LE CARTEL
J^ai sur moi an pelii billet à tous remettre ; eVst un •erfice que Tamitié requiert de moi , et qui ne peut Toui offenser, car je ne désire que la justice des deux côtés. Le Roi qui n'ettpai roi.
Deux jours s'étaient passés depuis que Tyrrel était sorti de l'hdtel du Renard sur un pied un peu moins amical qu'il n'y était entré : et il n'avait nullement entendu parler de son s^ire avec sir Bingo. En efl^l, quoique jamais vieille femme n'ait pris plus de peine à rassembler et à ranimer de son souffle les charbons de son feu à moitié éteint, le capitaine Mac Turc se fatiguait en vain pour embraser les étincelles mourantes du courage du baronnet, et ces deux jours s'étaient écoulés tout entiers avant qu'il pût arriver au but de ses désirs. Enfin , sir Bingo lui donna plein pouvoir de porter un cartel à ce maudit artiste ambulant.
Le capitaine traversa rapidement l'espace qui séparait les Eaux et leur riant voisinage des ruines de la vieille ville, où régnait notre amie Meg Dods , seul témoin de son ancienne splendeur. Il se présenta à la porte de l'auberge comme un homme trop habitué au feu pour craindre une réception un peu rude, quoique au premier aspect de Meg, qui parut sur le seuil, son expérience militaire lui fît comprendre que l'entrée de la place serait très probablement disputée.
« M. Tyrrel est-il chez lui? » fut la première question. Il y fut
LES EAUX Dl BAHTMIONÂN.
répondu par oetto autre x < Qui pourai^YOUs étHj ?ims qui parles. •
Le eapttaine, lam oiot dire» tira de la peohe la elnquiènie partie d'une earte à jouer, barbouillée de tabac, portant sQr le eMë jadis blanc son nom et sa qualité, et la présenta à Luokie Dods. i Garde» fotre ehUion , dit Tbdtesse ; c^eit une pauvre langue que celle qui ne peut décliner Km nom. — Je suis le cabitaine Mac Turc, da quatrième régiment. «- Mac Turc? » répéta Meg avec une empbaee qui porta le propriétaire de ce nom à répliquer i «Oui, pra^e femme... Mac Turc... Hector Mac Turc... est*ce que ftms alto qudque chose à redire à mon nom , prare femmef— Non , que je saebe, répondit Meg; c*est même un excellent nom pour un païen.. « Maie, capitaine Mac Turc, puisqu'il se foit que vous soyez capitaine, voua pouvez^eprcndre le chemin de votre logis sur Tair des tambours de Dunbarton , car vous courez grand risque de ne parler ni à M. Tyrrel ni à aucun de ceux qui logent chez moi. — Et pourquoi non ? demanda le vétéran ; est-ce là une fentaisie éclose dans fotre tète folle, pravefsmme, ou M. Tyrrel a-t-il laissé de semplaples ordres? — Peut-être oui, peut-être non, • répondit Meg brusquement, « et Je ne vous connais pas plus le droit de m'appeler brave femme que je n'ai celui de vous appeler brave homme , ce qui est aussi loin de ma pensée que de la vérité « suis doute* ^ Cette femme bert la tète, dit le capitaine Mac Turo} mais, allons, on n'insulte bas ainsi un homme comme il fiiut, chargé d'une mission honorable ; ainsi , fiiites un bétit beu de blace sur le seuil de la borte , ou je saurai me faire bassacbe d'une manière qui fous sera tésagréaple. *
En parlant ainsi, il prît la posture d'un homme di^sé à s'ouvrir m chemin; mais Meg, sans daigner répondre davantage, flt voltiger autour de sa tète le balai qu'elle employait è un usage phit légitime lorsqu'elle avait été troublée dans les occupations de son ménage par le capitaine Mac Turc, c Je connais assez votre commission , capitaine.... et je vous connais vous*mème; mais j'y met* trai bon ordre , et je maintiendrai la paix de Dieu et du roi dans ma maison. >
En parlant ainsi, et comme gage de ses intentions pacifiques, eue brandit de nouveau son balai.
Le vétéran se mit instinctivement en garde, et recula de deui pas , en s'écriant que cette femme était folle ou aussi ivre de whisky qu'elle pûtl'ètrt 9 cette alternative ftit sifpeu du goût de Meg,