I. Dtnt la fameate tcéne do. labbat
opérations secrètes ; baissez-la donc ! Groj%z-Ydns être la settle ^ saefae lire l'écriture?
— * Paix doncl muâmes y paix donc! dit mîstress Mailselter r' fl y a qliélqa^ttn dans la boutique. Et parlant^Iors plus haut 'c --^ Bâby/ àjôula^Helie , ayez soin de Setrir les pratiques, t Bàby répondit d'une Voix aij^re : ^ Il n'y a personne > itiadame; ce n'est que JennyGaxonqi[ii>^ientToir s'il y a des lettrés pouréHe.
— ^ Dites-lui, répondit la fidèle maîtresse de poste en faisant un signe d'intelligence à ses deux amies, qu'elle revienne demain matin à dix heures , et je l'en informerai. Nous n'avons pas encore en le temps d'arranger les lettres. Elle est tpujours si pressée! on dirait que ses lettres sont plus importantes qqe celles du plus gros marchand de la ville I
La pauvre Jenny , jeune fiUè d'une modestie et d'une béante peu ciDmmunes^ ne put que s'envelopper de sa mante pour cacher le soupir que lia arrachait Son espoir déçu, et retourner chez elle pour passer encore une nuit dans l'inquiétude et la crainte.'
—Je vois, dit mistresa^hoftcake, au niveau des yeux de laquelle la bouchère avait abaissé l'épître^ qu'il est question dans cette lettre d'aiguille et d'enseigne.
— '' INTest-ce pas une honte, dit mistress Heukbane » de mépriser ainsi une pauvre fille crédule^ après lui avoir fait la cour si lèng* temps , et en avoir eu tout ce qu'il a voulu , comme je n*en doute pas? . '
— Gomme on n'en peut douter, dit la boulangère ; — lui reprocfier que son père n'est qu'un barbier avec une ^enseigne à sa porte , et qu'elle n'est elle-même qu'une couturière I Fi I c'est une indignité. ^
-- Eh non ! mesdames , eh non I s'écria n^istréss Mailsetter, vous vous trompez; je vois ce que c'est : c'est un vers d'une chanson de marinque je lui ai entendu chanter vingt fois. II dit qu^il lui sera fidèle comme l'aiguille l'est au pôle.'
~Eh bien ! eh bien ! je désire que cela soit. Mais il n'en est pas mieux à une fille comme elle d'entretenir une correspondance "avec un officier du roi.
— Je ne dis pas lé contraire , dit la buraliste ; mais toutes c«s îcftlrès d'amour sont d'un bon rapport pour la poste. Ah I voyez ! six lettres pour si^ Arthur Wardour, la plupart fermées avec dés. pains à cacheter au lieu de cire. II. y aura bientôt du désarroi de ce côté, croyez-moi. ,
lO.
-^ Bien certainement , dit mistress Henkbane i ce sont sâreme&t des lettres d*affidres. Elles ne viennent pas de ses grands «m» qui mettent toujours sur le cachet leurs armoiries, comme ibles appellent, l^ous verrons çon orgueil rabaissé. Il "y a un an qu'il n'a réglé son conipie avec nous. Ce n'est plus qu'un avorton > je crois. . ^ .
— Et nous, n'en avons rien reçu depuis six mois, dit mistress $hortcake ; c'est une croûte brûlée. '
— Voici, dit la digne maîtresse de la peste > une lettre qui Tient sûrement de son fils le capitaine , car le cachet est semblable aoT armes qui sont sur la voiture de son père. U va peut^^tre reyenii pour voir ce qu^il pourra sauver du feii.
Elles ne cessèrent de s'occuper du chevalier baronnet que pour passer à J'écuyer. — Deux lettres pour Monkbarns. C'est dé quelques savans de ses amis^ Voyez comme elles sont écrites en caractères fins, et jusque sou.s le cachet. Tout cela pour éviter le port d'ime lettre double. C'est bien ce que ferait Moukbams Iui*mênie: quand il affranchit une lettre, il ne manque pas de lui donner le poids d'une once si exactement ,' qu'un grain d'anis mis dans la balance la ferait pencher; mais jamais il ne dépasserait cepoidsd'an grain. Je ne serais pas bonne à jeter aux chiens si je ne donnais pas meilleur poids aux pratiques qui viennent acheter chez noos du poivre , du sqcre et du soufre. '
— Le laird de Monkbarns est un vrai ladre, dit mistress Heukbane; il fait autant de bruit pour acheter un quartier d'agneau an mois d'août) que s'il s'agissait d'jme culotte de bœuC — Mistress Mailsetter , donnez-irous donc uû antre verre d'eau de cannelle.— Ahl mesdames, si vous aviez connu son frère comme moi! Qnede fois il est venu me voir sans bruit avec une cpuple de canards santages dans sa poche, ta^dis que mon premier homme était au ma^ ché de Falkirk ! Ah ! je n'en pourrais dire assez.
-r Je n'ai point de mal à dire de Monkbarns, dit mistress Shortciake , son frère ne m'a jamais apporté de canards sauvages» et celui-ci est un brave etlionnête homme. C'est nous qui lui fournissons le pain , et il paie régulièrement toutes les semaines. Seulenfkeut il s'est fâché tout rouge quand nous lui avons envoyé un livre au lieu d'une marque en bois S parce que c'était, disait-il»
I . Sorte de iaiile dont se servaieiit le» bonlangen de l'ancien tempi pour conpiei* -avec leurs pratiques. Chaque famille avait son ùiek- stick, et une entaille faite sur ce bltoo vimtquait la l'iTraison d'an pain. On trouve dans les notes de l'échiquier defcomptcf de taill«>
Pancienne manière d'établir les coipptes entre lés boulangers et kurs pratiques ; et c'est la vérité.
— Voyez, mesdames y voyez! s'écria mistress Mailsetter; void de qaoî guérir tous les maux d'yeux du monde. Que ne donneriezvous pas pour savoir ce que contient cette lettre ? C'est du grain noaveau.' Jamais vous n'en avez vù de semblable. A William Lovel, Esq, , chez mistress Hadoway , Highstreet /à Fairport , par Edimbourg. C'est la seconde lettre qu'il reçoit depuis qu'il est ici.
— Voyons I voyons I s'écrièrent à la fois les deux dignes filles de notre mère Evç ; pour l'amour de Dieu, montrez-nous cette lettré. C'est ce jeune homme qiie personne ne connaît dans toute la ville, un beau garçon , vraiment ! Voyons I voyons î ^
— Non y non , mesdames , s'écria mistress Mailsetter ; ' à bas les mains, retirez-vous. Ce n'est point ici nne de ces lettres de quatre sous, dont nous pouvons compter la valeur à l'administration en cas d^accident. Lé port est de vingt-cinq shillings^ et il y a au dos un ordre du secrétaire de l'envoyer au jeune homme par un exprès, s'il n'est pas chez lui. Non, non, mesdames > vous dis-je,. cette lettre vent être maniée avec précaution.
^Mais laissez-nous en voir du moins l'extérieur, mà'com« mère.' . -
Cet extérieur ne put donner lieu qu'a quelques remarques sur les différentes propriétés que les philosophes attribuent à la matière, longiieur., largeur , épaisseur, pesanteur. L'enveloppe était faite de papier très épais, impénétrable aux yeux de la curiosité même, et par conséquent à ceux de nos trois commères ^ quoiqu'elles les ouvrissent de manière à faire croire qu'ils allaient s'élancer hors de leurs orbites. Le cachet était large, appliqué avec soin, et défiait tous~'Ie6 efforts qu'on pourrait tenter pour le faire samer adroitement/ '
— Diantre I mesdames , dit mistress Shortcake, pesant le paquet dans sa main, et souhaitant probablement que la cire trop solide pût s'y amollir et s'y fondre , je voudrais bien savoir ce qu'il y a dans cette lettre , car ce Lovel^est un homme comme on ,n'en a jamais vu sur le pavé de Fs^irport. Personne ne sait qui il est, d'où U vient , ni ce qu'il fait.
<«iblableft, qui ont bien pii causer la parUalilé de VantitiMedf poor le niàt-sticK Ou temps V Prier* lea boalaDgera ae servaient de la même taille t
< N'aTca-vouapasvu, dit- il, la fille d'un boulanger balancée entre deux panien'^auxt < Set iailUt restent inutiles si elles sont justes au milieu. «
150 L'ANtlQUAIRE.
— Eh bien ! eh bien ! Mesdames , dit la buraliste , nous alloM en jàsw en prei\an.t te thé. Baby , apportez la bouilloire. Je yous
! ren^ercie dôs gâteaxix que vous m'avez envoyés , mistress Shortr cake. Ensuite nous fermerons la boutique, nous enverrons Baby se coucher, nous ferons une partie de cartesjusqu'à ce que M. Mail-
. setter arrive , et puis.nous goûterons les riz de veau que vous ayez eu la bopté de m'erivoyer, mistress Heukbane.
— Mais n'énverrez-vous pas d'abiffd la lettre de M. Lovcl? dit .mistress Heukbane.
— Je ne saurais qui envoyer avant que mon homme soit de re- 'tour, car le vieux Çaxon m'a dit que M. Lovel xîouchera cette nnit
à Blonkbarns. Il a^ gagné la fièvre hier, en péchant dans la merle
laird et sir Arthur.
-^ Les vieux fous I dit la boulangère : qu'avaient-ilô besoin d al- ' 1er à l'eau comme des canards, par une nuiit comme celle d'hier?
— On m'a donné à entendre gue c^est le vieux Édié qui les a sauvés, dit'mistress Heukbane : Èdie Oçhiltree, le Manteau-Bleu, vous savez , et qui les a retirés tous les trois d'une mare d'eau sa-
. lée , car Monkbams les avait toujours fait aller çn avant pour leur faire voir d'anciens ouvrages des moines. ,
— Ce n'est pas cela , voisine , dit mistress Mailsetter ; je vais vous dire l'histoire telle que Caxonme Fâ racontée. II fcut qne vous sachiez que sir Arthur, miss Wardour et M, Lovel avaient
^é à Monkbams... ^ '^
. — Mais , mistress Mailsetiet, dit de nouveau la bouchère , n e- » tefr-vous pas d'avis d'envoyer sur-le-champ cette lettre par un ei^ .près? Ge ne serait pas la première fois que notre cheval et notre MPcon auraient fait des commissions pour la poste. Le bidet n fait que trente milles aujourd'hui , et Jack étaU à l'étriller comme
. ie sortais de la maison.
—. Mistress Heukbane, dit la buraliste en faisant la moue, vou >devez savoir que notre homme aime à laire lui-même ces sortes -commissions. C'est à nos mouettes que nous devons d«»°f^ poissons: Toutes les fois qu'il monte sa jument, c'est une^ demi-guînée de gagnée, et j'ose dire qu'il ne tardera pas a afTiv^.- D'ailleurs, qu'importe que M. Lovel reçoive cette lettre ce «6tt deinain matin de bonne heure ? tre ex-
S ^ Si ce n'est que M. Lovel sera à Faîrport avant que vou^ près soit parti , et alors où en serez-vous? Au surplus , ce son affaires.
— Eh bien ! mistress Henkbane., répondit mistress Mailsettef avec on peu d'humenir et d'un air déconcerte , bien certainement j'ai toujours été bonne voisine ; j'aime à vivre et à laisser Vivre , comme on dit; et, puisque j'ai fait la sottise de vous montrer l'ordre du secrétaire de la poste , sans douté il faut que je l'exécute : mais je i\'ai pas besoin de Votre, garçon ; j'enverrai mon petit David siir votre cheval, et cela fera juste cinq shilling^ et trois pence pour chacune de nous.'
— David l eh , mon Dieu ! l'enfant n'a pas dixf ans ; et , pour vous dire la vérité , la route est fort mauvaise , notre bidet est rétif, et nul autre que Jack ne peut en venir à bout.
— J'en suis fâchée , répondit gravement la buraliste : mais*, en ce cas , il faudra attendre M. Mailsetter, Je ne voudrais pas rester respons^le de cette lettre en la confiant à un vaurien comme votre Jack. Notre petit David âtppartient à la poste en quelque sorte.
— Fort bien , fort bien^ luistress Mailsetter : je vous comprends parfiatemeiît : mais puisque vous voulez bien risquer l'enfant , je pnis^ aussi risquer la bête.
Les ordres furent donnés en conséquence. t)n fit lever le cheval de sa litière bon^gré mal gré, et on se disposa de nouveau à le mettre en activ^t^ de service. David 'fut , perché sur la selle , la lume à Fœil , une houssine à la main , et un sac à lettres en cuir SQ&pendu à ses épaules. Jatkeut la complaisance de le conduire jasque.hors de la ville; et, rencourageant de la voix , l'excitant du fouet, il lui fit prendre la route de Monkbarns.
Cependant les trois commères, comme les sibylles 'aprè& avoir coQsulté leurs feuilles , arrangèrent et combinèrent les renseignéaens qu'elles s'étaient procurèsiV et qui Ip lendemain se répandfïçat par cent canaux divers, et avec cent .variantes différentes , ^3Qs le monde de. Fairport. Des bruitsi aussi étranges quecontrsLdictoires furent le résultat de leurs conjectures et de leurs bavar- ^Ages, Les uns disaient que les Tennant. et compagnie faisaient banqueroute, et que toutes leurs traites leur avaient été renvoyées protestées ; les autres assuraient qu'ils avaient fait un marché important avec le gouvernement, et que les principaux négocians "^ Glascow leur avaient écrit pour leur demander une part dans .lentreprise,en leur offrant une prime. On disait d'ûri tsôté que le lieutenant Taffril avait écrit pour reconnaître un mariage secret avct Jenny Càxon ;^ d'un autre, que sa lettre contenait des proches sur la bassesse àe sa naissance et de sa profession , et
qu'il hii faisait aes adieux pour toujours. Le bruit général était que les affaires de sir- Arthur Wardour étaient arrivées à kur crise; et si quelques pejrsonnes sages en doutaient, c'était parce que cette nouvelle, partait de la boutique de mistress Mailsetter, . source.. d|où sortaient toujours plus de mensonges que de vérités. Mais chacun était d'accord qu'il était arrivé la veille, du bureau du secrétaire d'état, un paquet adressé. à M.'Lovel, apporté par un dragon d'ordonnance^ venu-du quartier-général d'Edimbourg, qui avait traversé Fairport au galop > et qui ne s'était arrêté que pour demander le chemin de Monkbarns. On expliquait de différeutes manières la raison qui avait fait dépêcher une lettre àyec tant de ha.te à un étranger psdsible , et menant là vie la plus retirée» Suivant les uns, Lovel était un noble émigré français qu'on invitait à aller se mettre à la tête d'une insurrection qui allait éclater dans la Vendée; suivarit les autres, c'était un espion, un officier-général faisant une inspection secrète des côtes ; enfin, un prince du sang voyageant incognito.
Cependant la lettre qui devait donner lieu lé lendemain à tant de conjectures cheminait vers Monkbarns avec l'enfant qui la po^ tait ; mais ce voyage ne se fit pas sans danger et «ans iiilerrnp' tion. Le jeune bavid Mailsetter, qui, comme on peut bien seViniaginer. Bravait rien dé commun avec un dragon d'ordonnance, s'avança assez bon train vers Monkbarns, tant que le cheval qu'il montait conserva le souvenir des exhortations énergiques que Jack lui avait adi:essées, et du bruit du formidable foi^et qu'il loi avait fait entendre. Mais sentant bientôt que David, dont les petites jambes ne pouvaient le maintenir en équilibre, sautait en avant et en arrière sur son dos, le noble coursier dédaigna de se soumettre plus long-temps. Il commença par quitter le trot pour prendre le pas. Soii cavalier ne lui en sut pas mauvais gré , caria première allure de l'animal ne l'avait pas peu déconcerté. Il profita m^me de ce moment de tranquillité pour manger un morceau de pain d'épice&que sa mère lui avait knis dans la main pour engager ce jeune émissaire de la poste aux lettres à s'acquitter plus gaiement des fonctions dont elle le chargeait. Le rusé cheval s'aperçut peu à peu que les rênes n'étaient pas tenues par un cavalier expérimenté ; secouant le cou un peu vivement , il les lui fit tomber des mains, et s'amusa à brouter l'herbe sur le bord du chemin. £f" firayé de ces syqiptômes , qui annonçaient dans sa monture un esprit volontaire et rebelle , craignant de tomber, et ne se trou-
vant pas trop rassure sur la selle ^ le pauvre David se mit à pleurer et à crier. Le bidet, entendant sur son dos lîn bruit auquel il n'était pas acceutunué y crut sans doute que tout ce qu'il po9Yait faire de mieux > tant pour lui-même que pour son cavalier, était de retourner d'où il venait; et , en conséquence, il. commença une marche rétrogradé vers Fairport. Mai»^ comme toute retraite finit souvent par une déroute , le coursier, alarmé par les cris de l'enfant,, iiiquiét de sentir les rênes qui lui battaient les jambes de devant, et ayant le nez tourné vers son écurie, partit d'un tel train, qne si David eût pu se maintenir en selle, chose extrêmement douteuse , il se serait bientôt trouvé à la porté de l'écurie d'Heukbane. Heureusement, au premier détour de la route, l'enfant rencontra un auxiliaire qui ramassa les rênes, et arrêta le cheval dans sa'oourse : c'était le vieux Edie Ochiltree. — ^ Eh bien ! enfant , s'ëcria-t-il , pourquoi galoper ainsi ?
— C'est que je ne puis l'empêcher. Je suis le petit David.
— Et où allez-vous?
-^ A Monkbarns.. - ' '
, — Vous ne prenez pas le ^chemin d'y arriver. ^ L'enfant ne put répondre que par dès pleurs.
Le vieux mendiant était naturellement compatissant , et surtout quand il s'agissait de l'enfance. — Je n'allais pas de ce côté, peusa-t-il, mais un des grands avantages de mon genre de vie, c'est que tout chemin m'est indifférent. Je suis l)ieu sûr qu'on ne me refusera pas une botte de paille à M onkbarhs ; je vais m'y traîner avec cet enfant, car, s'il n'y a personne pour conduire le bidet, le pauvre diable tombera de cheval et se fendra la tête. Vous avez donc une lettre à porter, mon garçon? Voulez-vous me la montrer?
— Je ne dois la montrer à personne , répondit David en fidèle serviteur de la poste ; il faut que je la remette à M. Lovel à Monkharns, et je, m'acquitterai de mon devoir, si ce méchant cheval...
—Fort bien, mon petit homme;' fort bien , dit Ochiltree en tournant du côté de Monkbarns la tête du cheval, qui n^y .semblait guère disposé ; à nous deux noqp en viendrons à bout^ à moins que ce ne soit un diable incamé.
L'antiquaire, après le dîner, avait invité Lovel à faire unie promenade sur la hauteur de Kinprunes ^ et là , s'étant réconcilié avec le camp d'Agricolà qu'on avait cherché à dégrader dans son esprit, il profitait de tous les objets que les environs lui présentaient pour faire une description animée du camp du général romain à
Faube da jour » quand il aperçât le mendiant etson jenne protégé.^ « — Que diable! s'écria-t-U» yoici, je crois, le yienx Edie avec armes et bagag^e.
Le mendiant expliqua la cause de son arrivée, mais David voulait exécuter littéralement sa ccmimission , et aller jusqu'à Monkbams 9 quoiqu'il eût encore un mille à laire pour y arriver; et ce ne fut pas sans peine qu'on le détermina à remettre la lettre à celui à qui elle était adressée.
— Riais ma mère> dit David, m'a dit que j'aurais à recevoir vingt^cinq shiUings pour le port, de la lettre, et dix shilling et demi pour l'envoi d*un exprès. Voici le papier.
— Voyons, voyons, dit Oldbuck en mettant ses. lunettes, et en examinant un exemplaire, orné de tous les agrémens de la vétusté, des règlemens de la poste aux lettres, auxquels David en appelait. Pour un exprès,* homme et cheval, une journée, pas plus de dix shillings et demi. Une journée 1 il u'y a paiB une heure de chemin. Homme et cheval ! je ne vois qu'un singe à califourchon sur un chat n^aigre. .
— Mon père serait venu lui-même sur sa jument rpuge , dit 0avid , mais il aurait fallu vous faire attendre jusqu*à demain soir.
— Quoi i vingtrquatre heures après l'heure régulière de la distribution! Petit serpent, né de l'œuf d'un coq, $te&^vous déjà si savant dans l'art de l'imposture et de la fourberie ?
— Allons, allons, Monkbams, dit le mendiant, n'épuisez pas votre esprit contre un marmot. Songez que la bouchère a risqoé sa bâte, et la buraliste sonenfant. Les deux valéntbiendixsliillin|S six pence, je. suf^ose. Vous n'y avez pas regardé de si près avec John Howie, quand...
Lovel, assis sur le prétendu PfXBtorimn^ avait jeté nn coup d'œil sur les papiers qui lui étaient adressés ; il mit fin à cette alterca* . tion en payant à David la somme qu'il demandait, et se tournant vers M. Oldbuck , il lui dit d'un air agité : — Vous m'excuserez si je ne retourne point k Monkbarns ce soir ; il faut que je me rende sur-le-champ à Fairport , et peut-être que j'en parte d'un moment , à l'autre» Jamais je n'oublierai, monsieur Oldbuck, l'amitié que vous m'avez témoignée.
— Je me flatte que vous n'avez pas reçu de mauvaises nouvelles?
— Elles sont d'une nature mixte. Mais adieu : dans }a bonne fortune comme dans la mauvaise , je ne vous oublierai jamais*
— Un moment ! un moment ! s'écria l'antiquaire en paraissant
faire un effort sur lui-même. Si... si vous éprourez quelqde em* Darras pécuniaire, j'ai cinquante guiuéeSi une centaine mémey à votre service jusqu'à... jusqu^à la Pentecôte... ou jusqu'à ce qu'il ,vous convîsnne de me les rendre.
'— Je vous suis fort obligé, monsieur Oldbuck, mais J'argçnt ne me manque pas. Excusez^moi , mais je ne puis soutenir plus longtemps la conversation ; je vous écrirai ou je vous reverrai awant de ^quitter Fairport , si je suis obligé d'en partir. A ces mots , il serra la main de l'antiquaire , et , se détournant de lui , prit à grands pas la route de Fairport, ne pouvant plus songer à rester à Monkbarns.
— Fort extraordinaire I s'écria Oldbuck; mais il y a dans ce JeuDe homme quelque chose que je ne puis pénétrer; et cependant il m'est impossible de mal penser de lui. 11 faut que je retourne à Monkbarns, et que j^eteigne le feu dans la chambre verte , car pas une de m.es femelles n'osera y entrer à la bruue^
-7 Et comment est-ce que je m'en irai ? dit l'enfant en pleurant.
— La nuit est belle» dit le mendiant en levant les yeux vers le ciel, et je crois que je ferai aussi bien de retourner à la ville pour ayoir l'œil sur ce jeune gars.
— Oui, Edie, oui, dit l'anticpaire. Et ayant fouillé quelque temps dans la profondeur de la poche de «a veste,, il y trouva enfin ce qu'il cherchait. Voilà y ajoutâ-t-il alors, une pièce de six pence pour vous acheter du tabac.