‹ Œuvres de William ShakespeareChapitre 54 sur 176 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

La cellule du Frère Laurence.

FRÈRE JEAN, entrant.

Saint Frère Franciscain! Frère, ho!...

FRÈRE LAURENCE, entrant.

Ce serait la voix de Frère Jean?... bienvenu de Mantoue?... Que dit Roméo? ou, si ses pensées sont écrites, donne-moi sa lettre...

FRERE JEAN

Étant allé pour trouver un frère à pieds nus, de notre ordre, pour m'accompa-gner, je l'ai rencontré dans cette ville, visitant les malades : Les inspecteurs de la ville, soupçonnant que nous avions été tous deux dans une maison où régnait la peste infectieuse, mirent les scellés sur les portes et ne voulurent pas nous laisser sortir. De sorte que mon voyage à Mantoue a été empêché.

FRÈRE LAURENCE

Qui a porté ma lettre à Roméo ?

FRÈRE JEAN

Je n'ai pu l'envoyer— la voici — ni avoir un messager pour te la porter, tant ils étaient tous effrayés de la contagion.

FRÈRE LAURENCE

Malheureux hasard! Par ma confrérie, la lettre n'était pas insignifiante, mais pleine d'intérêt et de chère importance : l'avoir négligée peut causer grand danger. Frère Jean, va me chercher un levier de fer et apporte-le tout de suite dans ma cellule.

FRÈRE JEAN

Frère, je vais et te l'apporte. (// sort.)

FRÈRE LAURENCE

Maintenant il faut que j'aille seul au monument, où dans trois heures la belle Juliette s'éveillera : elle me maudira beaucoup, de ce que Roméo n'ait pas eu connais-sance de ces incidents. Mais j'écrirai de nouveau à Mantoue et la garderai dans ma cellule jusqu'à ce que vienne Roméo. Pauvre cadavre vivant, enfermé dans la tombe d'un mort ! (// sort.)

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