CHAPITRE VIII
Il avait atteint la porte extérieure de l'appartement ^ et ses satellites avaient déjà mis là main sur le vieillard, lorsque eelni-ci se mit à rappeler sir de Walton , le priant de revenir pour un seul Instant.
« Qu'avez-vous à dire, monsieur? lui demanda le gouverneur; bâtez- vous, car j'ai déjà perdu trop de temps à vous écouter : c'est pourquoi je vous conseille , dans votre propre intérêt... — Et moi je vous conseille , dans le vôtre , «ir John de Wallon , interrompit le ménestrel , de bien réfléchir avant de persister dans la résolution où vous êtes , résolution qui pourra vous attirer des châtiments plus rigoureux qu'il n'est possible de les imaginer. Si vous faites tomber un ^dieveu de la tète de ce jeune homme , si vous osez même permettre qu'on lui impose aucune privation qu'il est en votre pouvoir d'empêcher, c'est à vous-même que vous préparez les douleurs les plus vives et les plus cuisantes. J'en jure par tout ce que notre sainte religion a de plus sacré ; j'en prends à témoin: ce saint Sépulcre dont je fus le visiteur faidigne : je ne dis que la vérité , et vous vous montrerez un jour reconnaissant du rôle que je joue aujourd'hui. Il est de mon intérêt, aussi bien que du vôtre, de vous tenir en possession dé ce château , quoiqu'assurément je sache des choses qui le concernent et qui vous concernent aussi, sir John, mais que je ne puis dire sans le consentement de ce jeune homme. Apportez- moi seulement un bOlet de sa main, où il marque qu'il consent à ce que je vous mette dans notre secret , et , croyez-moi , vous verrez bientôt tous les nuages qui nous enveloppent se dissiper : jamais pénible incertitude ne se sera plus vite changée en j#ie, jamais nuage chargé de tonnerre n'aura plus promptement fait place aux rayons du soleil.
Il parlait avec tant de chaleur , qu'il fit quelque impression sur sir John de Walton ; et celui-ci se trouva plus embarrassé que jamais.
« Je serais charmé, dit le gouverneur, de pouvoir atteindre mon but en n'usant que des plus doux moyens qui soient en mon pou^ voir ; et je ne tourmenterai ce pauvre jeune homme qu'autant que votre obstination et la sienne m'y contraindront. Cependant , songez, sire ménestrel, que mon devoir m'impose des obligations , et » si j'y manque pour un jour , il conviendra que vous fassiez tous les eflbrts qui seront en votre puissance pour me payer de mon indulgence. Je vous permettrai d'écrire un mot à votre fils, et j'attendrai sa réponse avant de chercher à éclaircir autrement cette afEaire ,
•» LE CHATEAU DANGKŒUX.
qui paraît fort myrtérieiMe. £q attendant^ si toii8 avez uae âme à sauver, je vous ooi^ure de dire la vérité : les secrets dont vous semblez être le trop fidèle dépositaire regardent-ils les prqiets de surprise que méditent Douglas » Bruce et tant d'autres contre ce château ?»
Le prisonnier réfléchit un moment^ puis il répliqua : « Je saisi sire chevalier^ à quelles terribles conditions vous est confié le commandement de cette ibrteresse ^ et s'il était en mon pouvoir de vous prêter assistance, comme ménestrel loyal et comme fidèle siyet, soii de la main, soit de la langue , je me sentirais porté à le faire. Bien loin d'0tre venu ici jouer le rôle que vos soupçons me donnaient, j'aurais pu vous annoncer d'une manière certaine que Bruce et Douglas avaiimt réuni leurs partisans pour leur signifier qu'ils renonçaient à toute tentative de révolte, et qu'ils pwtaient poiur la Terre-Saintei sans l'apparition de cet hai)itant des forêts qui, je l'ai entendu dire, vous a bravé durant la chasse. Tout me donne à croire que quand un partisan si résolu et un vassal si dévoué de Douglas était assis sans crainte parmi vous , son maUî;e et ses cainarades ne pouvaient être à use grande distance. Jusqu'à quel point ses intentions étaient-elles amicales?/. «.. Je vous en laisse le juge. Seulement veuillez croire que vos chevalets, vos genouillères , vos tenailles ne m'auraient pas extorqué des dàionciations ou dés renseignements dans une qu^elle qui ne me regarde que peu ou point, si je n'avais désiré vous convaincre qae vous avez affaire à un honnête homme qui a pris vos intérêts à cœur... Cendant , faites-moi donner ce qu'il fout pour écrirCf ou rendez-moi mon papier, mes plumes et mon encrOf car je possède à un assez haut degré les. talents de ma profession ; et je ne désespère pas de pouvoir vous procurer une exjdication de ces merveiUes avant qu'il soit long-temps. — Dieu veuille qu'il en soit ainsi, répliqua le gouverneur, quoique je ne voie guère comment je puis espérer cet heureux résultat : il me semble, au contraire f que je cours de grands risques en numtrant trop de confiance. Au reste, mon devoir m'ordonne en attendant de vous soumettre à une détention sévère. »
En pariant ainsi , il remit au prisonnier son encre et ses plumes que les arches avaient saisies dès leur arrivée > et donna ordre à sè^ satellites de lâcher lé prisonnier.
c II faut donc , dit Bèrtram » que je reste soumis a toutes les rigueurs d'une dure captivité ? Mais je consens à isouffrir m<4-même tous vos mauvais traitements^ pourvu que jo puisse vous empêcher
d'agir ayao ua àêgfé de témérité dmit Tmé sitriM toMa TOtre tie à TOUS repentir f aani jamais peyyoir êxfier totré faute. «- N' a)oa9 tez plus un mot i ménestrel f dit le gouTer&eiir^ Puièqué j'ai pris mon parti» peut-être celui qu'il m'est le plus dangereux de prendre, essayons de la vertu de ce charme qiii, dites-vous, doit me proté- ^êti Ûè lÊètùk qUé rtluilé Jetée stif le^ ftots coUi-roiicés peut, âU dire dëê tnatëiois; etï Hiibaét k fureur, i
^s^é^J^ ^t^***9 %M ^ m0 m» x^ pVr -> «^ ■
■ III ■ m» mi »!