‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 44 sur 161 · CHAPITRE »Y, m · texte numérisé non relu

CHAPITRE »Y, m

ses Tigil|iRt$ sotipQûns. Ces détachements divers avaient de l^eaucoup réduit la force de la garnison. Quoique nombreux, actife et dépêchés dans toutes les directions , ils n'eurent le honheur ni dç découvrir les traces de lady Augusla de Berkely , ni de rencontrer aucune bande d'insurgés écossais.

Cependant pos fugitife , coipme nous l'avons vu , avaient quitté Iç couvent de Sainte-Brigitte sops la conduite d'un cavalier , §ur le compte duquel lady Augusta ne savait rien , sinon qu'il devait diriger leurs pas dans une direction où ils ne seraient pas exposés a^ risque d'être repris. Enfin Marguerite de Hautlieu entama ellçmême la conversation sur ce sujet.

f tiady Augusta , dit-elle , vous n'avez demaAdé ni où vouç aîUeï pi sous la protection de qui nous voyagions , quoiqu'il me semble que ce sojt une chose importante à savoir — Ne me sufïit-il pas , ma chère sœur , répondit lady Augusta , d'être s^re que je voyage comme compatriote ou parente , som la protection d'uq homme auquel vQus vous fie;? comnae à nn ami? et qu'ai-je besoin de m'iii? quiéter davantage de pia sûreté ? — Simplement parce que les personnes avec lesquelles je suis en relation ne sont peut- être pas toutà-fait des protecteurs auxquels voqs pouvez , vous , madame , vous confier ^vec toute sûreté. — Que voulez- vous dire en parlant ainsi ? — Que Bruce , Douglas , Malcolm Fleming , et d'autres de ce parti ^ quoiqu'ils soient incapables d'abuser d'up tel avantage pour un but déshonorant ^ pourraient néanmoins ressentir une forte tentation de vous considérer comme un otage jeté entre leurs mains par la Providence , au moyen duquel il leur serait possible d'obtenir un arrangement favorable à leur parti abattu et dispersé. — Ils pourfpnt me prendre pour me l^ire servir de base à un pareil traité quand je serai morte ; mais , croyez-moi , jamais tant qu'il me restera un souffle de vie. Croyez encore que , malgré la peine , la honte , la mortelle douleur que j'en ressentirais , je me remettrais plutôt au pouvoir de Walton , oui , j'irais plutôt me mettre entre ses mains, que disje? je me livrerais plutôt au dernier archer de mon pays natal , que de comploter avec ses ennemis pour nuire à la joyeuse Angleterre , à mon Angleterre , à ce pays qui excite l'envie de tous les autres pays , et fait Torgueil de tous ceux qui peuvent se vanter d'y être nés ! — Je pensais bien que tel serait votre choix, et , puisque vous m'ayez honorée de votre confiance , je contribuerai volontiers à votre liberté, en vous plaçant dans la position où vous désirez être , autant que mes pauvres moyens me permettront

de le feire. Dans une demi-heure nous serons hors du danger d'être pris par les troupes anglaises qui vont être envoyées à notre poursuite sur toutes les directions. Maintenant écoutez-môi , lady Au* gusta : je connais un lieu où je puis me réfugier auprès de mes amis et compatriotes , des braves Ecossais qui n'ont jamais , dans ce siècle de honte, fléchi le genou devant BaaI. A une autre époque. J'aurais pu répoadre de leur honneur sur le mien propre ; mais depuis un certain temps , je dois vous le dire , ils ont été mis à des épreuves par lesquelles les plus généreuses affections peuvent être éteintes ou plutôt poussées à une espèce de frénésie d'autant plus violente , qu'elle est originairement fondée sur les plus nobles sentiments. Un individu qui se sent privé des droits naturels que lui donne sa naissance, exposé à la confiscation et à la mort, parce qu'il défend les prétentions de son roi et la cause de son pays , peut cesser d'être équitable et juste lorsqu'il s'agit de déterminer le degré de représailles qu'il est légitime d'exercer en retour de semblables injustices. Je serais amèrement affligée si je vous avais mise dans une position fâcheuse ou dégradante. — En un mot , que craignez-vous que j'aie à souffrir de la part de vos amis , que vous me pardonnerez d'appeler rebelles ? — Si vos amis , que vous me pardonnerez d'appeler oppresseurs et tyrans , prennent nos terrés et notre vie, saisissent nos châteaux et confisquent nos biens, vous devez convenir que les dures lois de la guerre accordent aux miens le privilège des représailles. Il n'est point à craindre que de tels hommes , au milieu de telles circonstances , se montrent cruels ou insolents envers une femme de votre rang; mais on peut se demander s'ils ne chercheront pas à tirer avantage de votre captivité , suivant le droit commun de la guerre. Vous ne voudriez pas, je pense, être rendue aux Anglais à condition que sir John de Walton livrerait le château de Douglas à son possesseur naturel ; néanmoins , si vous étiez entre les mains de Bruce ou de Douglas , quoique je puisse répondre qu'ils vous traiteraient avec tout le respect possible , j'avoue cependant qu'il ne serait nullement invraisemblable qu'ils exigeassent pour vous une semblable rançon. — J'aimerais mieux mourir que de savoir mon nom mêlé à un contrat si honteux ; et la réponse qu'y ferait de Walton serait , j'en suis certaine , de couper la tête au messager , et de le jeter de la plus haute tour du château de Douglas. — Où donc iriez-vous maintenant, madame , si le choix vous en était laissé ? — Dans mon propre château , où , s'il était nécessaire , je pourrais me défendre même con-

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