CHAPITRE XXXL
Ne parlai pas amti. — La ro»^ an jpnntempt 'E%t l'inu^ déa picora 'qoe verse la jeantsse. Mais lorsque le chagrin de la froide vieillesse Fait «Bcore pleurer les 'yrâz déjà flëiris. . . Rien des larmes aloris n'égale ramerlume I Tel un torrent d'hiver y dont les flots engourdis , 6'^veiUant lou(-à-coap, convrenlde leur écame Les rochers desséchés' et vont dans leur fureur Détruire pour jatnais l'esjwir du laboureur.
Ancimint eomidu.
L'Antiquaire^ resté seul, dôobla le pas, car ces différentes discussions et la rencontre qui les avait terminées l'avaient mis en retard, et il arriva bientôt eu face des sept à huit chaumières qui s'élevaient à Mussel-Graig. Indépend^àmment de l'air de misère et de malpropreté qui y régnait coknme d'habitude» tout annonçait le deuil et la désolatioA. Les barques estaient tirées sur le sable, et quoique la journée fût belle et la saison favorable, on n'entendait pas le chant ordinaire des pécheurs quand ils mettent à la Voile. Partout régnait le silence. On ne voyait pas les ehfans jouer autour de leur mère assise à la porte en raccommodant lès filets. Quelque pécheurs couverts d'habits noirs déjà vieux , mais conservés avec grand soin, d'autres portant leurs vêteraens ordinaires, mais dont la physionomie, n'exprimait pas moins de douleur, étaient rassemblés autour de la cabane de Mucklebackit, et attendaient que le corps en sortît. Lorsqu'ils virent arriver le laird d^ Monkbarus, ils se rangèrent pour lui faire place , et otèrent leurs bonnets en le saluant avec un respect mélancolique , politesse qu'il leur rendit de la même maniQi*e.
L'intérieur de -ia cabane offrait pne scène que notre Wilkie ' seul pourrait peindre avec ce naturel exquis qui caractérise ses ouvrages enchanteurs ^^ .
I. iVofre "Wilkie est uo compatriote de sir Waltisr Scott, et fut un de ses amis. Ce peintre n'est guère moins connu en France qu'jni Angleterre , quoique nous ne le connaissioDS que par les gravures . ( si parfaites d'sîilleurs) de Raimbach et les co|>ies de Jaset t la Letin de reeommandatîimy /« Doigt coupés le Jour du paiement des rentes ou fermage» , les Politique* de village , C Aveugle JQiiemr de Piolon,^ le Colin- mail lard , etc. , sont des sujets populaires.
a. Un ieune peintre français . M. Lessor , a rendu cette scène avec beaucoup de talent. Son tiiblean orpq le cabinet de M. Jules Janin.
VANTtQUAIKË. d U
Le qorpsda jeaneipép^faeiir était déposé dan» un cercueil piac# sur le lit ^e riaforlaiié ^yait occupé pendant sa vie. A peu de distance était le père , dont le, front sévère et couvert Ue cheveux grisonAans avait bravé bien des nuits orageuses et bien des jours Semblables à ces nuits.* Il semblait rêver à la perte qu'il venait de faire, avec ce seutinient profendde cb,agrin/ particulier aux car ractères ^ur^ 6t grossiers^: et qui se change presque en haine contre tout ce qui reste dans le monde, quand l'objet dtéri n'y est phis. 11 avait fait des efforts désespérés pour sauver son &ls, et* ce n'était qu'en employant la force, qu'on avait pu l^empéçher d'en faire de nouveaux, dans un moment oh il n'aurait pu que périr lui« même sans la moindre jpossibilité de le sauver. Touies ces idées semblaient fermenter datis son esprits II jetait un regard oblique sur le ceixueil /comme siâr un objet dont la vue lui était insupportable, et dont pourtant il ne pouvait détpurner les yeux. Il répon-> dait en peu de paroles / d^uu ton brusque et presque ànty aux. diverses questions qui lui etaient-f^ites. Personne ^ dans sa famille> n'avait osé lui adresser un mot de tendresse et de consolation. Sa femme, cette véritable virago» toute maîtresse absolue qu'elle prétendait être ayep raison dans les occasions ordinaires, était réduite au silence. et ^ Insoumission par la consternation que lui causait la' perte qu'elle venait de faire ^ et se trduyait obligée de cacher à son mari le$> accès de sa propre douleur. Gotnme il. avait refusé toute nourriture depuis ce fimeste événement, n'osant lui parler.elle-méme , elle avait eu recours dans la matinée à, un ârtir ûce inspiré par l'affection , et elle*, avait employé le pliis jeune de ses enfans, le favori de S^unders^ pour lui présenter quelquèis alimens. Le premier mouvét^ent du père avait été de repousser l'en&nt avec une violence qui l'avait effrayé, , son* second de l'attirer à lui et de le serrer tendrement dans ses bras. — Xous serez un brave garçon si vpns v^vez , Patie^ lui dit-iL, mai» you^ ne serez jamais , vous ne pouvez, jamais être c0 qu'il était pour moi. Depuis l'âge dé dix'ansy il montait avec moi la barque ; et ^'içi à jBuchan-Nëss. personne ne tirait mieux un lilet. On dit qu'il fiant se résigner ; j'essaierai; », ^ •
Et depuis ce moment le pécheur gardait le silence, à moins qu'il ne fût f(»rcé,de répondre à quelque question. Telle était la Situation du père inconsolable.
Dans un autre coin de la chann^ière était assise la mère , la tête couverte de son tablier ; mais la nature de^ sa douleur était assez
ti 3 I/ANTIQUAIRE.
indiquée par la manière dont elle se tordait les maîDs , et par Fagttatidn convolsive de son sein, qoe le tablier ne pouvait cacher. Deux voisines officieuses, M'parlant à l'oreille, épuisaient les lieux communs sur la nécessité de se résigneir à un malbenr irréparable, et semblàtêzrt s'efforcer d'étourdir pncliagrin qu'elles ne jiouTaient console^. ' ' , . ■
L'affliction des enfans était mêlée de. quelque ^urprise à la vue des préparatifs qui' se faisaient devant eux , et surtout de l'abondaYice du pain de froment et du vin que le pins pauvre paysan, le plu^ misérable pécheur, ne manque pas, eu pareille occasion, d'offrir à ceux qui viennent rendre ïes demijers devoirs à l'être dont on regrette la. perte. Le chagrin que leur causait la mort de leur frère se perdait presque dans l'admiration que leur inspirait la splendeur de ses funérailles. - '
^ Mais là figuré la plus riemarquable au milieu de.C4; groupe affligé était celle de l'aïeule. Assise dans son fauteuil , avjec son air habitnel d'apathie et d'indifférence pojjir ce qiii se passait , elle imitait machinalement j de temps en temps., le mouvement d'une personne qui file , et paraissait ensuite étonnée de ne trotiver ni sa quenouille lii son fuseau. Ses yeux semblaient demander pourquoi on lui avait été les instruméns de son travail ordinaire^ pdurqnoi on lui avait mis une robe noire, et pourquoi elle voyait tantdc monde dans la cabane. Parfois, d'un air hagard , levant les yeux vers lê Kt sur lequel était placé lecercuéil, elle paraissait tout à coup, «tpffurlapreniière fois, douée de la faculté de sentir son infortune. Une expression de surprise, d'embarras et de- cha^nse peignait tour à tour sur ses traits impassibles ; mais elle ne versait pas une larme, çtnê disait pas un mqt qui pût faire juger jusqa*à quel point elle comprenait la scène extraordinaire dont çUe était témoin. Ellç était dans cettf assemblée de deuil comme un point intermédiaire entre la fiimille affligée et le Vàdavre de celui dont ou pleurait la perte; uh être en qui la Inmièrede ^existence était déjà t>bscurcie par l'ombre de. la mort.
^Qiiattd Oldbuck entra dans-cette, maison dérouleur, il fut accn^lli de chacun par une inclination de tête, 'mais en silence, et, suivant la coutume d'Ecosse, on offrit à tonte là compagnie da pain de fromènt,du vin et de l'eau-de-viel Tandis qu'on présentait cesrafratphissemens, Elspetb surprit tonte là compagnie en faisant signé à celui qui les portait de s'approcher d'elle ; puis, prenant un verre, elle^e leva, et dit d'une voix creuse et trcm-
L'ANTIQUAIRE. d«3
Uan^e , et arec ie sdinîre de Pidiotisme sur ses traits flétris : — A TOtre santé, Messieurs /et puissipns-nons avoir aouTeiit une fête semUatMel
. Ces sinisti^es paroles 'excitèrent un frémissement uniTersel » et tons les Terrés furent remis sur la table sans que personne eût la forcé de yider le sien , ce qui ne surprendra pas ceux qui savent combien la superstition a encore de force en Ecosse sur l'esprit du peuple.en pareiUes occasion^. Mais à peine la vieille femme eutelle porté le verte à ses lèvres , qu'elle s*écria : — Ahl que.veut dire ceci ? c'est du vinj Par quel hasard y'a-t-il du vin dans la maison de mon fils? -^ Remettant alors le verre sur la table r J'en devine la cause, ajouta-t-ellé en fixant les yeux sur le cercueil. *— Et, se laissant retomber sur son siège, elle se couvrit les. yeux et le {ront de sa main pâle et dessécliée.
En ce moment, le ministre de la paroisse arriva. M. BlattergowlJ* quoique bavard impitoyable toutes les fois qu'il était question de dîmes on de quelque droit ecclésiastique dans l'Assemblée Générale, dont, mallieureusement pour ses auditeurs, il était cette année Modérateur S n'en était pas moins un digne homme, remplissaot ses devoirs enverâ Dieu et envers ses semblables. Nul ministre presbytérien h'étdtplus exact à visiter les malades et les affligés, a instruire les jeunes gens, à éclairer les ignorans , et à rappeler dans le bon. chemin fa brebis qui s'égarait. Aussi notre ami l'antiquaire , malgré l'fmpatience qiie lui cansaient quelquefois sa prolixité et les préjugés de son esprit ou de sa profession ;
— malgré un certain mépris habituel qu'il éprouvait pour son intelligence , surtout en ipàtièf e d'art et ùt goût , sujet de discussion que le minist^ aimait pourtant de préférence , dans l'espoir de s'ouvrir le chemin à nne£^ chaire de rhétorique ou de belles-lettres ;
— malgréles préventions excitées par toutes ces icircotistauces , M. Oldbuck., disons-nous ,• avait beaucoup, d'estime eCde respect pour M..Blattergowl. Il était assez rare, il est vrai, que, poitr céder , soit.à une sorte de respecthumain , soit aux instances de ce qu'il appelait ses femelles , il se décidât à aller l'entendre prêcher ; mais en revanche il se serait reproché de s.'absenter de Mop^bams quand M, Blatt^rgowl y venait dîtfer , et il y était invité tous les dimanches, manière de lui' témoigner sa considération, que M. Oldbuck avait adoptée comme devant être la plus agréable au
t . Voyex dans Wàvtrî^jr les not«t sar la hiérarchie de TÉglite pretbytcricnne d'Ecosie.
3^4 L'ANUQUAIRE.
ministre, et eoman» la plos . confome à aea yropr» hahilirit^
Pour terminer une digression dont le seul but est de faite mieux connaître le digne ministre à, nos lecteurs. H» Blattergowl ne fut pas plus tôt entré dan^ la c£lbane , qu'après avoir reçu les salutations silencieuses et mélancoliques de toute la compagnie , il alla se placer près du ipalheurei» père , et tâcha de lui jglisser quelques mots de condoléance ou de consolatipn ; mais Saonders n'était pas encore en état de les entendre. Il inclina pourtant la tête d'url air sombre , et lui prit )a main comme pour le remercier de ses bonnes intentions, mais il n'avait ni le pouvoir n^ la volonté de lui répondre autrement.
Le ministre passa ensuite près de la mère , traversant la chambre d'un pas lent , mesuré et silencieuk , coinme s'il eiit craint que le plancher, semblable. à une glace mal formée,' n'eût cédé fDus ses p^eds, ou que le bruit de ses pas n'eût «été doué d'une force magique qui aurait précipité dans un abîme la cabane et tous, ceux qui s'y trouvaient. On ne put ju^er de ce qu'il disait à la pauvre femme que par les réponses qu'elle lui faisait , réponses que rendaient souvent inintelligibles les sanglots qu'elle ne poa« vait retenir, et le tablier dont elle continuait àse couvrir le visage.
— Oui , Monsieur , oui ..... vous êtes bien bon Sans doute ,
c'est notre devoir de nous soumettre à la voloi^fé diï ciel ; nuds mon pauvre Steenie ! l'enfant dont moh cœur était si fier 1 qui était si beaju et si bien fait l le soutien de sa* famille 1 notre consolation à tous I lui que tout le monde voyait avec plaisir ! ^O mon fils I mon fils! pourquoi es-tu dans le cercueil, et pourquoi faut-il [que je vive pour te pleurer 1 * ,
On ne pouvait' résister à cet élan si naturel d'afi^ection et de chagrin. Oldbuck eut plusieurs fois recours à sa tabatière pour cacher les larmes qui. lui venaient aux yeux en. dépit .de s6n carac* tère caustique et même bourru. Les femmes pleuraient à chaudes larmes : et les hommes mettaient leurs chapeaui devant leurs yeux eu se parlant à voix basse.
Cependant le ministre voulut aussi adresser quelques' mots de consolation spirituelle à la vieille aïeule^ D^abord elle écouta ou parût écouter avec son apathie ordinaire ce qu'il disait; mais enfin M. Blattergowl > dans le feu du zèle qui l'animait, ayant élevé la voix davantage , et se trouvant près de son oreille , elle comprit le sens des paroles qu'il lui adressait. Sa physionomie s'anima tout-à-coup de cette expression qui annonçait sea lueurs
L'ANTIQUAiftE. . 345
d'intelligence ; eUe se redressa , secoua la tété d'uae manière qui annonçait siàon le mépris , An moins Timpatience , et fit de la main un geste qui indiquait d'une manière claire et pr^^eJe peu de cm qu'elle faisait de ses pieuses exhortations. Le tflnstre se retira ., et Içyant doucement sa .main, qu'il laissa retomber afussitôt , il sembla p9r. ce geste témoigner la surprise , le chagrjn et la compassion que' lui inspirait l'état déplorable de cette. femme. Ce sentiment fut partagé par tous Jes assistans , et un léger murmure an* Qonça l'impression que ceite.scène avait faiite sur tous les esprits. Cependant la compagnie se trouva complète- par l'arrivée de deux, personnes qii'on' attendait de Fairport. O.n' fit encore un échange de salutations silencieuses , et le vin et !■ eau-de-vie circulèrént de nouveau. Elspeth prit une seconde fois un yerrë à la main , le vida , et s! écria ayec une sorte de rire sardonique : Ah ! ah 1 j'ai bu du vin dei^x fois dains un jour ! .Quand est-ce que j'en ai fait autant ? Je m'en souviens -, ce fut lors de la. • . , .*
Elle n'acheva pas sa phrase; ]e verre lui échappa des mains ;. elle retomba sur son fauteuil^ et ses traits Reprirent peu à peu leur caractère d'impassibilité. ./ . ,
Lorsque la surprise générale se fut calmée, M. Oldbuck, dont le cœur saignait en voy aiit ce qu'il regardait comme la dernière lutte de rintelligenoe contre Tengourdissement de l'âge et les traits cruels du chagrin , fit observer au ministre qu'il était temps de procéder aux funérailles. Le père, était hors d'état de donner aucun ordre; mais le plus proche parent fit un signe au menuisier , qui en pareilles occasiohs remplit aussi, les fonctions de maître des cérémo« nies 9 et le ' brUit du marteau annonça la séparation finale des restes da jeune pécheur d'avec les vivàns , séparation qui produit toujours quelque effet , même sur les êtres les plus inctifférens, les plus durs et les plus égoïstes.
Animés par un esprit de contradiction qu'on. nous pardonnera peut-être dé regarder conime une petitesse d'espï'it, les pères de l'Eglise d'Ecosse ne voulurefnt pas que , même dafis uùe occasion si solennelle , on adressât au ciel aucnne^prière, de peur qu'on ne» crût qu'ils imitaient les rites des Eglises romaine ou anglicane* Doués d'un esprit plus libéral et |ilus éclairé , la plupart des ministres écossais aujourd'hui saisissent cette occasion pour o££çir au ciel une prière , et pour adresser aux vivans une exhortation qui dqit leur faire d'autant plus d'impression, qu'il sont encore en présence des restes d'un de leurs semblables qu'ils ont vu naguère tel
d lê L'ANTIQUAIRE,
qu'ils Mût encore enx-ménftes , et qa'ilâ voient maintenant tel quHlg doivent élre bientôt à lenr tour ; mais cet usage louable n'était pas encore adopté dMis le temps dont nous parlons y ou du moins M. Blattergowl Wjugeapas à propos de s'y conformer, et la cérémonie se tennina.8anB aucun exercice d« religion ^
Le cercueil , couvert du drap funéraire , étattt déjà^rté par les plas proches parens. On n^attendait plus que- le père , qui , saivant Fn^ge, devait en soutenir la tête. Deux ou trois de ses parens privilégiés l'appelaient , mais il pe leur répondait qu'en faisant sîgne.de la tête et de la main qik'il ne pouvait serésondt^ à on tel effort. Regardant cet acte comme un devoir pour le vivant, et comme une marque de respect pont* le défunt, ils insistèrent avec plus dé zèle qtieide jugement , et Us l'auraient forcé à se conformer à.Ia coutume , si Otdbuck n*eûjt déclaré qu'en qualité de maître et de seigneur du défunt , il entendait porter lui-même la tête dq^cercueil. Lé chagrin- remplissait le c<3enr de tQus.Ies parens ; toatefois ii^ s'y trouva encpre place pour un mouvement de satisfaction et d'orgueil en recevant du laird une telle marque de distinction, et la vieille Alison Breck , qui était présente ,. jura que le laird de Monkbams ne manquerait jamais d'huîtres tant que durerait la saison (on savait que notre antiquaire les aimait) , quand elle de* vrait les aller pêcher^Ue-mâme par le plus mauvais vent qui eit jamais sonfOé. Et tel est le caractère dn peuple en Ecosse, qn'onsat meilleur gré à M: Oldbuckde cet acte de condescendance , que de tout l'argent qu'il distribuait chaque année ea aumônes dans la paroisse. '
Le cortège futaëbre se mit en marche > suivant à pas lents denx bedeaux armés delèurs bâtons' couvert&d'uu drap noir, malhearenx vieillards qui semblaient chaàcelèr sur le tombeau vers lequel ils conduisaient un de leurs semblables, et portant, suivant l'usage d'Ecosse , des habits noirs usés et des cliapeaux .ornés d'un crêpe jaunissant de vétusté.
L'antiquaire 9e serait fortement déclaré contre cette dépense
inutile s'il eût été consulté ; mais en donnant un pareil avis, il an-
rait perdnplas de popularité qu'il n'en av^it gagné en eonsentanta
représenter le père dans la cérémonie funèbre. Il ne l'ignorait pas,
et il avait été assez sage pour s'abstenir de donner des conseils qui
I . Ce regret involontaire du cuïte c&lbloiiqiie échappe plui d'une fois aux plui rifide* prefbytârieBt : noua l'ayopa d4jà fignalë daoi fTaveriêjr,
L'ANTIOUAIRÇ. an
ftmraieiil été Jiiai reçus. Dans le fait , les paysans écossais sont encore livres à œtte maniç de déployer dans ces sor tea'de cérémonies une sorte de pompe qai distitigi^t teHefnent autrefois les grands de ce royaume , que le parlement fut obligé de*faire une loi somptuaire pour en restreindre le luxe. On a vu des gens placés dans les derniers riitigs de la société se refuser non^àenlement tous les agrémensdela yie, mais même les choses les plus nécessaires, pour éoonoikiiser une somme qui mtt leur famille en état de les faireenterrer en chrétiens, comine iisle disfdent ; et il était impossible de détermioerJeursffiàèles exécuteurs testanienlaires, quoiqu'ils connussent eux-mêmes le besoin, à faire servir à l'usage des viVans une somme inutilement dépensée pour l'enterremeiit du, mort.
Oa se ^rràdit an cimetière-, situé à np demi-miUe de distance • avec la gravité solennelle usitée en pareil cas. Le corps fut rendu à la terre d'oùil était sorti , et quand les fossoyeurs eurent rempli la fosse et l'eurent recouverte de gazon , M. Oldbuck , étant son chapeau , salira l'assemblée qui avait assisté en silence à cette cé« rémonie lugubre , ce qui fut Te signal de sa dispersion.
Le ministre offrit à notre antiquaire de raccompagner jusque chez lui; mais M..01dbitck avait été telleiâent frappé de la con* duite de Sauniers Mucklebackit et dfi $a mère^ que la compassion» et; peut-être aussi cette curiosité qui iious fait désirer dé voir même les choses qui doivent nous faire peine , le déterminèrent à s'en retommer solitairement* le l<mg' du' rivage de la mer^ afin de faire encore une visite à la cabaiie du pêcheur.