‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 93 sur 134 · L'ILE. SS · texte numérisé non relu

L'ILE. SS

Vêtais prÎTé de ce pasçe-temps des braves, qae resierait-il % boaglas?...

J'ai rencoiitré le jemie Malcolm dans les bois de GlenfinlaSi où je m'étais égaré. J' avoue qae je courais un vrai danger, car tous les alentours étaiei^t remplis de chasseurs et de cayaliers. • • Ce

{'eane homme, quoi^e sous la tutèle du roi, a risqué sa Tie et ses Âens pour m'offrir son secours. Il a guidé mes pas^ et m'a fait éviter les gens qui s'étaient mis à ma poursuite. J'espère qu'oubliant une ancienufi querelli^, Roderiç lui fera un bon accueil pour Tamour de Douglas, Malcokn gagnera ens\^te le vaUon deStratb- Endrick, e^ cessera de courir aucun risque pour moi.—

Sir Rpderic, qui s'avançait à leur rencontre, rougit de colère à la vue de Malcolm Graerne ; mais, dans ses actions et ses paroles, il rcspcMsta religieusement les droits de l'hospitalité.

Toute la matinée se passa en jeux et en entretiens paisibles ; mais il arma sur le midi un courrier pressé qui parla secrètement am chevalier, dont l'air sombre annonça qu'il recevait de fâcheuses nouvdlsa* J}e profondes pensées sembl^ent tourmenter son esprit. Ce ne fut cependant qu'après le banquet du soir qu'il réunit autour du foyer sa mère, Douglas, Hélène et Malcôlm : tantôt il promenait ses regarda autour de lui , et tantftt il les fixait sur la terre, comme nu homme qui étu^ la manière la plus convenable de commencer vn triste récit. 11 mania long«temps, comme par distraction, la P<ûgnée de sa dague ; et puis, prenant soudain un air fier, il dit :

XXVUI.

— Je vais parler en peu de mots ; le temps presse, et d'ailleurs le^ phrase^ préparées répugnent à ma franchise naturelle... Ecoutezi&oi tous, vous d'abord mon coi^in et mon père, si Douglas dfi nioins pern^et.à Roderic de lui donner ce nom... ma respectablp mère, et vous, Hélène... Pourquoi détournez-vous la vue? ô mon Aimable^ cousine 1... Toi aussi, Graeme, en qui j'espère bientôt reconnaître un ami ou un ennemi généreux, quand l'âge t'aura donné tes domaines et le commandement de tes vassaux I Prêtezmoi tous votre attention. — L'orgueil vindicatif du roi se vante d'avoir dompté nos frontières,, où des Chefi, qui étaient allés joindre! leur prince à là chasse avec leurs meutçs et leurs faucons^ tombèrent eux-mêmes dans un piège funeste, et d'autres, qoi avaient préparé un banquet et croyaient recevoir un hôte royal,

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fàrent indignement pendas aux portes de leurs châteanx ^. Leur sang crie vengeance dans les prairies de Meggat, parmi les fougères de rVarroWy sur les rives de la Tweed , dans les lieux qu^arrose Tonde solidaire de TEttrick, el sur les bords du l'eviot ; tous ces vallons , où des clans guerriers guidaient leurs chevaux , ne sont plus que d'arides déserts. Le tyran de l'Ecosse , si connu par ses perfidies et ses vengeances , vient dans ces lieux : c'est le même dessein qui l'amène ; il a choisi de nouveau le prétexte de la chasse : que le sort des guerriers de la frontière nous fasse jiiger de la grâce que peuvent espérer de lui les Chefs des montagnes ^! Bien plus, on t'a reconnu, ft Douglas ! dans, la forêt de Glenfinlas : j'en suis informé par un espion sAr, et je te demande ton avis dans cette situation critique. —

Hélène et lady Marguerite, saisies d'effroi, cherchèrent à se rassurer mutuellement dans les regards l'une de l'autre , et pais elles tournèrent leurs yeux effarés, Hélène vers son père, lacty Marguerite vers son fils. Le visage de Grœme changea plusieurs lois de couleur ; nmis on voyait bien que ce n'était que pour Hélène qu'il concevait des craintes. Triste, mais sans paraître abattu, Douglas donna son avis en ces termes :

— Brave Roderic \ l'orage gronde, i^iais il peut passer «près une vaine menace. Cependant je ne puis me résoudre à demeurer id une heure de plus pour attirer la foudre sur ta demeure, car tu n'ignores pas que c'est surtout ma tête blanchie par l'âge que cherche la colère du roi. Pour toi, qui peux mettre à la disposition de ton souverain une troupe de vaillans guerriers, ton hommage et ta soumission doivent détourner tes ressentimens du monarque.

Malheureux débris de la maison de Douglas, Hélène et moi nous irons chercher un refuge dans quelque grotte sauvage, et là, comme le cerf échappé à la meute, nous attendrons que les chasseurs aient cessé de battre les montagnes et les clairières.

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