II
Le souvenir de sa bien^ahnée inspirait lé nouvel époux , qui soupirait en murmurant le nom de Marie. Pendant qu'il dépouillait le rosier de ses fleurs, il avait à ses pieds son arc et sa hache: car il avait été placé en sentinelle entre le lac et le bois. Mais silence ! les pas d'un guerrier qui s'approche retentissent sur leroeher : Norman saisit ses armes à la hâte.
— Arrête , ou tu péris ! dit-il. . . Quoi ! c'est toi ! ajotrte<'t-iI ausst tôt en reconnaissant Malise ; te voilà bientôt de retour de Donne! ton empressement et ton regard m'annoncent que tu apportes des nouvelles de l'ennemi.
En effet , pendant que le clan se rassemblait sous les drapeaux du Chef, Malise était allé remplir un message secret.
— Où repose Roderic ? demanda l'écuyer.
— Il s'est endormi à l'écart dans cette ravine, répondit Norman : je vais te guider vers sa couche solitaire.
n appdfoftocft DMfts «n de tes oompagMHi» étends anprès de h% «I le rémHe â^vo le bob de son are.
--* DeboBtl ddbeatl Gleatarkin, dit*il; bous alloBS trea^rer letChtf ; fais ont garde Tigilante dans ee passage jusqu'à Me» cflioiir-
Poiidaiii qa'îkmarèhaient tous deux easenble: -* Eh faieD 1 de» manda Norman , quelles ilettrelles de l'ennemi? -^ J'ai enteadn plus d'un rapport contradictoire , répondit Malise : tout ce qu'il y a de certain, c'est qu'une tranpede^ guerriers, arrivée à Donne dqma deax jonrs , a reçu Tordre de se tenir prèle à partir. Eh alMidanty le roi Jacques célèbre une fâte aveo ses oonrtîsatte èans le dbâieaa de Stiriing. De sombres nuages s'amonoUent, et gronderont bientôt sur nos yallées. Accoutumé aux orages , le guerrî^ tréuve contre eux un rempart suffisant dans son man* teau ; mais tm , Norman , quel^dui prépararas^tu à tpnaimaUe fiancée?
-^ QnoL donc». Malise! tu ignores que le préTogrant Bgferio a Tenlu qw toulès les* femmes du dan se réfogiaaseut danA*île so» liuôre duioeb Kairine» avee les enfans et lesyieiliardainhabiles'à porter les armes. Aucun esquif, aucune chaloupe ne yognera sur les laes; mais tons, les navire^ seront amenés au rivage del'illi potùr assurer la sécurité des gages de notre amour.
--** Heureuse préveyanee 1 noire Chef se monlte le père de amt dan.
Hais pourquoi d«M Rodéric a-^il choisi pour se reposer an lieu si éloigné cte ses compagnons fidèles ? - La nuit dernière, Bria» a interrogé un de ces t^ribles brades dont on ne doit chercher les mystères que dans les extrêmes périls , c'est le Taghairm y qni découvrait à nos pères les évèneaMns heureux-ou malheureux; de iag«enre(^). La taureau blanc deDun^raggan aétéimidolé^...*
MALISE.
• — Je me souviens d^ ce noble animal : c'était le plus beau de tous ceux que nous enlevâmes dans Texpédition de Gallaâgad ^ ;
X. Je ne sais si c'est la peine d'obsenrer qné ce passage est empranté presque mot ii mot dn reat d'an ancien cateran. qui aimait. à raconter les faits jojenx du bon vieux temps alors qu'il snÎTait Bob-RoY Mac-Gregor. Ce Cbef voulant faire une descente dans les Lo-wlamls.da dfstrict de Loch Lomond, ordonna à tous les habitons aisés de se réunir dan/i Téglisede Drymen pour lui p'yer Is blaci-mail, c'est-à-dire le tribut de protection. L^R▼is étant appuyé par trente ou quatant» WflaaM* anaés^ tl n'y «M quTiMS seul geuttemao <^i refus* de s'y aoumettve { c'cUit. ai je ne me «rompe, an ancêtre de H. Grahame de Gartmore nnugk RofapBoyi&évMtaanatitAt im t«iM»t tt ••
S80 LA J)AHE DU LAC. ch. ly.
aon poil avait la blancheur, de la neige» et ses cornes étaient noires et polies comme Fébàne; son œil étincelait comme la flamme ; il était si farouche et si indomptable qu'il retardait notre retraite et qpi'il fit trembler nos plus hardis montagnards an défilé de BeaFmaha. Mais ce sentier était hérissé de cailloux aigus, et nos gens le harcelèrent si souvent du fer de leurs lances , que'lorsqae noua fiknès arrivés au passage de Dennan , un enfaint atu*ait pu le frapper sans en recevoir une égratignnre.
NOBHAN.
--^ Ce taureau a été immolé ; sa dépouille sanglant^ est étende près de la cascade dont les flots tumultueux se précipitent aTce fracas sur ce noir roohieri fameux dans tios traditions, et qnesa vaste circonférence a fait surnommer le Bouclier du héros ^ Covèhé smr un écueil de la rive, près du lieu où le torrent mugit et tombe, le magicien Brian sommeille au milieu du bruit continuel de son muirmure ; et, pénétré de Thumide vapeur qui s'élèveà T^
tour, c'jst là qu'il attend un songe prophétique Non loin de la
casc^d^epose aussi notre Chef!;.... Mais silencel je vois Termite se glisser à pas lents à travers le brouillard et les buissons : il a gravi ce roc élevé ; il s'arrête pour .contempler nos soldats endormis... Dis-moi, Malise, ne semble-t-il pas un fantôme qui plane sur un camp égorgé, ou bien un corbeau qui , du haut d'an chêne frappé de li^ foudre, observe des chasseurs se partageant un daim , et demande, avec un croassement sinistre, sa part de h curée?
--^N'endispas davantage, interrompitMaUse; pour toutantreqne pour moi, tes paroles seraient d'un mauvais augure ; mais Tépéede Roderic, voilà, selon moi , l'oracle et la défense du- clan d'Alpin^i plutôt qu'aucun de ces présages du ciel et de Tenfer, que ce moine, en&int des spectres , pourrait nous révéler. ••
— Mais le (%ef est venu le rejoindre : regarde ; ils descendent ensemble du rocher.
Ce fut Te long du sentier que Termite fit au Chef du clan d'Alpine ces soleniielles révélations :
^nva parmi le butin an TÎéux taorcau. presque sauTage , dont la férocité fut à'thotd «^^ji'id, «ox caterans : — « Mais arant que nous eussions atteint le Ruw de Dennan , » disait 10 ^'^ « on enfant lui aurait chatoaillé les oreilles. » ,
X. Il 7 a un rocher nommé h Boueiùr Ju Hérot, dans U forêt de Gleniiiiltfi >1 » Mrvidi i«*r i vu proicrit pendant pl««i«ttr» uinéet , etc.» etc.
— RoderiCy e'est une épreave terrible ponr on homme doaé d'une yie mortelle^ dont les organes sensibles peuvent frissonner dn froid convulsif de la fièvre, dont les yeux peuvent rester immo» biles d'horreur, et {es cheveux se hérisser sur son front; c'est nne épreuve terrible de voir déchi|;er le rideau qui nons cache^'avenir I Voilà, cependant ce que j'ai osé braver pour mon* Chef, comme Tattestent encore le frisson qui m'agite, mon sang glacé dans mes veines , le trouble de mes yeux et les angoisses qui bouleversent mon ame I .. «
Les apparitions qui m'ont assailli dans ma couche sanglante ne peuvent être décrites par les paroles d'un mortel ; pour survivre à ce que j'ai vu , il faut devoir la naissance aux vivans etaux morts, et se sentir doué d'une vie indépendante des lois de la nature. Enfin, la réponse prophétique s'est fait connaître par les caractères d'une vivante flanùne : elle n'a pas retenti à mon oreille, ni parlé à mes yeux ; maJ3 elle s'est gravée dans mon ame :