‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 1 sur 39 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

tilités constantes entre T Angleterre et FEcosfle n'était interrompn qne par des trèyes incertaines, souyent violées , et de courte durée. t^<r*llénieda temps de yotre grand-père, quoique ce pays fût assez heureux pour éviter de devenir le théâtre de luttes sanglantes , cependant nous n'avions qu'à jeter les yeux au dehors pour voir de toutes parts des scènes de guerres et de ravages, le renversement de gouvememens et ^extinction d'anciennes dynasties, comme si TEurope entière eût été sur le point de retomber sous le joug d'un empire universel. Nous avons donc échappé, d'une manière inattendue et presque inespérée, aux maux de la guerre dans notre patrie, et nous n'avons en que la douleur de voir dans notre île la désolation générale du continent, avec de fréquentes alarmes de nous y trouvei* enveloppés nous-mêmes.

C'est avec une joie sincère que je vois arriver une époque où il parait probable que la génération naissante sera moins exposée à voir les horreurs de la guerre ou à en entendre parler. Même dans rhistoire de l'Ecosse, de cette petite et pauvre contrée, on trouve un tableau assez frappant de ses misères pour regretter de voir combien de fois elles ont été causées par l'esprit de parti. J'ai soigneusement évité, surtout dans ce petit ouvrage, de chercher à vous prévenir en faveur d'aucune de ces piûnions et de ces théories qui ont souvent fait sortir du fourreau le glaive de la discorde civile. J'espère que, dans quelques années , vous étudierez avec soin l'histoire de votre pays , dans la vue de vous formier une 'opinion sur la question de savoir lequel des partis ennemis avait tort on raison, et je me flatte que vous aurez alors assez de jugement pour vous apercevoir que dans les querelles pohtiques, querelles qui , plus que toutes les autres , mettent en jeu les passions , vous ne devez pas vous attendre à pouvoir regarder comme infaillible l'un ou l'autre parti ; et que vous vous souviendrez que chaque action particulière doit être jugée par les circonstances qui l'accompagnent et par les motifs qui y ont donné lieu, et non être approuvée ou condamnée sans autre examen , parce qu'elle est l'ouvrage de telle ou telle faction. Ces volumes ne sont pas destinés à être un ouvrage de controverse. Si même des points contestés y étaient indiqués comme objets de discussion, la place manquerait aux argumens pour et contre, et tout ce que pourrait faire l'auteur, ce serait d'y énoncer sa propre opinion, opinion à laquelle il n'a pas le droit de demander que ses lecteurs défèrent. Il n'est certainement pas disposé à l'exiger de vous ni à désirer

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