‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 61 sur 91 · Effraction · texte numérisé non relu

Effraction

4. Burgia/jr^ c'est le terme conféré pour un vol fait de nuii, arec ^ffrtcticn, cl dans une maison habitée, '

L'ANTIQOAIRÈ. 301

— Je serais très charmé , Hector, qu'elle Toyagéât hors de mes «tomaines.

—Eh bien î mou oucle, nous ferons tous deuxTetraite demain, aujourd'hui même ; mais je ne voudrais point pardr brouillé avec le hère de ma mère pour un misérable pot cassé.

— Ah! mon frère! mon frère! s'écria miss Mac*Intyre déses« pérée de Tentendre parler d'une urne antique avec ce ton de légèreté.

— Et que voulez-vous que je dise ? reprit Hector ; c'est de semblables pots de terre qu'on se sert en Egypte pour faire rafraîchir le vin , le sorbet : j'en ai rapporté une couple ; j'aurais pu en rapporter un cent.

— Quoi ! s'écria l'antiquaire, de même forme que l'urne lacrymatoire que votre chienne vient de briser ?

. — Presque absolument semblable à la jarre de terre 'qui était sur ce buffet. Je les ai dans mon logement à Fairport ; nous nous en sommes servis pendant la traversée pour faire rafraîchir notre vin, et nous nous en sommes fort bien trouvés. Si je croyais que vous en fussiez curieux le moins du monde , je vous les ferais apporter.

— 'Bien véritablement , mon cher ei^fant , je serais enchanté de les posséder. Chercher à établir la connexion des peuples par la similitude de leurs usages et des ustensiles dont ils se servent, est depuis long-temps mon étude favorite ; tout ce qui tend à ce but ne peut que m'être infiniment précieux.

— Eh bien, mon oncle, je vous prierai donc de les accepter, ainsi que quelques autres bagatelles de ce genre. Puis-je espérer que vous m'avez pardonné ?

— Oh ! mon cher enfant , il n'est pas question de pardon ; je ne vous reproche que d'être un étoi]|rdi.

•^ Mais Junon 1 on n'a aussi que de l'étourderie à lui reprocher. Jack Muirhead m'a assuré qu'elle n'est ni vicieuse ni entêtée.

— Eh bien, j'accorde aussi à Junon un plein pardon, mais à condition que vous l'imiterez en n'étant ni vicieux ni entêté , et qu'elle sera bannie de tous les sq)partemens que j'occupe dans le château de Monkbarns.

— J'aurais été honteux, mon Ducle , de vous offrir par formé d'expiation de mes fautes, ou de celles de juïion, quelque chose qui me paraît indigne de vous être présenté ; mais à présent que tout est pardonné, permettez-vous à un neveu pour qui, vous avez

éiéan père* de vous prier d'accepter une bagatelle qu'on prétend véritabiement curieuse , et que ma sotte blessure m'a empè* cfaé de Yoùs offrir plus tôt ? C'est un présent que m'a bit un savant firançais à qui j'avais rendu quelques services après l'afiûi? d'Alexandrie.

En parlant ainsi , le capitaine mit un petit écrin entre les mains de son oncle , qui, l'ayant ouvert sur-ie-cbamp, y trouva nue bague antique en or, ornée d'un camée supérieurement travaillé^ représentant lar tête de Cléopâtre. A cette vue, l'antiquaire j}e livra sans contrainte à toute son extase, serra vivement la main de son neveu, le remercia cent fois, et montra ce bijou précieoxàsa sœur et à sa nièce. Celle-ci eut assez de tact pour montrer une admiration capable de satisfaire son oncle ; mais miss Grizzy, qaoi* qu'elle n'aimât pas moins son neveu, n^eut pas l'adresse de suivie cet exemple.

— Cest un joli joyau , et j'ose dire qu'il a son prix, dit-elle en le pesant dans sa main; mais vous savez, mon frère, que je ne me connais pas en ce genre d'ouvrage.

— C'est toutFairport qui parle par sa bouche, s'écria Oldbuck; l'esprit de celte ville nous iafecte tous. Depuis deux jou(;$ qne le vent est fixé comme un rémora au nôrd-est y je ne cesse d'ea sentir la fumée, et la contagion morale s'étend encore plus loin. Croyeimoi , mon cher Hector, si je parcourais la grande rue de Fairport; montrant cette bague inappréciable à tous cenx que je rencontre* rais, pas une créature, depuis le prévôt jusqu'au crieur de la ville» ne s'arrêterait pour m'en demander l'histoire ; mais si j'avais sous le bras une balle de toile, je ne ferais pas trois pas sans être accablé de questions sur sa finesse et son prix. On pourrait parodier leur ignorance brute en leur adressant celte slrophe deGray :

Tisies la trame et la chatae,

C'eat le linceul dtt bon atni.

C'eat one. armure cerlaine

Pour ae défendre dea gêna Qui ne ae mettent paa en peine D'amataer dea déniera çomptana i ,

Une preuve remarquable du plaisir avec lequel M. Oldbuck avait reçu cette offrande de pacification, c'est que tandis qn'il déclamait ces vers , Junon , qui avait conçu pour notre antiquaire na€

I . C'eat la parodie d'une atrophe de Tode de Gra j , Jidtitulée Us FataUs Saurs , taoék aur la mythologie acandinave» Voyez une note à'ivanhoê.

i^AfCTIQUAIRE. 803

sorte à» cr^iim» fOspactn^iMy d'après cet iastînct admirdile acvtc leqoel le$ chiens recoanaissent leurs amis et leurs enneoiis , Jh« non I disous-nous , qoi aTait plusieurs fois ayaucé la tête à la porte de la salle à manger^ ne vpyaat sur la phyaionomie dn laird nen d« bien menaçant , s'^it enfin hasardée à entrer ; et sa hardiesse croissant par suitç de IHmpunité, elle mangefi une rôtie de^t'inée àOidhiiçki et ^i^'pn avait mise devant le fea sur une apsieit^^ pQtir qu'elle ne se refroidit pas , tandis que celui-ci , portant les yeux tour ^ tour sur #es auditeurs, répétait avec complaisance :

TÎMes la trame et la chaîne.

— Yons vous souvenez du passage des Fatales Sœurs, ajouta-t-i}, imitation qui> soit dit en passant^ est bien loin de valoir l'original,.. Eh bien! qu'est devenue ma rôtie? Âh ! je vois ce que c'est ! Type de la race femelle , je ne suis pas surpris que ton nom soit devenu pour elle une injure ^. — A ces mots il montra le poing à Janon, qui se sauva sur-le-champ hors de la salle. — Au surplus, ajoata-t-il 9 conune Jupiter dans le ciel n'a jamais pu morigéner JonoUy et que Jack Muirhead, à ce que dit Hector, n'a pas été pins heureux sur la terre, je présume qu'il faut renoncer à la discipliner. — Le ton radouci de ce réproche fit juger au frère et à la sœur que Junon avait reçu son plein pardon, et toute la famille déjeuna gaiement.

Lorsque le déjeuner fut terminé, Oldbuck proposa à son neveu de l'accompagner aux funérailles de Steenie. Lé capitaine objecta qu'il n'avait pas d'habit de deuil.

— Qu'importe I répliqua l'antiquaire ; votre présence est tout ce qu'il faut ; d'ailleurs je vous assure que vous verrez des choses qui vous amuseront ; non, cette expression est impropre : qui vous intéresseront^ voulais-je dii'e, d'après les traits de ressemblance qne je vous ferai apercevoir entre les coutumes des anciens et celles qui sont encore en usage parmi le peuple dans ce pays.

— Que le ciel ait pitié de moi ! pensa Mac-Intyre ; je ferai inévitablement quelque sottise , et je perdrai tout le crédit qne je viens de gagner, grâce au hasard.

Qaelq[aes coups d'oeil supplians de sa sœur invitèrent le capi-

I . La plus grande des kijuret qu'on puisse adresser en Angleterre à une feqimë, c'est de l'appeler chienne ^ bitch. On élude même de prononcer bitch. En parlant de la femelle du

â04 L'ANTIQUÂlft£.

taine à la patience^ et il prit en partant la résolatioii de faire là cour à son oncle en lai accordant toute son attention f- mais nos meilleures résolutions tiennent rarement contre nos habitndes

dominantes. Notre antiquaire, pour lui donner toutes lesexj^catious convenables^ avait commencé une dissertation savante sur les rites funéraires des anciens Scandinaves y quand son neyeu Finterrompit pow* lui faire remarquer une superbe mouette qui s'était approchée d'eux à portée de fusil; il reconnut son tort, pria son oncle de recevoir ses excuses > et 01db|ick contiaaa sa discussion.

— Il est certaines choses que vous devriez savoir^ mon cher Hector, et avec lesquelles il serait même à propos que vous fussiez familier. Dans les circonstances étranges d'une guerre qui embrase en ce moment tous les coins de l'Europe, qui peut savoir où vous serez appelé à servir? Or, si c'était en Norwège ou en Danemark, par exemple, ou dans toute autre partie de l'ancienne S^anie ou Scandinavie , comme nous l'appelons, combien ne tous serait-il pas utile de connaître sur le bout du doigt l'histoire et les antiquités de cette ancienne contrée , cette oj/icina gentinm, cette mère de l'Europe moderne, la pépinière de ces héros

Fermes dan» les dangers, si grands dans les combats, Et qui par un sôarire accueillaient le trëpad.

Comme vous vous sentiriez animé , par exemple, si, après une marche fatigante, vous vous trouviez dans le voisinage d'un monament runique , ou que vous vinssiez à découvrir que votre tente est à côté de la tombe d'un héros !

— Je crois , mon oncle , que j'aimerais mieux apprendre qu'elle est à peu de distance d'une basse -cour bien garnie de volaille.

— Hélas ! est-il possible que vous parliez ainsi ? Il n'est pas étonnant qu'on ne voie plus des journées de Crécy et d'Azincourt, quand le respect pour l'ancienne valeur est éteint dans le cœur du soldat anglais.

— Nullement , mon oncle \. vous vous trompez , ce n'est pas cela; mais je pense qu'Edouard , Henry, et tous les héros, pensaient à leur dîner avant de songer à examiner un vieux tombeau : du reste je vous assure que nous ne sommes nullement insensibles à la renommée de nos pères. Je passais quelquefois dés soirées entières à entendre le vieux Rory Mac-Alpin nous chanter des vers d'Ossian

sar lesbtlittUes ^ici« Fi^at et L^'mim Mot,' sor 1^^

de Midrartâcli. ^ . ^ ^^

— £); çrayezoYôii» tellement, paarre diiperqûe yôiis éies ^ dit Tânli^iUBre en fronçant le sooraî r que les Ikdaises pi^Hées par > Uae-Phersoti soient Feellenient ieintiques ?

-^ $i je le crois? comment ne le etoirais-jç pas , quand j'ai eu** tendu réciter ce» vers depiâs mon ènfjutee^ ^

— Mais non pas ceirx qao yoos trouTez .dans l'Otôian anglais de Mac-PIieï*son> dit I^^antiqnaire le front chaîné de courrou?:; j'espère que Tons n.i^les pas asse^ absurde pour Iç •prétendre-?

Hect(»r soutint 1^ tempête avec courage i en véritable Celle > il regardait Fhouneur de son pays.et de sa langue naiionate comme attaché à l'anthenticité de ces j^oëi^es populaires, et il se ferait battu cent fois , aurait perdu la vie et tous ses btens;^ ptntàt que (l'en abanâonoér uncf seule ligne. U soutint donc intrépidement ^le Rorj Mac^Àlpin é^ait en état de récâter le livrer tout eiafiet d'nii boat à l'autre; .et ce ne^t qn'a|près avoir subi un nouvel iiiterrogatoice qu'il mpdifia. son assertion générale , en disàst que Kory Mac-Alpin récitait ces vers, tant que le wbiskey ne lui Utianîuait pas , et qu'il restait quëlqn'jin pour l'iéi^oUter.

— Sans doale p sans dx^ite > dit l'antiquaire > et ^ela ne dura i t pas fong-temps. • ^ . .

— Nom avrils "Bos^devoirs à remplir, répliqua le capitaine ;' et noas ne pouvions passer tofite la nuit à l'iecouter;^ ,

— Et vous rappelez-vous à JNrésent » dit Oldbuck en serrant les dents, et en parlant-sans les .ouvrir, ce qui lui arrivait toiites lefi fois qu'on le contredisait; — ^ous rapfielez-voiis quelques-uns de ces vers, que tous trouviez si beaux , si parfaits ? ^Vjçms étés saftis (loQte un excellent juge en pareille matière ? \

— Je n'ai pas de prétentions à la science y mon .oncle ; mais avez-vous raison de vous mettre en cojèrè contre moi parce que je préfère 1er tociens héros ^e mon pays aux Harold'i aux Harfager et aux Haco que vous ave2 pris sous votre protection f

— Maia» Mctkisieur, ces Gètfis puissans et inviubibles sçuit vos ancêtres. Les :Geltés à jambes nues qu'ils subjuguèrent et qu'ils laissèrent snbsistercômme une niation barbare dans les crevasses (le leurs rochera , n'étaient que lëni^s serfs; leurs maticipia.

Hector devint rouge décolère à son iour.-^Je crois comprendre. Monsieur , ce que vous voulez dire par les ternies de. serfs e^ de mancipia , et de telles expressions ne doivent pas s'appliquer aux

%0é C'ANTIOUAIRE.

Moolagii.arâ» d^Eco^e. Le frère de ma mdre* est le seul homme dans la bpiiche duquel je puisse lés enténcire sans le tofeer k s'en repentir ; et je Vous prie d%)b6eHér que je i^e trouye ni hbspitalière» ni gëdéreuse,- ni décente, la manière dont tous Irons conduisez avec un homme qui est TOtrê hôte et yotre parent. Mes aoeétrds, monsieur Oldbuck.... • .

— Etaient des chefs nobles et yaillans, Hector y je n'«n dente puirement^ et je ne m'attendais ^nèfe à yous offenser si grièvement en traitant un point d'antiquité si reculée, sujet sûr lequel je sois toujours moi-même eâime et.de sang-fipoid. Mftisyonsétesyifet bouillant' comihe si vous aviez en vous non-senlemeiil l'aiâe d'Hector ; mai^ encoine celle d'Achille , et t^elle d'Agameratiim par-^dessos le marché. ' * ' ^

— Je suis iaché d'avoir montré tant de vivacité , sortouten vous parlant, mon micle. JBn'ai pasotfbHé vos boiailés, V0fre générosité^ mais mes ancêtres... t

— N'çn parlons plus » mon cher eri^nt ; je n- ai pas ea dessein d?en insulter uiiseuL . '

-^.l'en' ^iis charmé , Monsieur, car Ja .maison de* Mac - h* TV rc . . • • f

. — Que la paix du ciel soit avec eUe', avée t^iiis eenx^qui ont jamais porté ce nom! Mais, ]()Our en revenir à notre Btijè^, vous souvenez- vous de.quel^p'ùn de ces poëmes qqi vous amosatent tant? • , • ' . . :

— Vraiment! pens^le capitaine, il est bien durqu'il parlé avec tant de plaisir de tout ce qui est ^nlique , et qu'il ne ventile pas entendre parler de ma famille. -^ Oui , mon oncle ^ reprit*il aprèson moment de réflexion, je ni'en rappelle quelques vers ; maisvoi» ne comprenez pas le gaélique.

. -r- Et je me passerai même volontiers ^de l'entendre; mais ne pouv^z^vous m*eii di^nner une iiée dans notre langue?

■^ Je serai pauvre traducteur, répopdit Hec.tor.-r- El il se mit à répéter à ^mi'Voix l'original, bien garni- d'a^A^^> i^aagks, jXoa^y et d-àdtres terminaisons gutturales, ^prèsqueiil toussa quelles inçtâ'ns comme si là traduction lui fi(k restée, dans lé gosier et n'en voulût pas sortir. Enlin ayaçnt averti' son aoâitevrque le poëine étfiit un dialogue entre le poète Oisin oq Ossian v et Pa« tridk?, le saint patron de- Ptrlandë , et qu'il était difficile» sinon impossible , de rendre la sin^pliciié exquise des deux ou trois premcers vers V il die qqe tel. eîi était à peu près le sens littéral :

" ■ * Patrick, chanteur de psaumjM, , ^

Puis<)ue vous ne vooles pal écouter une de mes biatoire»,

, ' Quoique voq» ne l'ayez jamais edtenduet ' •• '

Je %uis'ficbé 4e Tous dire ....

Que vous ne valez çuére mieux qÂ*un âne. ^ • *

— Bien I très bien ! s'écria l'antiquaire; mais cpntinuez; cela, est réellement admirable. José dire que le poètio; ayait raison. Et que répond le saint? . .

— Le 'saint répdnd confine il le doit. IVJai's j'aurais voulu que von^ entendissiez Macr Alpin. Il chantait le rôle; d'Ossiaq^en basse< taille, et ceiqi du saint en ^^72,c>n . . ;

— G'étuit comme les sotis alternatifs du g^ros et des .petits l^onrdons de la cornemuse dudit. Mac- Alpin ^ , *

— Voyons, contitiuez.

— Eh bien donc , Patrice répond à Ossiah «...

; Sùi^ mit parole, fils de Pingal , Tandis que je chante des p'sauniés , ■ • \Lfl bruit que font vos contes de vieilles feiiMttes'

s Me ti^ouUe dans mes exercices de dévotion*

— Excellent ! de ibieux en mieux I j*espère que saint Patrick chantait mieux que le clerc de Blattergowl, sans quoi l'on serait embarrassé pour èhoisir eiïtre le saint et le poète. Mais ce que j'admire, c'est la politesse avec laquelle' se traitent ce^ deux illustrés personnages. C'est. bien doimmage qu'il n'y ait pas un mot de tout cela dans la t^ad^ctl6n.de Mac-Pherson.

— Si vous eu êtes sûr, dit gravejneut le capitaine', -il faut qu'il ait pris des libertés inexcusables avec son original.

— G'ést 9 je' crois , ce dont oq finira par être convaincu. Ensuite ? . ' ' \ .

— Voici.la réponse d'Ossian :

. Osez- vodscompaoer vos psaumes ,■ ^ ' •• . ' s

*.: .. Filsde ;;*....

— Fils de quoi? s*éçria l'an tiqdairç." .

— Je crois, répotidit MacJntyre comme à regret , que le terme

1. La con»enomse écossaise a trois bourdofis et un seul chalumeau percé de hui^ trous , sept <ievaat et an derrière; la note la plus basse est un sol. On fait, à partir du la ^ les Dotes si^ iU ^re t mi ^ fa ^ sol ^ /a , toutes najlurelles } en 'sot' te que çj&tte ^mme est' comité '^otre' gamme de sol majeur, dont le /a seraU naturel au lieu d'être diêse. Le gros bourdea

308 L'ANTlQUAmE.

employé dan» l'original signifie là même chose que la femelle d'un

chien en anglais.' ~ ^

0«er-vou» cotuparer vos psaumes ,

.Fils.d'une

A{ix contes des Féniens àu;c bras nus?....

— Etes-Tous bien sûr., Hector , que tous traddisez fidèlement ces trois derniers mots ?

-*- Très sûr , Monsieur , répondit Hector avec unpea d'immear.

— C'est que j'aurais cru' qu'on aurait dû parler de la«imdité d'une autre partie du .corps. ^

Hector continua sa traduction , sans daigner répondre à ce sarcasme.

Je ne me ferai pas gran4 scrupule D'arracher voirre tête chauve (le dessus vos gaules...

' ^ Que Vois-jé là-oW 8?écria-t-îl en sTnterro'mpant tni-meme.

— Uh membre du troupeau de Protee; répoujdit l'antiquaire, un j9A(K^iE , c^est-à-dire un yeaujnarin ^;

À ces.mots Maç-Intyre, avec la ▼ivacité d'un^ jeune chassenr, oublia sur-le-champ Ossi.an l saint Patrick , son [oncle et sa blessuji'e, et's'écriant 7— Je l'aurai ! je l'aurai ! il arracha brhsquemeat la canno des mains de son oncle, au risque de lé faire tomber, et courut à toutes jambes pour se j^Iacef entre la mer et l'animal, vers laquelle celui-ci „ ayant pris l'alarme , faisait rapidement sa retraite. . . . ^

Sancho , quand son maître interrompit un rçcit qu'il lui fais^ût pour aller charger un troupeau de moutons, ne fut pas plus con- FenTlu de surprise que ne le futOldbuck en voyant cette escapade > / soudaine de son neveu .

T— 11 a le diable au corps 1 s'écria-t-il. Aller troublée, une béte qui ne pensait pas à luilileçtorl ajouta^ t*il eii élevant la Toix, mon neveu ! fou que vous étés flaissez là le phùta ! laissez-le tran-

sonne le sol^ ud sol ^ l'octave au-dessous de celui qui esl.lanote inUrienre du chalumeau ; le fécond bourdon sonne la tierce "du grqs , Vest-à«dire un ii, e| le pelit- un $ol m l'octave au-dessus du gros, Cet accord iDCon\plet formé une basse, monotone et continue opposée aux Airs qui se jouent sur le 'chalumeau ; le sofl^ett le ton principal de cet instrument borne auquel i'Af liquaire cojnpare malicieusement la fnoootonie de la ball^ade de son neveu.

i,.\jt calpcnphalus vitulinut, ou phocavituiina. Cet animal a environ trois pieds de . long. Par son inuseau et sa forme il a quelque analo^e avec un petit boule-dogne. Il a»»* particulièrement la raijsiqtie et !e •«ip.de 1^ Voix humaifie. Il y a aussi en Ecosse le phoca barhalu^

qaiHe» vous dis-je; ces animanx mordent comme des enragés' Allons , Ty Toilà ! bien ! . le phoca a le dessus ; j'en suis bien aise : oai, j'çn suiâ enchanté au fond du <^œàr, répéta-t*il y quoiqu'il fut réellénient alarmé pour la sûreté de son neveu.

Dans le fiait le veau marin , voyant sa. retraite coupée par .notre militaire au pied léger y lui fit face courageusement , et ayant, reçu nn grand coup de bâton qui ne produisit aucun effet ,, il se rida le front, comme le fon( ces animauxi}ttand ils sont en colère ^'saisit la canne avec nne de ses pattes de devant , et ne peùsa ensuite qu'à gagr^er la mer > qui était à quelques pas, sans faire d'autre mal au capitaine qile^ de le renverser en passant.

Hector, un peu décoi^tenancé par l'issue de cet exploit , se re« leva à temps pour recevoir les félicitations ironiques de^on oncle sur un combat singulier digne d'êtrq célébré .par Ossian . luimême, — puisque , dit Pantiquailre , votre enhenii a pris la fuite , quoique hou avec des ailes d'aigle, et vous a abandonné 1& champ' de bataille. Surma. fcd, il s'est éloigné avec l'air majestueux d'un triomphateur, let il a emporté, ma c^nne eu gidse de spolia opinia. ,..',.• ' ' . • '

Tout ce que Mac-Intyre piU dire pouràe justifier fut qu'uh Montagnard écossais ne pouvait jamais voir un daim, un veau marin ou un saumon^ sans éprouver uiie envie irrésistible de s'en emparer, et qu'il avait oublié qu'il portait un de ses bras en écharpe.* Il trouva dans cette chute un prétexte pour retourner à Monkbarns, et échappa ainsi au désagrément d'entendre les railleries de son oncle et ses laineutations sur la perte de sa canné. .

— Je l'ai coupéie, dit ceîuirci , dans les bois classiques d'Hawtliomden*, dans jjn temps^où jene croyais pas vivre et mourir garçon. Je ne l'aurais pas donnée pour tous les veaux marins de J^Océan. O Hector,* Hector! le béros dont tu portes. le nom était ûé pour être le soutien de Troie ;. mais toi , tu es né pour être la mine dé Mt>nkEafns. ' -

>• Prèftde Rôtlyn. Voyez les Vuûi pittoresques- de V Ecosse^ dessinées par Pernot a^.c un texte par Amédée. Pichot^ i vol..ia-4 orné de 73 planches; Paris, Charles Gosselin.

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