DE LA LÉGENDE ÉCOSSAISE
trag6)ib de miss j. saillie»
n est doux d'entendre le demies soupir de la brise d'été expirer dans les forêts déjà re^étaes de la pourpre d'automne; il est doux d'entendre les sons mélancoliques d'une musique lointaine ; mais il est un charme plus doux encore à écouter sur la terre étrangère les légendes de la patrie qui nous retracent tous les souvenirs chéris de notre jeunesse ; tes traditions surtout , romantique Calédonie , éveillent de vives émotions dans le cœur de tes enfans, soit qu'ils travaillent sur les côtes brûlantes de l'Inde, soit qu'ils pro* mènent le soc de la charrue sur le sol glacé de l'Acadie ^ ; leurs cœurs palpitent , leurs yeux se mouillent de larmes à chaque récit qui leur rappelle la terre natale I Illusions consolantes ! Ils revoient le vallon témoin de leurs premiers jeux , la forêt, le torrent, la tour qui menace la plaine , la pierre moussue qui couvre les cendres du héros, la chaumière sous le simple toit de laquelle les vieillards répétaient leur histoire au groupe des enfans qui interrompaient leurs jeux, et des jeunes filles qui s'arrêtaient en souriant. — L'exilé se croit de nouveau citoyen de l'Ecosse.
Le vulgaire seul éprouve-t-il ces sentimens ? sont-ils inconnus à l'ame divine du poète? Non ; celle qui dans ses vers peignit si bien les passions , a aussi ressenti l'influence magique des souvenirs , et