‹ Œuvres de William ShakespeareChapitre 170 sur 176 · L. BOULANGER, ÉDITEUR. 00, ROULEVARD MONTPARNASSE, PARIS · texte numérisé non relu

L. BOULANGER, ÉDITEUR. 00, ROULEVARD MONTPARNASSE, PARIS

TRADUCTION NOUVELLE DE

JULES LERMINA

L'auteur de cette traduction — faite non point sur les traductions existantes, mais sur le texte lui-même — n'a d'autre prétention que de donner au lecteur la sensation exacte et précise de l'oeuvre de Shakespeare. Il estime qite, derrière l'oeuvre interprétée, la. personnalité du traducteur doit s'effacer. Il faut qu'à travers lui — qui n'est rien — transparaisse nettement le génie de l'auteur, avec ses qualités et. ses défauts, avec sa couleur propre, avec ses beautés et ses difformités.

Il s'agit pour les lecteurs français non de retrouver en un auteu-r étranger les caractères du théâtre français, mais au contraire de saisir ceux qui sont spéciaux à une autre nation. Il convient de leur rn.onl.rer non ce qu'eut été Shakespeare, s'il était né de ce côté du détroit, mais de les initier à ce qu'il est, et de leur donner la faculté d'apprécier, par l'inter-médiaire de la langue française, les particularités de la langue anglaise. Qu'on ne cherche donc pas en cette traduction les équivalences plus ou moins ingénieuses auxquelles se sont complu jusqu'ici les transformateurs de Shakespeare. Ici il est lui-même, en toute sincérité, avec ses rudesses natives et ses incohérences géniales, très clair d'ailleurs et parfaitement compréhensible, h l'aide de quelques notes aussi rares que possible.

Le traducteur voudrait qu.e grâce à son travail on éprouvât celle im-pression qu'on lit Shakespeare, dans le texte anglais et que, p>ar une sorte de prodige, on comprend une langue qu'on n'a. pas apprise.

En ce mot à mol mis au point, il s'est peu soucié a l'occasion de quel-ques incorrections syntaxiques, du moment qu'elles restituaient exactement la forme de son modèle.

Quant aux termes violents, excessifs même dont usait souvent Shakespeare, il ne s'est pas reconnu le droit de les atténuer. Que S/ia/iespeare soit comme il est ou qu'il ne soit pas. Sit ut est aut not sit.

Seulement, pour faciliter l'intelligence de ce théâtre admirable, il a jugé utile de multiplier les indications de mise en scène, qui font, dans le texte primitif, presque complètement; défaut. C'est la seule initiative qu'il ait cru devoir prendre, estimant que cet éclaircissement nécessaire laisse l'oeuvre intacte. Ce n'est pas être vrai que de rester volontairement obscur.

Le traducteur avoue donc franchement son ambition : il ne redoute

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TRADUCTION NOUVELLE DE

JULES LERMINA

L'auteur de cette traduction ■— faiie non point sur les traductions existantes, mais sur le texte lui-même — n'a d'autre prétention que de donner au lecteur la sensation exacte et p>récise de l'oeuvre de Shakespeare, Il estime que, derrière Voeuvre interprêtée, la personnalité du traducteur doit s'effacer. Il faut qu'à travers lui — qui n'est rien — transparaisse nettement le génie de l'auteur, avec ses qualités et ses défauts, avec sa couleur, propre, avec ses beautés et ses difformités.

Il s'agit pour les lecteurs français non de retrouver en un axiteur étranger les caractères du théâtre français, niais au contraire de saisir ceux qui sont spéciaux à une autre nation. Il convient de leur montrer non ce qu'eut été Shakespeare, s'il était né de ce côté du détroit, mais de les initier .à ce qu'il est, et de leur donner la faculté d'apprécier, par l'inter-pièdiaire de la langue française, les particularités de Za langue anglaise. Qu'on ne cherche donc pas en celte traduction les équivalences .plus ou moins ingénieuses auxquelles se sont complu jusqu'ici les transformateurs de Shakespeare. Ici il est lui-même, en toute sincérité, avec ses rudesses, natives et ses incohérences géniales, très clair d'ailleurs et parfaitement compréhensible, à l'aide de quelques notes aussi rares que possible,

Le traducteur voudrait que grâce à son travail on éprouvât cette im-pression qu'on lit Shakespeare, dans le texte anglais et que, par une sorte de prodige, on comprend une langue qu'on n'a pas apprise.

En ce mot à mot mis au point, il s'est peu soucié a l'occasion de quel-qu,es incorrections syntaxiques, dit moment qit'elles restituaient exactement la forme de son modèle.

Quant aux termes violents, excessifs même dont usait souvent Shakespeare, il ne s'est pas reconnut le droit de les atténuer. Que. Shakespeare soit comme il est ou qu'il ne soit pas. Sit ut est aut not sit.

feulement, poxir faciliter l'intelligence de ce théâtre admirable, il a jugé Utile de multiplier les indications de mise en scène, qui font, dans le texte, primitif, presque complètement dèfaxtt. C'est la seule initiative quHl ait cru devoir prendre, estimant q%e cet éclaircissement nécessaire laisse l'oeuvre intacte. Ce n'est pas 0t?§ -vrai que de rester volontairement obscur.

Le traducteur avoue donc franchement son\amkition * H ne redoute que de n'en avoiv pas rempli l'objjet.

ROMÉO ET JULIETTE

MACBETH

LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ

OTHELLO

LES JOYEUSES COMMÈRES DE WINDSOR

JULES CÉSAR

LA TEMPÊTE

LE ROI LEAR

LE MARCHAND DE VENISE

ETC

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