‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 32 sur 91 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

La compagnie âe ce drdl|p m'a c^torcel^. Jci, Tétez écrc panda

ù ca cpqain ne m'a pa» fait prendre un philtra pour u ftuve

aimer 4e moi. Oui , il faut que j'aie pris im philtre. ' • ■»

SkAKvriA». Htnri IV ^ paHie IL

Pendant une quinzaine^ l'antiquaire ne manqua pas dé demander tous les jours au vieux Caxon s'il savait ce que faisait M. Ldvel, et tout ce qu'il put en apprendre fut qu'il avait encore reçu une ou deux grosses lettres venant du sud, mais qu'on né le rencontrait jamais sur les trottoirs de Fairport, et que personne rië savait ce qu'il faisait.

— Mais comment vit-il , Caxon ?

— Oh ! mistress Hadoway lui prépare an bçef-steak| des ràte« lettes de mouton, un poulet rôti , enfin ce qu'elle préfère elle-mémey et il mange dans la petite salle rouge » près de sa chambre à coa« cher. Elle ne peut lui faire dire ce qu'il voudrait avoir pour son dîner. Elle lui prépare sonfthé tous lés matins , et il la paie hônoràblemçnt toutes les semaines.

— Mais ne sort-il donc jamais F

— Il a tout À-fait renoncé à la promenade. Tout le long de la journée il est assis dans sa chambre , à lire ou à écrire. Je ne saa« rais dire combien de lettres il à écrites , mais il ne les met pointa la poste à Fairport, quoique mislress Hadoway lui ait offert de les y porter elle-même ; il les envoie sous enveloppe au shéritf , et nus* tress Màilsetter croit que le'shériff les fait mettre à la poste de Tannonburgh par son domestique. A mon avis , il soupçonne qu'on cherche à lire ses lettres à Fairport» et il-n'a peut-être pas si grand tort y car ma pauvre fille Jenny.. .

— Du diable! ne m'ennuyez pas de vos femelles >Caxoii« Parlons de ce pauvre jeune homme; N'écrit-il donc que des lettres? ' .V

— Si vraiment ; il remplit des feuiUes d'autres choses , à ce que m'a dit mistress Hadoway. Elle a bien des fois tâché de le déterminer à sortir , car elle lui trouve mauvaise mine^ et son appétit s'en va. Mais non , il ne veut point passer le seuil dé ta porte , hii qui avait coutume.d'aller se promener si souvent.

— Il a tort. Je me doute de ce qui l'occupe ^ mliis il qe faut pas travailler avec excès. Tirai le voir aujourd'hui. Ssuis doute il ne son^e plus qn^kldiCdlédoniade.

Ayant pris cette magnanime résolution ^ M. Oldbuçk se disposa à l'exécuter sur-le-champ. Il mit ses gros souliers » prit sa canne à pomme d'or , et partit en répétant les paroles de Falstaff que nous avons mises en tête de ce chapitre , car il était lui-même surpris du degré d'attachement qu'il avaitxonçu pour cet étranger.

Une course à Fairport était une aventure extraordinaire pool" M. Oldbùcky une entreprise qu'il ne faisait point avec grand plai« sir. Il ne pouvait souffrir qu'on l'arrêtât dans les mes » et il y ren* contrait toujours quelques oisifs qui Tabordaient , soit pour lui demander les nouvdles du jour, soit pour quelques autres fadaises semblables. A peine fut-il entré dans la ville qu'il fut accueilli P^ un Bonjour^ Monkbarns; avez-vous lu Je journal aujourd'hui? On

dit que la grande entreprise anra lieu dans une (|uinzaine.

— Plût à Dieu qu'elle fût faite et refaite , répondit-il en conti* jmaotaon chemin , aiEm que je n'en entendisse plus parler.

^^ J'espère/ Tint lui dire un autre , que Votre Honneur est content des fleurs que je lui si. fournies. Si tous Toulez des oignons de jacinthes de Hollande » ou, ajouta- t-il' en baissant la Toix^ un baril on deui de g^nièTre d'Hambourg > un dé nos bricks est arriTéhier.

— Grand merci ^ monsieur Crabtrée , grand merci , je n'en ai pas besoin à prient, répondit l'antiquaire. sans s'arrêter.

— Monsieur Oldbuck Jui dit le dercde la Tille, personnage plus important qui l'empeçha dé continuer sa route eh se metttant en face de lui , le préTÛt , apprenant que tous êtes en Tille , tous prie instamment de ne pas en partir sans l'avoir tu. Il désire causer ETee TOUS relatiTement au projet d'an^ener dans*la ville de l'eau 4e Fairwell-Spring^ parce qu'il faudra qu*elle traTerse une partie de vos terres. <

-r- Que diable! ne peut-il trouver d'autres terres que les miennes à fouiller et à couper ? Dites-lui que je n'y consentirai point.

- — Et le prévôt et le conseil de la ville , continua le clerc , sont d'accord de vous donner en indemnité les vieilles statues de pierre de la chapelle de Donagild , dont vous aviez envie.

rr— Hem ? quoi? oh ! c'est une autre affaire. Eh bien I j'irai le voir le prévôty et nous en parlerons.

-r- Mais il ne faut pas tarder , monsieur Monkbams, si tous Tonlez aToir les statues; car le diacrç Harlewalls pense qu'on pourrait s'en serTir pour oirner la nouTelle maison comniune ; c'est-à-dire on. mettrait de chaque côté de la porte* les deux statues qui ont les jambes croisées , et qu'on nomme Rol)in et Bobbiti; et l'on placerait au-dessasde la porte la troisième^ qu^on appelle Aille Dailie. Le diacre dit 4ue cela sérisi du meilleur goût, et tont-à-fait dans le style gothique modemci

-r- Que le ciel me déliTre de cette génération de Goths ! Le monument d'un cheTalier templier aux deux côtés d'un portique greci et une madona au-dessus de la porte ! O temporal Eh bien, dites au préTÔt qne je consens à accorder le cours d'eau sur mes terres, mais que je toux aToir les statues. Il est fort heureux que je sois Tenu ici aujourd'hui.

Us se séparèrent mutuellement satisfaits; mais le rusé clerc avait surtout raison de se féliciter de sa dextérité , car la prôpo-

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sitiôn d'an ëchan^ de monumens qae le conseil de bi ville avait

décidé de fanre abattre parce qu'ils gênaient lar voie publicpie;

contre le droit de faire venit l'eau dans la ville à tràvera I«f

terres d*Oldback, était uneidée qui s'était présentée à loi àfïnôiant

même.

Après plu^enrs autres interruptions semblables, M. Oldbnck arriva enfin chez mistress Hadoway. Cette bonne femme était veuve d'un ministre , et la mort prématurée de Son mari l'avait réduite % cet état voisin de l'indigence dans lequel végètent souvent les veuves des membres du clergé écossais. Elle se tirait d'affaire en louant un appartement meublé dans la maison qu'elle occupait 9 et comme elle avait trouvé eu Lovel un locataire menant une vie tranquille et régulière , payant parfaitement bien , et apportant la plus grande honnêteté (dans les relations qn'ib avaient nécessaiVement ensemble, mktress Hadoway, qui n'était sans doute pas habituée à trouver toutes ces qualités réunies dans tous ceux qui logeaient chez elle , s'était attachée à son locataire^ et avait pour lui toutes les attentions que les circonstances poavaieiit exiger. Apprêter un mets avec plus de recherche qua l'ordinairéxpour le dîner du pauvre jeune homme, employer son crédit auprès de ceux qui se souvenaient encore de son mari, on qui avaient quelque amitié pour elle , pour se procurer des légumes de primeur, ou quelque chose qu'elle s'imaginait pouvoir exciter l'appétit de Lovel , étaient autant de soins qu'elle se faisait an plaisir 4^ prendre , quoiqu'elle le cachât scrupuleusement à celm qui en était Pobjet. Elle ne faisait pas un mystère de sa bienveillance, afin d'éviter les railleries de ceux qui auraient pu supposer qu'un visage ovale, des yeux noirs, un teint un peu brun, mais animé de belles couleurs, qubique appartenant à une femme de quarante-cinq atis, et à demi cachés sous une coiffure de veuve, pouvaient encbre prétendre à faire des conquêtes; car , pour dire la mérité > ce soupçon ridicule ne s'étant jamais présenté à son esprit , elle ne se serait jamais imaginé qu'il pût entrer dans la tête d'un autre. C'était par délicatesse qu'elle cachait ses attentions pour son hôte, parce qu'elle craignait qu'il ne fût plus généreux que riche, et qu'il ne lui eût été pénible de laisser ses civilité sans récompense. Elle ouvrit la porte à M. Oidbuck, et la surprise qu'elle éprouva en le voyant mouilla ses yeux de quelques larmes qu'elle put à peine retenir.

— Je suis charmée de vous voir, Monsieur, très charmée en

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yérité. Je crains que mon pauvre jeune homme ne soit pas bien ; et cependant il ne yeut Toir ni médecin > ni ministre, ni homme ' de loi. Jugiez de ce qae je deviendrais ,. monsieur Monlcbarns, si on homme venait à mourir chez moi san^ avoir pris l'avis des trois iacoltës savantes, comme le disait mon pauvre M. Hadowa j.

— Cest ce qu'on peut faire de mieux, grommela le cynique an-' tiqnaire. Apprenez de moi, mislress Hadoway, que le clergé vit de nos péchés, la médecine de nos maladies, et là justice de nos sottises et de nos malheurs.

— Fi donc ! Monkbams ; faut-il que je vous entende parler ainsi I Hais vous allez monter , vous irez le voir ? HélaS ! un si beau jeune homme! Son appétit s'en va de plus en plus; à peine prend-il quelque chose sur le plat pour faire semblant de manger un morceau. Ses pauvres joués deviennent de jour en jour plus maigres et pins pâles , et maintenant il a vraiment l'air aussi vieux que moi , qui pourrais êtte sa mère.... c'est-à-dire pas tout-à-fait» mais approchant..

— Pourquoi ne prend-il pas d'exercice? • '

— Je crois que nous l'y avons enfin déterminé, car il a acheté' an cheval de GibbieGolightly, le maquignon. Il se connaît bien en chevaux ; Gibbie l'a dit lui-même à notre servante. Il^lui avait offert un bidet qu'il croyait assez bon pour un homme qui a tonjonrs un livre on une plume à la main ; mais M. Lovel n'a pas seulement voulu le regarder , et il en a acheté un digne du Maître de Morphie. Il est à l'au)>erge des Arnus de Grœmes y ààw^lîi grande me; il a fait une. promenade hier matin et aujourd'hui avant de déjeuner. Mais ne voulez- vous pas monter dans sa chambre?

—Tout à l'heure , tout à l'heure. Personne ne viênt-il le voir?

— Pas une ame, monsieur Oldbuck ; puisqu'il ne voulait voir personne quand il était gai et bien portant, comment se trouveniit"il quelqu'un dans Fairport qui songeât à lui maintenant?

--C'est vrai, c'est vrai. J'aurais été surpris s'il en eût ^té au- ^l'ement. Eh bien ! montrez-moi le chemin , mistress Hadoway , de penr que je ne me trompe.de chambre.

La bonne hôtesse précéda M. Oldbuck dans un escalier étroit, l'avertissant chaque fois qu'il fallait tourner, et regrettant à chaque marche f être obligée de le faire monter si haut. Enfin elle frappa doncement à la porte. — Entrez, dit Lovel ; et M. Oldbuck parut anx yeux de son jeune ami.

Le petit appartement était propre et décemment meublé* Le^

sièges en étaient garnis d^une tApissçriç/ œavre de l'aiguille dfi mistress Hadoway. Mais il était trop chaud , sentait le renfermé, et il parut à M. Oldbiick un séjour malsain pour un jeune homme d'une santé délicate; observation qui le** décida dans nn pfojet qu'il avait déjà formé relativement à iLovd* Ayant devant loi une table couverte de livres et de papiers , Lov0l était sur un sofa, en robe de coambre et en pantoufles. L'antiquaire fiit a£Qigé 'du changement qui s'était fait en lui. Soineffrayante pâleur rendait plus saillante y par le contraste, une tache de pourpre qui colorait ses joues 9 et bien différente de ce teint vermeil qui annonçait naguère en lulune si brillante santé. Oldbuck remarqua qu'il avait nn gilet et des culottes noires, et vit un^habit de même couïenr sur une chaise. En le voyant entrer, Loyel se leva et alla/au-devant de lui.

— Voilà une preuve d'amitié , lui dit-il .en lui serrant la main; une vraie preuve d'amitié dont je vous remercié: mais vous ne faites que prévenir une visite que je coniptais vous rendre incessamment. Il faut que vous sachiez que je suis devenu cavalier depuis peu4.

— C'est ce que j*ai appris de mistress Hadoway, mon jènne ^mi. Je désire seulement que vous ayez été assez heureux pour trouver un cheval tranquille. J'ai été une fois assez fou ppur en acheter un moi-même de ce. Gibbie Golightly , et ce qu^^drupède maudit m'entraîna malgré moi plus de deux milles à la suite d'une meute avec laquelle je n'avais {$as plus affaire qu'avec la neige de l'année dernière ; après avoir ainsi contribué, à ce que je crois, à l'amusement de tous les chasseurs^ il eut la bonté de me jeter dans un fossé sans eau. J'espère que votre bête est plus paisible?

— Je me flatte du moins qu'elle se montrera plus docile.

— ^C'est-à-dire que vous vous regardez comme un bon écuyer. . — Je ne conviendrais pas. volontiers que j'en sois nn maavais.

— Sans doute. Tous les jeunes gens pensent qu'autant vaudrait s'avouer tailleurs sans hésiter. Mais avez-vous pour vous l'expérience ? Expérto crède. Un cheval emporté ne badine point.

— Je ne me vapte pas d'être parfait écuyer; mais lorsque

j'étais aide'-de-ckmp de sir.\., à la bataille de..., l'année dernière,

j'ai vu bien des officiers démontés qui étaient meilleurs cavaliers

que moi.

«— Ah I ah ! vous avez donc vu face à face le dieu formidable des

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oondiats? Vous connaissez le fîy»irt rsourcilleux de Mn^ arnUpàtensPytiHk qui ^ebève de prouver qu'il ne vous manque rien ^our &ire une épopée. Cependant vous vous souviendrez que les Bretons Combattaient sur des chariots. Cûvinarci est l'expression dont se sert Tacite. Voua vous rappelez sa belle description de Finstaut où il se précipitèrent sur l'infanterie romaine, quoique ce grand historien dise que le terrain raboteux n'était guère convenable à un combat de cavalerie. Et au total je ne conçois pas trop quelle sorte de chariots on a jamais pu faire rouler en Ecosse, excepté sur les grandes routes. Eh bienl voyons. Les muses vous ont-elles visité ? Avez-vous quelque dhose à me montrer?

—Mon temps, dit Lovel en jetant un coup d'œil sur son habit noir, a été moins agréablement employé.

— La perte d'un ami ?

» Oui, monsieur Oldbuck ; presque du seul ami que je pusse me flatter de posséder.

— En vérité! Eh bien, jeune homme, consolez^vous. La mort ^ en Yons enlevant un ami pendant que votre affection mutuelle était vive encore , pendant que vos larmes peuvent couler sans être remplies d'amertume par quelque souvenir de froideur, de méfiance ou de perfidie, vous a peut-être épargné une épreuve encore plus pénible. Jetez les yeux autour de vous ; combien voyez- vous de personnes conserver dans leur vieillesse l'affection de ceux iivec lesquels elles étaient unies par les nœuds de la plus . tendre amitié dans. leur jeunesse? Les sources de plaisir, communes à tous les hommes , se dessèchent peu à peu, à mesure qu'ils < avancent dans la vallée de la vie, et alors ils s'en ménagent d'autres d'où ^nt exclus les premier^ compagnons de leur pèlerinage. La jalouâe, la rivalité, l'envie, se disputent à qui éloignera de nous nos amis, et il ne reste auprès de nous que ceux qui s*y trouvent par habitude plutôt que par choix, et qui,, tenant à nous par le s^g pins que par l'amitié, font compagnie au vieillard pendant sa vie, afin de ne pas en être oubliés à sa mort.

Hœe dfUa pœna dià vii^ntibus >.

— AhJ monsieur Lovel, si vous êtes destiné à atteindre la saison triste et froide de l'hiver de la vie, vous ne regarderez plus alors

*» Peine infligée à ceus qyl virent Wç-tempi.

les chagrins de votre jemiesfie que comme de légers npage%qai ont intercepté un instant les rayoïfe ^ soleil levant* Mai$ jefocétYos oréHles à entendre des vérités contne lesquelles votre seosifciltté se révolte peut-être.

— ^^ Je suis très Sensible à vos bonnes intentions» monsieur Oldbuck, mais une blessure récente est teujouiv doub^orense» et la conviction que le reste de ma vie ne me réserve qu*ane succession de chagrins continuels, serait, permettez-moi de vous le dîrei w faible consolation dans TafiBiction que j'éprouve. PardfmneSB'Woi encore si j'ajoute que vous me semblez avoir moins de raisons que personne pour envisager la vie humaine sous un point deyae si sombre. Vous jouissez d'une fortune honnête ; vous éie^ généralement respecté ; vous pouvez, pour Vous parier v(^re langage > vtuare musis, et vous livrer aux recherches savantes auxquelles votre goût vous invite; vous pouvez trouver de la société hors de chez vous , et vous en avet une agréable dans rintérieur de votre maison, dans le sein d'une famille attentive et affectionnée.

— Oui, j'en conviens; mes femelles, grâce à la bonn^ discipline que j'ai établie , sont civiles et traitabies. Elles ne me dérangent pas de mes études le matin ; lorsque après le ^oer ou {iprès le thé il me prend fantaisie de faire un somme, e)le^ luarcii^nt dans la çhand>re avec la prudence et la légèreté d'un chat. Tout cela est fort bien, mais il me manqué quelqu'un à qui je poisse parler, avec qui je puisse faire un échange d'idées.

— Et pourquoi n'engagez- vous pas votre neveu, le çapiuuie Mao-Intyre, dont chacun parle comme d'un jeune homme plein d'esprit et d'ardeur, à venir demeurer avec vous^.

— Qui? mon neveu Hector ? le HotSQiiir ^ du nord ? Que le iciel m'en préserve 1 j'aimerais autant jeter un tison enflamma dat^ma grange. C'est un Almanzori un Ghaniont ^. Jl a une généalogie vsn^^ iagnarde aussi longue que sa ciaymore , et une clàymore aussi longa^ que la grande rue de Fairport. La dei'nière fois qu'i( viat ici, ne la dégaîna-t-il pas contre le chirurgien de la ville? Je l'attends un de ces jours ; mais je vous promets que j'aurai soin de le tenir à une distance respectueuse. Lui, demeurer dans ma maison! mes chaises et mes tables trembleraient d'effroi à sa vue. Non ,

I. Héros bouillant de Shakspeare , dëjà cité dans Waverlejr, Voyez Henr/ TV'

7. Autre espèce de héros rodomonlS} l'un de la création de Dryden^ l'autre d'Otway.

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non, point d'Ifector Mac-Intyre. Mais écoutez-moi , LoTel, vôufi êtes on jeune homme d'un caractère doux et tranquille ; ne feriez* TOUS pas mieux de tolaiiter '^qlfe tente pour un hiôis où deû^ à Bfonkbams , puis^'il me paraît qiîé vous n'avez pas encore'* dessein de quittet* lë pays sur-le-champ ? Je ferai onvHr une porte daiis le jardin. Celle dépense ne sera qu'une bagatelle ; il en'exiatait autrefois ijne dont la place est visible encore. Par cette porte TOUS pourrez aller, quand bon vous semblera, de la chambre verte au jardin, ^ns déranger votre vieil ami, et vous n'aurez pas à craindre qu'il vous dérange. Quant à votre nourriture, mistress Hâdoway m'a dit, pour me servir de ses propres termes, que vous êtes très sobre de Votre bouche ; ainsi vous vous contenterez dé mon modeste ordinaire: Votre blanchissage...

— Mon cher monsieur Oldbuck , s'écria Lovel en retenant avec peine un sourire prêt à lui échapper, — avant que votre hosfiitali lé règle tous les avantages que je trouverais chez vous, permettez-moi de vous faire mes sincères remerciemens d'une offre si obligeante , qu'il n'est pas en mon pouvoir d'a«cepter en ce moment; il est probable que je quitterai l'Ecosse avant peu; niais auparavant j'espère être assez heureux pour pouvoir passer Quelques jours chez vous.

L'antiquaire changea de visage. — Je me flattais, dit-il, d'avoir trouvé un arrangement qui devait nous convenir à tous deux. Qui sait ce qui pourrait arriver à la longue? Peut-être né noua sépàrcrîons-ho^s plus. Je suis maître absolu de mes biens, srâce à l'avantage que j'ai d'être descendu d*ancétres qui avaient plus de bon sens que d'orgueil. On ne peut me forcer à transmettre mes biens, mes domaines, mes héritages, autrement que comme il me plaira'. Je n'ai pas une suite d'héritiers substitués, aussi ridiculement èiiftlés l'un après l'autre que les morceaux de papier attachés à la ({oeue d'un cerfrvolant. Non, rien ne me gêne dans mou inclination, et l'essor de ma prédilection est parfaitement libre. Au surplus je vois que rien ne peut vous tenter en ce moment. Mais la Caléd(miadé msivche iou}onrs, Yesfère?

—Oh ! certainement, répondit Lovel , je ne puis songer à abandonner iin plan si heureux.

— Heureux! sans doute, reprit l'antiquaire en levant les yeux d'un air grave : car, quoiqu'il fût assez bon juge des plans formés par les autres, il avait naturellement une opinion un peu trop favorable peut-être de ceux qui avaient pris naissance dans son cer-

veau. — C'est lUie de ces coiiceptioiis, conlinua-t-U j qui, sî i'exécutiou est digne du sujet, peuveat effacer la tache de friyolité qu'on reproche à la littérature 4u siècle où nous vivons. . En ce moment on frappa à la porte, et mistress Hàdoway rerail une lettre à Lovel , en lui disant qu'un domestique attendait la réponse.

. — Ce billet vous concerne autant que mei , dit Lo^el à l'antiquaire en le lui remettant après y avoir jeté les yeux.

C'était une lettre de sir Arthur Wardour , conçue dans les termes les plus civils* II regrettait qu'un accès de goutte Feût empêché jusqu'alors d'aller lui-même faire à M. Lovel ses rcmerciemens du service important qu'il lui avait rendu peu de temps auparavant. Il aurait voulu pouvoir se rendre chez lui en personne, mais il espérait que M. Lovel lui pardonnerait de se dispenser de ce cérémonial, et qu'il voudrait bien se joindre à une petite société qui se proposait de visiter le lendemain les ruines du prieuré de Sainte-Ruth, dîner ensuite à Knockwinnock et y passer la soirée. Il finissait par dire qu'il avait invité la famille de Monkbarus à cette petite partie de plaisir, et il fixait le rendez-vous général à une barrière ^ , située à peu près à égale distance dé la demeure de tous ceux qui devaient composer la société. . — Que ferons-nous? demanda Lovel à l'antiquaire > quoiqu'il ne doutât nullement de la réponse.

— Nous irons, mon jeune ami, nous irons, bien certainement. Il m'en coûtera pourtant une chaise de poste. Voyons : il y a trois places, une pour vous, l'autre pour moi,- et la troisième pour Marie Mac-Intyre. Fort bien; quant à mon autre femelle, elle ira passer la journée au presbytère, et vous pourrez revenir à Monkbarns dans la chaise , attendu que je la prendrai pour toute la journée.

— Je crois que je ferai mieux de prendre mon cheval.

— Ohl vraiment, j'oubliais votre bucéphale; cependant, soit dit en passant, vous êtes un jeune fou de préférer les janii>es d'une autre créature à celles que la nature vous a données.

— Celles du cheval ont l'avantage de marcher beaucoup plus vite, et d'être en nombre double; c'est pourquoi je penche fort, jel'avoue...

— C'en est assez ! c'en est assez {Faites ce qui vous convient le

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