Selon moi
L'ASTIOUAÏRE. »1)
-~ Mais f vons ne m'éootttez pas jusqa'an boni, mon frère : votts wm. le ton si impératif et si impatient \
— Trêve de bavardage s s'écria Fantiquaire hors de hri , dileâmoi sihr-le-champ si vons savez où est ma pauvre Marie?
— Elle est où vous devriez êtes vons-méme> mon frère, là-havrt, diaadement dans son lit.
— J'aurais dû m^en dcmtier, dit Oldbnck eA riant, mais évidemment sonlagé d'un gratid poids ; j'aurais dû mt'en douter. Cette petite paresseuse ne s^incpiiëtait guère qne nousf fnssioiA tous noyés. Pourquoi fne disie2j«*v0tis qu'elle était allée à Halket-Hédd ?
— Si vous vouliez m'éeoutery ions sauriez tout. Elle y a été, et eBe en est revenue ttfet le jardinier , aussitôt qu'elle a vu qu'il n^était arrivé malheur il petétmuè , et que miss WaTdb^ était montée en voiture. Il y a un quart d'heure qu'elle est rentrée, car il est à présent près der diiè hmtés. O&tù'me elle était moàîRée , la pauvre créature! aussi lui ai-je frit boire un Verre de Vin de ^lerry ^ dan» de Peau der gtvtM.
— Fort bien , Griïsfcy , fort bieit. On petit s^en rapporter à vous antres femeMes pour vof» dloy^r tes ti^ies lés autreë. Maïs , écoutez-moi^ ma vénérable sœur. Que' ce mot de vénérable ne vous fasse pas secouer l'oreille ; it ne s'appHque pas seulement à Vàge mais à bien d'autres qualités estimables^ et potrrtant l'âge est honorable par lui-même, quoique ce soit la dernière chose pour laquelle votis autres femelles vous aimie:^ à vous voir honorées. Mais faites attention à mes paroles, et qttbti nous serve à Finstant les précieux restes de notre pâté de poulets et de ma bouteille de vieux porto.
— Le pâtél le porto ï £b, mon Dieut mon frère, il ne restait qae qaelques os , un fond dé bouteille.
Le front de l'antiquaire se couvrit d'un nuage ; mais il avait trop de savoit-vîvre pour montrer, en présence d^ùn étranger, le mécontentement qu'il éprouvait en apprenant que le souper sur lequel il avait cotnpté avait disparu. Sa sœur entendit pourtant fort bien le langage de ses yeux.
— Eh, moiî Dîetf ? Àion frère;, pourquoi faire tant de bruit pour si fieu de chose?
— Dtt bruit , Grizzy f je n'ai pas dît an mot.
— Mais enfifi*, k quoi bon montré* tant d'hafnerif et de mécon-
J. Vin de Xérès.
tement pour quelques os décharnés? Si vous voulez savoir la vérité , je vous dirai que le ministre est venu , ce digne homme ! biea inquiet sur votre situation précaire j comme il dit , car vous savez comme il a toujours des termes choisis; et il a voulu rester ici jusqu'à ce qu'il sût s'il n'était arrivé aucim accident à persomie. Il m'a dit de bien belles choses sur le devoir de la résignation à la volonté de la Providence, le digne homme ! certainement il m'en a dit.
— Et je m'imagine qu'il se mettait peu en peine » le digne hommël dit Oldbuck en contrefaisant le ton de sa sœur y que le domaine de Monkbarns tombât en quenouille un peu plus tôt on uu peu plus tard , et que c'est pendant qu'il s'occupait à vous prodiguer des consolations chrétiennes, et à vous fortifier contre un malheur qui n'était pas encore arrivé , que mon pâté et mon vieui porto ont disparu.
— Mon cher firère , comment pouvez- vous penser à de telles ba* gatelles, après avoir échappé ce soir à de tels dangers?
— Plût à Dieu» Grizzy , que mon souper eût échappé de même au gosier du ministre 1 11 n'en reste rien , je suppose ?
— Mais vous parlez , mon frère , c<»nme s'il n'existait dans la maison que ce malheureux reste de pâté. Est-ce que vous auriez voulu que je n'offrisse pas quelques légers rafirâichissemens à ce digne homme, qui s'était donné la peine de venir du presbytère ici?
Oldbuck, moitié sifflant, moitié façonnant, fit entendre la fia de la vieille ballade écossaise :
U tTâlt mon pooding et non TÎn :
J'éuit absent, bonhear extréoMl Car il temblait avoir tellemant faim
Qu'il m'aurait avalé moi-même.
Sa sœur se hâta de mettre fin à ses murmures en servant quelques autres restes du dîner ; Oldbuck parla d'une autre bouteille de vin, mais il recommanda de préférence un verre d'eau-de-viCi et elle était véritablement excellente. Comme aucune prière ne put décider Lovel à mettre le bonnet de velours et la robe de chambre à grands ramages de son hôte , l'antiquaire , qui avait des prétentions à quelques connaissances dans l'art médical , insista pour qu'il se couchât de bonne heure , et promit d'envoyer le lendemain à la pointe du jour un exprès à Fairport , l'infatigable Caxoii) pour lui rapporter d'autres vêtemens.
L'ANTIQUAIRB. 9S
Ce fat le premier mot qui put donner à penser à miss Oldbnck que le jeune étranger devait passer la nuit à MonU>arns , et la surprise qu'elle éprouva d'un événement si peu commun fut telle que, sans le poids extraordinaire du bonnet qu^elle portait, et dont nous avons déjà fait la description , ses cheveux gris, en se dressant sur sa tête> l'auraient précipité par terre..
— Que le ciel nous protège 1 s'écria-l>eUe d'un ton d'étonnement.
— Qu'avez-vou8 donc, Grizzy ?
— Je voudrais vous dire un mot, mon frère.
— Un mot ? Je n'ai besoin que de mon lit , et faites-en aussi préparer un bien vite pour mon jeune ami.
— Un lit 1 que le ciel nous protège I s'écria de nouveau miss Griselda.
— Eh bien I qn'avez-vous donc? N'y a-t-il pas assez de lits et de chambres dans la maison? N'était-ce pas autrefois un hospiUam , où je réponds qu'on faisait des lits tous les soirs pour une vingtaine de pèlerins?
— Qui peut savoir ce qui se passait alors > mon frère? Mais de nos jours... un lit I sans doute il n'en manque pas , ni de chambres non plus , mais vous savez comme moi combien il y a de temps que personne n'y a couché et qu'onn'a donné de l'air aux chambres. Si je l'avais prévu, miss Maria et moi nous aurions été coucher an presbytère , miss Beckie a toujours tant de plaisir à nous voir, de même que le ministre son frère ; mais en ce moment. Dieu nous protège...
— N'y a-t-il pas la chambre verte , Grizzy ?
— Sans doute, et même elle est en bon ordre, quoique personre n'y ait couché depuis le docteur Heavystern. Mais...
— Mais quoi ?
— Mais quoi! vous devez savoir vous-même quelle nuit il y a passée ; voudriez-vous que ce jeune homme en passât une semblable?
En entendant cette altercation, Lovel protesta qu'il préférait retourner à Fairport plutôt que de leur causer lemoindreembarras ; l'exercice lui serait utile; il connaissait parfaitement la route; l'orage n'était plus si violent ; enfin il allégua toutes les excuses que la civilité put lui suggérer pour se dispenser de profiter d'une hospitalité qui paraissait plus gênante pour ses hôtes qu'il n'aurait pu se l'iraagiii^r. Mais pendant ce temps, on entendait le çiffle-
Ȏ L'iJTTiQUAJKB.
ineni des v»to; la {doîe battait avec {<Nroe contre k» fii^tr«», et jOldbacki 4iiii saTait combâe& son jeane ami ayait essayié de fatigues p^ndasyt la moirée , n'aurait januis consenti à le laisser partir par un pareil temps 9 quand même il n'eût pas conçu pojor lui une si viveaCCe^tion. Mais indépendammcdat da c^ motif» il était piqué d^honneur , et il yonlait lui prouTeqr qu'il ne irivait p$l^ .aous la domination dn cotillon.
— Asseyez-YOuSy asseyez-yous, dit-il; si je vous laisse partir ainsi , je consens à ne jamais déboucher «n flacon, et Yjoici qu'il nous arrive une exceBcnfe bouteille.*, june bouteille de double aie, qui ne r^isaemble en rien au nôtérable breuvage qu'o» veud sous ce nom. Elle a été brassée à Monkbams, laite avec l'orge prpdmt^ par mes terres, Jobn de Girnel n'a jamais eu meilleure lifueur à offrir au ménestrel ou au pèlerin qui lui apportait des nouvelle^ de la PMestine. Mais pour vous ôter tonte envie de parxir, je vous dirai que si v/ous ne couchez ici 9 votre renommée de caillant df^ valier est perdue à jamais. C'est nne aventure que de coucher à Monkbarns dans la chambre verte. Ma sœur 9 veillez à ce qu'on prépare le lit. Et quoique l'aventiirier bardi Heavyslern ait souffert peines et douleurs dans œt appartem^U , ce n'est pa^ une raison pour qu'un jeime et galant chevalier comme vous ^ qui avez le douUe de sa taille^ et qui n'avez pas la moitié de sa pesanteur, ne poissiez courir cette aventure, et peut^re avoir la gh>ir^ de rompne le charme.
— Quoi ! revient-il 4es esprits dans cette chambre ?
— Sans doute, Sans doute. Il n'existe pas dans ee p^qi^s une maison dont la , fondation remonte à une certaine antiquité, aans qu'il s'y trouve une chambre dont quelques esprits se soient mis en possession, et vous ne devez pas nous supposer moins favorisés que les autres. Il est vrai qu'ils commencent à passer de mode> mais j'ai vu le temps où , si vous aviez seulement paru douter de l'existence d'un esprit dans un vieux château, vous auriez couru le risque d'être métamorphosé vous-même en esprit, comme dit Hamlet. Oui , si vous aviez révoqué en doute la présence du capu* chon-rouge dans le château de Glenstirym , le vieux sir Pierre Pepperbrand vous aurait fait tirer l'épée dans sa cour, et si vous n'aviez pas été le plus fort en escrime , il vous aurait cloué comme un crapaud sur son poteau seigneurial. J'ai couru moi-même de grands risquesà cet égard, mais je me suishumiliéi et j'aitfait jnes excuses au capvchon-roiige ; car ^ même dans ma jeunesse , je b'c«
tais p«js ami de la monomachU ou du dael, et je préférais à une retucontre nve^c âir Pieuxe \m^ prom^oade avec s<»i chsq^etain. Peu m'importe ce qu'on pense de ma valeur. IMeu merci , je suis vieux maintenant^ et je pi^is me livrer à manliumeur sans^tre obligé d'en rendre compte l'épée à lamaui.
En ce moment miss Oldbuok renlxa. -—Monsieur Lovel , 4itHBile avec mi air grave et compo^ , les draps sont mis à votre lit , la cbambre e^t prête, et j'ai fait alluiner du. feu dans la cheminée. Ce n'est point à caorse de l'embarras que... au fiurpliWy j'espère que vous y passerez une b<»ine Buit^ mais...
— Mais vous êtes bien rés<riae , Grizzy , de faire tQut ce que vous pourrez pour Ten empêcher.
— Moi J mon £rère ; bien certainement je n'ai rien dit.
— Mais moi y ma chère miss Oidbuck i je vous serai fort obligé, si Yons voulez bieya m'^expliquar le motif des inquiétudes que vous aviez pour moi.
— Mon frière ne se soucie pas de reatendre. O^endant il sait aussi bien que moi que cette chambre est en mauvais renom. On n'a {las oublié que cf étai^t là qu'était couebé le vieux Rab TuU , le clerc de l^ ville ^ lorsqu'il eut cette vision merveilleuse relativemeiit à notre.gr4mâ procès avec les seigneurs féodaux de Mussel- Craig. U nous avait déjà coûté bien de l'argent^ monsieur Lovel ; £ar il en fallait dans ce temps«là pour les procès ^ tout aussi bien ^'aajourd'bniê et le Monkbarns d'alors , notre grand-père , monsieur Lovel, courait ^and risque de perdre son affaire, faute d'une pièce. Monkbarns que voilà sait bien quelle était cette pièce, mais il n'y a pas de danger qu'il m'aide à finir mon récit. Au surplus c'était une pièce de grande importance, et faute de laquelle notre procès était à vau-l'eau. £h bien I notre caiise devait être jugée devant les quinze juges, comme on les appelle, en présence du vieux Rab Tull , le clerc de la ville ; celui-ci vint pour faire une dermère recherche de cette pièce qui nous manquait , à l'instant où notre grand-père allait partir pour Edimbourg, de sorte qu'il ii'y avait pas de temps à perdre en allées et en venues. C'était une espèce d'imbécille qnie ce Rab Tull, à ce que j'ai entendu dire; mais il était alors clero de la ville à Fairport , et les Monkbarns l'employaient toujours dans leurs affaires litigieuses, pour se maintenir en bonne intelligence avec la ville. Vous entendez bien?
— Cela est abpminable , Grizzy, s'écrwi M. Oldbuck; j'atteste k ciel que tous %wm, ««i Je ^mps d'évoquer les esprits de tona
les abbës de Trotcosey, à commencer par Waldimir, depuis qûé vous suezsang et eau pour en faire paraître un seul. Apprenez à être succincte dans vos narrations. Imitez le style concis du yienx Aubrey, le premier homme du monde pourvoir des esprits, et dont les récits à ce sujet étaient toujours clairs et précis. Exem^ pUgratiâ : « Un esprit apparat à Girincester le 5 mars Ï670. On lui demanda s'il était un bon. ou un mauvais esprit. U ne répondit rien, et disparut en faisant un certain bruit qui fut suivi d'un parfum singulier. » Voyez ses Mélanges, page 18, et, autant que je puis m'en souvenir, vers le milieu de la page ^.
— Croyez-vous donc , Monkbams , que tout le monde soit aussi savant que vous dans les livres? Mais vous aimez à faire paraître les autres comme des ignorans, et c'est ce qui vous arrive toujours avec sir Arthur, et même avec le ministre.
— La nature a fait plus que moi dans ces deux exemples, Grizzy, ainsi que dans im troisième que je m'abstiendrai de citer. Mais buvez un verre d'ale, ma sœur, et continuez voti:^ histoire , car il commence à être tard.
— Jenny bassine votre lit , mon frère , et il faut bien que vous attendiez qu'elle ait fini; ainsi donc j'en étais à la recherche que faisait notre grand-père Monkbarns , avec l'aide du vieux Rab TuU ; mais ils ne furent jamais assez heureux pour trouver la pièce qui leur manquait. De sorte qu'après avoir fouillé dans je ne sais combien de sacs de cuir pleins de papiers , on servit dans la soirée un bowl de punch au clerc de la ville pour bire pa.«.ser la poussière qu'il avait avalée. Nous n'avons jamais été grands biberons dans notre famille, monsieur Lovel ; mais le brave homme s'était tellement habitué à boire avec les baillis et les syndics de corporation, dans leurs assemblées , et ils en tenaient une presque tons les soirs , pour le bien général de la ville, qn*il ne pouvait dormir sans s'être rincé le gosier. Il but donc son bowl de punch , et il alla se coucher. Mais quel réveil il eut au milieu de la nuit I jamais il ne put en bien revenir , et il eut une attaque de paralysie quatre aîis après , jour pour jour. U lui sembla , monsieur Lovel , qu'il entendait tirer les rideaux de son lit. Il ouvrit les yeux, croyant, le pauvre homme, que ce pouvait être un chat; mais il vit... Dieu me protège I car je ne puis raconter cette histoire sans frissonner,
I . Jolin Aobrey « anliquaire anglais , n^ en i6a6 et mort en 1 700. L'ouvrage dont il est ici question est intitulé en anglais MiictUaniti on apparitions magie.
L'ANTlQUAIRfi. 97
quoique je l'aia déjà racontée plus de yingi fois ; il vit au clair de la lune un vieillard de bonne inine, debout près de son lit , vêtu d'une manière singulière , ayant à son habit force glands et boutons ; et cette partie de ses vétemens qu'il ne convient pas à une femme de nommer ^ était si ample, si large , et faisait tant de plis, qu'on aurait pu le prendre pour un n^ialelot d'Hambourg. Il avait une longue barbe et des moustaches retroussées en l'air. RabTuU avait donné dans le temps de bien plus longs détails, mais ils sont oubliés aujourd'hui , car c'est une vieille histoire. Eh bien , Rab Tnll était un homme vivant bien , pour un clerc de province , de sorte qu'il fut moins effrayé qu'on ne pourrait le croire, et il de« manda au spectre^ au nom du ciel, ce qu'il voulait. L'esprit lui répondit dans une langue inconnue. Alors Rab TuU lui parla erse, car il était né dans les montagnes de Gienlivat ; mais cela ne réussit point. Eh bien, il £e rappela deux ou trois mots de latin dont lise servait pouf rédiger les ordonnances de la ville, et il i^e les eut pas plus tôt prononcés que l'esprit fit pleuvoir sur lui un tel déloge de latin , que le' pauvre Rab Tnll , qui n'était pas trop savant^ en fut tout déconcerté. Cependant, comme il ne manquait pas de hardiesse , il se souvint du mot latin qui signifiait la pièce dont il avait besoin. C'était quelque chose comme une carte, je m'imagine, car l'esprit s'écria : Oui, carier, carter,
— Carta ! s'écria Oldbuck , carta , vous dis-je ; pourquoi estropier ainsi les l()mgues ? Si mon ancêtre n'en avait pas appris d'antre dans l'autre monde , du moins il ne pouvait y avoir oublié le latin , qui l'avait rendu célèbre dans celui-ci.
— Carta , si vous voulez , mon frère , mais ceux qui m'ont ra* conté cette histoire m'ont toujours dit cofUr. Eh bien , il cria donc : Oui , carta , puisque carta vous plait^ et fit si^ne à Rab de le suivre. Rab~^vait le courage d'un vrai montagnard; il sauta à bas de son lit^ mita la hâte quelques vétemens, et suivit l'esprit , tantôt montant, tantôt descendant, jusqu'à une «spèce de petite tour qui était à une encognure de la vieille maison , et où il y avait un tas de caisses et de malles de rebut. Là Tesprit lui donnant une paire de coups de pied , le poussa vers cette vieille armoire des Indes qui est maintenant dans le cabinet de mon frère, à côté de
I. La pudeur brilaonique recule en effet devant le simple mot de euloUe , qu'on appelle fréquemment le vêlement nécessaire ou les inexprimables. Cette même pudeur va au théftire entendre Othello traiter sa femme de Stntmptt ,.etc. "
Od Ii'ANTlQUAIIlE.
sa table, €t disparut comme nue bouffée de fumée de tabac « lais* sant Rab dans an état pitoyable.
• — Tenaes seccssii in auras, dit Oldback » mais, morbleu I man' $it odor S car la pièce tant désirée se trouva dans un tiroir de cette armoire oubliée , avec beaucoup d'autres vieux papiers très eu* rieuxqui sont maintenant mis eu ordre et convenablement étiquetés , et qui paraissent avoir appartenu à on de mes ancêtres « pre* mier propriétaire deMonkbams. Ce titre y recouvré d'une manière SI étrange y était la charte originaire d'érection de l'abbaye de Trotcosey, terres et dépendances/ comprenant Monkbarns et autres domaineis, en seigneurie relevant du roi, eu faveur du premier comte de Giengibber , favori de Jacques YL Elle fut signée par ce monarque à Westminster le 17 janvier anno Dotnini 1613 — 1613. Ce n'est pas la peine de vous dire les noms des^témoins.
-^ J'aimerais mieux, ditLovel dont la curiosité commençait à s^éveîlier , savoir ce que vous pensez de la manière dont ce titre fut découvert.
-^ Si j'avais besoin d'une autorité pour ma légende , j'en trouverais une qui ne serait pas moindre que saint Augustin, car il nous raconte l'histoire d'un défunt qui apparat à son fils lorsque celui-ci était poursuivi eu paiement d'une prétendue dette , pour lui apprendre où il en trouverait la quittance (a) ; mais je pense plutôt avec lord Bacon que l'imagination a fait souvent de pareils miracles» Il a toujours couru dans la famille va conte absurde que oette chambre étaithantéeparres[Nritd'AldobrandOldènbuck^ mon graud-grand-grand-grand-père. C'est une honte pour la langue anglaise que nous n'ayons pas ime manière moins ridicule d'exprimer le cinquième degré de parenté en ligne directe ascendante, tandis qu'il se présente si souvent des occasions d'y penser et d'eu parler. Il était étranger, et n'avait pas renoncé au costume de son pays , dont la tradition avait conservé la description exacte. Il existe même son portrait gravé , dit-on , par Reginald Elstracke, dans lequel il est représenté travaillant à la presse de ses propres mains > et tirant les feuilles de son édition, devenue si rare, de la Confession d'Augsbourg. Il était chimiste et mécanicien , et une seule de ces qualités suffisait alors dans ce pays pour Caire supposer des connaissances surnaturelles. Le vieux Rab Tull, probablement superstitieux, avait entendu parier de tout cela, et dans son
1. Tem9t M9ceuii in a«#ti/ , U l'évuiouit dans Tair léger. Mantitodor, Vodmr resta.
sommeil l'idée d'Àldobrand Oidenl^uck s'associa sans doute à celle de sa vieille armoire qu'on avait jetée sous lé pigeonnier pour s'en débarrasser , preuve évidente du respeict et de la reconnaissance que nous conservons souvent pour la mémoire de nos ancêtres et pour les antiquités. Ajoutez à cela un quantum sufficit ^ d'exagération, et vous avezia clef de loutle mystère.
— Oh ! mon frère , mon frère ! mais le docteur Heavystern , dont le sommeil fat si désagréablement interrompu qu'il déclara qu'il ne passerait pas une autre nuit dans la chambré verte , dût-il devenir propriétaire de Monkbarns, de manière que Maria et moi nous fûmes obligées de lui céder notre...
— Le docteur est un brave et honiiète Allemand, ma sœur, plein de mérite dans son genre ; mais il a le crâne épais , et il est entiché d'idées mystiques comme un grand nombre de ses concitoyens. Vous et lui vous aviez bavardé toute la soirée, et en échange de Votre légende delà chambre verte il vous avait rdgalé des contes de Mesmer y de Gagliostro et des autres grands génies modernes qui prétendent avoir trouvé l'ai^t d'évoquer les esprits, de découvrir les trésors cachés , et autres merveilles semblables. Et cotisi* dérani queViUustrissimus avait mangé à son souper une livre et demie de viande, fumé six pipes, et bu de l'aie et de l'eau-de-Vie en proportion , je ne suis pas surpris qu'il ait eu pendant la nuit un accès de cauchemar. Mais tout est prêt maintenant > monsieur Lovai ; permettez-moi de vous conduire à votre appartement. Je itië flotte qu'Aldobrand connaît trop bien les devoirs de l'hospitalité pour troubler le repos que vous avez sil)ien mérité par votre bravoure et votre générosité.
A ces mots notre antiquaire prit un chandelier d'argent massif, d'une forme antique , dont le métal , dit-il à Lovel, provenait des mines de Hartz , et qui avait appartenu au jpersonnàge qui venait de faire le sujet de leur conversation. Il conduisit son hôié pai* maints détours et passages obscurs , tantôt inontant , tantôt descendant, et il l'introduisit enfin dans la chambre qui lui était destinée.