CHAPITRE XXVII. — Des Consonunations publiques
Quel est le but des consommations publiques ?
De satisfaire des besoins communs à plusieurs citoyens ou à plu' sieurs familles.
Quels objets consomme-t-on dans ce but?
Des armes, des munitions pour les armées; des provisions, des médicaments pour les hôpitaux; mais principalement les services de plusieurs classes nombreuses d'hommes qui dirigent les affaires publiques : administrateurs, juges, militaires, prêtres, qui font leur profession de servir les peuples.
Qu^eniendez'vous par consommer le service de ces diverses classes?
Leurs travaux, tant intellectuels que manuels, ont une valeur que le public paie et qu'il consomme parce qu'il en jouit; et cette consommation a l'effet de toutes les autres; elle détruit la valeur achetée et payée, en ce qu'un service payé et consommé ne peut plus être employé de nouveau ; il faut qu'un nouveau service soit rendu pour qu'on en puisse tirer un nouvel avantage.
hti-tf le fmblic qwi amtomme lêêtrvice des fonctionnaires publics?
r'fsl le public, ou du moins c'est dansTiniérèt du public que ce serm fst consommé; et les foncUonnaires publics consomment, pour leur usage particulier, les valeurs qu'en échange de leurs services ils reçoivent du public.
Il fa donc là dedans une double consommation ?
<hil. de m^me qu'à la suite de tous les échanges; maiai| dans cecasn, l'un des deux produits échangés est un produit immatériel (celui da foortionnaire pubhc), et par conséquent il se trouve consommé à mettre que le service est rendu '.
Qu'en conclueZ'V9Usf
Que, bien que les fonctionnaires publics soient des travailleurs produrtib lorsqu'ils rendent de véritables services, leur multiplicité n'augnntf eo rien la richesse nationale. L*utilité qu'ils produisent est détruite à mesure qu'elle est produite, comme celle qui résulte pour le pirticulier du travail des médecins et des autres producteurs de pro- <loiU immatériels.
Qui esi'ce qui décide de rutilité du service des fonctionnaires publics, ^ 4m prix qu'il convient d'y mettre?
<> ne peut être, comme dans les autres consommations, le consommateur lui-mtaie; car ici le consommateur est le public, c'est-i-dire tto Hre composé d'une moKitude d'individus, et qui ne peut, en génépi, erpriroer ses besoins et ses volontés que par des fondés de pou-
* f^ 4riBaA4e par qui f^ trou«-«>roniiHniné le tervlce d'un conmlf qui m rend dans un ém Uifraut du mtnbt^ra^ et qui en lort tant avoir fait le moindre acte uUI« pour le pu- U^ > 4> commU f»t pifciif oienl dan» If cm* d'un ré\-erbère qui brûle dans un chemin ^w pnonnf n'a parcouru. Il n*a pa« été uliii*. main il fallait qu'il fût là pour Mrvir au nom0m M Kka tfTMce pouraît devenir nécMMirf. t'n loldal en Têdettc e»t uUle, même knqm l'enimni ne parait paa. Col aoiai l'utilité d'une armée permanente en tempa de H<t. l'or nation dont les Iniéréla mt eonvenablement foiicnra ne ae met paa dana le cas 4r fvoanr wufent è une uUlild éTentuelle qui coûte auasi cher qu'une nullté poai- 1. 1#. (Note dêVAu teur. )
* lion» pluMwrt pa>», le public lui-même n«minir. par dei élection*, iea pnncipaui UarttftttAaim qui KM|(nnit Ka fntéréti, ri là où le public est éclaire, il doit étie mieui wrvt piff dtt fonctionnaires ain^i rhoiiit, que »*iU étaient nomméa par un prince ou par w CMte pnvilncice. Quand eca élertlona aont fréquemment renouvelées, et que Iea fonr- '.n«,nA>rr« peuvent être rérlu». ceut-ci ont un mlérét direct à bien remplir leurs devoir», ■&« 4e rv*ter m pbrc. truand le public n'eft pas éclairé, il n'est pa» on bon Jnfe de*
Par qui sont institués ces fondés depouvoint
Par la constitution politique de I*Ëtat dont l'examen n'est pas d^ notre sujet. Nous pouvons seulement remarquer que la constitution politique est meilleure là où le même avantage est acquis au public» atji moyen des moindres sacriQces.
Quel est le principal avantage qu'une nation puisse retirer de ses dépen^ ses publiques f
La sûreté des personnes et des propriétés , parceque sans cela i] n*existe pas de société.
Quelles sont les dépenses qui pourvoient à cette sûreté?
Ce sont les dépenses relatives aux forces de terre et de mer destinées à repousser les attaques des ennemis du dehors; les dépenses des tribunaux criminels qui répriment les attentats coupables des particoliers, et celles des tribunaux civils qui repoussent les prétentions injustes qu'un citoyen peut élever contre les droits et les propriétés d'un autre citoyen.
Quel avantage retire le public des dépenses relatives à nnstruetUm p^ bliqueP
L'instruction, en adoucissant les mœurs, rend plus douces les relations des hommes entre eux; en nous apprenant quels sont nos vrais intérêts, elle nous montre ce que nous devons rechercher ou fuir; elle donne de Tascendant à la raison sur la force; elle enseigne & respecter les droits d'autrui, en éclairant chacun en particulier sur les siens; enfin, par son influence sur la production des richesses, elle est favœrah bleà la prospérité publique dont chaque famille prend sa part ^
qualités qui méritent sa confiance, il cède à la brigue ou aux menaces, il écoate ses passions préférablement à ses intérêts qu'il connaît mal, et ses choix ne sont pas bons.
U en est de même, au reste, des consommations privées, où le public est d'antant mieux servi, qu'il se connaît mieux aux choses dont il a besoin. On en peut concloie, généralement parlant, que la somme du bonheur est d'autant plus grande que les nations sont plus éclairées : aussi le vœu des amis du bien public est qu'elles le soient.
Les hommes dont les avantages particuliers sont en qiposlUon avec les intérêts du plu» grand nombre, désirent, par la raison du contraire, que les lumières ne se répandent pas. (Note de l'Auteur,)
* Ce qui est dit ici relativement ù l'instruction pnbllQue ne doit s'entendre qne d*nne véritable instruction, de celle qui enseigne des faits positifs, qui fait connaître la vraie nature de chaque chose, et la liaison constatée des causes avec leurs effets. Tout enseigne* ment fondé sur une autre base que l'expérience, tout enseignement où, comme dans Taneienne école, on s'occupe des mots plutôt que des choses, et des formes de rargumenti-
CATÉC;.lllSMi: b*£CONOMIË POLITIQUE. 101
fil*a7 méctitaire que toute espèce dHfutruction soit donnée aux défm in fublie f
.Nullement : les particulière ont soin d*acquérir à leure frais celle qui peut leur ^tre utile dans les foDClions sociales qu'ils sont appelés à itBplir ; cependant, la classe qui ne vit que de son travail manuel, ne pouvant donner à ses enfants la première instruction (celle qui enseipr à lire, à écrire et à compter], et la société étant intéressée à ce que cette classe soit civilisée, il lui convient, dans bien des cas, de fournir à ses frais cette première instruction '.
Vy a-/-a7 pas qustque autre genre de connaissances qu*it importe emx •i/mis de protéger spéciakment ?
Lm hautes connaissances, imr la nature des* choses, no rapportant pis à ceux qui les cultivent un revenu proportionné aux sen'ices qu'die» peuvent rendre à la société, il importe peut-être aux nations <i>D favoriser les progrès dans quelques écoles spéciales >.
:4Q |Flut.'4 que <lr la rerhfrrbe df la vérité, nVUnt propre qu*à «IrpriTer !> uteodeaieil « ie U« •riit d'un peuple» ni fune»tc a la loclété, et tend è la barbarie.
l.'uMirurtMiti pmniérc dunt le telle fait lentir le< avantagi's, peut maintenant étie teorrt lr«»-peu de fraia par la nifliiudi* expeditlve qu'un a nli^e en usage avec Leaa* ^t* ^ «urrr» dan* l'envelttnement mutuel ;{maia cette premièri! inttrucllon e»t peut-éliu *Ar«T Ir moindre des bienfaits que les nations recueilleront du cet enseignement. V,ù fa 00 ■ a pM aasri lemarqué, c'est son heureuse influence sur les habitudes moralo* ^ H»» un loi a la sorirle.
ftuM la nieihi^if qui lui sert de lase, il est impossible à Têeulier pareweui et Incapable < « ^Mtn\f de l'avancement : et 11 n'e»t pas mumii impossible que le plus laboneui, le plus '<^t.'uit. n> devienne pa.« le premier de ses confrères. Les étévM »*]r forment è Tut Ile vertu ^ m rendre josUre a eux-mèfnes, de la rendre anx autres, el de m eompler que sur leur »^îtr pnur par^rnir.
Uiràt ;«a «iiiilf> fxtAc*, où l'un ne sait liier l'attenliun des l'iifants que par des menar»» rt do punition». W talent di«il lU tirent le pin* d*avanta!:ft( e*l celui de flallrr leur ^r^f^ut; |t-ur« prionpaui effortii tendent moins à ^tre %êrll:iM«*inent sa«es et instruits 9« « le pAialtrr. Dp la des habitudes d'hvpocrUle et de ba«j«&!«e. tin dégrade leur* senli- ■K.U p«Mir aucmrnter leur instruction ; el quelle iniitruetlon ! Dans les niKiveltrs énilei, «rt.f*. caif. intrlligents, il« apprennent à emplover tous leurs moments; l'ubi^eiè, mère ^tr* %.€»%, kur r»t in»up|Mirtable;l<irw|u'iU Kiandiii»ent, Ils trouvent aisément une prufi*»- •».«. ri !•> tribunaut n'rniriidt lit j.miaH pailer dVu\.
La erol#« d'rntrivnement mutuel elanl propre» è favoriser le développement de re»|»ril kttBUàO et a diminuer rinfluenrr du sacerdoce, doi«i*nt être udieuses au\ prêtres, qui les wc*. !a-t supprimer partout où Ji-» homme» en pouvoir le lalMcnt diricer par eut.
* *r% mot», hautft niniiaiicfir'-t, nie M-mlilriit devoir être entendu* «le eo rnnnais- - «-•> lui fit* p> uv.-nt rue ai*«iuiM> que |*ar li> ht*:imi' i^ qui m ooiisaerrnl to:il rnlh-rs à
Quel avantage le public se flatte-t-il d'obtenir en salariant un corps etprêtres ?
Il se flatte de trouver en eux des personnes désintéressées qui prêchent la vertu par leurs paroles et par leur exemple; qui exhortent hommes à l'indulgence les uns envers les autres, et les consolent leurs adversités.
Quels avantages une no/ton retire-t^elle des établissements de bien/ai^ sance^ tels que les hospices, les hôpitaux?
C'est déjà une satisbction et un honneur que de venir au secours de rbumanité souflVante; mais de plus H faut considérer les hospices qui admettent la vieillesse et l'enfance dénuées d'appui, et les hôpitaux ouverts aux malades indigents, comme des maisons au maintien desquelles on contribue quand on est dans un état d'aisance, pour les trouver au besoin dans les moments de détresse. Il faut seulement prendre de suffisantes précautions pour que ces établissements ne favorisent pas le développement de la classe indigente, et ne multiplient pas les besoins en même temps que les secours.
Quels sont les avantages que les nations retirent des travaux et des édifices publics?
Les uns, comme les grandes routes, les ponts, les ports, facilitent les communications, les rapports des hommes entre eux, et développent tous les avantages qui résultent de ces rapports, avantages que je vous ai fait remarquer en plusieurs endroits de cette instruction.
D'autres établissements publics, tels que les embellissements des villes, les promenades publiques, sont favorables à la santé des citoyens, ajoutent aux douceurs de leur existence et les entourent d'ob-
leur étude. Elles ont très-peu d'applicaUons utiles aux usages de la société, et je ne sache pas qu'elle ait Jamais recueiUi aucun ayautage d'une équation du &* degré. Ce sont, au contraire, les éléments des sdenees qui sont utiles : la théorie du levier, celle du plan incliné serrent à chaque instant, et ont sioguUèrement contribué au bonheur des hommes. Cependant, eomme les éléments doivent concorder avec les notions les plus relcTées, il est avantageux que ces dernières soient toujours étudiées par quelques hommes; mais il n*est pas besoin que le nombre en soit grand : il semble devoir se borner à ceux qu'une disposition particulière appelle évidemment à les recueillir. Des écoles où l'on instruirait chaque année, à grands frais, plusieurs centaines déjeunes gens dans les mathématiques transcendantes, seraient des saperfétations dans l'instruction publique. Elles feraient souvent le tourment de la jeunesse, causeraient la perte d'un temps précieux, altéreraient peut-être, en les fatiguant, les autres facultés de Tcsprit, et seraient fort pou utiles aux in-^ Uiviiius comme à la société. f .Vo/c de. VA ii/ewr.^
caiéciiisme; bÉcuNomi!; politiqui;. 103
jHf rianls el agràibles qui contribuent k leur bonheur. Quant aux moiHimeDls purement de luxe, ils flattent la vanité nationale, et sous c« rapport on ne peut nier qu'ils ne soient productifs de quelques plaisirs; niM ce qui flatte le plus la vanité d*un peuple judicieux et éclairé, r'cst de montrer que cheE lui rien n'est négligé de ce qui est utile, el «ju'il met la commodité et la propreté fort au-dessus du faste. /. • fwti amsiêie Cêconomàe de ceux gui gouvernent ei adminiiirent les
De consiste à renoncer pour le pays à ces avantages qui coûtent Hw qo'ib ne valent , k obtenir ceux qui sont précieux aux meilleures roodilions possibles, et surtout à ne poiut employer les deniers publics 4(1 détriment du public et ao proflt des intérêts particuliers.
INAPITRE ULVIII. -^ Des Propriétés publiques et des lm|MMs*.
D'au rtennent les valeurs qui se eonsomment pour l'avantage du ytbhe y
Uk-s proviennent, soit des revenus que rendent les propriétés (|ui *pf«rtiennent au public, soit des impôts.
Le$ propriétés publiques sont-elles des propriétés appartenant à la natm tout entière ?
Quelquefois elles appartiennent k la nation tout entière; d'autres fois A une partie de la nation, à une province, à une ville*.
t.n quoi consistent, pour t ordinaire^ ces propriétés f
ijt Mm\ ou des capitaux ou des biens-fonds, mais le plus souvent fic-^ biens-fonds, terres, maisons, usines, que le {^ouveniement cui les
* \jt nioC dr rniitribMiioNi, doiit l'idée tuppon qndque chiit«* de volonUirr, nt prpfèré ^Mtti on parle da pa>t où de TériUblet repréienUnU de la nation, nomnm par elle fi ■èmiiên «««r Imu M» Intcréu, conicnlnit les cbarfiea publiquei, comme lonqu'il rai ^ttrMMu dn HtaU-l Dit, etc. Mau le mot d'iinpdc ounirirnt aua pays gouverné» dc«|KiU-
.wrfltrtii. uu Ir» rharicn publiqiira lont un triliut Impoaé par le prince, coounc en Turquie, en Auincbe.de. La mtee eiprcMion peut convenir auaai aui paya qui n'ont qu una wyifiiiiutiBw flctnc, di'nt la ma^oritr rat nommée en réalité par dca grands ou des pn • vilra^v. mnoïc l'AnKlrterre.
• ie% pfoprirtn publiqura qui .ipparticiincnl à des portions de la nation, comme crllra ^*% I ru«inee», de» villes, ne Mint jamais adminiMiem toléra bleincnl que par les auturiles
« ■ ^ ijui. plu* pn*» di» rrK.iril« «'.i* leui» jt'iiiiiiiBirrà. mmiI plu» f.iriii*mi*nl roiilenucs par ' ••?! •^Iiti.iiit i!r rii|iinMMi I i.l li«;nc. ^.\ii(#»i i/*» f Auteur 3
communes donnent à bail, et dont Os consomment le revenu pour l'avantage du public. Quand ce sont des forêts, on en vend la coupe annuelle ^
Qui est-ce qui paie les impôts?
Ce sont les particuliers que, 'sous ce rapport, on nomme contribuables.
En quelles valeurs se paie Fimpôt?
Ordinairement en monnaie du pays; mais quelquefois aussi en nature, c'est-à-dire en produits ou bien en corvée où le contribuable fournit son service personnel ou celui de ses gens et de ses bestiao^* De toutes manières, Timpôt se mesure sur ce qu'il coûte au contrit buable et non sur ce qu'il rend au gouvernement.
DiteS'm*en la raison.
Parce que la perte que le gouvernement peut faire sur les valeiin dont il impose le sacrifice au contribuable ne diminue pas l'étendue de ce sacrifice. Si un gouvernement force des cultivateurs à faire des corvées qui les obligent de négliger leurs récoltes, et qu'il en résulte pour eux, outre la perte de leurs journées évaluées à 50 francs, une autre perte de 50 francs pour le dommage qu'ils éprouvent, ils paient réellement une contribution de 100 francs. Et [si , au moyen de cet impôt, le gouvernement exécute un travail qui aurait pu être exécuié
* Au premier aperçu, il semble que c'est, pour une nation, un puissant avantage que d'avoir de grands domaines qui lui rapportent de gros revenus. Gela serait, en effet, liki dépenses étalent toujours rigoureusement réduites à ce que le bien dn public exige impérieusement. Alors les ressources que le fisc, 'ou le trésor public, trouverait dans les domaines, seraient autant de moins qu'il lèverait en contributions. Mais les choses tool souvent arrangées par l'autorité politique, de manière que la seule borne des impôts est dans les facultés des contribuables, et que les peuples paient toujours tout ce qu'il crt possible de leur faire payer sans qu'ils se fâchent. Ce que je dis là n'est pas une critique qui porte plus sur une forme de gouvernement que sur une autre, car les natioDt le conduisent toutes à peu près de la même manière. Dès lors, quand le public ou le prinee possède des domaines , le revenu des domaines se consomme tout entier, et le contribuable n'en paie pas un sou de moins.
11 y a même des publiclstes qui pensent que c'est un malheur pour les nations que de posséder de grands domaines, parce que les revenus en sont nécessairement adminiitréi par les gouvernements , ce qui les rend trop indépendants des peuples, et que des reTenoi considérables et assurés mettent le pouvoir en état de former de grandes entreprises, qal sont presque toujours de grandes calamités. Mais ces considérations sortent des questions économiques (les seules qui nous occupent en ce moment) pour entrer dans les quesUom politiques. (iVo/e de VAuteur.)
pir eoirepriae pour 30 (Imics, il est consUnt que le gouvernemeDl, du» ce cis, a levé un impôt de 100 draines, et qu'il n*a reçu qu'une valeur de 30 francs. Cesl comme s'il avait consommé, sans avantage pour le public, une valeur de 70 francs.
Sv qmettei valmn te prélèvent ie$ vaUun paféei par iet amirOuakinf
Sur les proQts qu'ils tirent de leur industrie, de leurs capitaux et de \nn terres. C'est une portion de leurs revenus que les contribuables ■e coosouuiient pa^ et qui est transportée au gouvernement, pour Hrc consommée par lui dans Tintérèt du public. Ainsi, quand on parie in revenus d'une nation, si aux revenus gagnés par les particuliers 00 ajoutait le montant des impôts, on compterait cette dernière somme <i«ui fois.
Arec qmÀ les particuliers paient^h t impôt quand leurs revenus ne sn/émà pas a leurs dépenses et à cette charge î
Arec une partie de leurs capitaux ; ce qui attaque une des sources de la productiOD. Ce malheur arrive surtout dans les pays où Tirnpôt etteicessif; cl s'il n entraîne pas le déclin total du pays, c*est parce <iQe les accumulations faites par certains particuliers balancent ou surptssent la déperdition éprouvée par certains capitaux.
Comument est fixée la quote-part de chacun dans la contribution com-
Iu>r9qu elle n'est pas flxée arbitrairement, on établit de certaines f^es pour parvenir k faire contribuer chaque chef de famille proportionnellement à ses revenus.
Su(/U'ii^ pour que timpôt soit équitable, qu'il se trouve réparti tlans me égaie proportion sur chaque retenu ?
>on : un impôt qui s'élèverait au cinquième des revenus, et qui ferait payer 60 francs i un revenu de 300 francs, serait une charge inC- Qimeot plus lourde pour ce revenu que les 6000 francs que le mùme uDpf'it ferait payer à un revenu de 30,000 francs. Lamtment connalt-on les rei-mus des particuliers pour les imposer? 2M Tmtérét |ierxmnel ne |H>rlait pas les hommes à déguiser la vérité, il suflirait de demander à chacun ce qu'il gagne annuellement par son mdurthe. ses capitaux ot ses terres ; on aurait la meilleure base de I impôt : on lui demanderait une |>art quelconque de son revenu ; ce iiC l'impôt le plus équitable, le moins lourd, et celui dont le recoucoAlerail le moins.
A défaut de ce moyens quels sont ceux que Von emploie pour faire contribuer les particuliers, autant qu*on le peut, en proportion de leurs revenus?
On juge des revenus des propriétaires ronciers d'après la valeur iocative de leurs terres, c'est-à-dire d'après le prix qu'elles se louent ou qu'elles pourraient se louer : de là la contribution foncière. On juge du revenu de ceux dont les revenus se fondent sur Tintérèt de leurs capitaux ou les profits de leur industrie, d'après la nature de leur com* merce, l'importance de leur loyer, le nombre des portes et des fenêtres qui se trouvent à leur maison : de là les patentes, la contribution ^lersonnelle et mobilière, l'impôt des portes et fenêtres.
C'est ce qu'on appelle en France les contributions directes, parce qu'on les demande directement et nominativement à chaque particulier.
I^'impose-t-on pas S autres charges sur les revenus?
Oui ; l'on suppose que chacun fait des consommations proportionnées à ses revenus; et l'on fait payer les producteurs de certaines marchandises, présumant que le prix de la marchandise augmentera d'autant, et que cette contribution retombera sur ses consommateurs.
Dans quelles occasions fait-on payer les producteurs de ce» marchandises?
Tantôt c'est au moment de leur première extraction, comme on fait en France pour l'impôt sur le sel ; au Mexique et au Pérou, pour l'impôt sur l'or et l'argent; tantôt c'est au moment où les marchandises viennent de l'étranger : d'où résultent les droits de douanes ; ou bien de la campagne dans les villes : d'où résulte en France l'octroi; tantôt c'est au moment où la marchandise est vendue au consommateur, comme lorsqu'on fait payer les droits sur les boissons, sur les billets de spectacles, sur les voitures publiques, sur les funérailles.
C'est ce qu'on nomme en France les contributions indirectes, parce qu'elles ne sont pas directement demandées à ceux sur qui l'on suppose qu'elles retombent.
N'y a-t-il pas d'autres manières d'atteindre les revenus des consommateurs?
Le gouvernement se réserve quelquefois l'exercice exclusif d'une certaine industrie, et à l'aide du monopole en fait payer les produits beaucoup au delà de ce qu'ils lui coûtent de frais de production, comme quand il s'attribue la fabrication exclusive et la vente du tabac, ou bien le transport dos Icllrrs par la poslo. Dans ce dernier cas, l'iin-
CATÉCHISME D'ÉCONOMIE POLITIQUE. iOT
pôt D'est pas égal à la totalité des ports de lettres, mais seulement à Il partie de ce port qui excède ce qu'il coûterait si ce service était ibandonné à une libre concurrence.
Ne samt-onpoi éC autres occasions encore de lever des contributions sur a facultés des tontribuables?
Oui : on lève des droits sur certaines transactions qui se répètent savent dans une société industrieuse et richCr On fait payer un droit renregistrement sur les ventes, les baux, les successions, les contrats, €8 actes des procédures, un droit de timbre sur les effets de commerce. Ici quittances, etc.
Les gouvernements trouvent même des profits dans des loteries, des maisons de jeux, et d'autres lieux où il D'y a aucune valeur produite, et où, par conséquent, l'impôt ne fait qu'aggraver les pertes qu'on y
Qu'esirce que les frais de recouvrement ?
Les frais de recouvrement ou de perception se composent de ce que l'on aoeorde aux receveurs, aux administrations, aux régies, aux feriBiers généraux, chargés de faire payer les contribuables. Ces frais sont une charge pour les nations, sans procurer aucun des avantages qui derraient être le dédommagement du sacrifice de l'impdt 3.
' Ceci a été écrit avant la suppression de la loterie en France.
' Lorsque les intérêts nationaux sont mal défendus, réconomie dans les frais de recoorrement n'est point une diminution de charge pour les peuples. 11 n'est pas un seul P^ en Europe où l'on ait autant simplifié la perception des impôts, et où elle coûte unri peu qu'en Angleterre; mais chacune des économies de ce genre ti*a servi dans ce ptys qu'à multiplier les dépenses du gouvernement, et non à diminuer le fardeau de» coDtribQtions.
n est à remarquer que le budget ou l'état des dépenses est le seul où l'intérêt de la nation soit opposé à l'intérêt des fonctionnaires publics; car plus ces derniers reçoivent, et plos il faut que les contribuables déboursent. Mais, pour ce qui est du budget des recettes» Itt intérêis des fonctionnaires se confondent avec ceux des contribuables. Le peuple doit désirer que l'on préfère les impôts qui altèrent aussi peu que possible les sources de la production, paice que c'est la production qui subvient aux besoins des familles : l'admioistration doit le désirer également, parce que, plus les revenus des particuliers sont considérdries, plus les rentrées du trésor sont abondantes. Le peuple désire qu'on fasse choix des impôts qui pèsent le moins sur le contribuable : l'administration forme le même soumit; car ce sont ces impôts-là dont la recette souffre le moins de difilcultés. Le peuple lésire que chaque impôt, en particulier, soit également réparti : l'administration ne le «sire pas moins; car ce sont les impôts équitablement répartis qui offrent le moins de •n-valeors, et dont la recette va aussi loin qu'elle peut aller. Tous les intérêts sont scni-