LA CHASSE
siais non d^[K>iirTii6 de grâces : sa démarche aisée, son port majestoeaXy auraient été remarqués dans la cour à^un roi. La jeune Hélène la reçut comme une mère, mais avec plus d'égards peatêtre qa^on n'en accorde à cens qui nous sont unis par les liens du sang. Elle accueillit son hôte ayec bienveillance et avec toutes les attentions qu'exigent les lois de Thospitalité, mais sans lui demander ni son nom ni sa naissance. Tel était alors le respect pour un hôte, qu'un ennemi }uré pouvait venir s'asseoir au banquet du Chef, objet de sahai'ne» et s'en retourner après la fête, sans qu'il lui fût adressé une seule question ^
Enfin, l'étranger déclara Iwfwèmê sen rang.
Il était James Fitz- James ^ ehevalîer de Siiawdoun, seigneur d'un héritage peu fertile, que ses braves aïeux avaient en bien de la peine à conserver par l'épée, d'âge en âge. II eti avait coûté la vie à son père, et lui-même était souvent forcé par les décrets du del à défendre ses droits le fer à la main. Il avait suivi ce matin lord Moray à la chasse ; trop ardent à poursuivre un cerf agile qu'il n'avait pu atteindre, il avait devancé ses conqpagnons, et vu mourir son coursier. Il se présentait comme un voyageur égaré.
Le chevalier de Snowdotm aurait bien voulu demander à son tour le nom et le rang du père d'Hélène.
Le maintien de la plus âgée des deux dames disait assez qu'elle avait fréquenté les villes et les cours : quant à.HéIène , quoiqu'il y eût dans sen air un peu plus de cette simple grâce qui n'appartient qu'aux filles des champs , ses paroles , ses gestes , les traits de son visage, tout annonçait en elle une noble origine; il est rare de rencontrer, dans tm rang moins élevé, ses tradts, ses manières, et une ame comme la sienne.
L^dy Marguerite écoutait dans un grave silence toutcss les Insinuations adroites de Fitz- James, ou Hélène, par une plaisanterie innocente , éludait tontes ses questions.
•«-* Nous sonunes des fées, disait-elle, qui habitons les vallées et les inoiitagnes, loin des villes et des châteaux } nous présidons au eoitrs àsA ondes, nous dirigeons les tempêtes, ou nous jetons des charmes sur des chevaliers errans. Tandis que d'intisSblçs mènes-
X. Les montagnards, trte scropaleax dans l'exercice des devoirs de l'hospitalité, aanMotënase nndro conpablea de grossièreté «« denuttdant à nu étranger son nom on sa Cunille avant qa'il eût pria quelque» rafinaSchissemam. h^ inimitiéa élment si iré^aantea panai •« » qn'ao» fèf 1» oodtraire aurait pa faijre priYcr oa hdte da bon accueil qui lui était destiné.
340 LA DAME DU LAC ch. x.
treb pincent lenrs harpes 9 Toid les Ters magiques que nous chantons K
Elle fit alors entendre ces paroles, et nne harpe maperçue remplissait par ses accords les intervalles de son chant:
CHANT DTHELENE »
Noble gverriv, d^te id tes ennct; Vient le livrer eu doncenreda repoe.
Ne toofe pUu anx combat», eoz eUnaM, A la victoire, au laorlert des bércto.
D'un encbantear la nain niTstériense A préparé ta conebe en œ cbitean i Le jonr a fai; se barpe barmonienae Va t'aaaonpir par un cbanne nonreea.
Noble guerrier , dépose ici tes armes ; Viens te livrer ans dooceors da renos ; Ne songe pins ayz combats, feux dames , A U Tictoire» anx lawiers des bérae.
Tn n'entendras>ni le cri da carnage.
Ni des eoarsiers les fiers bennissenens. Ni les Taincus expirant avec rage.
Ni les dairons des gnerriers triompbane ; liais anssitdt qu'un nouTWU jour colore De pourpre et d'or les coteaux et les deux» L'otseau s'érdlle, et , saluant raurore»
Redit aux bois ses concerts amoureux.
Tu n'entendras ni le cri du carnage.
Ni des coursiers les fiers bennissemens. Ni les Taincns expirant arec rage, Ni les dairons des guerriers triompbaas.
Hélène s'arrête , et pnis continne en rongissànt. Les douces modulations de sa voix prolongent la mélodie de ses chants jusqu'à ce que Tinspiration fasse couler de ses lèvres les mots cadencés par le rhythme.
1. « Les montagnards aiment beaucoup la musSqne, mais siuiout celle des barpes ef des « dminehoêt à la façon du pays. Les cordes des dairscnoes sont de fil d'arcbal, et cflUes diM barpes « de substances tendineuses t ils les pincent arec lenrs ongles qu'ils laissent grandir, ou ayec un io- « strumeut à cet usage, ils prennent grand plaisir à orner leurs barpe» avec de rargent on des « pierres prédeuses . el dans les clanes pauTres, arec da cristal. Ils comptent et cbantent des Ten « a la louange des béros t leur langage est une altération de l'ancien firançais* {E$*mù nw U nj^êMmê dEtouê m 'S97 ; Londres , i6o3.)
Ves andennes ballades des montagnards'font seules mention aiqourd'bui des barpes et dee dairsdioes, et la cornemuse [tkt bogpipe) les remplace aujourd'hui.
M. Ounn , d'Bdimboni^ , a publié un essai curieux sur û barpe et la musique dee andens montagnards.
a. Quoique nous arons reconnu la difBculfcé d'être fidèle traducteur en ^ers, nous ne donnerons le Mot à mot des ballados de im Dmwnt «la Xec que quand nous nou serions eisentidkmeBt éctttés da sens de raoteur*