I. Lei reste» de Saint- André' (ville ancienne d'EcoMe
Mais après toul quel est le pire en cette tw? Mendier ! !
Et après avoir remarqaé qae.
Coucher dans une grange et sur la paille huoùde , Quand les os sont brises , quand Testomac est vide , C'est sans doute un malheur
le poète 9 malgré cet avea mëlancoliqoe , se laissant aller à décrire les charmes que procm*e la libre contemplation des beautés de la la nature , établit qu'ils peuvent contrebalancer les mauvais pas et les incertitudes de la vie même d'un mendiant. Dans une de ses lettres en prose, il revient encore sur cette idée, et s'y arrête avec une complaisance qui la fait regarder comme assez confirme aux dispositions habituelles de son espnt.
Puisque le genre de vie d'un mendiant écossais du dix-huitième siècle ne paraît pas avoir beaucoup effrayé l'imagination de Robert Bums y il est peu probable que l'auteur se soit trompé en don^ nant au caractère d'EdieOchiltree» une certaine couleur poétique et une dignité personnelle supérieure à ce que l'on pourrait attendre d'une si misérable profession. Au reste, la classe des mendians avait quelques privilèges. Un logement tel quel leur était aisément accordé dans les bâtimens extérieurs de la maison , et bien rarement les plus pauvres villageois leur refusaient l'aumône accoutumée d'une poignée de farine (appelée un gowpen). Le mendiant arrangeait ses denrées dans plusieurs sacs qu'il attachait autour de lui , et ainsi il portait la plus grande partie de sa subsistance , qui ne lui coûtait littéralement que la peine de la demander. Dans les maisons des propriétaires aiséa, on lui donnait les restes du repas de la veille, et peut-être un double penny écossais ou un penny anglais, qu'il employait à acheter du tabac ou du whisky. En un mot, ces indolens péripatéticiens souffraient beaucoup moins des besoins de la vie que les pauvres paysans de qui ils recevaient les aumônes.
Si à ses qualités personnelles le mendiant joignait le titre de mendiant du roi [King^s bedesman), ou de manteau bleu, il appartenait par ce seul fait à l'aristocratie de sa classe , et était considéré comme un personnage.
Ces mendians du roi sont une classe de pauvres à qui les rois d'Ecosse étaient dans l'usage de distribuer certaines aumônes.
t . AVERTISSEMENT.
conformément à d'anciens règlemens de l'Eglise romaine, et qui en échange étaient obligés de prier pour le salut du roi et celui de l'État. Cette classe d'hommes existe encore , et leur nombre égale celui des années du roi. A chaque nouvel anniversaire de la naissance de Sa Majesté , on crée un nouveau bedesman , et ce même jour chacun d'eux reçoit un habillement neuf^ consistant en un manteau de gros drap bleu-clair, avec une plaque d'étain qui leur confère le privilège de mendier par toute l'Ecosse , nonobstant les lois contre la mendicité , qui, dans tout le royaume', perdent leur e£feten faveur des manteaux Mens. Chaque membre reçoit encore une bourse de cuir contenant autant de shellings écossais que le roi compte d'années. On peut supposer que Tardeur avec laquelle ces braves gens prient Dieu pour la conservation et la longue vie du monarque est fortement stimulée par l'intérêt toujours présent et toujours croissant qu'ils trouvent à Taccomplissement de leurs prières. Le même jour de l'anniversaire royal , un chapelain prêche un sermon aux manteaux bleus , qui , suivant l'aveu que j'en ai reçu de l'un de ces respectables auditeurs, composent bien l'auditoire le plus impatient , le plus inattentif qui soit au monde. Il se peut qu'ils s'imaginent qu'on les paie pour prier et non pour écouter des prières ; ou plutôt leurs distractions naissent de l'impatience bien naturelle , quoique peu édifiante dans un si vénérable chapitre , de prendre leur part du solide déjeuner de pain et d'ale , qui est , quant à ce qui les concerne 9 la conclusion de la fête. Tout enfin se termine par cet avis du Vieil Ermite de Johnson à son prosélyte :
Viens , mon garçon , vien» boire de la bière.
On trouve dans les comptes de la trésorerie beaucoup de pièces officielles déterminant l'état des valeurs reçues par ces vieux mendians du roi , en argent ou en habits. La pièce suivante qui nous a été fournie complaisamment par M. Mac-Donald , conservateur aux archives , intéressera les personnes qui ont les mêmes goûts que Jonathan Ôldbuck de Monkbams.