‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 7 sur 91 · EnDemi do sexe · texte numérisé non relu

EnDemi do sexe

8, Sous Ï9 réfoe de Riclurd III , un nommé ColUngbourne fit le» deux ve» tuivans »

— Il n'avait pas^ répondit-il, de prétentions à une si hante li« gnée dans la race canine. Son père était un gentilhomme du nord de l'Angleterre. Il se rendait en ce moment à Fairport (ville près de laquelle était situé Monkbams) , et s'il en trouvait le séjour agréable , il y passerait peut-être quelques semaines.

— Le voyage de M. Lovel n'avait-il que le plaisir pour objet ?

— Pas tout-à-fait.

— Peut-être quelque affaire avec des négocians de Fairport ?

— Ily avait quelques affaires, mais qui n'avaient «lucua rapport

au commerce.

n n'en dit pas davantage, et M. Oldbuck, ayant poussé les questions aussi loin que l'usage du monde le permettait, fut obligé de changer de conversation. Notre antiquaire n'était nullement ennemi de la bonne chère , mais il était ennemi déterminé de toute dépense superflue en voyage , et quand son compagnon lui proposa une bouteille de vin de Porto , il fit un tableau effrayant du mélange qu'on vendait en général sous ce nom, et prétendant qu'un verre de punch serait plus salutaire et plus convenable à la saison, il avança la main vers la sonnette pour en demander. Mais Mackitchinson avait déjà déterminé ce que ses hôtes devaient boire , et il parut en ce moment tenant en main une énorme bouteille de double mesure , ce qu'on appelle en Ecosse un Magnum , couverte de sciure de bois et de toiles d'araignées, preuve incontestable de son antiquité.

— Du punch ! répéta-t-il , ayant entendu ce mot en entrant dans la chambre. Du diable si vous avez ici aujourd'hui une goutte de punch , Monkbams ; comptez sur ce que je vous dis.

— Que voulez-vous dire , impertinent ?

-— N'importe , n'importe I Avez- vous oublié le tour que vous m'avez joué la dernière fois que vous êtes venu ici ?

— Moi , je vous ai joué un tour I

— Vous-même , Monkbams. Le laird de Tamlovme, sir Gilbert Grizzlecleugh , le vieux Rossballoh, étaient ici à passer la soirée autour d'un bowl de punch quand vous vîntes avec quelques-unes

A Rat , a Catand Lovel our dog BuU ail Eng^and under a hog,

— « Un ra< , un citât et Lovel notre chien gouvernent toute rAnglelerre ions un porc. « U rat ëuit Batclifje , le chat Co/«*6r , et lord Lovel ëiait nommé en tou»c« leltrei, parce «pie c'était a»ort fréquemment un nom de chien. QvlaïïX au porc, c'était Richard lui-même. Ce difttique contre le roi et aet favori» fat poûji de U peine de mort. Le nom de Lovel ett «aiii un nom de ronun et de comédie.

de vos histoires du temps passé , ai^cquelles il n'y a pas un homme qui paisse résister , les emmener derrière la maison pour leur faire voir je ne sais quel ancien camp romain. Ah ! monsieur ! ajouta-t-il en se tournant vers Lovel , il ferait descendre les oiseaux des arbres pour écouter ses vieilles histoires ; et il m'a fait peindre l'occasion de vendre six bonnes bouteilles de vin de Bordeaux et peut-être plus , car du diable si un d'eux se f(it levé avant qu'elles eussent été vides.

— Entendez; vous l'impudent fripon? dit Oldbuck en riant, car le digne aubergiste se vantait , non sans quelque raison , de connaître la mesure du pied de ses hôtes aussi bien qu'aucun cordonnier d'Ecosse. Eh bien ! eh bien ! vous pouvez nous envoyer une bouteille de porto.

— De porto ! non , non. Laissez le punch et le porto aux gens de mon espèce ; c'est du bordeaux qu'il faut à des hommes comme vous; et j'ose dire que pas un des gens d'autrefois dont vous parlez si souvent n'en a jamais bu d'aussi bon que celui que je vous àp« porte.

— N'admirez-vous pas le ton impératif du fripon? Eh bien! Ôion jeune a,mi , il faut , pour cette fois , que nous donnions la préférence aa Falerne sur le vile Sabinnm.

L'aubergiste déboucha la bouteille à l'instant , décanta le con-' tenu dans une carafe d'une capacité convenable , et déclarant que le bouquet en parfumait la chambre , laissa à ses hôtes le soin d^ faire honneur.

Le vin de Mackitchinson était réellement bon , et il anima l'imagination du vieillard , qui raconta quelques bonnes histoires^ ftt quelques plaisanteries grivoises, et finit par entamer une discusMOU savante sur les anciens auteurs dramatiques. Mais c'était un terrain sur lequel il trouva sa nouvelle connaissance si fermement établie , qu'il commença à soupçonner qu'il en avait fait une étude particulière.

— Un homme qui voyage partie pour affaires, partie par plaisir, pensa-t-il. Eh mais I le théâtre réunit l'un et l'autre. C'est un travail pour les acteurs , et il procure , ou du moins il est censé procurer du plaisir aux spectateur^. — Son ton et ses manières semblent l'élever au-dessus de la plupart de ceux qui se vouent à cette profession : mais je me souviens d'avoir entendu dire qu'un jeune homme qui n'a jamais paru sur aucun théâtre doit débuter sur celui de Fairpon lors de soa ouv«rtiir«. Si c'ét<ait CQ Lovél ?

Lovel ! oui , LoTel^ Belville , sont des noms que des jeunes gens prennent souvent en pareil cas. Sur ma foi, j'en suis fâché pour lui.

M. Oldbuck était naturellement économe, mais son économie n'avait rien de sordide. Sa première p^ns^e fut d'épargner à son com[)agnon de voyage sa part de l'écot, présumant que cette dépense , dans sa situation , devait lui être plus ou moins à charge. Il prit donc tfn prétexte pour sortir, et solda le compte de Mackitchinson. Le jeune voyageur lui fit des remontrances inutiles , et ne céda que par déférence pour son âge et son rang.

Charmés réciproquement de la compagnie l'un de l'autre, M. Oldbuck proposa à Lovel de ne pas se séparer jus(]u'à la fin de leur voyage : celui-ci y consentit avec plaisir. M. Oldbuck insista pour payer les deux tiers des frais d'une chaise de poste, prétendant ^u'il y occuperait plus de place, mais Lovel s'y refusa positivement. La dépense fut donc égalé de part et d'autre^ si ce n'est que M. Lovel glissait de temps en temps un shilling dans la rqaîn d'un postillon qui murmurait; car Oldbuck, tenant aux anciens usages^ ne portait jamais la libéralité au-delà de dix-huit pence par relat. Voyageant de cette manière, ils arrivèrent à Fairport le lendemain vers deux heures.

Lovel s'attendait probablement que son compagnon de voyage l'inviterait à dîner en arrivant ; mais Oldbuck n'en fit rien , soit qu'il $ût que sa maison n'était pas montée de manière à y recevoir des botes non attendus, soit pour quelque autre raison. Il se contenta de l'engager à venir ^e voir quelque après-midi , le plus tôt qu'il lui serait possiblç , et le recommanda à une veuve qui louait des appartemens garnis, et à un homme qui tenait une table d'hote fréquentée. par la bonne compagnie. Il eut pourtant soin de les prévcinir tous deux en particulier qu'il ne connaissait M. Lovel quecomm^i^n compagnon de voyage agréable, et qu'il n'entendait nnlleo^ent être garant des dettes qu'il pourrait coi^tracter à Fairpoxt L'air et la tournure du jeune homme , pot^r n,e rien diréd'ijne Hpialle bien garnie qui lui arriva par mer le lendemain , inspirèrent probablemeijit autant de confiance en lui que la recommandatioii liflVtée de HA. Oldbuck.

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