CHAPITRE HI
&'AniHllMTRÀTmil^
Il doit 7 EToir un çonyerneinent dam toute lociété : les abeillei ont leur reine , et lei troupeaux de eerft leur condueteur ; n«me «Tait lea eoBaole , Athéttet tea anhontei ^ et aou» mMulesr, noof arou noiM <mh mit6 adminiatratif.
V Album de$ Eau» de Saini-Ronan»
Le lendonain , Francis Tyrrel fût définitivement établi dans ses anciens quartiers, et il annonça le dessein d'y rester plusieurs jours. L'ancien voiturier du lieu apporta sa ligne de pécheur et sa madle^ avec une lettre pour Meg, datée d'une semaine auparavant^ lettre par lequelle elle était priée de se préparer à recevoir une vieille connaissance. Cette annonce, quoique un peu tardive, fut reçue par Meg avec beaucoup de satisfaction : c'était, dit-elle, une attention polie de la part de M. Tyrrel , et John Hisl^, quoicpi'il ne ftrf; pas tout*à-feit aussi prompt, était beaucoup pdus sûr que toutes lenrs postes ou leurs exprès. Elle remarqua aussi avec plaisir qu'il n'y avait pas de fusil dans le bagage de son hôte j car cette
I. Weîih rahhit tent dire littéralement , lapin du pays de GaXlet ; mais ici cette rapresiion déilsne la rôtie de pain et de fromage , dont oi fait mie grande «onaom* loation dani le pays de Galles. ▲• h.
diaUe de chasse les ayait mis , elle et lui , dans de mauvaises afEEdres. Les lairds en avaient crié, comme si elle avait fiait de sa maison le rendez-vous des chasseurs et des braconniers de bas étage. Et cependant pouvait-elle empêcher deux jeunes égrillards d*aller prendre leurs ébats ? Ils avaient d'ailleurs la permission de chasser sur les terres du voisin ; leur droit s'étendait jusqu'aux limites de la propriété ; mais pouvaient- ils y regarder de bien près au moment où des coqs de bruyère se levaient devant eux ?
Au bout d'un jour ou deux, l'étranger se fit des habitudes si paisibles et si solitaires , que Meg elle-même , la plus remuante et la plus turbulente des créatures humaines , commençait à se trouver vexée de ne point avoir tout l'embarras sur lequel elle avait compté. L'indifférence extrême et toute passive que son hôte affichait sur tous les points lui causait sans doute ce même sentiment d'impatience qu'éprouve un bon cavalier quand sa monture trop docile se fait à peine sentir sous lui. Les promenades de Tyrrel étaient consacrées à visiter les retraites les plus solitaires parmi les bois et les montagnes du voisinage. Il laissait souvent sa ligne à la maison , ou ne la prenait avec lui que comme un prétexte pour errer à pas lents sur les bords de quelque petit ruisseau et ses
succès à la pèche étaient si peu de chose , que , si l'on en croyait Meg Dods , le joueur de cornemuse de Peebles ' aurait pris un panier de poissons avant que M. Francis en eût péché une demi-douzaine : de sorte qu'il fut obligé , pour avoir la paix » de rétablir sa réputation en prenant un superbe saumon.
Les peintures de Tyrrel, comme disait Meg^ n'allaient pas mieux que sa pèche. Souvent, à la vérité, il lui montrait les esquisses qu'U rapportait de ses promenades , et qu'il avait coutume de terminer à la maison ; mais Meg en faisait peu de cas. « Que signifiaient, disait^lle, des chiffons de papier avec des marques noires et blanches, qu'il appelait des buissons, des arbres et des rochers ?. . . Ne pouvait-* il pas les peindre en bleu, en vert et en jaune comme les autres gens ? Vous ne gagnerez jamais votre pain de cette manière , monsieur Francis. Vous devriez avoir une grande toile comme Dick Tinto , et peindre les gens eux-mêmes , ce qu'ils aiment beaucoup mieux à voir que tous les rochers de la rivière. Et je ne vois même pas pourquoi quelques uns de ces buveurs d'eau ne monteraient pas ici pour poser ; ils passent plus mal leur temps, j'en réponds... et je suis sûre que vous pourriez gagner une guinée par tête avec eux.
i. Ville d^Ecosie. ▲•m.
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Diek en prenait deux ; mais il avait la main exercée depuis longtemps 9 et Ton ne peut pas voler avant d'avoir des ailes. >
£n réponse à ces remontrances, Tyrrel l'assurait qqe les esquisses dont il s'occupait étaient fort estimées , et qu'un artiste dans ce genre était souvent beaucoup mieux payé qu'on ne l'est pour des portraits et des dessins coloriés. Il ajoutait que ces dessins étaient souvent faits dans l'intention d'enrichir des éditions de poëmes populaires , et donnait à entendre que lui-même était occupé de quelque travail de cette nature.
Meg brûlait du désir de vanter le mérite de $on hôte comme artiste à Nelly Trotter, la marchande de poisson... La charrette de celle-ci formait le seul canal neutre de communication entre la vieille ville et les eaux, et cette messagère était bien dans l'esprit de Meg, parce que, comme Nelly passait devant sa porte en se rendant aux eaux, elle avait toujours le premier choix du poisson
Luckie Dods avait , à la vérité , été si fatiguée et , pour ainsi dire , si irritée par le récit qu'on lui faisait des personnages distingués , accomplis en toute sorte de perfections , arrivant de jour en jour à rhôtel, qu'elle était enchantée de cette heureuse occasion de triompher d'eux à l'aide d'armes pareilles aux leurs ; et Ton peut croire que les qualités de son hôte ne perdirent rien à être vantées par sa bouche.
« Il faut que j'aie le meilleur de la charrette, Nelly. .. si nous pouvons nous arranger. . . car c'est pour un des meilleurs peintres. Votre beau monde là-bas donnerait ses oreilles pour voir ce qu'il a fait... il gagne de l'or à pleines mains pour trois coups de crayon en long et autant en large... et ce n'est pas un ingrat coquin... comme Dick Tinto , qui n'eut pas plutôt empoché mes vingt-cinq beaux shellings, qu'il courut les dépenser à leur bel hôtel là-bas ; mais un jeune homme comme fl fiiut et tranquille , qui connaît quand il est bien , et demeure encore à la vieille auberge... et pourquoi non?... Disleur tout cela, et écoute ce qu'ils en penseront. — En vérité, mîstress Meg, je puis vous le dire tout de suite sans avoir besoin d'aller me fatiguer les jambes pour cela, répondit Nelly Trotter. Ils diront certainement que vous êtes une vieille folle , et moi une autre, qui pouvons avoir quelques connaissances en cuisine * et en poisson , mais qui ne devons mettre le nez nulle part ailleurs. — Est-ce qu'ils auraient le front de dire cela, les vauriens? Moi qui tiens maison
t. Coek hr&éf teate rwnplet , dit le texte ; i not^à mot.* iaup9 à fa.... ; tcate rum" plet, la queue d'une raie* a. m.
m LES EAUX Mt sànm^o^m.
depaU trente sm \ s'éorta Meg. Il ne flnriratt pat qu'ih ttaiMenit ma le dire en liice. Mais }e ne parle pat «afi« amr dee témoins > et d'aèord j'ai parlé au ministre, ma fille, et lui ai montré im des moreean de papier que M. Tirl laisse traîner dans sa efaMtibre. . . et il a dit qu'il avait tu lord Bidmore donner einq gufnées pour des dessins qui ne Talafent pas eeltti*là. Or, tout le monde sait qu'il a été préci^eur de la finnille Bidmore. — En vérité, dit sa commère, }è doute que si je leur ^s tout eela fis veuillent bien me croire , mistress Meg ; car il y a tant de juges parmi eux, et ils ont si bonne opinion d'eux^nèmes , et une si mauvaise des autres , qu'à moins que vous n'y envoyiez le morceau de peinture, ils ne croiront pas im mot de ce que Je leur dirai. — Ne pas croire ce que dit une honnête fsnniie ! ou plutdt ee que deux bonnètès femmes lair disent ! s'écria Meg; oh ! la génération sans foi!... Bien, Neily, puisque je me suis montée et mise en avant, tu emporteras là-bas le tableau ou l'esquisse , ou.... n'importe comment on l'appelle S et tu ieras honte à cette bande de beaux parleurs. . . Mais aie bien soin de le rapporter avec toi , Nelly , car c'e^ une chose de prix ; et ne k liasse pas sortir de tes mains. Je te recommande cda , car je ne me fie pas tirop à leur honnêteté ; et Nelly, tu peux leur dire qpi'il a illustré un poëme ; Wastré, rappdle4oi le mot , Nelly , c'est-à-dtre qui doit être garai de morceaux de papier pareils à celui-là , aussi dru que dindon ait jamais été ferci de morceaux de lard. »
Ainsi munie de ses lettres de crétfiee, et jouant le rôle d'un héraut entre deux pays ennemis , rhonnète Nelly dirigea , en jouant du fouet, sa petite charrette vers les eaux de Satnt-Ronan.
Dans les établissements où l'on prend les eaux comme dans les autres réunions d'associés de l'espèce humaine; diverses iormes de ffouvemement ont été dictées par le hasard , le eaprice ou la convenance ; mais dans presque tous , une sorte de direction quelconque a été adoptée pour prévenir les conséquences de ranarchie. Quelquefois le pouvoir unique a été remis aux mains d'un maître des cérémonies ; mais ce de^tisme comme d'autres s'est trouvé récemment hors de mode , et les pouvoirs de ce grand ottcier ont été fort llmités même à Bath , où Nash * commandait autrefois sans contrôle.
1. Veg fait Ici un Jeu de moto §nt tketehing et $keteher$. Sketehing Teoi dife 9$quiuû%t , el tk$toh9n «fgBifie p^Um f onr aller sur U gtae«. Meg dit à propes dts mquinm , qm ce «ent dee paUm orditMir^fMné faitt de fer^ tkêt$hêr$ ioer$ «y# mê49 Qf aim, Nqiu ayons cru deroir anpprimer cette pointe , qa'ii n^eût paa été possible de rendre par an équiTalent. ▲• m.
S. Ifoih, maître des cérémonies i Bath, pour les bail on soirées. U y a de ces sortes