LE CHANT DU BARDE
Qaoii Toas êtes toas muets! aacun murmare étrange ne m'est apporté par la brise noctarne, aacnne harpe ne fait entendre sa sauvage harmonie à trayers les pins gémissans. Etes-yous donc muets? n n'en était pas ainsi quand le meurtre aux traces sanglantes et la rapine au bras de fer planaient sur vos montagnes ! Oh I véyeillez-yous encore une fois I répétez les chants par lesquels furent célébrés les exploits des Chefs d'Albion , depuis Goilgach ^ qui le premier fit rouler son char à travers les rangs profonds des Romains , jusqu'à celui qui mourut vainqueur à Aboukir.
Par leurs glaives, par leurs blessures et par leurs noms, charme tout puissant, par toutes leurs guerres et leurs trophées, bardes, levez*yous, pour répéter le chant de gloire; plus farouches que les soldats d^Hengist, plus impies que les Danois païens, plus ambitieuses que Rome, les légions terribles de la Gaule nous menacent ! —
Le vent s'est tu, le lac est tranquille, d'étranges murmures frappent mon oreille; mes cheveux se hérissent, mes membres frissonnent à la voix effrayante de ceux qui ne sont plus.
« Quand les boucliers se heurtaient , quand les clairons son- « naient, quand les glaives étaient suapendus sur les casques^des « héros, nous étions aux inremiers rangs, et nous chantions l'^rmBa « de la liberté. »
a. Le Galgocos de Tacite.