‹ Œuvres diversChapitre 44 sur 128 · EXAMEN CRITIQUE DE M. MAC CULLOCH · texte numérisé non relu

EXAMEN CRITIQUE DE M. MAC CULLOCH

MaiSi ne commet-on point une erreur, lorsque l'on confond un monopole qui n'ijoute rien à rutilité d'une denrée, avec It force végétative du sol qui élabore les sucs répandus dans la terre, Tair et Teau, pour en taire une nourriture salutaire? Un accapareur qui ramasse tous les tilés d*ttn canton, et se prévaut de la faculté qu*ii a de vendre seul du Ué« n'ajoute rien à la qualité de cette denrée; et ce qu'il gagne sur le cuoaommateur, est une valeur pour laquelle il ne donne à ce dernier nen en échange. Mais ce n'est point là l'opération qu'exécute un propheUire foncier par le moyen de son instrument qui est une terre. Il reçoit les matières dont se compose le blé dans un État, et les rend dans un autre. L'action de la terre est une opération chimique, d'où rvaulte pour la matière du blé une modification telle qu'avant de l'avoir lubie, elle n'était pas propre a la nourriture de l'homme. Le sol est donc producteur d'une utilité: et, lorsqu'un propriétaire foncier fait payer cette utilité sous la forme d'un profit foncier ou d'un fermage, as n'est pas sans rien donner à son consommateur en échange de ce que le consommateur lui paie. Il cède à celui-ci une utilité produite, el c'est en produisant cette utilité que la terre est productive aussi bien que le travail.

Je aaisibrt bien qu'il y a beaucoup d'autres utilités que nous devons a I actioo des forces naturelles, et que la nature ne nous fait pas payer: telle est la force productive qui crée et amène des légions de poissons MIT nos côtes et dans nos tilets; mais, de ce qu'il y a des agents naturels gratuits, s'ensuit-il que les agents naturels approprit's ne produisent pas? Nous devons tAcher de faire produire, autant que possible, par des agents gratuits, les utilités dout nous avons besoin ; mais, nous ne devons pas désirer que les terres ne soient pas des propriétés partjculières. De vrai, si le champ n'appartenait à personne, et si le fer- Mer ne payait aucun loyer, l'utilité que produit ce champ, de même que celle de l'air et de l'eau, serait livrée pour rien au consommateur qui ne paierait alors que le travail du cultivateur. Mais, cette supposiuon ne saurait représenter un cas réel ; car, alors un cultivateur se battrait avec un autre pour labourer un champ qui n'aurait point de propriétaire; nul ne voudrait faire les avances de la culture, et le champ resterait en friche. Le blé serait encore plus cher qu'à présent <iù nous sommes obligés de iwyer un profit foncier au propriétaire du K>l où le Mé a poussé; car nous n'aurions point alors de blé; or, on sait que nulle marchandise n'est plus chfre que celle qu'on m peut obtenir

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à aucun prix. Le propriétaire rend donc an service, puiflqo'il ooncont

par son instrument k ce que nous ayons du blé. Son serrice est eon-

mode pour lui, j'en conviens; mais nous ne pouvons pas nous m

passer.

Ces controverses que Je resserre par égard pour le lecteur, ont i mes yeux fort peu d'utilité, quand elles cessent d'être um simple narration de la manière dont les choses sont et dont les choses se passent; quand elles prennent pour bases des données moyennes qui ne se rencontrent jamais dans la nature, comme dans nos discussions, dégagées de circonstances qui en modifient les résultats. Ces discussions dégénèrent alors en des disputes de mots qui les font ressembler beaucoup trop aux argumentations de Técole. Un de leurs pios graves inconvénients est d'ennuyer le lecteur et de lui faire croire que les vérités de l'économie politique ont pour fondement des abstraeCioiis sur lesquelles il est impossible de se mettre d'accord. Entre les seetateurs de Ricardo et ceux de Qaesnay, il y a opposition complète de principes. Ceux-ci prétendaient qull n'y a de richesse nouvelle mise an monde que le profit du fonds, ou le fermage, qu'ils appelaient le produit net; les Ricaràiens prétendent, au contraire, que le soi ne nous donne pas pour un sou de richesses. Je crahts que les uns comme les autres, à force de généraliser, ne se soient également écartés des voies de la nature qui ne nous présente que des phénomènes com[riiqQés, résultats de plusieurs actions combinées, et qui marche à son but, à sa manière, et en dépit des règles qu'il nous plait de lui tracer. Les économistes de Quesnay déduisaient d'un seul principe (celui que la terre est Tunique productrice ) une foule de conséquences qui les conduisaient fort loin de la vérité. Voilà ce qui les a empêchés àt se soutenir. Leur dialectique était cependant assez serrée; elle aflfectait aussi des formules, des déductions mathématiques, et beaucoup de très-bons esprits s'y étaient laissé entraîner. Cependant, au bout d'un demisiècle personne ne se présentait plus pour soutenir les doctrines de Quesnay. Je crains que celles de Ricardo sur le profit du fonds de terre n'aillent pas si loin, parce que les questions sont maintenani mieux posées.

Heureusement que les vérités essentielles de l'économie politique ne dépendent pas de quelques points de droit qui peuvent toiûours être contestés. Elles reposent sur des faits ^t sont ou qui ne anU pas. Or, on peut parvenir k constater un fait et à développer toute» ses

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X*têl l« mélhode d'Adam Smilh, et ceU la boaiie*. «I ceux qui profcaHenl la même dociriiie ne ae aont paa \ de nier la coopération des fonds de terre dans la production des ricbcsaea sociales. Toujours prévenus de Tidée que le travail humain f9l seul productir, ils ont refusé toute action productive aux capitaux, ceal-è-dire^ à ces valeurs presque toujours répandues en améliorations sur une propriété territoriale, et qui forment le fonds de presque toutes les entreprises de commerce et de manufactures. Ils prétendent qu'un capital, une portion de capital ipar sup|K>sition, la valeur d'un «■uIaI oinl*UDe machine ; n*étant autre chose que la valeur accumulée d'un travail antérieur, le produit auquel la machine a contribué, n'est iDQjoura que le résultat d*un travail ancien ou récent.

ie crois qu*ils mêconnaisscut Faction du capital dans la production, plus encore qu'ils n*ont méconnu l'action du fonds de terre. Je crois 4|ue, dans toute entreprise qui va bien et qui ae continue» le capital ^efl, et n'est pas consommé; ou du moins qu'il est perpétuellement rHaMi, à mesure qu*il est consommé ; tellement qu'au bout d'une^ de 4eax, de dix années, un capital qui a servi tout le temps, existe ennire el ae rencontre tout entier au moment d'une liquidation. J'en appetto à loua ceux qui connaissent le moins du monde les entreprises udustrieUes. Les produits dune entreprise qui se soutient ont une valeur qui suffit non-seulement pour rétablir perpétuellement le capital dans aon intégrité; mais ils procurent un profit qu'il faut diviser en lieux parla : l'unt^ que l'on peut regarder coomie le salaire des travaux de l'entrepreneur , l'autre, comme l'intérêt de ses avances, h» la porlmn de la valeur ca|)itale que nous cousidéroiis est une mae, te eapital n'est rétabli qu'autaut que les produits, indépend«n* i de à'interéi, ont remboursé les réparations et que la machine a ra sou entière valeur. Telle est la marche de l'industrie, quand Hàecst productive; tels sont les faits.

'«.«au 9«ihoiU rs^nmemial* ik IU«:om, appliqucf au\ Kiencc» muralo et politique». '*3 •àA qiirla rioniunU pnN;rês lui «Im^fiit \eê aciiiirei physique». L'mmomlr politique lui M M nb profn^ ffritabln. Shtr fontlf ro ai^néral m ralMananniU uir an fait, et dmi m nm fnfuÊkUmn frarralr aa>cCto « ruotrevmc ; et eomne il elail boa •htrrvalcw «t lai- ■i«asr iBémnia. il m Uwiipa rartmcat i u rafement, qu'il ounYicm d'y rcfartfer a dcui «• a«^ ée te ovUic co uppoMlioii avec lui. San* douir quelque» faiU lui ont i*chappè ; *^ t&ilviei »oQt djni certains ra« inciioipU'Ici ; il a laïMr de rûti* dn partie» de la tcicnct, "' rimnffwevt de Mn livre laliw beauroiip a desirrr ; miM, d«iii k> détail», m mëtbwte ni U «nile qui puMie cuoduirc avrr certitude a la %erilr. r Aofr de l'iureyr. ;

Or, si la valeur capitale n*est pas consommée, en produisant on ne consomme aucune portion d*un travail antérieur. On ne consomme qoe le temps, le service, si Ton peut s'exprimer ainsi, du capital employé; de même que, lorsqu'on a cultivé une terre, après qu'on y a recueilli une récolte, on a consommé le service du sol pendant un an; mais l'on n'a point consommé le sol lui-même qu'on peut vendre, tontes choses égales d'ailleurs, aussi cher après la récolte qu'on l'aurait venda avant de l'avoir ensemencé. Après que l'on s'est servi d'un capital pendant une année, on peut le placer intégralement d*une autre manière, l'employer à une autre production. La valeur du capital, comme la valeur de la terre, est indépendante de la valeur du service quib rendent. On achète le service d'un capital, d'une terre, de même que l'on achète le service d'un ouvrier, sans détruire la chose ou la po*sonne dont on a acquis le service pendant un temps quelconque.

Pour appliquer à notre sujet cette démonstration qui a totalement échappé à Ricardo et à son école, comme elle avait échappé à Smith, si un capital est un travail ancien qui a été amassé et incorporé, pour ainsi dire, dans une machine; et, si ce capital ancien n'est point définitivement consommé dans la production d'un nouveau produit, la valeur de l'ancien travail ne fait nullement partie de la valeur da produit nouveau. Celui-ci est le résultat d'un service nouveau, sans cesse renaissant, mais d'un triple service : celui des travailleurs, cdai des capitaux, et celui des fonds de terre, quoique Ricardo n'en reconnaisse qu'un : celui des travailleurs d'ancienne ou de nouvelle 4ate. Le travail des travailleurs anciens a été incorporé dans un produit appelé machine; le produit des travailleurs nouveaux a été incorporé dans un autre produit, appelé, si Ton veut, étoffé; ces deux produits existent simultanément ; aucune portion de la valeur de l'un n'ajpassé dans Tautre.

Un autre exemple présentera la même doctrine sous un autre aspect Un spéculateur emploie une somme de dix mille francs à l'achat d'une partie de vin ou d'eau-de-vie, avec l'intention de l'améliorer en la gardant. En accordant que ce capital soit le fruit d'un travail ancien mis en réserve, le proGt que le spéculateur fera sur la liqueur ne saurait passer pour le produit de ce travail. C'est le capital lui-même qui est le fruit de ce travail et qui peut être réemployé ou consommé, après que la spéculation aura été terminée et aura procuré uni profit indépendant de la somme de dix mille francs employée par le spéculateur.

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Il est imposable de ne pas convenir qu'un capital est un produit étttnai des nouveaux produits auxquels il concourt; qu'en sa qualiU* de fonds productif, il rend un service qu'on est obligé de payer sous le noin dUniéréi, que l'intérêt des capitaux compose une partie des frais de production, et doit, par conséquent, faire partie du prix des mar- I, si le producteur veut rentrer dans ses frais. IH>urquoi s elcroQtre ces notions déjà adoptées par le bon sens du public? El |K>urqualiner du nom de grandes découvertes des principes abstraits q«i leur sont opposés et que contrarie l'expérience 7

L'expérience dément pareillement cette autre assertion de la m(^me école, que les salaires de l'ouvrier et les profits de l'entrepreneur sont peqietuellement en opposition ; que les salaires ne sauraient hausser, MBS que les profits baissent, et vice versd. Quiconque a vu beaucoup d'entreprises industrielles peut rendre témoignage que c'est dans celles qoi donnent les plus gros bénéfices i leurs auteurs, que les ouvriers mt te mieux payes. A Paris, comme à Londres, on bâtit beaucoup, à rrpoqueoù nous sommes, ce qui est une preuve qu'on trouve de beaux profits dans cet emploi de capitaux. Or, dans l'une et l'autre ville, les qui travaillent k la confection des maisons, les maçons, charmenuisiers, couvreurs, serruriers et les autres, sont peut-être lesomrriers qui, i talents égaux, gagnent les plus forts salaires. U vive immnét d'un produit est favorable à tous les producteurs qui s*en œrupeni» et le profit des uns n'a point lieu aux dépens des autres. — Cttl une circonstance accidentelle, dira-t-on, qui détermine un sem- MaUe effet. ~ Mais peut-on appeler accidentelle une circonstance qui dure des siècles? 1^ manufacture des glaces de Paris donne des prcifils «msidérables, depuis cent cinquante ans qu'elle existe.

La situation de la société, ajoutera-t-on, occasionne la demande d'un certain produit au point d'en élever les frais de production; et la ynicnr d« produit demeure encore égale aux frais de production ; mais, si k demande occasionne cet eflet, comment peut-on refuser k l'étendue delà demande toute influence sur les prix?

L'expérience dément encore une autre assertion de Uicanlo. Il a dit fi'en même temps que le prix de la main-d'œuvre n'^gle la valeur dos pmduils, c'est le prix des drnréos «le première nécessité dos ^r.iliis ^ ^jjrope, par exemple», qui régie le taux «le la main-«rnMivn\ i*( qiir k reorhérissenient du blc diminue le taux des profits et augmente le»

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