiisieufs passages iu^quait eotnbien 11 était loéeoiitent du Tiiiix «mi M du eompagneii d*armes de son miele, aÉisi que du genre de scryice militaire que son onde lui «ratt assigné.
A Ja snite d^unmottf eioentaeeideDtelparflrt les troupes anglaises, sir Aymer re^t une ré|N)nse beaucoup pins t6t qu'il n'aurait pu s*y attMidre à cette époque » d'après le cours ordinaire des correspondances qui étaient toujours extrêmement lentes et soufttt inteiwftipues.
^Mabroke, Tieux guerrier rigide, arait toujours en mie éfiMÊfa très partiale de sir John de WaUon , qui était pour ainsi dire f ouvrage de ses propres mains , et il fût indigné de ?oir que son âerefn , qu'il ne consMérait que comme un bambin enorgueilK par le titre de chcTaUer qu'ii avait récemment <ditentt avant Tàge , ne partageait pas absolufiHent sm opinion sons ce rapports II lui répondit donc siff un ton de véritable mécontentement, et s^exprimn comme «ne personne haut j^aoée en lice d'un Jemie parent qni lui doit tout. Comme il ne pouvait Juger des causes de pleinte d# son neveu que d'après sa lettre, 11 ne crut pas hii Mre injustice mi les considérant comme plus légères qu'elles n'étaient règlement. Il rappela au jeune homme que le devoir d'un chevalier consistait h ^acquitter avec ddélHé et patience du service âriHtaire, qu'il fdt hOÉOrable ou simplement utOe, suivant les circonstances oA Ton se trouvait placé par la guerre ,• que surtout le poste du danger, comme lé diAteau de Douglas avait été surnommé d*un consentement unanime , était aussi le poste de rh<Kmeor , et quHm jeune homme devait être circonspect sur la manière dont il s'nposait aux aopposlUons qn'il était permis de ftiire pour expliquer son désir de quitter un poste si glorieux ? bref il devait se garder de paraître las d0 la dise^ine militaire d'un gouverneur aussi renommé que sir John de WàMen. Cette lettre s^ét(Hidati«neore longuement ( ce qui était bien natoÉel vu l'époque) sur l'obligation où se trouvaient les Jeunes gens do se laisser aussi guider itnpiieitement par leurs aînés dans le eonaeil comme sur le champ de bataille ; l'onole iiisalt observer «voe Justesse h son neveu , qb6 roAcier supérieur qui s'était mis en position de répondit sur son honneur, sinon sur $9t vie, dn résultat d*un siège on d'un bleeus , pouvait ^stement et è vu degré plus qn^or-
Enfin P«»brofc« ri^dult i m Aymr j^ue laurépuWipn à ¥«iiir 44p«iiâaît w ffrm4« fiartie du rippfNi j^u» on w>iiis fiivprable «ue «ir J^bii â« Wultm raidralt ito la ocuiduito; H tyoï^t (Hilare qw dai tetiom d# valew t<im4wr« «t ûifiOQaidérée m ftmdeirfiie»ti pm WMi «oUâement m r^nonoMto œilitetr^ qw de« nm% et â«$ am^M pMf^ae dan» uoo (A^Msano^ réguli^i fiwroia ^t biiiirt)la à lafotoi wi op4r«^ que lafouTemeur de Douglaa pouvait Juger néceisairei dam eei ooi^onetvrea eHtMiiiei,
Cette mîmfe ^tant armée fert peu de teœpi ij^$ VeuToi de la lettre de air Ajra^f eelu^ei fut^eaque tenté da ayM)oier que «on Mêle afait qualfue moyen de eorretpmdre avec de Walton» ior emuo au jeune cbevalter ]uH»4Hie et au reite de la ffarni»ou< £t oeauneleeoiBte Aiisait aHusiaaà eertaiue oe^mion partiouliàre» ré* eeote néme > oà de Yal^oe avait téinQia(8é $en jdé^aiiir à propci d'une liaiatélle, la eimnaissaiiee de ee fiiit et de ^elfiiei autrei ai* UâU i parveuue à ion onde » eesAnH le jeune homme dans Tidée que sa eonduite était épiée d'una mani^ qu'il treuvait peu hemH rdile peur liû^mème et peu délleate de la part de ton parent : bre& il se crut soumis à cette espèee de surveitlanoe dont kë yoimes tm$ eut toidours aoeusé les vîaus. Il est à peine néeessaîre da dire que TadmoBition du eeoite de Pembroke irrita vivement resprttbwtain deaoA Mveu» à tal pmt que, sile aonrteedtt voulu éôrlre une lettre tout exprè» pour augmenter des prév«tf ions qu'il désirait détruire» il n'aurait pu empto y o r des termes phn propres àoUenir eeréiuHit
X^ vérité était q^ le vieil ardier , Gitt)ert Oreenleaf » sans ^eb jeuoe ebevdfer eu sàt rien» s'était rendn au eamp de Pambiidce» dans le comté d'Ayr » et avait 4té reeeramandé au eomte par sir John de WaUmit eammenue penonna qui pouirait lui donner» n^ latîvement à Aymerde Ydenee , tons las nmeigomo^È désirables. Le vMl areher était, eomme nous l'avons vu , ri(pde ebsorvateiar de la rigla , et, quand il fut mis tnr le eluqritre de la conduite de sir Aymer de yalenae ,11 n'bésita pobù à liriré certains aveux qiri^ rapprochés de erax ipie renfermait la lettre du chevalier» firent concevoir un peu trop légàremei^ au vieux eomte l'idée qne son neveii s'abandouomt à un esprit d'insubordination et à ui^ senÉiffie»t d'impatîenœ contre tonte autorité , très dangereux à la réputation d'un j«me soldat. Um petite expiieatlon am*ait produit un aornord œmplal dans lauaa oianttares de folr; ua|s> destin n'en laénagM ai
le temps ni Toceasion ; et le vieux comte fut matheureusement amené à deveDir partie , aa lieu de négociateur dans cette guerre.
Sir John de Walton s^aperçut bienUytquela réception de la lettre de Peœbroke ne changeait nullement la conduite froide et céréaionieuse de son Heutenant , conduite qui limitait leurs relations à eelles que le service rendait indispensables, et qui ne pouvait ramener une familiarité franche et intime. Ainsi, comme la chose peut encore arriver aujourd'hui entre deux officiers dans leurs si-' tuations relatives, ils restèrent dans te f rod cérémonial des communications officielles, n'échangeant que le peu de paroles qui étaient absolument nécessaires. Un tel état de mésintelligence est,
en fait, pire qu'une véritable querelle Une quarelie peut amener
une explication ou des excuses, ou servir d'olget à une médiation; mats quand il s'agit de mésintelligence, im éclaircissement est toutk-fait invraisemblable, comme le serait un engagement général entre deux armées qui toutes deux occupent de fortes positions défensives. Cependant le devoir obligeait les deux eheft de la garnison du château de Douglas à être souvent ensemble , et , bien loin quMls cherchassent à raccommoder les choses ^ ces entrevues ravivaient plutôt les anctens motifs de discorde.
Ce fut dans une semblable occasion que de Walton deman^ à de Valence , dHm ton très sévère , à quel titre et combien de temps son bon plaisir était que le ménestrel Bertram restât au château.
« Une semaine^ dit le gouverneur, est certainement assez longue, vu le lieu et les circonstances , pour montrer Thospitalité due à un ménestrel. — Je puis vous assurer , répondit le jeune homme , que ce ménestrelin'intéresse si peu que je ne puis ftmner aucun d^ir qui le concerne.*— Enee cas, reprit de Walton, je prierai cetindbiridtt d'abréger son séjour dans le château de Douglas. ^ Je ne vois pas quelle espèce d'intérêt, répliqua Aymer de Valence, je pourrais attacher au séjour ou au départ de cet homme : il est venu ici sous prétexte de faire quelque recherche concernant les^écrits de Thomas 4*£rceldoune , surnommé le Rimear : ces écrits , dit-il , sont infinhnent curieux , et il en existe dans la bibliothèque du vieux baron un volume qui a échappé aux flammes d'une manière ou d'une autre , lors du dernier incendie général. Maintenant vous en savez autant que moi sur le but de sa visite ; et si vous trouvez que la présence d'un vieillard errant et le voisinage de son jeune fils soient dange- -leux pour le château que vous êtes chargé de dâbndre , vous ferez \mi^ sans aucun doute ylde les congédier. Pour cela il vous suffira