‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 8 sur 134 · I. ATcntayle · texte numérisé non relu

I. ATcntayle

1. On croira sans peine que les maraudeurs n'étaient pas rigonreox obserratears des pratM|aet Kligieasei. On roit cependant dans Lesly qne, quoiqu'ils n'eussent véritablement pas de religion, ils disaient régulièrement leur chapelet , et y mettaient un nouveau zèle quand ils partaient pour quelque expédition qui avait pour but le vol et le pillage.

3. Les cloîtres servaient souvent dé lieu de sépulture dans les monastères. Dans celui de Drybui^h on voit encore une pierre sur laquelle est gravée : Hle jactt f rater ArehiMdu*.

34 LE LAI DU DfittNtER MÉ^STREL.

La imëeie 11 ii«ft bHUe «tst des iettl% et des arbnstès sains Dmibra) OM ftMVS 61 ees arbàstes sont habilement retracés parla sedptnre do «lettre. Le moine fixa long-temps ses regards snr la lune; ses yeux semblèrent ensnite Tonloir percer robtcnrité des Toutes. Des rayons de lomière, d'un ronge étincelant, traversaient l'iMMriiM dn nord. CPest ainsi qu'il avait vn dans la belle Oaidlle dd Jfiiines eataUers s'élancer en briUans escadrons {m) , towMrkmrs eonrrieM agiles et laneer le dard inattendu ^ Il savait qttt ces vay^Mde lumière étaient les feux du nord servant de couraleit a«t esptits.

tx.

Le moine et le guerrier pénètrent dans la nef par une porte garnie d'airabi. Le leit sombre s'élevait sur de hautes colonnes déUeates et légères ; la maltresse-pierre qui fermait chaque arcade était senlptée en fleurs de Hs ou en trèfle ; tous le^ frontons représentaient des fignres grotesques et bizarres , et les piliers élégans , depnis la hase jusqu'au chapiteau, auraient pu être pris pour des fiibceattx de lances réunies avec des guirlandes.

AutOttr de Pautel^ des écussons , des bannières déchirées , s'agitaient avec bruit an souffle glacial du vent de la nuit. C'était là que la lueur mourante d'une lampe éclairait l'urne sépulcrale du vaillant Chef qui périt à Otterbume (n), et celle du chevalier de liddesdale ! O périssables honneurs de la mort ! fière ambition , quelle ehute pour ton orgueil ^ !

Du côté de l'est ^, la lune versait sa clarté à travers un treillage 6il ]^nre| travaillé avec tant de délicatesse qu'on eût dit que la maïn è^nne Ke tressant des brins d*osier entre des peupliers , en u^êàk. fertné des nœuds fantastiques , pour pétrifier ensuite, par un ekArme mi^que, les veAes guirlandes du saule. Cette lumière, pftli et tremblante, découvrait les prophètes et les saints dont

X« 1<6 J0VI IaMlfM0CI0 OV 1/ji0nn«

a. La fameuse bataille d'Otterburae fut livrée le i5 août t388, entre Henry Percy, sarnommé Hotspur , et James , comte de Douglas. Chacun de ces deux célèbres champions était à la tête d'an corps de troupes choisies. Percy fut fait prisonnier, et les Ecossais remportèrent la Tictoire; ils la ' MitiuaM diar par la aaort de ïént iraillant général, qifi périt snr le champ dé bataille. Il fut « è IlelrNé. sous le mattM-avittL

S. Rien ne pent donner une plus m8gnlfi(|ue idée de la légèreté et de l'élégance de l'architecturo gothique, dans toute sa pureté, que la fenêtre placée à l'est de l'abbaye de Melrose. Sir James Hait dé Douglas a, pour ainsi dire, forcé la pierre 4 imiter le léger et souple travail de l'osier , qui , d'après qaelqoM anciendes légeades , «errait à la constmction des promières églises cbi-étiennes.

Fimagtt âait peinte svf le verre. An milieu d'eux y Michel triomphant brandisBait ^étendard rouge de la croix , et Ibnlait aux pieds Fange rebelle; un rayon de lumière traversant ces vitraux sâctiB teignait de la couleur du sang le marbre du pavé.

W Ils s^assîreiit siff une j^re * sous laquelle reposait un roi d%os8e ; àiùts lé moine dit d'un ton solennel : — Je n'ai pas ton* jours vécu dans la solitude du clohre'; j'ai vu le pays des païSens» j'ai combattu pour la croix sainte. Cependant aujourd'hui la vue de tes armes est étrange à mes yeux , et le son de ton armure est nouveau pour mon oreifle.

xm.

Dans ces pays lointains y le hasard me fit connaître le célèbre Michel Scott (o), fie magicien dont le pouvoir était si redoutable , qu'en élevant sa baguette dans la caverne de Salamanque , il faisait, quand il le voulait , sonner les cloches de Notre-Dame (/»). nm'ap* prit qudques^uns des secrets de sa science ; je pourrais te dire , guerrier, les paroles qui partagèrent le sommet de TEildon (j) et qui placèrent un pont sur la IVeed : mais on ne pourrait les profioneer sans péché , et rien que pour y avoir secrètement pensé , je vais être obligé de faire triple pénitence *•

xrv.

Quand Michel fat sur son lit de mort, des remords éveillèrent sa conscience ; il soi^ea à ses fautes , et désira me voir près de lui sans délai. J^étais le matin en Espagne , et avant la nuit je fas an dtevet de son fit. Ce qu'il me dit en mourant ne peut être répété... Cette nef massive s'écroulerait , et couvrirait sa tombe de sesd&rls.

Je fis serment d*enterrer son livre tout-puissant, afin que nul mortd ne pût le lire , et de ne jamais révéler où je Faurais caché , à moins que ce ne fftt pour servir son Chef , le baron de Branksome. Quand je lui eus cireuse un caveau dans ce séjour des

t» Cbi ottmlgÉ dta* Yégtàe et IMro» um grtA» tAlatt» de nrtftM iftém ptétnl mnmk U tonbe d'Alexandre II , un des plo« grands et des plms anciens rois d'Bcosse. D'antres sonttsnaeat qoe «*est le tombeaa de WaldèTv, ancien abbé de cette abbaye, qui moant en odttt de sainteté*

1. Michel Seott se vit nne fors dan« nii grand embarras à cause d'un esprit anquelfl étslt oMîgé dt donner sans cesse de roceupation« Il lui commanda de coostmire un peut sur U Twea* è Kan» : ce fut i'ouTnge d'une nuit, et il fit encore honneur à l'architecte infemsl. Michel loi ordonna entittte de diTis«r en trois U aoutagiN d'IiUoD, qui ne formait alors qu'un *»Î.^V**»* fallut qu'une autre nuit pour en faire les trois pics pittoresques qui existent aniourd hui. Bnto l'MicllMto«»trioa9bftâ« ce d^Moa infoliga^ , «d lid ordonnant 4ê faiï» da» c6bl« «fUitanNe delaineE.

morts , j'y déposai ses restes ; la cloche sonnait une heure ; la lune brillait de tout son éclat. Je saisis cet instant afin que la croix de son patron, réfléchissant sa couleur rouge sur sa tombe, en pût écarter les malins esprits.

Ce fut une nuit solennelle et terrible que celle où le tombeau s'ouvrit pour Michel. Des sons étranges se firent entendre dans cette nef, et toutes ces bannières furent agitées sans qu'on sentît un souffle d'air. — Le moine parlait encore, quand la cloche sonna une heure. Je vous ai dit que jamais chevalier plus brave que William Deloraine ne lança son coursier contre un ennemi, et cependant une terreur soudaine vint glacer son sang dans ses veines, et ses cheveux se dressèrent âur sa tête.

XVM.

Guerrier, regarde cette croix rouge, elle t'indique la tombe du grand magicien. Dans ce caveau brûle une lampe miraculeuse, pour en bannir les esprits qui aiment les ténèbres. Elle brûlera sans jamais s'éteindre, jusqu'au dernier jugement (r). -^ Le moine s'avança lentement vers la pierre sur laqueUe se réfléchissait la croix couleur de sang ; étendant sa main flétrie et décharnée, il montra au chevalier un pieu de fer caché dans un coin, et lui fit signe de s'en servir pour ouvrir le caveau.

xviu.

Deloraine se met à l'ouvrage; son cœur bat avec force. II incline ses membres nerveux sur le tombeau, et ses puissans efforts font couler la sueur sur son front conune des gouttes de pluie. Enfin il réussit à soulever l'énorme pierre. Une lumière éclatante jaillit tout à coup du caveau , s'élança jusqu'aux voûtes de la nef , et se répandit de tous côtés. Jamais flamme terrestre ne fut si éblouissante. Elle brillait comme la clarté pure des cieux ; elle éclaira le visage pâle du moine et sou capuchon, la cotte de mailles et le panache flottant du guerrier.

Le magicien se présenta à leurs yeux comme s'il n'avait jamais cessé de vivre. Les flots d'argent de sa barbe blanche attestaient qu'il avait vu plus de soixante-dix hivers. Il était couvert d'une aumusse et d'un baudrier de Tolède, comme un pèlerin arrivant d'outre-mer. De la main gauche il tenait son livre de magie, de la droite une croix d'argent , et la lampe brûlait à ses pieds : il avait encore cet air fier et majestueux qui avait fait trembler les esprits

les plus redoutables , et son yisage était si serein qu'ils espérèrent que son ame ayait trouyé grâce. .

Souvent William Deloraine avait parcouru le théâtre sanglant des combats, souvent il avait foulé aux pieds les cadavres des guerriers, toujours sans crainte et sans remords; mais les remords et la crainte s'emparèrent de lui quand il vit cette étrange apparition. Respirant à peine, les yeux obscurcis et troublés , il resta immobile et sans force. Le moine se mit à prier avec ferveur et à haute vodl , en détournant la tête : il ne put soutenir la vue de celui qu'il avait chéri avec une affection fraternelle.

Lorsqu'il eut achevé les prières des morts : — Ifite-toi, dit le moine à Deloraine, hâte*toi de terminer ce que tu as à faire, ou nous pourrions payer bien cher notre audace, car tu ne peux voir ceux qui s'assemblent autour de cette tombe entr'ouverte. — Alors le chevalier, frappé de terreur, prit de la main froide du magicien le livre tout-puissant, relié en fer et fermé par des agrafes de même métal. Il crut voir le mort froncer le sourcil ; mais l'éclat de la lumière qui sortait du sépulcre avait peut-être ébloui les yeux du guerrier^.

xxn.

Lorsque l'énorme pierre recouvrit la tombe, les ténèbres redoublèrent ; car la lune avait disparu , et les étoiles scintillaient en petit nombre. Le prêtre et le chevalier se retirèrent d'un jpas chancelant et l'esprit égaré, ayant à peine la force de regagner la porte. On dit qu'en traversant les ailes de l'église, ils aitendirent dans l'air des bruits étranges, et que des galeries qui régnaient le long des murs il partit de profonds gémissemens, de bruyans éclats de rire, ou des sons qui ne ressemblaient pas à la voix humaine, comme si les démons eussent célébré une fête parce que le livre magique revoyait le jour. Je ne puis dire si ces détails sont vrais : je conte l'histoire comme je l'ai apprise.

xxm.

— Maintenant, retire-toi, dit le moine; et, lorsque nous serons sur notre lit de mort, oh ! puisse Notre-Dame et le secou-

z. William I>«loraiiM anraitpu se raffermir dans cette idée par l'histoire qu'on rapporte dn Cid Bvy ))iax. Tandis que le corps de ce fatneox champion chrétien était sur son lit de parade près da m«ltr«-aotel de rég;liae cathédrale de Tolède , où il resta dix ans , un certain Juif essaya de le tirer par la barbe ; mais il n'eut pas plus tôt touché les formidables moustaches, que le corps se leva, et tira son sabre à demi hors dn fourreau. L'isra^ite prit U fuit^» et l'effet de sa tarrevr fut ai durable qa'U M coQTOtit «« diriatianisme.

SB LE LAI DU DEHNIEfl MÉNESTREL.

fable saint Jean obtenir poor nos axnes lepardon de ce qne nons venons de faire ? — Le père retourna dans sa cellule poiir s'y livrer à la prière et à la pénitence; mais, quand la cloche du couvent sonna mii, le moine de Sainte-Marie n'existait plus. Son corps était étendu devant la croix , les luaHis joiiltes , conm^ s'il priait encore.

La fraîcheur de Vdk du matin rendit plus libre I|t respî?ationi du chevalier, et il s'efforça de retrouver son courage* Il «e sentit soulagé quand il fut au-delà des monumens funèbres qui entoureiM^ les murs de Tabbaye \ oar le livre mystérieu)^ accablait son §iw conmie d'un poids énorme, et se§ membres si robustes tremblaient comme les fei^Ues du saule agitées par le vent* U vit avec pUusir les premiers fipux de l'aurore éclairer la cinie du mont Gheviot ; le retour de la lumière réjouit son cœuri et il récita iin 4v^ M^ri^ auf SI bien qu'il le put.

Le soleil dorait déjà le Cheviot et la côte du Carter \ bientôt ses célestes rayons découvrirent les flots du Teviot et les tour^ de 3rankaome. Le^ oiseaux saluaient le jour naissant par leurs concerts; les fleurs sortaient de leur sommeil pour s'épanouir; 1^ pâle violette soulevait sa tête à travers le gazon , et la rose des moa^agnes ^ntr'ouvrait son sein* Plus belle que la plus belle des roses , mais plus pâle que la violette, la plus aimable des âUes de la, vallée de Teviot quitta sa couche que lîiyait le soitimeil«

Pourquoi la belle Marguerite se lève-t-eUe de ri grand ipatin ? Pourquoi se presse-t-elle ainsi de se parer? P^ur^uel ses jolis doigts tremblentoils en serrant les nœuds de soie qu'i^ %iae à la hâte ? Pourquoi s^arrête<-t-elle pour regarder derrière elle d'un air craintif en se glissant dans Tescali^ dérobé ? Piourquoi earesse^t-eUe le limier qui se réveille en l'entendant paèser ? Et quoiqu'elle sorte seule par la pot^ne, pourquoi lasentioeUe ne aOiuift-elle pas du cor ?

ttvn. ^

Marguerite s'avance d'un pas timide et tremblant,» parée qu'eUe craint que sa mère vigilante ne l'entende; elle caresse le limier, de peur que ses aboiemens n'éveillent tout le ch^teà^ ; 1^ ^i]Ltin0lle ne sonne pas du cor, parce que c'est le fils de son père notairrieier <qui veille sur le rempart; et elle se glisse danis le tatUis^ au

ÇHXm SECOND. 19

retour de ranrorei pour y joindro ioa «hevaUtr fidèle» h bei«n Henry*

xxtnit Le chevalier et celle qg*U «hue iMi aaiie «NU lei raMiin d'anbépinei qui n^ont jamais prêté leor eiiibre à w «Mple plis beaa. Henry était jeniiei de hante faille» d'nn perl WQeltveu, redouté enr le champ de bataille» el ebéri dans tef châteiiat et elle.... qnand on amonr à dimi caché et à demi aTeaé» aidmeilies Jones d'an vermillon pins vif; qnwd nn soupir prêt à s'échapper de son sein le fidsait battre doucement contre le nbftn dtt e«ié qui le tenait captif; quand aes yeux bleus ^embragés parlN besdes de sa chevelure d'or» trahissaient son secret» au attrM»vent pu trouver la beauté sans égale digne d'être ettn^^^^ à MatgÉerite deftranksome?

Et maintenant y belles dames y il me semble que vous tomez mes chants avec une nouveUe attention. Vous rejetez en arrière votre chevelure flottante» et vous penches vite fatals ée Miige; Vous croyez que je vais vous &ire entendrf llUstoîre Mteadrissante de deux amans bien (^ris» s'entretenaat dans ane yaUfe$ vous désirez savoir conunent le chevalier» brûlanl da plnstMlte feu , cherche à peindre son amour fidèle» et jure qa'U mmtrmt aux pieds de Marguerite, plutftt qne de cesser de Taîilier*».» pel»dant que Marguerite rougit » soupire» hésite entre nn reftis elnn doux aveu , et dit qu'elle ne connaîtra jamais les lians de l'hymen» mais qne, si la haine sanguinaire des partis pouvait l'éteindf^» Henry de Cransteun fixerait le choix de Marguerite de Brai>fcsnmgp>

Hélas 1 belles dames , votre espérance sera trompée : ma harpe a perdu ses accords enchanteurs; ce sujet aimable et légmr con- Tiendrait mal à ma virillesse; ma tête a blanchi» ma Ikinikiest san^ force» mon cœur s'est éteint^ et tout mon sang f^ glMé ; poorrais-je encore chanter l'amour?

Sons un chêne que le temps avait couvert dB mm^^t te MÎn dn baron ( s ) gardait le coursier de son maître» sa lauifa e| ^en heaume surmonté d'un panache. Ce nain était à peine une créature humaine» s'il faut ajouter foi aux différens bruits qni couraient sur toute la frontière. On disait qne le baron» ^tant an jour à h chasse dans là vallée peu fréquentée da Reejâdlde » totaudit

une Toix s'écrier : — Perda ! perdu ! perdu 'I — Au même instanty ce nain difforme, et semblable à un singe, s'élançant du milien des genêts ayec la rapidité d'une balle lancée par une raquette, fit un saut de trente- trois pieds, et tomba aux genoux de lord Cranstoun. Le baron > plus que surpris, courut cinq milles tout tf une traite pour se débarrasser d'un tel compagnon. Mais le nain fidsait quatre milles pendant que lord Cranstoun en faisait un, et il arriva le premier à la porte du château.

xxxn.

Lliabitnde, dit-on , diminue le merveilleux. Ce nain demeura avec le baron : il mangeait peu, parlait moins ^ et il évitait les autres serviteurs. Souvent il élevait les bras en disant : — Perdu I perdu 1 perdu 1 II était paresseux, fantasque, acariâtre^; mais il servait fidèlement lord Cranstoun , et ses services étaient agréables à son maître, qui, un jour, sans lui, auirait été tué ou fait prisonnier.

Le baron faisait un pèlerinage accompagné de ce page nain. Il avait &it vœu de présenter une offrande à la chapelle de Sainte- Marie, près du lac de Notre-Dame, et il voulait l'accomplir. Mais la dame de Branksome rassembla ses meilleurs cavaliers ( e), et leur donna pour rendez-vous 'Newark-Lee. On y vit accourir John de Thirlestaine, Wat de Harden, William de Deloraine, suivis de trois cents lances. La plaine de Douglas, la rivière d'Yarrow, virent caracoler leurs chevaux et briller leurs armures. Ib arrivèrent avant le jour au lac de Notre-Dame : mais le baron était parti , la chapelle était déserte ; ils la brûlèrent de rage, et maudirent le page de lord Cranstoun.

Et maintenant , sous un vieux ehêne, dani^ le taillis de Branksome, le coursier du baron dresse l'oreille, comme s'il entendait quelque bruit lointain. Le nain agite ses longs bras, et il fait signe aux amans de se séparer et de fuir. Ce n'était plus le moment de prononcer des vœux de constance ni de soupirer. La belle Marguerite se retire à travers les coudriers, comme le ramier timide; Henry saute légèrement sur son coursier, pendant que le nain lui

Page 1