CHAPITRE X
LB PÉtBRIfl.
QtiAnd le roisigiiot eliAitté lèt boli detenai ftrtê , les feniUM , le geieft et ISe fleits d'atfil, teUt e^én^ flamme en mel f et rtmeiir qai e^emf tre dé aleii cmvf le preue fi TiTement » que mon sang bout nuit et {ow, qae mon cœnr ne me laisse pas de repos.
Manuicrit cité par Wartom.
Sir Àymer de Valence , suivant son archer de près , ne fut pas plus tôt arrivé au couvent de Sainte-Brigitte qu'il manda Tabbé devant lui. Le saint personnage se présenta avec l'air d'un homme qui aime ses aises « et qui vient d'être inopinément arraché de la couche où il goûtait un bienheureux repos » par l'ordre d'un individu auquel il ne croit pas pouvoir impunément désobéir» et à qui il ne déguiserait pas sa mauvaise humeur s'il Tosaiti
« Il se feit tard , dit-il > pour que Votre Honneur vienne encore du château ici4 Puis-je savoir la cause qui vous amène après la dé^ termination si récemment prise avec le gouverneur? — J'espère « répliqua le chevalier , que vous n'êtes point déjà instruit de ce mo* tif I père abbé : on soupçonne (et j'ai moi-même vu cette nuit des choses qui confirment ces soupQons) que certains des vieux entêtés de ce pays s'occupent encore de manoeuvres coupables qu'ils dirigent contre le château $ et je viens ici« père, pour voir si» en reconnaissance des nombreuses feveurs que vous avez reques du mo-* narque anglais ^ vous ne mériterez pas sa bonté et sa protection en nous aidant à découvrir les desseins de ses ennemis. — Assurément si t • ré(diqua le père Jérôme d'une voix troublée» c très indubita* blement, tout ce que je puis savoir est à vos ordres... en supposant que Je sache quelque chose dont la communteation puisse vous être utile. — Père abbé, reprit le chevalier anglais » quoiqu'il soit té» méraire à moi d'oser répondre dans ces temps d'un homme qui a le Nord pour patrie» j'avoue néanmoins que je vous considère comme
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lin fid^ $uj6t dtt roi d'Angleterre ^ et je souhaite bien sineèrement que Y0U8 persistiez dans votre fidélités -^ £t Ton m'y encourage singulièrement! répliqua l'abbé; on m'arrache à minuit de mon lit par un temps £roid comme il en fut jamais, pour subir Tinterrog»' toire d'im chevalier) qui peut-être est le plus jeune de son très honorable ordre, qui ne veut pas me dire le èiqet de ses questiona^ maïs me retient sur ce pavé froid jusqu'à ce que, suivant Topitiion de Gelse» la goutte , qui est cachée dans mes pieds, puisse remonter à mon estbmac ; et alors bonsoir à mon titre d'abbé et à vos interrogations pour toute Téternité» — Bon père, dit le jeune homme , la aature des temps doit vous enseigner à être patiimt. Rappelez- vous que je n'éprouve aucun plaisir à m'acquitter des fonctions que je remplis en ce moment, et que si une insurrection avait lieu, les rebelles, qui vous en veulent passablement pour avoir reconnu le monarque anglais , vous pendraient à votre propre clocher pour servir de pâture aux corbeaux. Que si vous avez &it Totre paix avec les insurgés par quelque convention privée, le gouverneur anglais , qui tôt ou tard finira par l'emporter , ne mao^ quera pas de vous traiter comme rebelle envers son souverain. -^ Il peut vous sembler» mon noble fils, i répondit l'abbé dont le trouble augmentait toujours » t que je sois déjà pendu aux cornes de votre dilemme : néanmoins « je vous assure qne si on m'accuse de conspirer avec les rebelles contre le roi d'Angleterre , je suis prêt y pourvu que vous me donniez le temps d'avaler une potion recommandée par Celse dans le cas périlleux où Je me trouve, à répondre avec la plus parfaite sincérité à toutes les questions que vous pouvez m'adresser sur ce siyet» »
En parlant ainsi , il appela un moine qui l'avait aidé à se vêtir ^ et, lui remettant une grosse clef, lui murmura quelque chose à Toreille. La coupe^u'apporta le moine était d'un tel volume qu'il follait que la potion de Celse fût administrée en bien grande quan* tité, et l'odeur forte qu'ello répandit dam l'appartement fit soup^ (onner au chevalier que la médecine pouvait bien ne consister qu'en ce qu'on appelait alors de l'eau distillée, préparation connue dans les monastères quelque temps avant que ce secret, inappré^eialde fbt parvenu jusqu'aux laïques. L'abbé , que n'épouvantèr^t ni la force ni la quantité de la boisson, Tavala avec ce qu'il aurait lui-même appelé un sentiment de consolation et de jouissance , et sa Toix devint encore plus grave : il déclara qu'il se sentait admi-« rablemœt réconforté pur la médecine» et prêt à répondre aux
questions qui pourraient lui être adressées par son jeune ami.
« A présent, dit le chevalier, vous savez, père, que les étrangers qui voyagent dans ce pays doivent être les pr^^^^rs objets de nos soupçons et de nos recherches. Quelle est , par exemple , votre opinion sur le jeune homme appelé Augustin, fib, ou se disant tel, d'un individu nommé Bertram le ménestrel , et demeurant depuis quelques jours dans votre couvent? »
L'abbé entendit cette question avec des yeux qui exprimaient sa surprise de l'entendre sortir de la bouche de sir Ayçier.
« En vérité , répondit-il , je pense que c'est un jeune homme qui , autant que je puis le connaître, possède un naturel excellent, beaucoup de loyauté et une grande religion, enfin tout ce à quoi je devais m'attendre, à en juger par l'estimable personnage qui Fa confié à mes soins. •
Après cette réponse , l'abbé salua le chevalier , comme s'il eût pensé qu'une pareille repartie lui donnait un grand avantage sur son adversaire eX réduisait celui-ci au silence pour toutes lés questions qu'il aurait pu lui faire sur le même sujet. Il fut probablement fort étonné quand sir Aymer répliqua de la manière suivante :
« Il est bien vrai , père abbé : c'est moi-même qui vous ai recommandé ce bambin comme un jeune Ihomme d'un caractère inoflfensif , et à l'égard duquel il ne serait pas nécessaire d'employer la vigilance sévère parfois requise en pareille circonstance; mais les preuves qui me paraissent démontrer l'innocence de ce jeune garçon n'ont pas semblé satisfaisantes à mon supérieur et à mon commandant ; et c'est par son ordre que je viens ici vous interroger. Vous devez comprendre qu'il s'agit d'une importante affaire , puisque nous venons vous trembler encore une fois et à une heure si indue.
— Je puis seulement protester de mon innocence , et par mon ordre et par le voile de sainte Brigitte , répliqua Tabbé (l'esprit de Celse paraissant se retirer de son diëciple) : quelque mal qu'il puisse y avoir dans cette affaire, j'ignore absolument tout; on ne pourrait rien m'arracher par les tenailles et le» autres instruments de torture. Quelque signe de déloyauté qu'ait pu manifester ce jeune homme , je n'ai rien aperçu , moi , bien que j'aie sévèrement examiné sa conduite. — Sous quel rapport? et quel est le résultat de vos observations? -*- Ma réponse sera sincère et franche. Le jeune homme a consenti au dépôt d'un certain nombre de couronnas d'or, nullement pour payer l'hospitalité de l'église de Sainte-