‹ Œuvres de Walter Scott (volume 5)Chapitre 36 sur 39 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Lord Gflorgfl Marray.»— Pardon accordé k Vnmry d« Bronghton, qoi fait 'coiraaitra cens tpà «fmat tnmpé dtM Tantraprite da piteea ChailaB. — Pncèa dca comtaa d« KQaMmock et de Gromarty , et d« lord Balmeriiio. — Grftce accordée à Crooiartj. — Ezécation de KSinanodK et de Bahncrino. — Jugement et exécution de lord LoTat. — Exécution k Kennington-G»aiiBon« I Brtapton . à Peorilk , à York et à C^^û»» — Ade d'amnlalie, maia «tcc «oc loogne liste . d'exceptiona.— « Gonrt emprieonnenieot de Flora Mao-Donald. — Longnenr do tnapa pandau leqofd on maintient lea ponrsnitea contre laa Jacobites.

Nous devons maintenant parler des suites qu'eut la guerre àrit pour les principaux partisans du Prince. Plusieurs avaient été faits prisonniers sur le champ de bataille, et un plus grand nombre avaient été arrêtés dans les diverses excursions faites dans le pays des rebelles par des détachemens de soldats. Les prisons d'Angleterre et d'Ecosse avaient été remplies de ces infortunés^ et un sort encore plus rigoureux leur était réservé. On ne peut nier qu'ils ne l'eussent légalement mérité; mais, d'une autre part, il serait aujourd'hui difficile de ne pas avouer qu'on y mit une sévérité si peu judicieuse qu'elle ne produisit pas l'effet qu'on en attendait', puisqu'elle inspira l'horreur au lien de répandre la terreur.

Les individus les plus distingués parmi les insurgens furent re* gardés avec raison comme principalement responsables de tout ce qui s'était passé. C'étaient eux qui auraient obtenu du pouvoir et des richesses si l'entreprise eût réussi, et il était juste que ce fût

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snrtoiit à eux. qu'on «n demandât compte quand ils eurent édioné dans leur projet d'efitectner nne réyolation .

Lord George Mnrray, qni avait joué nn rftle si marquant dans ^insurrection,, s'échappa sur le continent , et rnoomt àiMeden* blinck en Hollande en 1 7 60.

Les ccHntes de Kilmamock et de Gromarty, les lords Balmerino et Lovât y en Ecosse, et Mi Charles RatcliflTe en Angleterre (ce dernier était frère da comte de Derwentwater» condamné et exé« enté en 1715 ), étaient les individus les pins distingués par leurs titres et leur naissance , qui se trouvassent aà pouvoir du gouvernement. Le marquis de Tullibardine avait aussi été fait prisonnier ; mais la mort, suite d'une maladie dont il souffirait depuis long^ temps, le délivra de sa captivité dans la Tour de Londres, et le mit à l'al»i de tout jugement et de toute punition sur la terre. Il était aisé d'obtenir des preuves contre Kilmamock, Gromarty et Balmerino , tous trois ayant paru ouvertement , pendant la rébellion , à la tête d'une force armée; mais à l'égard de Lovât, qui n'avait pas porté les armes personnellement , il' était absolument nécessaire qu'on eût des preuves de son adhésion aux conseils secrets de la conspiration , et il était également à désirer qu'on les fit connaître au public dans toute l'Angleterre.

Le gouvernement voulait remonter à l'origine de la conspiration, et connaître les Jacobites ayant du pouvoir et de l'influence en Angleterre qui avaient pris part aux projets qui avaient occasioné.une telle explosion en Ecosse.

Une découverte si complète ne pouvait ^ fedrequepar le moyen d'un complice versé dans les intrigues secrètes des insnrgens. & devint donc nécessaire de chercha parmi les conseillers du Chevalier quelque individu qui préférât la vie à l'honneur et à la fidélité à une cause perdue; cet individu se trouva malheureusement en la personne de John Murray de Broughton, secrétaire d'Etat de Charles-Edouard. Comme nous l'avons déjà vu , il connaissait parfaitement t^Dutefs les circonstances qni avaient fait naître la rébellion; il avait soutenu les intérêts du Chevalier, tant an civil, qu'au militaire, avec la plus grande activité, quoiqu'il eût considérablement nui aux affaires de son maître en attisant la discorde entre le duc de Perth et lord George Murray, et en excitant l'aversion du Prince contre ce dernier seigneur. C^endant.ce serait charger de trop de blâme la mémoire de cet infortuné , qne.de supposer que sa conduite ait en quelque autre ffiottf que^ le désii^

Mi BHtraMI QfMMHB.

intérêts de son maître. ApÂa It bMéUft 40 CottfMtaii i Nivnv pays natal, et se retira chez on parem f«i w^ M toppintoi détansinev. sai^ nut esséfasee de nlaÎA nawilftn à douMV au

MMMM MM lis dé%ùh iKsbtîii À l'«rifîiit dt k ç»nnrfnitini»

9«lto épo«w jimia'M déb«9fii«aiMi; du pvîMi th» lM B tea m l tel liîi âo» iUMtesi Ott n'ft JMBW 4m^ <m «e^ d édw itiM i i'wB9Wi iiRfdiwé bi# namdeûeii doftpwiùimiii» tant w Sonii ili^H APtlet0rra« 4» n'avaii^i pot pm toi aruMdiM riMqnW' lîw de i74l^> «HttVMi aopina Itt Im wfldiM «toitt #0» tétMtus po» êwt aem de tong frtjtoep? on «'«Ai pu m aMM laaqpi winpaiiiHrtfQr kiwl téafti giM acdg Migasy» U (KWâil liMaâna» pmw att^aar rodiaaii âa aaaaadaîtQ» «le^ fMîqa'il edt Hafé an via «I bîfaat oae d^powiwi ^oolre daa ^oaiiagtf la g^NHwnamaat aurait p« mwm^ste de i^6beUiaa «aM «oa a«8 tance, il avait caché aipf^ «ûm ^aa das &ila q^ » s'il kl ail fait eenimitM» aaïAÎtat aaiapromi bka daTeatage emm ipi avaient pria pept li la «aaopmiikn a^vaat 91'aUa éidatal» an aièma d'aiiana eaptre ksqpel^ to gaayaraaawnt a^Yait gag* agcnaa déacaeiatifla, U n'est pas nécessaire d'examiner eejtta espèoa de kgiqae; car, d^Dfapant, il a'e(itiiiiUa«ueiBtpr«4)id»k qm le goaTfimemenfcaeât lusse jaaar aioflî par an beiaaia 9ii M trouvait daaa k ailnaiicHi de Mnrray ) et d^ttiw Mii^ il na pa»ût pas c^ ïead eeupal»le an dâaté^ oa témoin da roi ^ darjuai^ia asoôalia paaaa ip'il faavk; iafidèioneat; ka aoaditiaaa te 'vil aMindié ^pi'fl alait» .

I^ goMamepsoft innaaîssaal ainsi pkineniantf par k aup^ M. Mnrray, k plaa «fifiaairaal rârâdae te k «aaapifaiâaa» k proflééar à k piîfla aa jogemaai daa prinoipaaa indÎTi d'y avoir deiiaéaaîteaa preaaai ksarwap«

knant inadaita à k hofve te k ebaoïbre dea pûa vees k fia te

X. Oa ^ppeli* 'ténola An «ol , m AagtelefVi , Vbonm»^i , «jFtiit prit pai^i «■ «toe, «•

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tèl«iit dans cette déclaration. T iirrffirn'frp dgaiinja à lifrrd PalliimM

titn v^mM uppanmait fmt^ et vCtX m ê'éui^i 9ii mêvm

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lui T^ftmàin v^ kê motê *< 4^ la yiU^ dftCarUalfi » «'éiamt |ii

nne addition. d'an nom de lien, que la loi exigeait par forjM d9

de^j^p ffnu îpdiYito ^U4$ mwm l'étut Sa Mflunrie. J^^rd BatowAP dMam «lor^ qu'il ét^it ûiMcient. Plwieara téwtini ça^i^afwmif <Bl nronyèreni; qfin Taficiué avidl étiS yn parbiiit rui}if9n»@49i g^des cpbfilloSff »«rehwt à l^nriéM; lea«0MMi^ danti «t^ tim^nf; à toq3 égfuid»«oauiuiwde3^idiA do la rébdUon, I^Qond Bftlnifmp ftUégo» 99iil«mttni <p'U ncif'écaU ]»• trowé à la prîM df C^tiate h jour m^ntûmo^ dwt la ailafjoa. fr^ C'était^ dil>i}> »^ oljocitîm qsi w Im araîi^ été aiggéfée par perforaoi et fii»iin«mffi ^'U ^mit; çp]i^v»îiioa qa'^« n'étaii paa admaaiU^ siÎTWl le» lob» U regremit d'aToir doanii à Leora âtigoeRnea la p^iw Ai V&Mtiàr^ La chambre dà^a alorf lea «{oii pain «mqpabliM.»

LeJO JttUet, ili fiiirMl: raMsnés à la barra pour raoewir lenr iwtMO^ Lord Kilmameak avoua de mxwBan son erwie et ae déalara aanpafale) il dit qae jmhi pêne Favait élevé dtaa li»s pm« etpe» laa pfaui3é¥èrfis de la révolotioa» at fit valoir q a'il avait luii mâipa H «fficaaenent gravé les rn^mas pnneipes daaa la (Bfenr d^ «PU fila mé, lord Bayd, qm te fila aervail; dans 1-araftée royale el avait combattu pour le roi George à la bataille de GoUoden, quoi? qu'il iili WrMâne.daia lea rangs apposés. Il fi| vaLûr en oatre que, pendait Umta la dwée 4a rinsHrraçtion» il avait loajaiira protégé las partaBuas f t les pnapriétéa des anjeti fidèles an nû , et qu'il s'était vendu «valontaireBMiii;» après la batailla daCidladan, quoi«t qu'il lui aàt été possîbla de a^éahappM». Quoique eat aireu de a» buta fit f^ à une épMpu» aà Fou pouv^t m révoquer M daulo la ainfléaitéf l'air do grâee at da dignité de lord Kolnamock» ^ f ou ton plein de donçeuv et de résignation , firent fondre en larases U|us les ^poatatanrs. Los mouvemens du eœur kuaudu sont si faut taaopies» ipi'uio dama du gr asd Monde, présame à la séauoa» et 09 rayant jamais vu auparavant , e<pçut pour lui o«e fasaton^xtrof

400 HISTOmÉ D'ËGOSSS.

yagantei qui» dans. une affûre moins sérieuse , n'aorait été rien moins qu'une fèlie comique.

Lord CiMnarty implora aossi la clémence de Sa Majesté, et dit qu'il ne chercherait pas à justifier sa conduite ; il mettait sa vie et sa fortune à la merci de la haute cour, dont il implorait la compassion au nom de sa femme, qui était sans reproche, — de son fils aîné, encore dans l'adolescence, — de huit enfans en bas âge, qui deyaient partager la punition de leur père avant de connaître son crime.

Lord Balmerino étant interpellé de dire s'il ayait quelque cbo» à alléguer contre la sentence de mort qui allait être prononcée contre lui, fit d'abord une objection à l'acte du parlement en yertn duquel on le jugeait; mais, après un moment de réflexion, il y renonça de lui-même. La sentence de mort fut alors prononcée, suivant les formes terribles de la loi dans les cas de haute trahison.

La conduite de Balmerino forma un contraste frappant et admiraUe avec celle des deux comtes. 11 ne désavoua ni ne cacha ses principes politiques; il convint qu'il avait accepté de la reine Anne le commandement d'une compagnie indépendante d'in&nterie, ce qu'il regardait comme un acte de hante trahison qu'il avait commis contre son prince légitime ; mais il ajouta qu'il l'avait expié en prenant part à l'insurrection de 1715, et que c'était volontairement et de tout son cœur qu'il avait tiré l'^pée en 1745 , quoique son âge eût pu le dispenser de prendre les armes, n ne demanda ni à être acquitté ni à obtenir son pardon; il ne paraît pas même l'avoir désiré, et la manière ferme et intr^ide dont il se prépara à la mort excita l'admiration de tous c«ix qui ea furent témoins.

, Le bruit courait qu'un des deux comtes qui avaient imploré h clémence du roi recevrait sa grâce. Les parens de chacun d'eox sollicitèrent vivement pour lui faire obtenir la préférence. On croit que la considération de sa i^mbreuse famille et l'état dans lequel se trouvait son épouse infioèrent sur le pardon qui fat accordé à lord Cromarty . Quand la comtesse de Cromarty eut donné le jour à l'enfant dont elle était enceinte tandis qu'elle était dans une cruelle incertitude sur le destin de son mari , il se trouva qu'il portait sur le cou uàe marque en forme de hache; exemple frappant d'un de ces mystères de la nature que toutes les connaissances de la philosophie ne peuv^at e:q>liquer •

Pédant que le roi George II était accablé et harassé de sollicitations en faveur des comtes de Gromarty et de Kilmamock, on dit ga'il s'écria y par snite d'an sentiment fort natorel s* — Dieu me protège I personne ne dira-t-il un mot en faveur de lord Bâlmerino? Mais l'esprit du temps était contraire à ce sentiment de générosité. Il eftt été inconséquent de faire grâce à un coupable qui avouait et qui défendait hardiment son crime politique; tandis qa'on exerçait toute la rigueur des lois contre d'antres qui exprimaient le repentir de leur faute. Le comte de Gromarty ayant obtenu sa grâce, comme nous l'avons dit, le comte de Kilmarnock et lord BalmerinOy condamnés, recurent ordre de se préparer à la mort; mais le roi commua leur peine et y substitua celle de la décapitation.

La eonduite de ce^ deux seigneurs pendant le court 'espace de temps qu'il leur resfeit à vivre fat d'accord avec celle qu'ils avaient tenue pendant leur procès. Lord Kilmarnock montra du cafane et àvL repentir, et se prépara convenablement à cette mort terrible. Lord Balmerino, au contraire, avec une hardiesse franche et militaire, parut disposé à régarder la mort sur. l'échafand avec la mêm^ intrépidité qu'il l'avait bravée sur le champ de bataille. Lady Balmerino était à dîner avec lai quand on vint lui signifier l'instant fixé pour son exécution, et elle perdit connaissance. — Ne voyez-vous pas , dit son mari à l'ofiicier qui venait de lui faire cette signification, que vous avez gâté le dîner de Mylady avec Votre sotte annonce ?

Le 18 août 1746 , les deux prisonniers furent remis par le gouvemeur de la Tour en la garde des sheriffs; en cette occasion, les officiers terminèrent ce qu'ils avaient à dire par la prière d'usage : — Que Dieu protège le roi Georgèl... KUmamock répondit avec ôBphase : — Amen /... Lord Balmerino s'écria d'un ton ferme et à haute voix : — Que Dieu protège le roi Jacques I

Ayant été condaits en voiture jusqu'à un appartement qui avait été préparé à cet effet à Tower-Hill, les deux condamnés eurent la permission de se voir quelques instans. Balmerino parut principalement occupé à justifier le Prince du bruit qui courait, qu'à la bataille de Gulloden il avait été donné ordre de ne faire aucun quartier. Kilmarnock dit qu'il avait entendu parler d'un ordre aetaiblable, signé par lord George Murray, mais que ce n'était que depuis qu'il était en prison. Ils se séparèrent avec des marques d'affection mutuelle, ««-Je voudrais^ dit lord Balmerino, pouvoir

403 HISTOIRE D'EGOSSB.

payw^ cotte dette pour nom deux. Lord Kilmamock le remercia de a|i génërottté. Le comte eut la triste présëance pour re£écation. Quand, il arriva sur le lieu da supplice , et qu'il vit le ùtaî, échaEaud couvert de drap noir, Texécutenr avec sa hache et ses. aides , la sciure de bois destinée à boire son sang, le cercueil qui imait recevoir 909 menU>re« encore animés en ce moment da feu de; la vie, et surtout le nombre immense de figures huniaixie& qui entouraient Téchaisud comme une mer, et tous les yeux fixés sur le malheureux otget de ces préparatifs , le sentiment naturel qu.'il éprouvait se manifesta par quelques mots qu'il dit a voix basse à l'ami sur le brae duquel il était appuyé : — Home, cela est torible I... CSependant sa conduite ne donna aucun sign<s de timidité inconvenante ; il fit une prière pour le roi régnant et sa famille,, a'agenouillad'un air calme devant le bloe, et soumii sa tète an eoup fatal, ' •

Lord Balmerino bit alors averti de se rendre sur le liea de cette scène lugubre. «— Je sujqpose, dit-il , que lord Kilmamock n'existe ptas. Je ne vous ferai pas attendre, car je n'ai nul désir de pirolonger ma vie. Prenant ensuite un verre de vin, U invita les spedatemrs h boire — j4he œgrce tad haivan , c'est-à-dire une montée aa ciel. B prit la hache des mains de Texécnteur, et passa le doigt le kng dit tranchant, tandis que les specuteurs frissonnaient iayolonlaire^ ment en voyant une telle arme entre les mains d'un homme û audacieux. Balmerino ne méditait pourtant pas un acte de déses*' poir aussi insensé que l'aurait été une tentative de résistance. B rendit la hache à l'exécuteur en lui disant dé frapper hafidKmentr-- Car c'est en cela, l'ami, ajouta-t^l, que consiste ta merci. 11 y a des gens qui peuvent trouver ma conduite trop assurée, dit-il è quelqu'un qui était près de lui, mais sony^ez-vous de ce que je vous dis : cela vient de ce<pie j'ai confiance ëâ Dieu, et de oeqoe ma conscience àe me reproche rien.

Aveé la même contenance intrépide, Balmerino s'agenouilladevant lé bloc , fit une prière pour le roi Jacques et sa fiamille , poifif le pardon de ses péchés , pour le bonheur de ses amis , et dédara qu'il pardbnnàit à ses enneMs. Cette courte prière terminée, il donna le signal à l'exécuteur ; mais cet homme était tellement sur* pris de la fermeté inébranlable de la victime qu'il devait 6acrifi«r> qu'il frappa le premief" coup d'une main treiiiblaiite , et il en lUttot un second poui^ achever l'oeuvre de saiig.

La fin de là tàMère Inystériêuse dé lord LOvât filt en«tlité

TBOISIBHB SERIE. é03^

amce acte înqportaiit de cette tragédie. Ge Tiens eonspirateo^ aptes s'être enfei de Gortakg ; demeure appartesaiit à on dtt aea yaseanZy s'était réfagié dans lesmontagiiesy etil fat ensuite arrêté âSas nue des îles de l'oocideaÉ par un éétafthement de la^amisoa dn fort William y qui était Tenu à bord d'uue bonba];de uoamée la Fammaise^ Le vidUard fut œnduit à la Tour de Londres. Eii cette occasion y il se troofa disposé^ pour nenasarrir des exprès^ sionsda poète latin ^, k recoimr à ses anciens stratagèmes, o« à mourir en luNume , s'il le trouvait inéntable* Lepreoèade Loyat» <pd cÔBunffliça le 9 mars devant la chambre des pairs, et qui ne se termina que le 19 , fut très long et extrêmement curieux. Dans les autres occasions , il n'avait pas été nécessaire d'employer le témoignage du secrétaire Murray ; mais dans celle-ci, comme Lovât n'avait pas pris une part ptorsonneUe à la rébdlion , il devint in« diq^ensable d' j avoir recours pour proaver qu'il avait trempé dans la conspiration qui l'avait précédée. Cette preuve fut fedte de la manière la plus complète, il dit Jiui-même, et probablement avec beaucoup de vérité , qu'il avait pris part à toutes les insurrections qui avaient eu lieu en laveur de la famille de Jacques VU , depuis qu'il avait atteint l'âge de quinze ans ; et il aurait pu ajouter qu'il avait quelquefois trahi cette famille en faisant connaître ses desseins auparti opposé. Son crime, faiblemait déguisé par une longue suite de fraudes , de ruses et de subterfuges, fut clairement prouvé, quoiqu'il se défendit avec beaucoup d'adresse , et en montrant une grande connaissance des lois. Ayant été déclaré coupable par la chambre des pairs , la sentence qui le condamnait à la peine hor* rible de haute trahison lui fat prononcée dans les termes ordi« naires. II l'entendit avec indifférence, et dit ensuite : -*- Je fais à Vos Seigneuries un adieu étemel, car je suis sûr que nous ne nous retrouverons jamais tous dans la même place.

Pendant l'intervalle qui s'écoula entre la sentence et l'exécution, ce personnage singulier s'occi^a à faire des sollicitations pour sa vie , s'exprimant à peu près dans le style d'adnlation qu'il avait pris dans une lettre qu'il avait écrite au duc de Cumberland, à l'instant où il avait été arrêi^ , et dans laquelle il faisait valoir la imute faveur dont il avait joui auprès de George V^, ajoutant qu'il avait porté Son Altesse Royale dans ses bras lors de sa première enfanoe, danslesparcsdeKensingtcmetd'Hampton-Court. Voyanf;

k. Sm vtrtmn doiat , stu cêrta oceumhtrt mortL, {Nott dt ttmUur.)

fi04 mSTOmB D'ECOSSE.

iqne ses bassesses ne hi rëassissaient pas , il rësolat d'imiter dans sa mort Tanimal anqoel il ayait le plus ressemblé pendant sa yie, <et de mourir comme le renard , sans donner à ses ennemis la satislaction de l'entendre pousser on gémissement ou un soupir. S est à remarquer, mon cher enfant , que l'audace de cet homme entreprenant le rendit à sa mort un objet d'admiration et de respect, quoiqu'il efti passé toute sa vie de manière à exciter des sentimens tout différens. Mais Loyat ayait pour lui la compassion qu'on ne pouyait refuser à une extrême yieillesse , qui était encore animée par un esprit indomptable , même quand le fil de ses jours prolongés au*delà du terme ordinaire de la yie humaine allait être tranché sur un échafiaud. On rapporte de lui , pendant son emprisonnement , plusieun traits qui prouvent qu'il consery a jusqu'au •dernier moment un eq>rit d'insouciance et de légèreté. Le soir qm .précéda son exécution , son geôlier lui dit qu^il regrettait qae le lendemain dût être un mauyais jour pour SaSeignenrie. — Maayaisl répéta Loyat, pourquoi? Croyez- vous que j'aie peur d'une hache? La mort est une dette que nous devons tous payer, et il vaut mieux que ce soit de cette manière qoe par une maladie lente.

Il s'appuya sur le bras de denx gardes pouf monter sur Vécbafaud. Jetant ensuite un coup d'œil autour de lui , en yoyant une foule immense , il dit en ricanant : — Dieu nous protège I voilà bien du monde assemblé pour voir tomber la tête grise d' on yieillard qui ne peut monter trois marches sans être soutenu par deux bras! Sur l'échabud , il répéta le vers d'Horace :

Dulce «/ décorum estpro patrid mon.

Il était plus dans son caractère , quand il apprit qu'un deséchafauds dressés pour les spectateurs venait de s'écrouler, et que plnsieurs]personnes avaient été tuées et blessées, de répliquer en citant le proverbe écossais : — - Plus il y aura d'accidens , plus on s'amusera. Il se soumit au coup fatal avec un courage inébranlable, et laissa un exemple frappant de la yérité de l'observation, qu'il est plus facile de bien mourir que de bien vivre. Le gouvernement anglais n'échappa point au reproche d'ayoir choisi, ponr faire un exemple, un vieillard qui avait déjà un pied dans la tombe; cependant de toutes. les victimes qui furent- sacrifiées à la justice, nulle ne méritait ni n'inspira moins de compassion que Lovât.

TROISIÈME SËRIE. 405

Tandis que le sang de la noblesse qni avait pris part à l'insarrectionde 1745 coulait ainsi à grands flots, les criminels de moindre importance n'avaient pas lieu de croire que la* jastice fût aristocratique dans le choix de ses victimes. Les individus qni tombèrent les premiers sous le pouvoir du gouvernement avaient été les officiers du régiment de Manchester, qui, comme nous l'avons vu, avait été laissé en garnison à Garlisle après la retraite de Derby. Le colonel et huit antres officiers furent jugés et condamnés à Londres. Huit autres avaient été déclarés coupables en même temps, mais ils obtinrent leur pardon. Ceux qui devaient être exécutés subirent le supplice des traîtres dans toute son horrible étendue , à Kennington-Common. Ils maintinrent leurs principes politiques, et moururent avec fermeté.

Un incident mélancolique et romanesque eut lieu au milieu des horreurs de cette exécution. Une jeune personne , promise en mariage à James Dawson , une dés victimes, avait , dans son désespoir, pris la résolution d'assister à cette affreuse cérémonie. Elle vit son amant rester suspendu quelques minutes, mais non jusqu'à ce qu'il fût mort , — telle était la sentence barbare; -^ elle vit couper la corde ; elle vit Texécuteur lui arracher les entrailles, et elle supporta ce spectacle horrible avec une apparence de courages Mais quand die vit , pour dernière scène de cette horrible tragédie, jeter dans le feu le cœur de Dawson, elle retira la tête dans sa voiture , prononça le nom de son amant, et expira à l'instant mêîue.. Cet événement fournit àM. Shenstonelesnjet d'une ballade tragi^e.:

La populace de Londres avait insulté par ses cris ces infortunés ^ quand ils traversaient les rues en se rendant à la cour de justice ou en en sortant ; mais elle vit leur supplice en silence. Trois officiers écossais de la garnison de Carliste furent ensuite condamnés et exécutés de la même manière. Il en fut de même de plnsiëurisi autres , dont cinq furent encore exécutés. Sir John Wedderbum, baronnet , était le plus distingué de ces derniers.

On avait rassemblé à Garlisle un nombre^de prisonniers qai n'était pas moindre de trois cent quatre-vingt-cinq, dans le des-^ sein d'en prendre un certain nombre pour les faire juger sur le^ lieux qui avaient été principalement témoins de leur crime. Surcette masse on en choisit cent dix-neuf pour les traduire en juge* ment dans les principales villes du nord. A York, le grand jury rendit des décrets d'accusation contre soixante-quinze rebelles*

iot HI8T0BB waoamt.

Le cbapeUinda grand sheriff dece comté prèduieii cette oeca- •ion devant lea juges on seraion dont le texte était très significatif. C'était le cinqûènie verset dn chapitre XXV des Nomlnres: — « — HoXse dit donc anx jages d'Israël : que chacun de vons fasse aM>nrir les hif"*Tt* qui sont à sa charge, et qui se sont joints à Bahal Péhor.

A York et à CarliBle, soixantediz accusés furent condamnés à mort. Quelques-uns furent acquittés comme ayant été forcés par leurs Chef» à prendre part à la rébellion. C'était reconnaître m principe qui aurait pu être porté beaucoup plus loin ; et quand on réfléchit combien leur éducation et leurs habitudes mettaient m malheureux vassaux à la diqiesition de leurs Chefs, on aurait dii, en bonne justice, admettre plus généralement cette excuse. La loi; qui a des ^rds pour l'antiunté d'un mari sur sa femme, oa d'un père snrson fils , marne quandikles entraînent dans le erims, aundtdû, sans aucun doute, «voir la même indulgence peur ks membres des clans, élevés dans les principes de l'obéissance k plus absolue à leurs Chefs, et n'ayant en politique^ aucune idée qui leur fiiitpnqHre.

Neuf individus fiarent exécutés a Carlisle le 18 oct<riire. Cette liste contient quelques noms^istingués , comme Buchanaa d'Amptjùr, chef de la tribu de ce nom ; Hac-Donald de Kiiiloch*Mm« dart, un des premiers qui joignirent le Prince à son arrivée; Mac-Donald de Tieadriech^ qui commença la guerre en attaquant le détachement du capitaine Scott, quand il se rendait an foit Auguste ; et John Mac*Nanghton, homme de peu d'importance, û ce n'est qu'mi disait, mais, à ce qu'on croit, mal à propos , que c'était lui qui avait tué le colonel Gardnier à Preston. Six autres furent exécutés à Brampton» sept à Penrith, et vingt-deux dans la ville d' Yoriu Onze antres le lurent ensuite a Carlisle. Au totd, |Hràs de quatre-vingts victimes furent sacrifiées à la terreur que l'insurrection avait inspirée.

Ces malheureux étaient de différons âges et de différens rangs; ils avaient des habitudes différentes de corps et d'esprit , et cependant tous se conduisirent de même sur l'échafaud. Us prièrent pour la famille exilée, et exprimèrent leur dévouement à la cause ;peor laquelle ik mourant, et particulièrement leur adnûraiion jHKir le prince sons les ordres duqud ils avaient marché, jusque eis que lear attachement les é^t conduits à ce destin épourantaUe. Enaq[ipesanlque chacun dece» hommeseûtétéuniqitareéHJa*

YROtôlBME SËRIB. 4&t

îgbbitisine, il est permis de douter que, si on leur eût laissé la tie, fis eussent pu coritribner à prolonger la durée de leurs principes ornant que le firent le dégoût et l'horreur qn'iniBpirèrcnt tant de cfaâtimens sanguinaires. Et quand on y ajoute le massacre saisis pitié des fuyards après la bataille de Culloden , et toutes les dévastations commises dans les montagnes , on aurait pu s^attenlae tpie le glaire de la justice eût été fatigué de tuit d'exécutions.

Il existait pourtant encore quelques individus sur qui l'on désirait, pour des raisons persounelles, faire tomber la Tengeanee ^s lois. Un d'eux était Charles Ratcliffè, frère du comte de Derteentwater. Il avait partagé la rébellion du comte en 1715, et avait été condamné à mort pour ce crime ; mais il s'était échappé àt Newgate. A la fin de 1745, ou au commencement de 1746, il fut pris à bord d'un bâtiment de guerre français avec d'autres officiers. Ce bâtiment portait des armes et des munitions pour les insnrgens , et faisait voile vers la côte d'Ecosse. Le cas de Ratchffe létait donc fort simple. 11 fut traduit devant la cour du banc du roi, et il fut prouvé qu'il était le même Charles Ratclilfe qui avait été condamné lors de la première rébellion , et qui s'était dérobé au Supplice par la fuite. Ce fait ayant été déclaré constant par mi jury, il fut condamné à mort, quoiqu'il en appelât à son brevet a'ofiicier au service de France, pour prouver qu'il n'était pas sujet de la Grande-Bretagne, et qu'il niât qu'il fût le Charles RatclifiFe désigné dans l'acte d'accusation, alléguant qu'il se nommait Charles , comte de Derwentwater.

Le 8 décembre, Ratcliffe monta sur l'échafaud , et par égard pour sa naissance on lui accorda les tristes honneurs de la hache et du bloc. Il était richement vâtu , et il se èondnisit avec un mélange de grâce et de dignité qui lui attira une compassion um- >rarselle. Lovât, dont j'ai dt^à rapporté la fin tragique, fat ledermer individu qui fat exécuté pour des causes politiques en 1747.

Un acte d'amnistie fut passé en juin 1747, accordant le pardon de tons ceux qui avaient commis le crime de haute trahis<m , mais €LTec une liste formidable d'exceptions, contenant environ quatre*iringts noms. Je puis rapporter ici le destin de quelques-unes des personnes qui avaient montré à Charles tant de fidélité pendant qo'il était fugitif. Le laird de Mac-Kinnon, Mac-Donald de *Kingsbourg, et quelquesautr^ qu'on savait avoir contribué à aider l'évasion du Prince, furent arrêtés ^ conduits à Londres , et retenus quelque temps en prison. Flora Mac-Donald» Théroïne de oe

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dratne eitraordinaire , subit aussi un emprisoimeiiient dans la Tour. Comme j'ai fait mention de bien des actes de séyérité do .gonvernement , je dois ajonter que la générosité de ces individuaà regard du jeune et malheareox ayentnrieri pendant sa détresse et ses dangers y ne fut ponie que d'un court emprisonndlnent. En jortantdelaTour, Flora Mao-Donaldtrouva un refuge, ou plutôt un théâtre de triomphe, chez lady Primrose, Jacobite prononcée. La jeunemontagnarde^T^rotectriceduPrince, y reçut la visite de toutes lespersonnes de distinction quiavaientun secret penchantpoor cette malheureuse cause. Les Jacobites anglais ne bornèrent même pas a de Tains complimens leur admiration etieur respect. Un grand nombre d'entre eux , qui peut-être regrettaient secrètement de n'avoir pas donné des preuves plus effectives de leur dévonemeat à la Camille exilée, voulurent réparer, en quelque sorte, leur tiédeur, en accablant d'attentions amicales et de riches présens Théroïne qui avait joué un r&te dans ce drame avec tant d'intrépidité. Ces présens fournirent à la courageuse montagnarde une fortune d'environ quinze cents livres sterling. Ce fut la dot qu'elle donna avec sa main à Mac-Donald de Kingsbonrg, qui lui avait servi d'aide dans l'action qui lui avait valu tant de renommée. L'approbation due à sa noble conduite ne lui fut pas seulement accordée par les Jacobites : des membres de la famille royale la partage» rent, et particulièrement le bon et généreux prince Frédéric de Galles^ sentit et exprima ce qui était dû au courage de Flora Mac-Donald, quoiqu'elle TeAt employé pour la sûreté d'an rival si dangereux. La simplicité et la dignité de son caractère sont empreintes dans la remarque qu'elle fit, qu'elle n'avait jamais cru avoir lait rien d'étonnant avant d'avoir vu qu'on en était étonné. Elle passa ensuite en Amérique avec son mari, mais ils revinrent en Europe par suite de la guerre contre les colonies , et ils moorarent tous deux dans Tile de Skye, où ils avaient reçu le jour. Je rendrais ces volumes trois fois aussi longs qu'ils doivent l'être, si je vous rapportais tontes les histoires que j'ai entendu raconter — quelquefois par ceux mêmes qui en étaient les héros, — sur la manière étrange dont les Jacobites furent réduits à se

^ X. L'aieal du roi actuel. Son Altesse Royale donna nne preave de eelte maniire de penser anaai libérale que généreuse . quand la princesse son épouse l'inrorma que lady Marguerite Mac-Donald • qui s'était concertée avec Flora pour sauver Cbarles-Edonard, lui avait été présentée , ajovtant «n même temps , avec une sorte d'embarras , qn'cUe ignorait alors que celte dame fût impliquée dans l'évasion du Chevalier. — Et n'auriez vous pas agi comme elle. Madame, répliqua ce nrinoe ntatgnanime, si cet homme infortuné se fut présenté devant tous dans des circonstances si malbeartoMBt 1 je le sais , — j'en suis sûr , — vous l'anriei fait, {Noté de tautêur.)

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cacher /pour poaToir s'évader et mettre leurs jonrs en^BÛret^» quand leur parti fat entièrement dispersé. Les poursuites en vertu de la loi martiale ne furent pas de très longue durée , mais la sévérité des procédures judiciaires ne se relâcha pas si promptement» Ijong«tem|is après 1746 , on faisait encore de temps en temps des perquisitions pour trouver lord Pitsligo, qui était caché dans ses propres domaines , et qui ofErait un modèle de. p&itience au milieu de soufbrances inouïes; il continua à rester en quelque sorte caché jusqu'à sa mort , qui arriva à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, en 1762. Quelques autres rebelles , particulièrement suspects au gouvernement, ne sortirent de prison qu'après Tavénement de George IIP.

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