‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 9 sur 134 · X. Lostl lost! lottf · texte numérisé non relu

X. Lostl lost! lottf

%» L'idée d'vn latin s'ençagciant an senrioe da premier homme qu'il rencontre , et se soamettant Ini-méme à l'antoritéd'un antre, est parfaiteoient conformes aux anciennes croyances. Le principal Incident de la pièce de Ben-JonsoUi/e Diablt tst un dw, est fondé sur cette opinion populaire*

tient rétrieTy et il s'ayance da côté de Test à trayers les tonffes

d'aubépine.

Tandis qa'il chantait ainsi son récit trop long pent-étre, la yoix faillit an ménestrel. Un page s'en aperçut, et mit dans la main flétrie du yieillard une coape pleine de l'excellent yin des coteanx brûlés de Yelez. Le ménestrel prit le yase d'argent, le souleya, et versa une lanne de reconnaissance, en priant Diea de bénir longtemps la dachesse et tous ceux cpi daignaient encourager un fils de l'harmonie. Les jeunes filles sourirent en yoyant ayec quelle Tolopté le yieillard yida lentement la coupe jusqu'à la dernière goutte. Enhardi par ce jus précieux , il les regarde lui-même en souriant. Le nectar échaufib son cœur, et fiiit circuler plus rapidement son sang dans ses yeines. Le ménestrel prélude d'un ton pins yif et plus l^^er, et continue son histoire.

Ax*js dit que mes membres élaient affaiblis pair TâgeP Ai*je dit qae mon sang était glacé dans mes Teines ; qae le fea qui m'animait était éteÎAt; qoe mon paavre cœar a^ait cessé de battre? A>jedît que je ne pouvais plus ahânter TamoBr? Ahl ebaulieiit ai*je pu être ingrat envers le dieu (jui inspira toujours le ménestrel et cbarma ses rêveries poétiques? Gomment ai-je pu prononcer le nom de l'amour sans renaître à l'enthousiasme?

Pendant. la paix, l'amour rend harmonieux le chalumeau du berger; pendant la guerre, il monte sur le coursier du vainqueur; dans les salons, il attire les yeux par sa parure ; dans les hameaux, il danse sur le gazon : l'amour règne à la cour, dans les camps et dans les bois ; il gouverne les mortels sur la terre et les saints dans le ciel ; car l'amour, c'est le ciel, et le ciel, c'est Tamour.

Telle était, je crois, la pensée de lord Granstoun, tandis que, réfléchissant au tendre entretien qu'il venait d'avoir avec la belle de ses pensées, il traversait le vert taillis de Brknksome. Tout à coup son page pousse un cri perçanjt, et à peine le baron avait-il eu le temps d'assurer son casque sur sa tête, qu'il vit un chevalier de haute taille qui descendait la montagne. Son coursier gris-pommelé était couvert de sueur; son armure était souillée d'anciennes taches de sang ; il semblait lui-même aussi fatigué que s'il eût marché toute la nuit ; en effet c'était William Deloraine.

Mais ce chevalier oublia sa fatigue dès que les rayons du soleil firent briller à ses yeux la cigogne qui surmontait le casque du

baron ^ ; il mit la lance en arréu Quelques courtes menaces exprip mèrent la haine des deux champions ; d'orgaeiUeoses proTOcations donnèrent bientôt le signal d'un cruel combat. Les coursiers marnes semblaient savoir que leurs maîtres étaient ennemis mortels , et le fen sortait de leurs naseaux, quand les deux cbeyaliers louiaèrent bride pour prendre du champ.

Le baron poussa un soupir et récita une prière : la prière était pour son saint patron, le soupir pour sa dame. Son eon^ni ne pria ni ne soupira y iln'appelaà son aide ni saint ni dame; maiS|Conribant la tête et tenant sa lance en arrêt, il pressa les flancs de son coursier; la rencontre de ces deux fiers champions fdt comme le choc de denx nuages qui recèlent la fondre*

Deloraine porta un coup terrible qui fit pUer le baron sur la croape de son cheval, et qui ébranla toutes les plumes de son pai^che. La lance du efaevalieri cette lance si sûre et si fidèle, qnoiqne du frêne le plus dur, se brisa en mille pièces ; mais celle de Granstoun, plus heureuse, perça le bouclier de son adversaire, comme si c^eôt été un tissu de soie, traversa sfi cotte de maillea et tous ses vêtemens, et ne se rompit enfin qu'en faisant une profonde blessure. Toutefois le guerrier se maintenait sur ses arçons i mais fion coursier, renversé par la violence du choc, l'entnôna dans sa obate, et le cheval et le cavalier restèrent étendus sur la poussière. Le baron continuait sa route ; dans le trouble.de ses idéeSf à peiqe savait-il ^'il laissait son ennemi grièirement blessé%

vn.

Mais bientôt il se retourne , et voit son adversaire insensibie comme la terre sanglante sur laquelle il est étendu i sir Henry ordonne à son page d'étancher sa blessure, de la bander soigneusement, et de reconduire Deloraine jusqu'à la porte du cbatean de Brankson^e. Son noble cœur s'ément de oompasaion pour le parent de celle qu'il aime : — Accomplis mes ordres sans délai i dit*il( je , ne pois moiom^mç m'arréter, pbligé de me dérober an trépas p^r one prompte foite*

VfU.

Lord Granstoun partit à tonte bride i et son t^sj^ obéit* H Ae

<• L*iM àm CraiitMviM», par 4nè atitisiMi à tèor nom ^,* est surmonté dHtm ctpngftie t«ti«|it ^he Rierre dans sa patie. Lear devise, bien coaforrae à re«|>rit dts hahitan* das froBtièraad'^ooMe, m\ '• "iwtmqmras af ont ^ae Je manqué,

.*GwjM lignifié di^t**^.

troavait pas on grand plaisir à faire le bien ; mais jamais il ne résistait aox ordres de son maître. En dépouillant le blessé de son armure, il découvrit le livre merveilleux. Surpris qu'un si fier chevalier marchât chargé de l'équipage d'un chapelain, il oublia la blessure du vaincu pour porter sur ce livre une main indiscrète.

Les agrafes de fer résistèrent long-temps à tous ses efforts ; car, dès qu'il avait réussi à en ouvrir une, elle se fermait pendant qu'il cherchait à ouvrir Tautre. Elles ne cédèrent à ses mains profanes que lorsqu'il eut frotté la couverture avec le sang figé du blessé. Alors le livre s'ouvrit, et le nain eut le temps d'y lûre un secret magique : par sa vertu on pouvait prendre une belle dame pour un vaillant chevalier ; les toiles d'araignée tapissant les murailles d'un cachot pour de riches tentures ornant les murs d'un palais; une coquille de noix pour une nacelle dorée; une chaumière pour on château; la jeune fille pour une vieille surannée; le vieillard pour un jeune homme ; enfin donner à l'illusion l'apparence de la vérité (d).

Il allait continuer de lire, quand il reçut un coup si violent, qu'il en fat renversé à côté de Deloraine. Il se releva d'un air confus, balançant sa grosse tête qui n'avait aucune proportion avec son corps : — Vieillard des siècles , s'écria-t-il , tu frappes bien fort I n ne prononça que ces mots, et, n'osant plus tenter d'ouvrir le livre, qui s'était fermé de lui-même, il le cacha sous ses vêtemens. Les agrafes, quoique couvertes de sang chrétien, se réunirent plus étroitement que jamais. Si vous me demandez qui l'avait ainsi frappé, c'est ce qu'il me serait impossible de vous dire ; mais ce coup n'avait pas été porté par une main mortelle ( v)»

Le page exécuta enfin, quoique à contre-cœur, les ordres de son maître; et, ayant soulevé Deloraine privé de connaissance, il le mit sur un cheval , et le conduisit au château de Branksome, où il le fit entrer à la barbe de toutes les sentinelles, qui jurèrent qu'elles n'avaient vu arriver qu'une charrette chlsurgée de foin. Il le mena dans la tour du roi David, jusqu'à la porte de l'appartement secret de la dame du château ; et , sans le talisman qui empêchait qu'elle ne pût s'ouvrir, il l'aurait déposé sur son lit. Toutes les fois qu'il employait la magie, c'était toujours avec malice. Il jeta le guerrier par terre, et I9 sanç coula de nouveau de sa blessure.

CHANT TROÎSIERIE; 45

xn.

Comme il repassait dans la cour, il y yit le fils de la chfttelaine, qni était à joner, et il résolut de remmener a^ec loi dans le bois ; car il faut dire , ane fois pour toutes , qu'il se plaisait toujours à &ire le mal , et qu'il' ne faisait jamais le bien qu'à regret. L'enfant le prit pour un de ses camarades', et les sentinelles qui gardaient la porte n'y virent passer qu'un chien d'arrêt et un chien couchant.

xiu.

L'enfant et le nain traversèrent collines et vallons, et arrivèrent sur le bord d'une petite rivière qui coulait dans la forêt. Ses eaux conrantes rompirent le charme ^^ et le nain parut sous ses traits difformes. S'il avait osé se livrer à son penchant malfaisant, il aurait brisé les jambes du noble enfant, ou l'aurait étranglé de ses doigts longs et maigres; mais il craignait le pouvoir redoutable de sa mère, et le sien était limité. Il se borna donc à lancer sur lui mi regard terrible; et, traversant la rivière d'un seul saut, il disparut dans Tépaisseur du bois en poussant un gruid édat de rire, et en s^écriant : — Perdu 1 perdu I perdu 1

Epouvanté, comme il devait Tétre à son âge, de cette métamorphose, de la figure affreuse qni s'était offerte à ses yeux, et du cri sanrage qu'il venait d'entendre, le bel enfant semblait avoir pris racine dans les bois conune un jeune lis. Enfin il chercha à re> tronyer le chemin de Branksome, tremblant à chaque pas de voir paraître derrière un buisson le visage horrible qui l'avait effrayé, n se mit donc en chemin, et marcha long-temps; mais plus il s'ayançait dans le bois, plus il s'égarait. Enfin il entendit les échos des montagnes répéter les aboiemens d'un chien.

Ecoutez 1 écoutez ! le bruit des aboiemens s'approche de plus en plus. Un limier paraît dans le sentier; son museau incliné semble chercher une pbte, et son œil lance le feu. Dès qu'il aperçut l'enbnt, il courut sur lui avec fureur. Vous auriez vu avec plaisir la contenance du brave enfant, digne fils de son noble père. Le visage ronge de colère et de crainte, il s'arrêta pour faire face au limier, et leva sa baguette. Il en frappa même si bien son ennemi, que celni-ci , n'osant avancer, fit halte à son tour, continuant à aboyer,

I- C'est an article de foi dans les raperstitions populaires , qn'ane eau cotirante rompt tons les «■duiiitmBeiu. Si tous ponves placer on missean entre tou$ et det •OTcidrea,>det qMCtres, et aline «1 démons, toi» êtes en tonte fureté.

4fi LE LAI DU DERNIER MÉNESTREL.

et semblant guetter l'instant de à^ëlancer sur loi. Tout à conp nn arohur pianit à travers le tiûUis ^ et, voyant le limier en arrêt , il bandait son aroi et il allait faire partir la flèche , qfnand une ycAx forte a'éeria s — Ne tire pas, Edouard^ ne tire pas 1 ci'est an enCsint.

CeM qui venait de parler ainsi sortit da bois , arrêta le bras de son compagnon, et apaisa la fureur du chien. C'était un archer anglais du comté de Lancastre. Nul n'avait l'œil plus juste ni la main plus sûre pour abattre un daim à' cinq cents pieds de distance. Des cheveux noirs> coupés très court, entouraient son visage brûlé par le soleH ; la croix de saint George, emblème de la vieille Angleterre, était attachée à sa toque \ son cor était suspendu à ifton côté par un baudrier de peau de loup, et son couteau de chasse, brillant et bien affilé, avait tranché les jours de {dus d'une bête fauve.

xvn.

Ses vêtemens , verts comme les feuiUes de I^ forêt , loi descendaient à peine aux genoux > et il portait à sa ceintura nn cisirquols poli et plein de flèches acérées. Son boucher avait à peine neuf pouces en tout sens. Il n'aurait pas regardé comm^ un homtne celui qui aurait blessé son adversaire au-dessous du genou. Il tenait en main sou wtç détendu » et la courroie lui servait à mener son chien en laisse ^.

xvm.

Il ne voulait faire aucun mal an bel enfant , mais il le saisit d'au hr^ vigoureux pour qu'il ne pût ni s'enfiiir ni se défendre, car en voyant la croix rpuge il se débattait violemment. — Par saint George! Edouard , ^'éçria l'archeri je crois que nous avons fait une bonne prise, car les traits et le courage de ce jeune captif annoAcent qu'il e^t de hmt Ugn9ge«

Sans doute , je suis de haut lignage , puisque je suis le fils du krave Buceieach f. et , ri tu veux me priver de ma liberté , méchant Anglais^ tu le paieras bien cher, car tu verras bientôt arriver Walter de Hardcn , le vaillant William Deloraine, et tons ceux qui portent le nom de Scott , depuis FEsk jusqu'à la Tweed ; si tu ne me laisses idler, je te ferai pendre , malgré tes flèches et ton arc , et tu serviras de pâture aux corbeaux.

X. Blesser son adfenaire & la jambe» et même à la cnissç, ét^t r^ar^ çwum dmtsili* ^^ loi des âmes.

IUI«

•^ Gfand imrd de u bonne Tolontë, nM>n bel «lâuit; mais je n'ai juneis as^é à de si hantes destinées ) et, si tn es le Chef d'nn tel clan y si tn es le fils d'nn tel homme , et que tft arrives à Ffige de eMunander, nons ponrons nons tenir snr nos gardes y ear je parie mon are d'if contre nne bagqetto de eondrier, que ta feras parl^ de toi sur les frontières. £n attendant , ttt yondras Men me saivre , car le brave lord Daere sera charmé de te voir. Je erais que nous n'avons pas perdn notre temps en nons emparant du fiU de um père.

Péiidam qn^ott emmenait l'enfant loin da château de Bransksome , il semblait toujours y être , car le nain y jouait son r51e ; et, sons les traits du jeune Buccleuch^ il mettait tout le château en désordre. Il piàçait ses compagnons , lés battait , les renversait par terre ; il en tua presque quelques-uns. Il déchira la robe de soie de dame Madeleine , et tandis que Sym Hall était près de la cheminée , il mit le feu à la mèche de son mousquet , et le blessa grièvement. On aurait pône à s'imaginer tous les méohans tours qu'il jouait dans le château , où Fon commençait à croire que le jeane baron était possédé.

Sans doute que la noble dame aurait bientftt détruit le chame ; mais elle n'était alors occupée que des soins qu'exigeait la blessure de Deloraine t elle avait été bien surprise de le trouver étendu près du seuil de sa porte ; elle pensa d'abofd que quelque esprit aérien' avait maltraité le maraudeur, parce qu'au mépris des ordres qu'ellalui avait donnés il avait peut-être voulu lire dans le livre magique^ mais la lance rompue était encore dans sa blessure : elle reconnut que c'était la lance d'un ehnemi.

xxin.

•Bile en retint le tronçon , arrêtant par un charme le sang qui coulait encore; puis elle fit laver et bander h plaie , et laissa Deloraine sur la conche ou elle l'avait fait placer; mais elle avait pris le fragment de l'arme fatale (tv), elle en essuya le sang, et le frotta d'un baume précieux. Tandis qu'elle s'occupait de cette opération y William Deloraine souffrait comme si l'on eût sondé sa blessure. Cependant la duchesse annonçait à ses femmes qu'il serait guéri dans un jour et une nuit. Elle n'épargna aucune peine^^ car elfe prenait l'intérêt le plus vif à un ami si brave et si fidèle.

La journée s€^ passa ainsi. Le soir arriva , et amena Pinstant où l'on allait sonnet le coayre-feo. L'air était doux , toute la nature était calme'/ le tteavQ roulait paisiblement ses ondes , une rosée embaumée tombait du ciel , et la sentinelle y placée sur le haut de la tour, se félicitait de la beauté de la nuit. La belle Marguerite joaiÉsait plus que personne de cette heure de paix et de silence. Seule, assise sur le hautM'une tour, elle pinçait sonlnth, chantait quelques airs tendres , et dans les intervalles pensait au bosquet d'aubépine. Ses cheveux d'or étaient dégagés de tous liens; sa joue de rose était appuyée sur sa main , et ses yeux bleus se tournaient du c^é de l'ouest , car les amans aiment Tétoile qui brille vers Foccident.

Est-ce cet astre qu'elle voit apparaître lentement sur le sommet du Penchryst , et qui, brillant à chaque instant dç nouveaux feux, semble secouer sur la nuit sa chevelure rayonnante? Est-ce Fétoile de l'occident qui répand cette rouge lumière ? Non ; c'est le signal etobrasé de la guerre... A peine si Marguerite peut respirer; elle ne reconnaît que trop cette flamme , brillant précurseur du trépas.

La sentinelle l'aperçoit en même temps ; son cor retentit an loin ; ces sons guerriers sont répétés par l'écho des rochers, des bois et des rivières; ils jettent l'alarme dans la grande salle , et en font sortir tous les guerriers , qui se précipitent dans la cour.' La cour fut à Tinslant éclairée par cent torches , à la lueur desquelles on voyait briller confusément les casques et les panaches, ; et les lances, se heurtant en désordre , semblaient des roseaux agités par lèvent sur les bords d'un ruisseau.

xxyu. •

Le sénéchal , dont la flamme des torches rougissait les cheveux blancs , se tenait au miUeu de la troupe, donnant ses ordres d'nn air imposant et d'un ton d'autorité. Le signal brille sur le. mont Penchryst, et se répète sur les sommets du Priesthaughswire. — A cheval I à cheval ! qu'on observe les mouvemens de l'ennemi 1 A cheval pour Brauksome. — Toi , Todrig , cours avertir le clan des Johnstones , qui furent toujours aussi fidèles que braves. Il est inutile d'envoyer à Liddesdale; il suffira qu'on y voie les flammes des signaux; les EUiots et les Armstrongs ne se feront pas at-

tendre... Alton , pars sans délai , yn pr^enir le gonrenienc des frontières... Gilbert, allume le fea qni doit a?erGir notre clan et

nos amis (or). ' ' * -

La belle Margnerite, dn haut de la tourelle, entendit le des coursiers y des harnois, des armures et des armes, lorsque les cayaliers s'élancèrent sur la selle en mêlant leurs diverses aeda* mations ; les uns se dirigèrent Ters le nord , les autres y«rs le sud, ceox-ci yers Test, ceux-là vers l'ouest, pour reconnaître Fennemi, surveiller sa marche, et {sûre. armer leurs yassaux et leurs alliés.

Un page s'empressa de réyeiller la flamme endormie dés signaux ; une lueur rouge se répandit dans l'horizon, et une colonne de flanunes s'éleya yers la yoûte des cieux, semblable à une bannière sanglante agitée par les.yents. Bientôt le même signal fut répété sur yingt montagnes; car chaque poste était prêt, et la flanmiede Tun servait d'avis pour l'autre. On les voyait s'allumer tour à tour comme ces astres qui se succèdent pendant la nuit. Os brillèrent sur le rocher sourcilleux habité par l'aigle solitaire , et snr le monument pyramidal sous lequel reposent les cendres de vaillans Chefs. Dunedin ^ vit ces feux sur le Soltra et sur le Law' de Dampender, et tout le Lothian entendit l'ordre donné par le régent de se préparer à marcher vers les frontières '.

Pendant tonte la nuit le bruit des armes retentit dans les murs de Branksome, et la cloche du château firappa les airs des sons lents et solennels du tocsin. Les pierres massives et les barres de fer étaient apportées dans les tours et les donjons , pour faire pleuvoir la mort sur les ennemis ; les sentinelles répétaient sans cesse le mot d'ordre ; et les chiens , étonnés de ce bruit continuel, augmentaient le tumulte par leurs hnrlemens.

An milieu de tous ces embarras, la noble dame partageait les travaux de son vieux sénéchal, et parlait du danger en souriant. Elle enflammait le courage des jeunes chevaliers , et tenait conseil avec les guerriers plus âgés et plus prudens. On ne connaissait encore ni le nombre ni le projet des ennemis. Les uns disaient

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