‹ Œuvres de Walter Scott (volume 4)Chapitre 95 sur 134 · L'ILE · texte numérisé non relu

L'ILE

sera point ainsi, grâce an ciel et à nia fidèle épéel non, jamais I..» Qaé je yoie à jamais flétrir ce pin qui fat le dmier de mes ancêtres,; si je soaffre qae la, postérité des Douglas s'éloigne de son ombre à l'heure des dangers. Ecoute ma proposition un peu brusque peut-être : accorde-moi ta fille pour épouse et les conseils de ton expérience pour appui ; assez d'amis et d'alliés Tiendront se ranger autour de Roderic et de Douglas réunis. Un même intérêt, une même défiance non^ associeront tous les Chefs de l'opest. Quand les, cornemuses sonores annonceront mon hymen, les échos des rives du Forth répéteront un son d'alarmes, les gardes de Stirling tressailleront; et quand j'allumerai le flambeau nnptial, l'incendie de mille villages troublera de ses sinistres lueurs le sommeil du roi Jacques. Mais non : Hélène, tous avez tort de pâlir, et vous , ma mère, d'exprimer ainsi votre effroi. Dans mon ardeur belliqueuse, j'en ai dit plus que je ne pensais..', quel besoin aurons-nous ile faire des excursions dans les plaines, ou de livrer des batailles, quand le sage Douglas pourra réunir par un lien d'amitié tous les clans de nos montagnes pour garder nos passages et forcer le roi, déçu dans son espoir de conquête, à retourner avec honte à Edimbourg ? —

n est des hommes qui, à Theure du sommeil, ont gravi le sommet d'unet(iur suspendue sur l'Océan; là, bercés parle murmure monotone des vagues mugissantes, ils achèvent tranquillement leur rave dangereux. Mais quand le retour du jour les réveille, quand un de ces hommes endormis ouvre enfin ses yeux frappés des premiers rayons de l'aurore, et les plonge 4&ns l'abîme sans fond ouvert sous ses pas, quand il entend l'éternel murmure des flots, et qne le rem* part étroit sur lequel il repose lui semble si peu solide qu'il le voit se balancer comme le fragile tissu de l'araignée qn'agite le vent, ne sent-il pas dans le déliré de ses sens le désir désespéré de se précipiter dans Inonde, et d'aller au-devant de la mort dont sa peur le menace? telle Hélène, troublée par l'abîme qui s'ouvre tout à coup autour d'elle, égarée par ses craintes, dont son père est surtout l'objet, Hélène résiste à peine à la pensée désespérée de sauver Douglas par le sacrifice de sa main.

XXXlIp

Malcolm devine dans le regard effaré d'Hélène et dans le mouvement convnlsif de ses lèvres cette incertitude fatale ; il se levé pour prendre la parole ^ mais, avant qu'il e^t encore pu rien dire.

âS8 LA DAME DU LAC. ch. h.

Doaglas avait remarqué la latte pénible qui déchirait le cœur de sa fille, comme ai la vie y eût été aux prises avec la mort. Tout son sang en effet avait an moment coloré ses joues qui, presque aussitôt y furent couvertes d'une pâleur mortelle. — Roderic, s^écria le vieillard, ma fille ne peut être ton épouse. Cette soudaine rougeur n'est pas celte qui fait sourire [les amans •; cette pâleur li'exprime point left craintes d'une pudeur timide. Cet hymen est impossible. Pardonne-lui son refus, noble Chef, et ne hasarde plus rien pour notre sûreté. Douglas né lèvera jamais une lance rebelle contre son roi : ce fut moi qui instruisis sa jeune main à guider les Irênes d'un coursier et à manier une épée. Je crois voir moû prince encore enfant ; Hélène ne me rendait ni plus fier ni plus heureux je l'aime encore nialgré les outrages dbnt il m'accabla dans le premier mouvement d'une colère irréfléchie, et trompé par de perfides délateurs. 0 Rodfericl demande ton pardon; il té sera facile de l'obtenir en séparant ta cause de la mienne. —

Deux foiis le Chef parcourut la salle à grands pas ; soni front farouche où le dépit le disputait à la colère, et les plis flottans de son tartan, le faisaient apparaître, à la Nombre lueur des torches, comme le démon malfaisant de la nuit qui étend ses noires ailes sur le pèlerin égaré; mais Pamour dédaigné perçait surtout le cœur de Roderic de ses traits envenimés. Roderic saisit la main de Douglas. Ses yeux, qui jusque-là ignoraient les larmes, en versèrent pour la première fois de bien amères ; les angoisses d'un espoir trahi luttaient dans son sein avec son orgueil qui ne pouvait étouffer entièrement ses sanglots convulsifs, trahis par le silence qui régnait autour de lui. -

Hâène ne put supporter le désespoir du fils et les regards de la inère ; elle se leva pour s'éloigner, Grseme se préparait à suivre ses pas et à la soutenir. '

Soudain Roderic quitte Douglas... Comme on voit la flamme s'élancer à travers de noires vapeurs et changer leurs tourbillons en une vaste mer de feu, de même la jalousie de Roderic éclata tout à ëoup, et dissipa le sombre abattement de son désespoir^

Sa terrible main ssusit Tagrafe qui fixait le plaid de Âlalcolm sur son sein.

— Arrête I s'écria- t-îl d^une voix menaçante; arrête, jeune homme i ne te souvîênt-il donc jplus de la leçbn que tu reçus de

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