LE PÈLERIN
— Oh I oayrezla porte, ouvrez par pitié ; la bise souffle avec violence, la neige tombe par flocons et couvre toute la plaine : il est difficile de trouver le sentier.
Je ne suis point un vagabond qui frappe à la porte du château po;tir y chercher un refuge après avoir chassé le daim du roi ; mais un vagabond lui-mêihe , dans une nuit pareille , aurait quelques droits à la compassion.
Je suis un pèlerin fatigué, affaibli par de longs voyages , j^erre au loin pour faire pénitence de mes péchés. Oh 1 ouvrez pour l'amour de Notre-Dame, obtenez la bénédiction du pèlerin.
J'apporte des indulgences de Rome et de saintes reliques. Ah ! si ce n'est pas assez pour vous décider à m'ouvrir, ouvrez-moi du moins par charité.
Le lièvre est tapi dans son gîte, le cerf est à côté de la biche, et moi, pauvre vieillard, exposé à Forage, je ne puis trouver aucun asile.
Vous entendez le mugissement sourd de TEttrick ; son cours est grossi par les pluies ; je serai forcé de traverser à gué les sombres flots de l'Ettrick si vous n'avez pitié de moi.
Elle reste fermée la porte de fer à laquelle je frappe. Le cœur du châtelain est encore plus inaccessible, puisqu'il peut entendre, sans en être ému , mes douloureuses plaintes.
Adieu, adieu! Puisse la vierge Marie, quand vous serez chargé d'ans et infirme, vous faire la grâce de ne jamais avoir besoin de Fasile que vous me refusez. —