SERVANT DE PREFACE
que vous adoptiez , d'après son aatorité, des opinions qui doivent être l'objet de vos propres réflexions.
Comme la plupart des hommes qui ont qnelqae expérience da monde, j'ai mes opinions particulières sur les ^andes questions politiques du temps actuel et de Tayenir; mais je n'ai pas le désir de les imposer à Tesprit de mes jeunes lecteurs. Ce que je me suis hasardé à leur offrir est un choix général, — et , j'espère, non sans intérêt , — de faits qui puissent , dans un temps futur, offrir une base solide à leurs sentimens politiques.
Je désire d'autant plus que le but de cet ouvrage soit bien compris, qu'un critique indulgent et ami , qui n'a prononcé son jugement qu'avec trop de partialité pour l'auteur, s'est mépris en un point sur mes intentions ' . L'Aristarque, mon ami , car je dois lui donner ce nom , m'a fait un grand compliment, — et je puis me vanter d'avoir fait tous mes efforts pour le mériter, — en disant que mon petit ouvrage ne contient pas de fautes de commission ; c'est-à-dire qu'il convient que je n'ai ni caché, ni falsifié la vérité de l'histoire dans les points controversés , ce qui , à mon avis , aurait été un crime très impardonnable, surtout dans un ouvrage destiné à l'usage de la jeunesse. Mais il m'accuse du péché t omission , en disant que j'ai laissé de côté des conclusions qu'il aurait tirées des mêmes faits, et qu'il prétend trop évidentes pour ne pas être aperçues , et trop incontestables pour pouvoir être réfutées. Mais au contraire, mon opinion est et a toujours été, depuis que j'ai atteint l'âgedu jugement, que, sur plusieurs de ces points, ces conclusions peuvent être attaquées comme fausses , et que sur d'autres elles sont susceptibles de beaucoup de modifications. Je ne dois donc pas laisser supposer que j'aie déserté mes bannières, parce que je n'ai pas jugé que ce fût le lien et le moment de les déployer.
Au surplus, je ne pouvais introduire des discussions politiques dans un ouvrage destiné à inspirer l'amour de l'étude. Le jeune lecteur, quand il sera mûri par l'âge, aura l'occasion de porter lui-même son jugement sur les points de controverse qui hérissent notre histoire, et il trouvera probablement qne l'esprit de parti et de faction, loin de faire des demi-dieux d'an côté, et des démons ou des fous de l'autre, est lui-même la tache et l'opprobre de nos annales, — en a produit, sous une forme ou une autre ,