‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 25 sur 134 · LA VEILLE DE LA SAINT*JEAN · texte numérisé non relu

LA VEILLE DE LA SAINT*JEAN

— yainement les limiers garderaient le silence et la sentinelle ne sonnerait pas da cor. Un prêtre dort dans le pavillon de l'orient ; il entendrait le bruit de mes pas malgré les nattesde jonc.

— Ah I ne crains point .qae ce prêtre paisse te déconvrir ; il est an monastère deDryburghS où il doit célébrer, pendant trois jours y le sacrifice de la messe pour l'ame d'un cheyalier trépassé.

A ces mots le guerrier tourna plusieurs fois la tête en fronçant le sourcil y et ensuite il sourit avec dédain en disant: — Celui qui célèbre la messe pour l'ame de ce chevalier pourrait aussi bien la dire pour la mienne.

A l'heure solitaire de minuit , alors que les esprits malfaisans voltigent dans les airs, j'irai auprès de toi.-— Il a dit et a disparu. Ha maîtresse est demeurée seul^ et je n'ai rien vu de plus.

Le firont sombre du baron s'enflamme et rougit de colère. — Fais-moi connaître, demanda-t-il , le téméraire, car, par sainte Marie, il périra I

. — Ses armes brillaient à la clarté de la flamme, répond William ; son panache était écarlate et bleu ; j'ai remarqué sur son écn un lévrier en lesse d'argent, et son cimier était un ra- A meau d'if.

— Tu en as menti , petit pa^, tu en as menti : le chevalier que tu me désignes a cessé de vivre ; il est enseveli dans s<m tombeau sous l'arbre d'Eildon ^ .

— J'en atteste le ciel, ô mon noble seigneur 1 j'ai entendu prononcer son nom : votre dame Ta appelé sir Richard de Coldînghame.

Xa pâleur couvrit alorsle front du baron. —La tombe est obscure ^et profonde, dit-il ; le cadavre immobile et glacé. • . Je ne puis croire ton récit.

Au lieu où la Twe^ roide ses flots autour du saint couvent de Melrose, et où l'Eildon descend en pente douce jusqu'à la plaine, ity a trois nuits qu'un ennemi secret a tranché les jours du chevalier de Goldinghame.

Les reflets de la lumière ont abusé tes yeux; les vents ont trompé ton oreille; j'entends encore sonner les cloches de Dry-

I. L'abbaye de Dryburgb est située sur les bords de U Tweed ; elle eàt aigonrdniai habitée par le comte ^e Bacban. Bile appartenait à Tordre des Prémontrés.

a. Eildon (non loin d'Abbotsford) est une montagne terminée par trois tooinett coniques aa< dessus du boarç de Melrose. C'est sons l'arbre d'Eildon que Thomas le Rimeor chantait, dit*on , ses prophéties.

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