‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 36 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Brigitte, mais simplement... —Allez, père, tous ne pouvez pas achever, attendu que le gouverneur et moi nous savons bien à quel prix les moines de Sainte-Brigitte exercent leur hospitalité. De quelle manière cette hospitalité a-t-elle été reçue par le jeune garçon ? voilà ce qu'il est plus utile de dismander. — Avec une extrême douceur, une excessive indulgence, noble chevalier. D'abord, il est vrai, j'avais craint que mon hôte ne fût un peu exigeant, car sa libéralité envers le couvent était de telle nature qu'elle pouvait Tencourager , et même jusqu'à un certain point l'autoriser à vou^ loir être mieux traité que nous ne l'aurions pu faire. — Auquel cas vous auriez eu la douleur de rendre ulc partie de l'argent que vous aviez reçu. — C'eût été une manière d'arranger les choses contraire à nos vœux. Ce qui est payé ^u trésor die la Sainte ne peut , suivant notre règle, être restitué sous aucun prétexte. Mais , noble chevalier, il n'a été question de rien de semblable : une croûte de pain blanc et une écuelle de lait, voilà tout ce qu'il feUaitpour nourrir ce pauvre jeune honmie pendant un jour , et c'a été mon inquiétude particulière pour sa santé qui m'a disposé à faire mettre dans sa cellule un lit plus doux et une couverture meilleure que ne le permettent les règles de notre ordre. —Maintenant, écoutez bien ce que j'ai à vous dire, sire abbé, et répondez-moi franchement. Quelles ont été les relations de ce jeune homme avec les personnes du couvent, avec les gens du dehors? Interrogez votre niémoire sur ce point , et que votre réponse soit précise , car la sûreté de votre hôte et la vôtre même en dépendent. — ^ Aussi vrai que je suis chrétien , je n'ai rien remarqué qui puisse servir de fondement aux soupçons de Votre Seigneurie. Le jeune Augustin, conb*airenaient à l'usage des jeunes gens qui ont été élevés dans le monde , comme je l'ai souvent observé , montrait une préférence marquée pour la compagnie des sœurs que renferme le monastère de Sainte-Brigitte, négligeant celle des moines, mes frère», quoiqu'il se trouve parmi eux des hommes dont la conversation est fort agréable. — Une mauvaise langue pourrait expliquer le motif de cette préférence. — Non pas lorsqu'il s'agit des sœurs de Sainte- Brigitte, dont la plupart ont été complètement maltraitées par l'âge, ou dont la beauté a toujours été détruite par quelque malheur avant qu'elles aientété reçues dans la solitude de cette maison.» Le b(m père fit cette observation avec une espèce de gaité intérieure qu'excita apparemment en lui l'idée que les nonnes de Sainte-Brigitte eussent pu conquérir J des cœurs par leurs charmes

114 LE CHATEAU DASGBREUX.

personnels , tandis qoe rédlement leur laideor était notable et mène étrange à feire mourir de rire. Le chevalier anglais, qui connaissait aussi les saintes femmes > ne put s'empêcher de sourire de son côté.

« J'admets, dit-il, que, si les pieuses sœurs ont pu charmer le jeune étranger, ce n'a pu être que par leurs souhaits bienyeillants et leurs attentions à soulager ses souffrances. — Sœur Béatrix , i continua le père , reprenant sa gravité, » a effiectivement reçu du ciel un véritable don pour feire les confitures et les caillés de lait au Tin ; mais , après une enquête minutieuse , je n*ai pas trouvé que le Jeune homme ait goûté de ces bonnes choses. Sœur Ursule , non plus , n*a pas été tant maltraitée par la nature que par les suites d'un accident ; mais Votre Honneur sait que quand une ifemme est laide, les hommes ne s'inquiètent guère de la cause de sa laideur. Je vais, avec votre permission , voir en quel état se trouve actuellement le jeune homme , et l'avertir qu'il ait h comparaître devant vous. — Je vous prie de le faire , et tout de suite , père , car il n'y a point de temps à perdre ; je vous conseille aussi sérieusement d'épier de la manière la plus stricte la conduite de cet Augustin : vous ne pouvez y mettre trop d'attention. Je vais attendre votre retour, et j'emmènerai le jeune homme au château ou le laisserai ici , suivant que les circonstances paraîtront l'exiger. »

L'abbé s'inclina , promit de foire son possible , et sortit de la chambre pour se rendre k la cellule du jeune Augustin, jaloux de satisfiiir^ les désirs de Valence , qu'il regardait , par suite des èirconstances, comme son patron militaire.

Son absenee dura long-temps , et ce délai commençait même à inspirer des soupçons à sir Aymer, lorsque l'abbé revint, l'agitation et l'inquiétude écrites sur le visage.

« Je vous demande pardon de vous avoir fait attendre , • dit Jérôme avec un grand trouble ; « mais j'ai été moi-même retenu et vexé par des formalilés inutiles et de sots scrupules de la part de ce méchant garçon. En premier lieu, entendant mes pas se diriger vers sa chambre , mon jeune homme, au lieu d*ouvrir la porte, ce qui n'aurait été qu*un égard dû à mes fondions , tira au contraire un fort verrou intérieur ; et 6e verrou, Dieu me pardonne ! a été mis dans sa cellule par ordre de sœur Ursule , afin que son sommeil pût être convenablement respecté. Je le prévins du mieux que je pus qu'il devait se rendre sans délai devant vous, et se préparer i vous accompagner au château de Douglas^ mais il ne voulut pas

CHAKTia X. lié

répondre un seul mot, êlni»i qu'il me reeemnandaft de prendre patience , et il fcllut bien m'y résigner, de même que votre archer que je trouvai en sentinelle devant la porte de la cellule, et se contentant de Tassurance que lui avaient donnée les soeurs qu41 n*y avait pas d'autre issue par où Âu^stin pût s'échapper. Enfin la perte s'ouvre, et mon J^ne mattre se présente complètement équipé pour son voyage. En vérité, je crois qu'une attaque récente de sa maladie a beaucoup affecté le jeune homme; il se pourriM encore qu'il ftt quelque peu hypocondre , qu'il fût tourmenté par la bile noire , espèce de mal qui trouble l'esprit, et qui parfois ae* compagne et indique la contagion ; mais à présent il c«t bien remis, et si Votre Seigneurie désire le voir, il attend vos ordres. -^ Amenezle donc ici , dit le chevalier. ^ Et un espace considérable de temps s'écoula encore avant que Téloquence de l'abbé , moitié grondant et moitié priant, eût décidé la jeune dame^ qui était toujoun déguisée 9 à venir au salon, où elle se présenta enfin avec un visage oA l'on pouvait encore découvrir des traces de larmes, et avec la miiio maussade d'un jeune garçon ou plutôt l'air réservé d'une jeune fille qui est déterminée à Caire ce que bon lui semblera , et bien résolue fc ne donner aucune raison de sa conduite. La pré* oipitatioo qu'elle avait mise à s'habiller ne l'avait pas empêchée de disposer avoc tout le soin possible le déguisement à l'aide duquel die voulait se foire passer pour un pèlerin » de manière à se changer toiit-à-&it et à bien cacher son sexe. Mais par politesse elle ne pouvait garder un grand chapeau rabattu sur sa tète, et elle laissa aéccMairetnent voir sa figure plus qu'elle ne l'aurait voulu. Mais , quoique le ehevalier pût contempler à son aise son joU minois , son visage néanmoins n'était pas tel qu'il dût trahir le rôle qu'elle avait adopté et qu'elle était résolue à jouer jusqu'à la fin. Aussi s'étaitrtle armée d'un degré de courage qui ne lui était pas naturel , et qu'elle entretenait peut-être par des espérances mal fondées. Dès l'iostant où elle se trouva dans le même appartement que de Valence , elle prit des manières plus hardies et plus décidées.

* Votre Seigneurie, » dit-elle en s'adressant la première au jaune homme, « est chevalier d'Angleterre et possède sans doute 1<^ vertus qui conviennent à ce noble titre. Je suis un malheureux ffarqon, obligé, par des motifs que je dois tenir secrets, à voyager dans un pays dangereux, où je suis soupçonné, sans juste cause , ^ prêter la main à des complots et à des conspiraticms contraires à ^'^ propre intérêt , dont mon àme même a hoireur, et que Je

pourrais abjurer en toute «ùreté , appelant sur ma tète tous les ehfttiments dont nous menaee notre religion, et renonçant à toutes les promesses qu'elle nous fait dans le cas où j'aurais participé à de tels desseins par pensées , par paroles ou par actions. Néanmoins» TOUS qui ne voulez pas croire à cette protestation solennelle, vous allez agir contre moi comme si j'étais un criminel , et en le faisant je dois vous prévenir, sire chevalier, que vous commettrez une grande et cruelle injustice. — Je tâcher^ d'éviter ce malheur» répliqua sir Aymer, en laissant le soin de cette affaire à sir John de Walton, gouverneur du château, qui décidera quelle conduite il faut tenir : en ce cas, mon seul office sera de vous remettre entre ses mains , au château de Douglas. — Est-ce donc là votre dessein? — Assurément, sinon je serais responsable d'avoir négligé mon devoir. — Mais si je m'engage à vous dédommager de vos pertes par une somme d'argent considérable, par une vaste , étendue de terre... — Ni trésors ni terres , en suiq;)Osant que vous en ayez à votre disposition , ne sauraient réparer la perte de l'honneur ; et d'ailleurs , jeune homme , comment me fierais-je à vos promesses si mon ambition était telle qu'elle pût m'engager à écouter de semblables propositions? — Faut-il donc alors que je me pr^are à vous suivre sur-le-champ au château de Douglas, et à comparaître devant sir John de Walton?— Jeune homme, il faut qu'il en soit ainsi , et si vous tardez plus long-temps à consentir à cette démarche, je me verrai contraint à vous emmener de force. — Et quelles seront pour mon père les conséquences de tout ceci? — Elles dépendront absolument de la nature de vos aveux et des siens : vous avez tous deux bien des choses à dire, comme le prouvent les termes de la lettre que sir John vous a apportée; et, je vous l'assure , mieux vaudrait avouer tout de suite que courir les chances d'un nouveau retard : nous ne pouvons souffrir qu'on se joue davantage de nous; et croyez-moi, votre sort sera entièrement déterminé par votre franchise et votre sincérité. — Je vais donc me préparer à vous suivre dès que vous m'en donnerez l'ordre ; mais la cruelle maladie dont j'ai souflert ne m'a point tout-à-fait quitté , et le père Jérôme , qui possède de vastes connaissances en médecine , vous assurera lui-même que je ne puis marcher sans péril pour mes jours : depuis l'instant où je suis entré dans ce couvent, j'ai toujours refusé de prendre de l'exercice, lorsque la bienveillance de vos soldats d'Hazelside m'en offrait Toccasion, de peur d'introduire la contagion parmi vos gens. *- Le jeune homme

eHAPITRE X. 117

dit vrai , ajouta l'abbé : les archers et les hommes d'armes sont plus d'une fois venus inviter ce pauvre garçon à partager leurs jeux militaires ou à les divertir peut-être par ses chants et sa musique; mais il a toujours refusé, et je pense fermement que ce sont les effets de sa maladie qui l'ont empêché d'accepter une in-^ vitation si séduisante à son âge , et surtout dans un lieu qui doit sembler aussi triste à un jeune homme élevé dans le monde. — Pensez-vous donc, révérend père, répliqua de Valence, qu'il y ait véritablement du danger à emmener cette nuit le jeune homme au château » comme j'en avais le dessein? — Je crois , répondit Tabbé, que ce danger existe en effet , non seulement en ce que le voyage peut occasioner une rechute , mais aussi en ce que très probable* ment vous introduiriez la contagion dans votre honorable garnison» attendu qu'on n'aurait pris aucune des mesures nécessaires ; car c'est dans les rechutes plutôt que dans la première violence de la maladie qu'elle parait être plus contagieuse. — Alors , reprit le chevalier, il fendra vous résoudre , mon ami , à partager votre chambre avec un archer qui y montra la garde. -^ Je ne puis reftiser, dit Augustin, pourvu que mon malheureux voisinage n'expose pias la vie de ce pauvre soldat. — Il fera aussi bien son devoir, répliqua l'abbé, en se tenant en dehors à la porte de l'appartement; et si ce jeune homme peut dormir tranquUle, ce qu'empêcherait la présence d'une sentinelle dans sa chambre , il n'en sera que mieux en état de vous accompagner demain matin. *- Eh bien , soit! dit Aymer; mais vous êtes sûr que nous ne lui fecilitons pas ainsi les moyens de s'échapper? — L'appartement , reprit l'abbé , n'a d'autre issue que celle qui est gardée par votre archer; mais pour vous satisfaire davantage, je fermerai la porte devant vous. — Soit donc, dit le chevalier de Valence; ensuite j'irai moi-même me coucher sans quitter ma cotte de mailles , et faire un somme jusqu'à ce que l'aurore me rappelle à mon devoir ; et alors, Augustin, il vous fendra être prêt à m'accompagner au château de Douglas. >

Dès la pointe du jour , les cloches du couvent appelèrent les habitants et les habitantes de Sainte-Brigitte aux prières du matin; Quand ce devoir fut rempli, le chevalier demanda son captif. L'abbé le conduisit à la porte d'Augustin ; la sentinelle qui y était postée, munie d'une longue pertuisane, dit n'avoir pas entendu le joindre bruitdansla dbambredetoute la nuit; l'abbé frappa doncàla

Ita LE CHATIAVIDANOBREUX.

porte» mais il na reçut aucune réponse; il cocua eueort pluiferl^ mail uo aUeuoe par&it réptait toujoun eu dedaai.

« Qu'est* ee à dUre! s'écria le référend supérieur; mon jeaM malade est certainement tombé en syncope; il s'est é? anoui i -^ Je s(mhaite» «Ut le i^bevaliert qu'il ne se soit pas évadé phttôt; msoî» dent dont nous serietas responsables vous et moi, puisque, ri^ou* reusement parlant, noire devoir était de ne pas le penire de vue et de le garder étroitement jusqu'au jour.«« ^^ J'espère que YotM Seiptieurie, ré^iqna l'abbé, prévoit seulement un malheur qam je ne puis croire possible. ««^ C'est ee que nous verrons bientôt, répondit le ctaevalier; » et élevant la voix de manière à être enteodq à l'intérieur : « Apportei des leviers et des marteaux, tt fettes vnler cette porte en éeiats sans tarder un seul instant >»

La fane de sa voix et le Ion sévère dont il parlait amenèpeat btent6t antour de lui tons lies frèroi de la maison, ainsi que deux ou trois arehers de sa suite qui s'oeonpaient d^ i seiier leurs ebevsuix. Le mécontentement du jeune chevalier se manifestait par k MMk > geur qui lui montait an viaaaie, et par la manière sèehe dmrf; il répéta l'ordre d'enfamer la porte. H M yomptement obéi, quoir ^'jl fisUAt un f rend déploiement de iMves$ et tandis que lesdelats i«lombaientdanalaebaBol>re,de Valenee s'y précipita, l'abbé 1> suivit : mais k eeiinle du prisoaoîer était vide, de sorte que iews soupQons les pfais Aeheux es tnouvèrent eonfirmés.

UUPITRE XI.

Où «Bt-il r Lm entraiUei de la teite Pont-ellea eiil^oQti ? ou t>ieii B^eit^il éTanoai comnro quelque fan* 46iM «Me» ^ reSiNrte rappreehe 4ii WÊlUm «I 4# )«nie mleil ? on «'eit-fl ploBfé dant Au ikMmt ifcp jBériaiHMa « e«U-il paiaé am delà 4» •ci»Ble ^ lêwm pour se mêler anx ombrei de la «uit ? Anonjfptês

La disparition liu fenue homn» dont le déguisemeit et le destin QBt pu , nous respénans^ excitier TinténÊt de nos ieeteurs , môya quelques cxpUcatâons avant que nous revenions aux aistres perso»- BO0es de eette hiatoire.

Lorsque^ la vieille nu soir, AnfiosCin aviiit été pom* (t eeemde tels reconduit à sa4)d[lute,1e m^ine^ie jewe «Aevalier de Tsilenoe avaient vu la porte se refermer sur lui, «t même ilsi'avaient en-:

ismfn m lui MmpigniAt ¥)¥|bbhw^ ^ iAl^ qu'eue ^PF0Pf4 lî? «on

ff entres 9F^ |piupu»f çftf , f^i^^ prpmpntf 4e J9 f^fsl^ i^lffîp,

#^tér(ieHF aiff# vi?^^4 fr?P»^ fl.WMH*' /'*'^/»J*^ 4fiy«îAU ^jp

àfi lape Jj^cjjp pori^ par 1# reUjçj^w^ jj^ S^J^Çriçj,tte, ipip lii yitfg» 4e laifonne, «illo^é ^ pff)i«iei^cf jbiofri^^ iu«4r|ce^, |t pwé 4'j» ^; asep la l)e|l^ f^J^f)p(fffm 4'iujpij^m, |^pt l]^ f ABair# l« Pi^rl^^ aree uj^ # |^e jÇf^i/laiifie «t ^lé^e ^'a^cjyijjp

4f j^ )N»t^#; poj^yez-fous et :yo#l^?-yo»s ^^ jpr|6% seçojof^l «nôQ je WWFll/ W «h^e «leur, pb^J 41^ ^'eftcpurir la J^(g. £i^, «(pBT 1Çf «ul/B , ic 9e «jer^ poipt idé?ignj^ p?r Je doi^jt du 9^ fffù , .fi9{D(oe Ja Jâlle iniRru^j^ qui 9 l^ut «a«rj^é jiqpt 109 J^q^ iottt i'attjtcheiuiea,t m luÀ .^tait p«$ assez pt^ouvé. Je ce foe |aij^^ p^ jtralQ^ d^aot de Waltop, pour àrp ^cj^ eu #a pit^ff^, P9r la crain(.e de M torture , à m'^ay oue^ pour h %9We en r^HQ^ d» IftpeljyB 1^ diéteod jbe Gbàtep Qangertiux. âaxu doi^fB il f'^-, BMrait faewevï d't^ir &a m^^ ^ c^e d'u^e ^awo^eU^ dou^ ifi jd^ ««t« ««XMidértMe; mius qpii pe# 4Jre s'jl 1191e Ir^iteriit |iy<|^ fs/i Tesped; que toute ffif/me doit idbési^er, qu s'il «le par49p9er^ /g j^rcUesse dont je me ^wis rendue coupaUe , loi? i^toie 4pe lies A9P|^ «éiiieiices lw.«u8iewt ét^^tvorab^s.r- A^m^ m ^^1 t^MA# j^ #0900, iGMMiJkï^oW; tMMt ^ «ue il» povu-r>(ji |ji|u-« pojv* ïtÇW 9^^

i» LE CHATEAU DÀNGEREUS:.

Je le ferai, soyez-en sûre; mes ressources sont peut-être plus considérables que ma condition actuelle ne semblerait Findiquer , et, croyez-moi, je les mettrai toutes en usage pour tous secourir. H me semble entendre encore ce lai que vous nous chantiez , aux au^ très sœurs et à moi : seule , émue par des sentiments de même nature que les TÔlres , j*ai su comprendre que c'était votre propre histoire. — Je suis encore surpris , reprit Augustin , d*avoir osé TOUS faire entendre un lai qui était réellement le récit de ma honf e. — Hélas ! pouvez-vous parler ainsi? contenait-il un seul mot qui ne ressemblât pas à ces aventures d'amour et de noble courage que les meilleurs ménestrels se plaisent à célébrer, et qui font à la fois sourire et pleurer les plus illustres chevaliers et les plus nobles dames? Lady Augusta de Berkely, riche héritière aux yeux du monde , possédant une immense fortune en ferres et en capitaux, devient pupille du roi par la mort de son père et de sa mère, et se trouve sur le point d'être donnée en mariage à un ftivori de ce roi d* Angleterre , que, dans les vallées de FEcosse, nous n'avons pas scrupule d'appeler tm tyran. — Je ne dois pas parler ainsi, ma sœur; et pourtant la vérité est que le cousin de Tobscur Gavestcm, à qui le roi voulait donner ma main , n'était ni par sa naissance , ni par son mérite , ni par sa fortune , digne d'une telle alliance. Cependant j'entendis parler de sir John de Walton , et je pris à sa réputation un intérêt d'autant plus vif que, riche, disait-on, sous tous les autres rapports , il était pauvre des biens de ce monde et des faveurs de la fortune. Je le vis, ce sir John de Walton, et une pensée qui s'était déjà offerte à mon imagination , me devint, après cette entrevue , plus femilière et plus agréable. Il me sembla que si la fille d'une puissante famille anglaise pouvait donner avec sa main ces richesses que vante le monde , elle devait l'accorder avec justice et honneur pour réparer les fautes de la fortune à l'égard d'un brave chevalier tel que de Walton, et non pour raccommoder les finances d'un mendiant français , dont le seul mérite était sa parenté avec un homme généralement détesté dans toute l'Angleterre, excepté par notre aveugle monarque. — C'était là un beau dessein, ma fille; quoi de plus digne d'un noble cœur, possédant richesses, rang , naissance et beauté , que de faire jouir de tous ces avantages la vertu pauvre , mais héroïque? — *• Telle était mon intention, ma chère sœur ; mais peut-être ne vous ai-je pas suffisamment expliqué la manière dont je réalisai mon projet. D'après le conseil d'un an* -eien ménestrel de notre maison, le même qui est maintenant prj»

Page 1