CHAPITRE XIII
Gai , je tou» haïtsait el je ne Toat hait plus. N'allés pa» pour cel« eroire que je Toaa iiat. Pour moi voire présence ëtail 119 deuil fztréçic: A présent je pourrai peut-être Tout iouflVir. C'en to«t oe que 4* omî t90I pouvez gh/bfnv,
SiAKtriAaB. Commt il voyu plairf.
Le teint de miss babelle Wardour était plus animé que de eastume quand, après avoir pris le temps nécessaire ponr mettre quelque ordre dans ses idées, elle- entra dans le salon.
— Je suis enchanté de vous voir, ma belle ennemie, dit I*an^ quaire en la saluant de Tair le plus affectueux > car j'ai eu, dans mon jeune ami que voici, un auditeur réfractaire ou du moins fort négligent, tandis que je cherchais à lui faire connaître l'histoire du château de Knockwinnock. Je crois que le danger de la nnitéeT' nière a troublé la cervelle du pauvre jeune homme. Mais vous > miss Isabelle , vous êtes aussi vermeille que si vous étiez habituée à braver toutes les nuits la fureur des vagues , les vents déchaînés et une pluie d'orage. Vos couleurs sont plus fraîches encore qu'elle ne l'étaient hier lorsque vous honorâtes mon hospiiiwn de votre présence. Et sir Arthur^ comment se porte mon bon et ancien ami?
— Passablement , monsieur Oldbnck ; mais je cmins qu'il ne soit pas encore en état de recevoir vo^ félicitations , et d'offrir..** d'offrir,... à monsieur Lovel ses remerciemens pour son dévone* ment sans égal.
yANTIQUAIRE. 137
-r Je le crois bien. Ua bon oreiller de duvet aurait mieux valu pour sa tête grise que la couche dure qu'il a trouvée sur le Tablier de Bessy, que j'envoie à tous les diables.
— Je n'avais pas dessein , dit Lovel, baissant les yeux , hésitant à chaque mot ^et cherchapt à cacher son émotion ; je n'avais pas dessein de... de me présenter devant sir Arthur et miss Wardour. Je savais que ma présence devait leur être.. .. leur être peu agréable ^ puisqu'elle doit nécessairemenl leur rappeler des souvenin pénibles.
— Ne' croyez pas mon père si injuste et si ingrat i dit Isabelle d'un ton non moins embarrassé. J'ose dire... je suis certaine que mon père se trouverait heureux de pouvoir prouver à monsieur Lovd sa reconnaissance.... c'est-à-dire pourvu qu'il voulût bien lui^méoie lui en indiquer le moyen le plus convenable.
^ Que diable signifie une pareille réserve? s'écria Oldbuck : vous me rappelez notre grave ministre^ qui , buvant ^ en vieux fat qu'il est ^ aux inclinations de ma sœur, jugea convenable d'ajon- Uar: pourvu qu'elles soient vertueuses» miss Griselda. Fi donc ! point de pareilles balivernes. J'ose dire que quelque autre jour sir Arthur sera charmé de nous voir. Et quelles nouvelles du ro|aume souterrain des ténèbres et de l'espérance ? Que dit le aeir esprit de la mine? Sir Arthur fonde-t*il quelque espoir sur sa dariiière entreprise dans Glen*Withershius ?
Miss Wardour secoua la tête. — Je crains que ses espérances ne soient bien faibles , monsieur Oldbuck. Voici pourtant , ajouta-' telle en montrant à l'autre bout du salon une table sur laquelle étaient placés divers fragmens de pierres et de minéraux, — veiei des échantillons qui lui ont été envoyés tout récemment.
— Ah I les pauvres cent livres que sir Arthur est venu à bout de me faire mettre pour ma part dans cette entreprise m'auraient acheté iin chariot d'échantillons de minéralogie; n'importe> il foatqueje les voie.
A ces mots il alla s'asseoir près de la table, et se mit à examiner successivement toutes les pierres qui s'y trouvaient, murmurant , et levant les épaules chaque fois qu'il en laissait une pour en reprendre une autre.
Pendant ce temps, Lovel, que la retraite de l'antiquaire forçait en quelque sorte à se trouver en tête à tête avec miss Wardour, saisit cette occasion pour lui adresser la parole. ~ Jç me flatte^ dit-il à demi-voix , que miss Wardour n'at^ii-
baera qu'à des circonstances presque inévitables la présence d^un homme qui a tant de raisons pour croire qu'il est vu ici avec si peu de plaisir.
— Monsieur Lovel f répondit Isabelle sur le même ton , j'espère que.... je suis sûre' que vous êtes incapable de vouloir abuser de l'avantage que vous donnent les services que vous nous avez rendus ^ services pour lesquels... mon père ne saurait avoir trop Je reconnaissance. Si monsieur Lovel pouvait me regarder comme une amie y comme une sœur, personne ne pourrait , et, d'après tout ce que j'ai appris'de monsieur Lovel , personne ne devrait être vu ici avec plus de plaisir ; mais. . .
Lovel répéta ici intérieurement l'anathème prononcé par M. Oidbuck contre la conjonction n^ais, — Pardonnez-moi si je vous interromps > miss Wardour, vous ne devez pas craindre que je voos entretienne d'un sujet que vous ni'avez déjà interdit. Mais si vous refusez d'écouter l'expression de mes seutimens , n'ajoutez pas à cette sévérité la rigueur de me forcer à les désavouer.
— Je suis très fâchée , monsieur Lovel , de votre... c'est à. regret que je me sers d'un mot si dur, de votre opiniâtreté aussi romanesque qu'inutile. C'est pour vous-même que je parle. Songez que vous devez compte de vos talens à votre patrie. 11 ne faut pas, en vous livrant à une prédilection déplacée , et qui n'est qu'une préférence passagère , perdre un temps qui, bien employé , pourrait jeter les fondemens de votre élévation future. Permettez-moi de vous conjurer de prendre une ferme résolution, et de...
— C'en est assez , miss Wardour, je vois clairement que...
— Vous vous trouvez blessé^ monsieur Lovel, et, croyez-moi, je compatis à la peine que je vous cause. Mais puis-je vous parier autrement , si je veux être juste envers vous et envers moi? Sans le consentement de mon père , jamais je n'écouterai les propositions de personne^ et vous savez parfaitement vous-même qu'il est absolument impossible qu'il approuve les seutimens dont vous m'honorez, et je dois dire...
— Non , miss Wardour^ n'allez pas plus loin. N'est-ce psis assez de détruire toutes mes espérances dans la situation où je me trouve aujourd'hui ? faut-il encore me défendre d'en conserver pour l'avenir? pourquoi me dire quelle serait votre conduite si votre père n'avait plus d'objections à faire ?
— Parce que cet espoir est chimérique , monsieur Lovel , parce qu'il est impossible de les détruire. Comme votre amie^ comme
nne personne qui y<im doit «a yie et celle de son père, je vons sapplie de vaincre ce malhenreiix attachement. Quittez une ville où YOQS ne pouvez trouver aucnn moyen de développer vos talens» et reprenez la profession honorable que vons semblez avoir abanf donnée»
-^ Eh bien 1 miss Wardoar> je vons obéirai ; mais patientez encore un mois. Si dans ce court espace de temps je ne vous donne pas des raisons suffisantes pour prolonger mon séjour à Fairport , — des raisons que vons approuviez vous-même , je dirai adieu à ces environs , et en même temps à toutes mes espérancesr de bonheur.
— Ne parlez pas ainsi » monsieur Lovel ; j'espère que pendant bien des années vous jouirez du bonheur dont vous êtes digne > d'un bonheur fondé sur des bases plus raisonnables que celui qui est en ce moment le but de vos désirs. 11 est temps de mettre fin à cette conversation. Je ne puis vous forcer à suivre mon avis ; je ne puis fermer la porte de cette maison à celui qui a sauvé la vie de mon père et la mienne; mais plus tôt monsieur Lovel pourra s'armer d'assez de force pour renoncer à des vœux qu'il avait formés imprudemment y plus il s'élèvera dans mon estime. En attendant, il doit m'excuser si, pqur lui comme pour moi> je le prie de ne pas renouveler dorénavant un entretien sur un sujet si pé« nible.
Un domestique vint annoncer, en ce moment , que sir Arthur priait M. Oldbuck de passer dans son appartement.
— Je vais vous montrer le chemin^ dit Isabelle , qui craignait sans doute la continuation de son tête-à-tête avec Lovel ; et eUe conduisit l'antiquaire dans l'appartement de son père.
Sir Arthur, les jambes enveloppées de flanelle , était étendu sur un S0&. — Vous êtes le bienvenu , s'écria-t-il ; j'espère que le mauvais temps a eu hier soir des suites moins Cîcheuses pour vous que pour moi.
— Dans le fait, sir Arthur, je n'y ai pas été aussi exposé que vous. J'étais in terra fit ma , tandis que la mer et les vents conspiraient contre vous. Mais de telles aventures conviennent mieux à un galant chevalier qu'à un humble écuyer. S'élever sur les ailes da vent de la nuit , s'enfoncer dans les profondeurs de la terre.... Et à propos , quelles nouvelles dé notre contrée souterraine de Bonhe-Espérance , de la terra incognita de Glen-Withershins ?
— Rien de bon jusqu'à présent , répondit le baronnet en faisant
130 l'ANTlQUAlAE.
une grimace comme s'il eût été attaqué d'une iLoid^ar def(Q)ttte; mais Dousterswivel ne désespère pas eocore*
— Vraiment ? dit Oldbuck : eh bien 1 moi , je àésesfkne , ne
lui en déplaise. Le vieux docteur H.,.n ^ m'a dit à Edimboorip,
d'après les échantillons que je lui ai montrés /que nous se trou-
Terions jamais dans cette mine assez de cuivre pour faire une paire
.de boucles de jarretières. Et je ne vois pas quç les édiantÛlons
qui sont sur une table, dans votre salon, soient d'une qi^ditéfort différente.
— Je ne crois pas que le savant docteur soit infaillible.
— Non , mais c^est un de nos premiers chimistes , et . ee philosophe ambulant, voire Dousterswivel est, je crois, un de ces aventuriers habiles dont Kircher parle en ces termes • ArUm kabint sine arte, parte tn sine parie; quorum médium est meniirif vita eoram mendicatum ire ; c'est-à-dire, miss Wardour... ^.
— Je n'ai pas besoin d'explication, monsieur Oldbuck, je comprends fort bien ce que vous voulez dire; mais j'espère que M. Dousterswivel se trouvera plus digne de confiance.
— J'en doute beaucoup , reprit l'antiquaire , pt nous sommes en mauvais chemin, si nous ne découvrons pas la maudite veine qa'il nous prophétise depuis deux ans.
' — Vous n'avez pas un grand intérêt dans cette afibire , monsieur Oldbuck, dit le baronnet.
— Un trop grand, sir Arthur, un trop grandi Et cep^nd^t, pour l'amour de ma belle ennemie que voilà, je consentirais volontiers à tout perdre pour savoir que vous n'avez pas risqué davan-
tage.
Un silence pénible régna quelques minutes, car sir Arthur était . trop fier pour avouer que ses premiers songes ne l'abusaient plos, quoiqu'il commençât à prévoir le résultat de son entreprise. — J'ai appri$ , dit-il enfin , que le jeune homme dont le courage 0t la présence d'esprit nous ont rendu hier soir un si grand service , a eu la politesse de me rendre une visite , et vous a accotnpa^^é chez moi. Je regrette de me trouver hors d'état de le voir, 4e même que qui que ce soit, excepté un ancien ami conune Vous, mon^ieiir Oldbuck.