‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 24 sur 134 · LA SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

LA SAINT-JEAN

Le baron de Smaylho'me se leva avec le jour, et guida son coursier, sans s'arrêter, ians le sentier rocailleux qui conduit à Brotherstone.

Il n'allait point avec le brave Buccleuch déployer sa large bannière, il n'allait point se réunir aux lances écossaises pour braver les flèches des Anglais.

Cependant il était revêtu de sa cotte de mailles ; son casque ornait son front , et il portait une cuirasse d'un acier éprouvé. Au pommeau de sa selle était suspendue une hache d'armes qui pesait plus de vingt livres.

Le baron deSmaylho'me revint au bout de trois jours ; son front était triste et sombre ; son coursier semblait accablé de fatigue et ne marchait que lentement.

Il ne venait point d'Ancram-Moor où le àang anglais avait cotdé par tôrrens ; Ancram-Moor, témoin des exploits du fidèle Douglas et du brave Buccleuch contre le lord Evers.

Cependant son casque était bossue et brisé, sa cotte d'armes percée et déchirée. Le sang souillait sa hache ét^on épée ; mais ce n'était point le sang anglais.

Il descendit près de la chapelle ; et, se glissant contre la muraille, il siffla trois fois pour appeler don jeune page, qui portait le nom de William.

— Viens ici ; mon petit page^ dH-il; viens te placer sur mes ge-

hK TEItLE DE LA SAOTT^lEAN. 116

JUMU; ta es «noore dans on âge bieii tendm; «1010 j'^flfme que m ne chercheras pas à tromper ton seigneur.

fitô-moi tant œ qne tu as yu pendant mon absenoSy et surtout soD^àme dire laTérité 1.... Qn^a fait ta maîtresse dq>eis qne j'ai quitté le château de Smaylho'me ?

William r^Mmd : — GhAfoeiinity la ckalriaiiie se rendait à la clarté solitaire qai brille sur la cime du WatchfoldS car d'une kateor à l'autre las signaux n^Ms apprêtaient FînTasion des Anglais.

Lebotor gémissait ^ le ^ent sifflait dans le ereux des rochers ; cependant elle n'a pas manqué une seule nuit de suivre le sentier p Biène à la cime aérienne de la montagne.

«Tépiai ses pas, et je m'approchai en silence de la pierre où elle était assise. Aucune sentinelle n'était auprès du feu des signaux*

Mais la seconde fois mes yeux la suiTireal; encore, et j'aperçus*. •, je le jure par la Vierge sainte..., j'aperçus un chevalier armé i €Ôté de la flamme solitaire.

Ce guerrier s'entretint avec ma maîtresse ; mais la pluie tomhût et l'orage grondait , je ne pus entendre leurs paroles.

Le troisième soir, le ciel était calme et pur, le vent s'était tu... j'épiai encore le chevalier, et votre dame vint le trouver mysté* neosement an rendez-vous.

Je Veutend&s nommer l'heure de minuit et la veille de cette sainte fête. — Viens, disait-elle, demain, à l'appartement de la dame de tes pensées ; ne redoute pas le baron mon époux.

II combat sous la bannière du brave Buccleuch, et je suis^scsulej ma porte s'ouvrira pour mon chevalier fidèle la veille de la Saint-

<- Je ne le puis , répond le guerrier, je n'ose me rendre auprès ^ toi ; il faut que j'erre seul la veille de la Saint-Jean.

-^ Honte à ta lâcheté, dit*elle, chevalier timide; tune doi^pas ^ dire non , car la nuit de la Saint-Jean vaut le jour le plus beau de l'été quand elle prête son ombre à deux aman&.

J'enchaînerai le dogue vigilant. La sentinelle ne t'adressmra Wuie question^ j'étendrai éss nattes de jonc sur l'escalier ; au itom de la croix noire de Melrose^ H du biênheareuxMÎnt Jean , je te conjure, mon amour, de te rendre à mes vœux I

i* Aa nombre des rochers qui entoareat le diMeau de Sroajlbo'œe , îl en est on qui les domÎQe ^^^* et qa'oR.MMMU« !• 'Watchfbld , a« s'«Uum4kieat les feu^ des ajifiiiivc da temps des guerres «welesABgUU. , ,

2- La croix noire de BIdrose était on crucifix de marbre tria renommé en Ecosse.

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