LE CHOEUR
I'hiloméla, avec mélodie... (connue ci-dessus).
PREMIÈRE FÉE
Hors d'ici! maintenant tout est bien. Une seule, à l'écart, en sentinelle! [Les Fées sortent. Tiiania dort. Entre OBERON.)
OBERON, s1 approchant de Tiiania cl secouant la fleur sur ses paupières.
Ce que tu verras, quand tu t'éveilleras, prends-le pour ton sincère amour! Aime
Oberon enchante les yeux de Tiiania.
et languis en son honneur. Fût-il once 4, ou chat, ours, léopard ou sanglier au poil hérissé, à tes yeux il apparaîtra, à ton réveil, pour ton chéri. Éveille-toi, quand quelque vil objet est proche! (// sort.)
Entrent LYSANDER et HERM1A.
LYSANDIÎR.
Bel amour, vous vous épuisez à errer dans ce bois, et, à dire vrai, j'ai oublié notre chemin. Nous nous reposerons, Hermia, si vous le croyez bon et attendrons le réconfort du jour.
HIiRMIA.
Qu'il en soit ainsi, Lysander. Cherchez ailleurs un lit : car pour moi, je reposerai ma tète sur ce tertre.
< Ounce, jaguar ou chat-pard.
LYSANDER
Un seul gazon servira d'oreiller pour nous deux. Un coeur, un lit, deux coeurs et une seule foi... j
HERMIA
Non, bon Lysander: pour mon salut, cher, étendez-vous plus loin encore, ne vous étendez pas si près.
LYSANDER
Oh! ayez le sentiment, ma douce, de mon innocence. Amour saisit le sens du langage d'amour. Je veux dire que mon coeur est noué au vôtre, de sorte que des deux nous puissions faire un coeur, deux âmes enchaînées par un serment. Et aussi deux âmes et une seule foi. Donc à vos côtés ne me refusez pas un lit. Car ainsi couché, Hermia, je ne mens pas *.
HERMIA
Lysander joue très joliment avec les mots. Malheur à mes manières et à ma vanité, si Hermia a voulu dire que Lysander mentait. Mais, ami gentil, par amour et courtoisie, couchez-vous plus loin. En humaine modestie, pareille séparation, peut-on dire, convient à un vertueux garçon et à une vierge. Ainsi éloignez-vous!... et bonne nuit, doux ami et que jamais ton amour ne change, jusqu'à ce que cesse ta douce vie.
LYSANDER
Amen, amen... ainsi je dis à cette charmante prière. Et finisse ma vie si je finis ma loyauté ! Voici mon lit. Que le sommeil te donne tout son repos !
HERMIA
Qu'avec la moitié de ce souhait soient pressés les yeux du souhaiteur 2 ! (Ils s'en-dorment.)
PUCK, entrant.
A travers la forêt je suis allé,
Mais, d'athénien n'ai pas trouvé,
Aux yeux de qui je puisse éprouver
La vertu de celte Heur à inspirer l'amour.
Nuit et silence! Qui est-ce là?
Il porte vêtements d'Athènes.
C'est lui 3, mon maître me l'a dit,
Qui dédaigne la vierge athénienne.
Et voici la vierge, en sommeil profond,
Sur le sol humide et sale,
Jolie âme ! qui n'osa pas se coucher
Auprès de ce sans-amour, de ce bourreau de courtoisie'
Manant!' sur tes yeux je verse
Tout le pouvoir de ce charme.
[Il verse la liqueur sur les yeux de- Lysander.)
A ton éveil, qu'amour défende
Au sommeil de se poser à tes paupières. ■ ' -.
Ainsi éveille-loi, quand je serai parti,
Car il me faut aller vers Oberon. [Il sort.)
1 Jeu de mots déjà noté dans Ilamlet, entre to lie, être couché, et lo lie, mentir.
2 With half that ivish ihe wisher's eyes Le pressed! il faut, fut-ce au prix d'un mot incorrect rendre cette charmante répétition wish et wisher.
â On comprend la méprise de Puck, l'ordre d'Oberon visait Demelrius,
Entrent DEMETRIUS et HELENA, courant.
HELENA
Arrête, dusses-tu me tuer, doux Demetrius...
DEMETRIUS
Je te somme de ne me pas hanter ainsi!...
HELENA
Oh! veux-tu me laisser dans cette obscurité? Oh, non?...
DEMETRIUS
Reste, à tes risques! Je m'en irai seul! (/-/' sort.)
HELENA
Oh! je suis hors d'haleine de cette folle chasse... plus grande est ma prière et plus vaine est ma grâce. Heureuse Hermia, en quelque lieu qu'elle soit couchée: car elle a des yeux bénis et attirants... Comment ses yeux devinrent-ils si brillants? Pas avec le sel des larmes. Sinon, mes yeux en ont été plus souvent lavés que les siens. Non, non, je suis aussi laide qu'un ours, car les bêtes qui me rencontrent s'enfuient en épouvante. Aussi pas de merveille que Demetrius, comme un mons-tre, fuie ma présence. Quel méchant et défigurant miroir m'a amenée à me comparer aux yeux célestes d'Hermia? [Apercevant les dormeurs.) Mais qui est là?... Lysander, sur la terre? Mort? ou endormi? Je ne vois ni sang ni blessure... (L'appelant.) Lysander, si vous vivez, cher Seigneur, éveillez-vous!...
LYSANDER, à demi éveillé.
Et je courrai à travers le feu pour le doux amour de toi!... [Voyant Helena et sous l'action du maléfice de Puck.) Transparente Helena! La nature ici montre son art, en me faisant, à travers ton sein, voir ton coeur? Où est Demetrius ? Oh! que voilà un mot, un nom vil, fait pour périr sous mon épée!
HELENA
Ne dites pas cela, Lysander, ne dites pas cela! Quoi, parce qu'il aime votre Hermia? Que vous importe... Hermia vous aime toujours... donc soyez heureux!
LYSANDER
Heureux?... avec Hermia? Non... je me repens des minutés assommantes que j'ai dépensées avec elle... Non, pas Hermia ! c'est Helena que j'aime! Qui ne chan-gerait pas un corbeau pour une colombe? La volonté de l'homme est régie par sa raison, et la raison dit que vous êtes une plus digne vierge. Les choses, qui grandis-sent, ne sont pas mûres avant leur saison : ainsi moi, jeune, n'ai pas encore mûri à la raison : et arrivé maintenant à la pointe de l'humaine science, la raison devient la fourrière i de ma volonté et me guide vers vos yeux, où je surprends des histoires d'amour, écrites dans le plus riche livre d'amour...
HELENA, stupéfaite et irritée.
Pourquoi donc suis-je née à cette a'mère moquerie? Quand donc, ai-je, de votre fait, mérité ce mépris? N'est-ce pas assez, n'est-ce pas assez, jeune homme, que je . n'aie jamais... que je n'aie jamais pu mériter un doux regard des yeux de Demetrius, sans qu'il vous faille persifler * mon insuffisance. En bonne vérité, vous me faites mal,
< Marshal, le maréchal des logis qui marche en avant; oui, très réellement, vous me faites mal, à me courtiser en cette dédaigneuse façon... mais portez-vous bien ! Par force il me faut confesser que je vous croyais plus vrai gentilhomme, je vous croyais de plus vraie gentillesse... Oh! qu'une femme, refusée par un homme, puisse par un autre être ainsi abusée!... (Elle sort précipitamment.)
LYSANDER
Elle ne voit pas Hermia... (A Hermia endormie.) Hermia, dors ici, et puisses-tu ne jamais plus venir auprès de Lysander : car ainsi que l'excès des plus douces choses apporte à l'estomac la plus profonde nausée — ou, comme les hérésies — que dé-laissent les hommes — sont d'autant plus haïes par ceux qu'elles ont trompés, ainsi, toi, mon excès et mon hérésie, sois haïe de tous, mais surtout de moi... et vous, toutes mes puissances d'être, dirigez votre amour et pouvoir pour adorer Helena et pour être son chevalier! (Il sort.)
HERMIA, se réveillant en sursaut.
A l'aide ! Lysander, à l'aide ! Fais de ton mieux pour arracher de mon sein ce serpent qui rampe! A moi! par pitié!... (Regardant autour d'elfe.) Quel songe est-ce cela? Lysander, vois, comme je frissonne de peur! 11 me semblait qu'un serpent mangeait mon coeur et que vous assistiez, souriant, à sa cruelle pillcrie... Lysander ! quoi! parti! Lysander! Seigneur! Quoi, pas à portée de la voix! En allé ? Pas de bruit, pas de paroles! Hélas! où êtes-vous ? Parlez, si vous m'entendez, parlez, par tous amours! Je me pâme presque de peur... Non?... Alors je comprends bien que vous n'êtes pas près de moi?... Sur le champ je vous trouverai... vous ou la mort! [Elle sort.)
1 Floui, jouer de la llûte, railler d'un air de lluto...
A l'aide, Lysânacrl Même décor qu'à fa scène précédente. La reine des Fées est toujours couchée, endormie.
Entrent QUINCE, SNUG.
BOTTOM, FLUTE, SNOUT et STARVELING.
BOTTOM
Sommes-nous tous réunis ?
QUINCE
Bien, bieni ! et voici une merveilleusement convenable place pour notre répéti-tion. Cette pièce de gazon sera notre scène, ce buisson d'épines notre loge *, et nous allons mettre cela en scène, comme nous le ferons devant le duc.
BOTTOM
Peter Quince ?...
QUINCE
Qu'est-ce que tu dis, mon brave Bottom?
BOTTOM
Il y a dans cette comédie de Pyramus et Tlvsby des choses qui ne plairont jamais. D'abord il faut que Pyramus tire une épée pour se tuer lui-même... ce que les dames ne peuvent supporter. Comment répondez-vous à çà?
SNOUT
Par notre dame... une fière peur!...
STARVELING
Je crois qu'il nous faudra lâcher la tuerie, quand tout est fini...
' Pat ! Pat 1 - Cette exclamation répond à - c'est bien ! ça va comme il faut ! - Le mot Pat signifie un pet.t coup, légèrement donné avec la main, ce serait donc quelque chose comme notre Pan! Pan /Ires doucement accentue. Ou bien ne serait il pas possible qu'il existait un rapport entre ce mot et notre argot Baie, qui, exclamatif, signifie : — Très bien I parfait !...
2 Et non nos coulisses. Tiring house, c'est l'endroit ou les acteurs s'habillent.
BOTTOM
Pas du tout. J'ai un plan pour tout bien arranger. Écrivez-moi un prologue... et que le prologue ait l'air de dire que nous ne ferons pas de mal avec nos épées... et que Pyramus n'est pas tué... et pour meilleure assurance, dites-leur que moi, Pyra-mus, je ne suis pas Pyramus, mais Bottom, le tisserand... cela les mettra hors de crainte.
QUINCE
Bien ! nous aurons ce prologue là... et il sera écrit en huit et six1...
BOTTOM
Non, faites le deux de plus... qu'il soit écrit en huit et huit...
SNOUT
Les Dames ne seront-elles pas effrayées du lion ?
STARVELING
J'en ai peur, je vous le promets.
BOTTOM
Mes maîtres, veuillez réfléchir avec vous mêmes... Amener — Dieu nous en préserve ! — un lion parmi les dames est une chose effroyable... car il n'y a pas plus terrible -volaille sauvage que votre lion... vivant ! Et il faut y regarder...
SNOUT
Alors un autre prologue devra dire que ce n'est pas un lion.
BOTTOM
Non ! il vous faut nommer son nom et que la moitié de sa figure se voie à tra-vers le cou du lion... et il faut qu'il parle lui-même, disant ceci ou à peu près : — Ladies, — ou bien, belles Ladies — Je voudrais que vous — ou bien je vous prierais de — ou je vous conjurerais... de ne pas avoir peur... ni trembler. Ma vie pour la vôtre. Si vous croyez que je viens ici comme un lion, ce serait pitié de ma vie... non, je ne suis pas chose pareille... je suis un homme comme tous les autres hommes — et là, vraiment, qu'il nomme son nom et leur dise en plein — Je suis Snug, le menuisier...
QUINCE
Très bien ! Il en sera ainsi. Mais il y a deux rudes choses — c'est d'apporter le clair delà lune dans une chambre, car, vous savez, Pyramus et Thisby se rencontrent par clair de lune.
SNUG
La lune brille-t-elle, le soir où nous jouerons notre pièce ?...
BOTTOM
Un calendrier ! un calendrier ! Regarde Falmanach... cherche clair de lune, cher-che clair de lune...
QUINCE, consultant F Almanach.
Oui, elle brille ce soir là.
BOTTOM
Eh bien, vous pouvez laisser ouverte une lucarne de la fenêtre, dans la chambre où nous jouerons. Et dans la lucarne la lune peut briller...
* Deux quatrains et deux tercets — quatorze vers, mesure du sonnet.
QUINCE
Oui. Ou autrement quelqu'un pourrait venir avec un buisson d'épines et une lanterne * et dire qu'il vient pour défigurer 2 ou... pour figurer le personnage du clair de lune. Il y a encore une autre chose. Il nous faut un mur dans la grande chambre. Car Pyramus et Thisby, à ce que dit l'histoire, causent à travers la fente 3 du mur.
SNUG
Vous ne pourrez jamais apporter un mur... qu'est-ce que vous dites, Bottom?
BOTTOM
Il faut qu'un homme ou un autre représente le mur... qu'il ait du plâtre ou de l'ar-gile ou des hourdis après lui, pour signifier un mur... ou qu'il tienne ses doigts ainsi (il montre sa main, en écartant les doigts) et à travers ces créneaux, Pyramus et Thisby marmoteront...
QUINCE
Si cela se peut, alors tout est bien. Allons, asseyez-vous, chaque fils à sa mère, et répétez vos rôles. Pyramus, vous commencez : quand vous avez discouru votre discours, entrez dans ce taillis, et ainsi, un chacun, d'après sa réplique 4.
PUCK, entrant, derrière eux. - ■
Quels rustauds en habits de toile 5 avons-nous ici, faisant les crânes auprès du lit de la reine des Fées ? Quoi ! une pièce de théâtre ! J'en serai un auditeur... et aussi un acteur peut-être, si je vois prétexte...
QUINCE
Parle, Pyramus... Thisby, venez en avant...
BOTTOM, Pyramus, annonant.
« Thisby, les fleurs sont douces d'odieuses saveurs!...
QUINCE, le reprenant.
Odeurs, odeurs !
BOTTOM
«... Douces odeurs, saveurs... Ainsi fait, ton haleine, ma très chère Thisby chérie!... mais écoute, une voix! Reste ici seulement un instant et tout à l'heure, je f apparaîtrai... [Il sort.)
PUCK, à part.
Le plus étrange Pyramus qui ait jamais joué ici ! (// sort.)
FLUTE
Dois-je parler maintenant ?
QUINCE
Oui, certes, vous le devez..,, car faut comprendre... il est allé pour voir un bruit qu'il a entendu... et il va révenir...
■• On sait que lés taches de la lune, figurent— aux yeux des paysans —un homme qui marche portant un fagot, Judas expiant sa trahison.
2 En terme de théâtre; Bottom bafouille, prononçant un mot pour un autre.
3 Voir la note 4, page 156. Chink.
4 Cuc, la queue, les derniers mots de la réplique précédente indiquant à l'acteur quand il doit parler ou agir..
5 Hempen homespuns. Hcmpen de Homp, chanvre — Ilonie-spun —Vêtu d'habits faits à la maison et non par un tailleur — ces deux expressions visent le paysan, lé rustaud. F. V.-II. a traduit par filandreuses brutes, expression qui n'est pas dans le ton de la scène et ne rend pas l'idée. ?52
FLÛTE, rôle de Tlvsby.
« Très rayonnant Pyramus, lys de teint si blanc, d'une couleur comme la rose rouge sur le triomphal églantier, très vif jouvenceau et très aimable juif\.. aussi fidèle que le plus fidèle cheval, qui jamais ne se fatigue, je le rencontrerai, Pyramus, à la tombe de Nini...
QUINCE, le reprenant.
La tombe deNinus, hé, l'homme! mais vous ne devez pas encore dire cela. Ça, vous le répondez à Pyramus... vous dites tout votre rôle à la fois, répliques et tout !... Pyramus, entrez, votre réplique est passée... c'est jamais ne se fatigue...
Rentre PUCK et BOTTOM avec une tôle d'âne.
FLÛTE, continuant le rôle de Tlvsby.
«... Aussi fidèle que le plus fidèle cheval qui jamais se fatigue.,.
BOTTOM, rôle de Pyramus, parlant à travers sa tête d'âne.
« Si j'étais beau, Thisby, je serais seulement à toi 1...
O monstrueux! ô étrange.!
QUINCE, épouvanté.
O monstrueux! ô étrange ! nous sommes hantés !... Je vous en prie, mes maîtres... fuyons, maîtres ! Au secours ! (// s'enfuit avec tous les acteurs — sauf Bottom.)
PUCK
Je vais vous suivre, je vais vous faire courir une ronde par marais, par buissons, par haies et par taillis... Tantôt je serai cheval, tantôt chien, cochon, ours sans tête, tantôt un feu... et je hennirai, aboierai, grognerai, rugirai et brûlerai, tour à tour, comme cheval, chien, cochon, ours ou feu ! (// sort.)
BOTTOM
Mais pourquoi se sauvent-ils ?... c'est une farce de leur part, pour me faire peur...
SNOUT, rentrant.
0 Bottom 1 que tu es changé ! Qu'est-ce que je vois sur toi ?
BOTTOM
Qu'est-ce que tu vois ?... tu vois une tête d'âne... c'est la tienne ! Vois-tu!...
1 Jouvenceau, Juvcnal, Juif, Jow. Jeu de mots.
QUINCE, rentrant.
Dieu te bénisse ! Bottom ! Dieu te bénisse! Tu es transformé. [Tous deux se sauvent.)
BOTTOM
Je vois leur farce... C'est pour faire de moi un âne... Pour m'effrayer, s'ils le
Tu resteras ici...
pouvaient. Mais je ne veux pas bouger d'ici; qu'ils fassent ce qu'ils peuvent! Je vais me promener ici, de haut en bas, et je chanterai pour qu'ils entendent que je n'ai pas peur. (Il chante.)
Lu merle, nu teint si noir,
Avec bec jaune orange ;
La grive à la note si juste,
Le roitelet à petites plumes...
TITANIA, s1 éveillant.
Quel ange m'éveille de mon lit de fleurs ?1
BOTTOM, chantant toujours.
Pinson, moineau, alouette,
Gris coucou à pleine chanson,
Dont la note esl entendue de beaucoup
Qui n'osent pas répondre, non !
[Parlé.) Car, en vérité, qui voudrait placer son esprit sur un oiseau si bête! Et qui voudrait donner à un oiseau le démenti, quand il crierait coucou ! jamais de la vie !
TITAN IA, s'approchant de lui.
Oh! je t'en prie, gentil mortel, chante encore !... Mon oreille est énamourée de ta note, comme mon oeil est asservi à ta forme... et la puissance de tes belles vertus par force m'entraîne —à première vue— à dire, à jurer... que je t'aime !...
BOTTOM, avec bonhomie 2.
Ma foi, madame, en cela, vous auriez peu de raison... Et pourtant, à dire vrai, raison et amour gardent peu compagnie ces temps-ci... Ce qui fait pitié, c'est que d'honnêtes voisins ne puissent pas en faire des.amis. Hé! je peux gagner la partie à l'occasion 3...
Tu es aussi spirituel que tu es beau !
BOTTOM
Non, non, ni l'un ni l'autre !... Mais si j'avais assez d'esprit pour me tirer de ce bois-ci, j'en aurais assez pour servir ma tournée.
Ne songe pas à t'en aller hors de ce bois !... Tu resteras ici... que tu le veuilles ou non!... Je suis un Esprit... d'un rang non commun. L'Été toujours s'étend sur mes États... et je t'aime !... Donc, viens avec moi... Je te donnerai des fées pour te servir ; elles iront te chercher des joyaux dans les abîmes et chanteront, tandis que tu dormiras sur les fleurs pressées... et je purifierai si bien ta grossièreté de mortel que tu deviendras comme un esprit de l'air... (Appelant.) Fleur-des-PoisI Toile-d'Araignée! Papillon! Graine-de-Moutarde ! [Entrent quatre Fées.)
PREMIÈRE FÉE
Présente !