‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 28 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LE FOSSOYBOR<

Gare \ §fiir« du Mine ntir 1 11 eMiserre eneére M jfnSU

sance , car il est encore de droit héritier de régliae , quoi que puisse dire la chanson. Àmundeyilîe est sei- ^6ot le Jotir ; ihall lé mofnè est seigneur la nuit , ei ni tiii m béi&bant'b ns iauf ftieni ptrièr itfn Valsai II con^ tester les droits du moine.

tofti) Brâoii. bon Judn , î han( xyii.

Le ménestrel ne s'était pas vanté à tort du talent avec lequel i{ maniait ia plume. En effet , aucun moine du temps n'aurait plu# promptement expédié, plus proprement tourné, ni plus joliment ëcrit le peu de lignes qu'il adressa au jeune Augustin » fils de Ber^ train le ménestrel.

« Je n'ai ni plié y dit- il , ni attaché cette lettre avec un fil de soie; car elle n'est pas conçue en termes qui puissent vous expliquer le mj^stère dont il s'agit , et , à vpus parler franchement , je ne crois pas qu'elle puisse rien vous apprendre. Àlais il peut vous être agréable de voir ce que la lettre ne contient pas , et de reconnaître qu'elle est écrite par une personne et à une personne qui toutes deux sont bien intentionnées envers vous et votre garnison. -— G'esti dit le gouverneur, une ruse qu'on emploie aisément. On peut néanmoins conclure , quoique d'une manière peu positive , que vous êtes disposé à agir de bonne foi$ et, jusqu'à ce que le contraire soit prouvé» je regarderai coinme de mon devoir de vous traiter avee toute l'induigenee que comporte cette affaire. En attendant» je vaii me rendre moi-même à l'abbaye dé Sainte-Brigitte , et interroger en personne le jeune prisonnier ', et , comme vous dites qu'il en a le |>ouvoir, je prie te ciel qu'il puisse avoir aussi la volonté d'éclair eir cette énigme ^ qui semble nous jeter tous dans la confimoAi »

En parlant ainsi , il donna ordre de préparer son cheval , et pendant qu'on. le préparait, il lut avec un grand calme la lettre du ménestrel. Elle était conçue dans les termes suivants :

c Mon cher Augustin ,

c Sir John de Wallon , gouverneur de ce château, a conçu contre nous les soupçons qui, comme je le prévoyais, devaient être la conséquence de notre voyage dans ce pays sans mission avouée* Moi , du moins , je suis arrëlé , et Ton menace de recourir aux douleurs de la torture pour me &ire avouer de force le motif de notre v^iue en cette contrée ; mais la torture dépouillera mes os de leurs chairs avant de me contraindre à violer mon serment. Le but de cette lettre e$t de vous apprendre le risque que vous courez de vous trouver dans-une position semblable à la mienne, à moins que vous ne soyez disposé à me permettre de tout découvrir à sir John. Sur ce sujet vous n'avez qu'à exprimer un désir , et vous pouvez être certain qu'il sera fidèlement rempli par votre dévoué Bertrâv. »

Cette lettre ne jetait pas la moindre lumière sur le mystère qui enveloppait son auteur. Le gouverneur la lut plus d'une fois et la tourna dans tous les sens , comme s'il eût espéré par cette action mécanique tirer de la missive des informations qu'à la première vue les mots n'exprimaient pas ; mais comme il n'obtenait aucun résultat de ce genre , de Walton se rendit au vestibule où, ayant appris à sir Aymer de Valence qu'il s'absentait pour aller jusqu'à l'abbaye de Sainte-Brigitte , il le pria de vouloir bien se charger des fonctions de gouverneur pendant sou absence. Sir Aymer répondit qu'il ne pouvait s'y refuser , et la mésintelligence qui régnait entre eux ne permit pas une plus ample explication.

Dès l'arrivée de sir John de Walton au couvent délabré , le su* périeur tout tremblant se hâta de venir immédiatement recevoir le gouverneur de la garnison anglaise, en qui reposait pour le présent toute l'espérance de la maison , pour l'indulgence avec laquelle on traitait les religieux , ainsi que pour l'entretien et la protection qui leur étaient nécessaires dans des temps si dangereux. Ayant interrogé ce prêtre relativement au jeune homme qui séjournait dans le couvent, de Walton apprit qu'il avait été malade depuis que son père Bertram , le ménestrel , l'y avait laissé. Il semblait à l'abbé que sa maladie pouvait être de Fespèce contagieuse de celle qui , à cette époque , ravageait la frontière anglaise , et faisait des incursions, en Ecosse» où elle se propagea ensuite d'une manière ef-

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