‹ Œuvres diversChapitre 43 sur 128 · DISCOURS DE M. MAC CULLOCH · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. MAC CULLOCH

Septembre 1825.

|ji grande împortince que les esprits éclairés attachent maintenant à réconoorie politique; la résolution prise par le gouvernement de la ■alion la plus commerçante du globe » de modeler désormais ses lois «eonomiques sur les principes dont cette science démontre la vérité; iaarniils que la (Grande-Bretagne recueille déjà d*une marche plus analogue aux progrès dea lumières, sont des motifs suflisants pour arrêter instants notre attention sur une brochure qui a vivement inlê e» Angleterre, et qui vient d*étre traduite en firançaispar M. Guil. hwoal, fils du savant professeur de <;enève.

Les Tniversités de TEurope se ressentent encore de leur origine moneale; elles n*ont point suivi la marche du genre humain, fjes Acadé- ■in, les corps savants n*ont dirigé leurs recherches que sur les science phvsiques et mathématiques: c'est-à-dire , sur des objets matériels. Us phénomènes que présente la société, étant plus compliqués, ont été ctadiés les derniers et naguère n'étaient enseignés nulle part. On notait que leur existence n'avait d'autre fondement que les volontés «bitraires et versatiles des hommes, et ne dépendait en conséquence iaocuns principes fixes, susceptibles de démonstration et pouvant de- *mr les objets d'une étude solide. Ce qu*on appelait pAr7o>o}iAi>, meta- ^fifv, utoraiff n étant |>oint fondé sur Toliservation et leipérience, •r pouvait conduire à rien d'applicable et d*utile. Mais, le dernier siècle <«vnt une ère nouvelle pour les sciences morales et politiques. l.ocke Pmi le Oambeau de l'analyse dans les opérations de l'entendement ; et

cinquante ans plus tard, on commença à s'apercevoir que les phénomènes que présente l'économie des sociétés , dépendent aussi de certaines causes qui produisent toujours les mêmes efiets dans des circonstances semblables. Toutefois, ces aperçus demeurèrent vagues et imparfaits, jusqu'au moment oh des observations plus sûres relativement à la nature des choses et à leur mode d'action, avertirent les publicistes qu'une nouvelle science existait, qu'elle reposait sur des fondements aussi certains que ceux de nos autres connaissances, c'est-à-dire, sur ^ohse^ vation des faits, et que les personnes qui demeuraient étrangères ans principes de Téconomie politique, se trouvaient réellement en arrière des lumières de leur siècle.

Cependant, les matériaux devenaient tous les jours plus abondants: des occurrences nouvelles donnaient lieu à de nouvelles observations; les conséquences qu'on en tirait pouvaient être mêlées d'erreurs; et partout on sentait la nécessité de se réunir pour discuter, pour s'écliirer. Bonaparte avait supprimé, dans l'Institut, la classedes sciences morales et politiques. 11 voulait pouvoir commettre sans contrôle les sottises qui Tont conduit au tombeau. A l'époque de la restauratioD, quelques tentatives furent faites en France pour y suppléer ; elles rencontrèrent des obstacles. Ce qu'on est réduit à souhaiter sur le Continent, en Angleterre s'exécute; et déjà, depuis plusieurs années, il; avait à Londres une société d'économie politique, lorsqu'un de ses mein* bres les plus zélés et les plus influents, David Ricardo, cessa de vivre. Cette perte fut profondément sentie. Ricardo avait contribué i étendre nos connaissances économiques par ses écrits; il en prenait li défense dans le parlement; son caractère irréprochable, son îmoMaie fortune, leur prêtaient un appui constant. Plusieurs amis des lunûèm et de l'humanité se réunirent pour offrir à sa mémoire un tribut qui fût digne de lui et digne de notre époque. On fonda, par des souscriptions particulières, un cours public destiné à exposer et à répandra 1« principes de l'économie politique; et M. Mac Culloch, Écossais qui lé* tait fait connaître par de bons articles dans la Rew^ d*Édimbowrgd dans VEncychpedia brùannica, fut choisi pour remplir cette chaire. CiA le discours préliminaire de son cours qui fait le sujet de cet article.

M. Mac Culloch répond avec éloquence, avec succès, aux attaqua dirigées contre les notions dont le développement lui est confié. On a reproché à l'économie politique d*ocouper les hommes d'intévèU trop matériels, trop mondains; mais , comment ne voit<on |ias qa*tn

KXAMKN CRITIQri-: l»K M. MA<: r.ri.LOCH. jlî»

iMru|Miil laKOcièt^ ilo ce (|iii iinilliplio s(*s rcss(iiirr<v«. st*s rirlM'ssi's, «in oiridaiHiwiimain!!, eii m^mo (rmps qui» des iiKiyeiis île InmhiMir. l'ai- «anre ahiioluinent nik^esiMire pour développer dan^ Thominp los plus wMrs facultés tie aon Ame ?

- Là où nulle richessu* n'est recueillie et amass«'^» dit M. MacCullocli, iMprit des hommes, constamment occu|»é du soin de p^nirvoir aux Ihî- •oins urgents du cor|>s, ne saurait ^trc cultivé; les vues, les sentiments

MNil étroits, personnels, illilM^raux Sans la tranquillité et les res-

NHirres que procure l'aisance, ces études élégantes, qui étendent nos pensrâs, purifient notre goût, et nous placent plus haut dans Téchelle desétrt*s, ne sauraient avoir lieu. L'étal de barbarie ou de civilisation d'un peuple dépend plus «le Tétat de ses richesses que de toute autre nmonslance. A vrai dire, un peuple misérable n'est jamais civilisé, et une nation opulente n'est jamais barbare. »

• Les lois que suivent les corps célestes, observe avec raison M. Mac Culloch» dans un autre endroit^ quoique nous ne puissions exercer U moindre influence sur leurs résultats , sont néanmoins regardéi^ comnieun noble sujet de nos éludes. Mais, combien K^s lois que suivent ilans leur marche les sociétés humaines, les lois au moyen desquelles une nation s'élève au sommet de la civilisation et de ropulence,ou s'enfonce dans un abîme de barbarie et de misères, ne sont-elles pas pkaa loiportantes |iour nous, puisqu'elles touchent de si près à notre bouheuretque nous|K>uvons exercer une si grande influence sur les phénomènes qui résultent de leur actitm ! i.a pmsp4>rité d'une nation ne dépend pas, à beaucoup prî»s, autant de l'avantage de sa situation, de la salubrité de son climat, de la Tertilité de son sol. que des institutions qui excitent le génie inventirde Tliomme et Tavorisent le développement de ses facultés. Avec de telles institutions, les nagions les plus inicrales, les plus inhospitalières, deviennent l'asile run/r>r/a^/c d'une l«|NilatJon nombreuse, élégante iH bien |>ourviie ; tandis que, sans Hlr^, les pays b»s plus favoris«\s di' la nature ne ToumissiMit qu'une existence inifiarfaite à des hord(*s clair- s«Nné«*s, miMTables et féroces.» Je passe par-dessus lieaucoup d'autivi» considérations im|Nirlantes, rrUlivement à l'objet, aux moyens et k rhisloin^ de t'iTononite politique, considératitins que U*s lecteurs franrais ii valent déjà renia rqinVs dans un autre disc*ours préliniinain* dont M. Mac Cul UkIi s'est servi tieaucuup plus souvent qu'il ne Ta cite, |M)ur arriver à des |Kiints en Ula^ auxquels on ii attache quel(prini|M)rt.ince de l'autre c^té du dé-

troit, etsur lesquels l'opinion générale est encore loin d*ètre fixée^.

Dans le précis historique que M. Mac Culloch trace des progrès de l'économie politique, il fait honneur à David Ricardo de plusieurs vérités qu'il dit nouvelles et fondamentales. Voici dans quels termes il s'en explique, page 66 de l'édition anglaise :

« Le principe fondamental soutenu par M. Ricardo, dans son grand ouvrage^, est que la valeur échangeable, ou le prix relatif des marchandises, dépend uniquement des quantités de travail nécessaires pour les produire.,. Il en résulte :

al*" Que les profits fonciers ne font nullement partie des frais de production';

2*" Que les capitaux étant les résultats d'un travail précédent, et n'ayant d'autre valeur que celle qu'ils tirent de ce travail» la valeur de

* L'auteur fait ici allusion au Discours préliminaire qu'on lit en tête de son Traité d'tieonomie politique et que M. Mac Culloch a en effet fortement mis à contribuUon, surtout lorsqu'il trace la ligne qui sépare l'économie politique de la staUstique ; lorsq[u11 montre Tusage que peuvent faire de la première de ces sciences, non-seulement les hommes qol gouvernent, mais ceux qui sont gouvernés; lorsqu'il indique les vérités qu'Adam Smith a solidement établies, et les raisons qui font qu'une vérité appartient, non au premier qui l'énonce, mais au premier qui la prouve ; lorsqu'il répond aux objecUons contre réoonomie politique tirées de la diversité des opinions de ceux qui la professent ; enlln lorsqu'il se livre à une foule d'autres considérations relatives à l'histoire et aux progrès de cette science. M. Mac Culloch a pu en user d'autant plus librement à l'égard de ce Discours préliminaire, que le libraire anglais, qui a publié la traduction anglaise du Traité de J.-B. Sat, a Jugé i propos d'en retrancher le Discours préliminaire tout entier, aûn d'épargner quelques feuilles d'impression, s'imaginant peut-être que le lecteur anglais achèterait le livre sur son titre et sans s'informer s'il était ou non complètement traduit. {Note des Éditeun.)

* Principes de VÉconomie politique et de Vimpôtj publiés 4 Londres pour la premiérB fois en i817, et dont la traduction, avec les notes des différents commenUteurs, fait maintanant partie de la Collection des principaux économistes, publiée par MM. Guillaumin et C\ (Note des éditeurs),

' Par profits fonciers (en anglais rent ) il faut entendre les profits qu'un propriétaire retire de sa terre, indépendamment de ce que peuvent rendre le capital répandu en amélierations sur le sol, et le travail du cultivateur. Ce profit foncier est représenté par le fermage, quand la terre est donnée à bail. Le traducteur français traduit ce mot par la rente, expression impropre, et qui sent le style qu'on appelle réfugié, parce que les protestant» français obligés de chercher un refuge dans l'étranger, étaient sujets à transporter dans leurs écrits français, les termes et les tournures qui frappaient incessamment leurs oreiller Le mot rente, et même rente foncière^ est d'autant plus impropre pour rendre l'expresalon anglaise rent, que ce mot a déjà une autre signification en français, où il veut dire une rente hypothéquée sur un bien-fonds, et qui n*n aucun rapport avec le profit annuel de ce même fonds. D'ailleurs, nous avons en français le mot fermage qui représente le profit foncier, le profit résultant de l'action végétative du sol. {Note de VÀuUur.)

EXAMEN CRITIQUE UK M. MAC CllLLOCH. MS

la marrhandifle, produite par leur moyen, est proportionnée aux quantités de travail consommces pour la production de cette marchandise; ce qoi montre que sa valeur est toujours déterminée par la çuaniilé de irmtml que sa production a exigée.

9" Qu'une hausse dans les salaires des ouvriers occasionne une baisse dans les profits des entrepreneurs, et non une hausse dans le prix «lu produit comme aussi une baisse dans les salaires occasionne une hausse dans les prolits et non une baisse dans le prix.

» Ces conclusions, ajoute M. MacCulloch,sont toutes de la plus haute mportance, et en les établissant M. Ricardo a donné k la science un aspect tout nouveau. •

Il s'agit de savoir si elles sont fondées et conformes i Pexpérience.

Et d'abord, est-il bien vrai que la valeur échangeable, le prix relatif d'une marchandise dé|iend uniquefneni des quantités de travail nécessaires pour la produire? Ricardo prétend que le travail se retirant toujours d'un emploi qui n'indemnise pas les travailleurs, il n*ya jamais plus d'olTrcs que de demandes; et d*un autre côté, que la concurnmce des travailleurs se portant toujours là où il y a plus de demandes, il ^ a toujours autant de quantité offerte que de quantité demandée. Il se croit autorisé^en raison de ce principe général, à nier rinlluence au moins d'une manière suivie) de TotTre et de la demande sur les pnx. Il méconnaît ainsi ce qu'il y a de mieux démontré par l'expérience; c'est qu'on oliserve des variations |»erpetueiles dans les quantités de produits que peut fournir une m^me quantité de travail : c'est qu'il y a une variété mliniedans les dilTérentes capacités des hommes et dans Ir prix de leurs travaux. Il méconnaît l'influence que l'état où se trouve la société, un pays, une ville, exerce sur la demande qu'on fait de tel oude tel produit — Ce sont la des exceptions, dit- il, mais l'influence du pnndpe subsiste et agit constamment. — Cela est possible, abstracbfemeot parlant; mais, au fait, les circonstances de la société qui loutcsagisseiit en vertu de quelqu'autre principe, existent de même, et ToQ ne doit jamais faire abstraction de leur influence.

ht I on était fondé à poser des principes généraux au milieu de tant diafloenoes particulières, ne pourrait-on pas dire avec plus de raison que c'est l'utilité des produite qui est la cause de la demande que le puliftic en fait, que cette utilité est, par conséquent, le premier fondement de leur valeur; et ne pourrail-on pas ajouter que les frais de prodttctioDSOnt u ne circonstance accidentelle qui tait que le produit

ne peut être fourni au-dessous d'un certain prix? En admettant que les frais de production sont la circonstance principale qui donne de it valeur, il faudrait admettre qu*un produit qui serait reveou à cent francs vaudrait cent francs, quoiqu'il ne fût bon à rien et que personne n'eo voulût. Si nous nous représentons la valeur d'une chose, par une (|uantité d'eau versée dans un vase jusqu'à ce qu'elle déborde, pourrons-nous dire que ce sont les bords du vase qui sont la cause qui bit qu'il y a de Teau dans le vase parce qu'ils déterminent la hauteur audessus de laquelle l'eau ne saurait «'élever?

Quelque penchant qu'aient les Anglais à soutenir les doctrines de leurs compatriotes, préférablement à celles des étrangers, il ne faut pas croire qu'ils abondent tous dans le sens de Ricardo. Nous vivons dans un siècle où les droits de la vérité marchent avant tous les autres. M. Tooke qui a montré, dans son livre sur les hauts prix et les bas prix, combien la doctrine des valeurs lui est familière, ne partage point l'avis de Ricardo qui a encore été combattu dernièrement par l'auteur d'une dissertation sur les valeurs dont le passage suivant me parait répandre du jour sur le même sujet* :

• Pour peu que l'on connaisse les manufactures, dit cet auteur, on sait qnil y a, dans différentes occupations et même souvent dans des occupations pareilles, différents degrés d'habileté et de promptitude dans l'exécution, qui permettent à certains ouvriers de gagner le double de ce que gagnent leurs camarades dans le même espace de temps. On saitencore qu'il y a des cas où l'insalubrité du travail, son désagrément, le danger dont il est accompagné, affectent beaucoup le salaire qu'on en retire. On sait que la valeur de certains articles est la même, quoique produits dans différentes villes, par des ouvriers différents et dans des circonstances fort peu semblables. Si la nature et la quantité des travaux varient, et non le prix, peut-on affirmer que le prix dépend uniquement de ce travail? Ce n'est pas répondre que de dire avec M. Mill, qu'en estimant les différentes quantités de travail, il faut acearder wie certaine latitude aux différents degrés de difficuité et d'habileté. Des exceptions de ce genre détruisent la règle. Les différents degrés d'habileté sont des circonstances qui affectent la valeur des produits, aussi bien que les différentes quantités de travail ; la quantité de travail n'est donc pas la seule cause qui influe sur la valeur. Que penserions-nous

* A critical dissertation on Values page 209.

EXAMEN CRITIQUE DE M. MAC riILLCICH. MT

d'uwattertion par laquelle on prétendrait que les habitaaont entre eux nbAivement i leur valeur, comme la quantité de drap employée pour lai taire, aauf pourtant lea diveraeaquaUtéi du drap? Où serait la vérité, oàseraii l'utilité d'une telle proposition, surtout si elle devait servir de kaae à une déduction rigoureuse et mathématique ? La proposition ne devraitp-elle pas en réalité être changée en une proposition diamé- Iralcmeiil opposée, qui serait que la valeur des habits entre eux n*ist ras eonme la quantité de drap qu'il a fallu pour les faire 7 Que deviendraient dés lors les oonsé<|uences rigoureuses qu'on aurait tirées de la première proposition? •

Pour ramener tout k son idée dominante, que la quantité de travail iaBue seule sur le prix des produits et devient par là l'unique source des richesses, David Ricardo doit prouver que Faction végétative de la larre n*y contribue en rien. On sait comment il s*y prend pour le prouver. Il suppose que le territoire d'un pays est assez vaste encore par rapport au nombre de ceux qui l'habitent et qui peuvent le cultiver, pour que les terres de première qualité vaillent seules la peine d'être cultivées. Elles donnent un produit qui sufllt pour indemniser le cultivateur de ses peines et de ses avances : mais rien au delà. Si le cultivaleur est en même temps propriétaire, son champ ne lui donne aucun tnbi foncier; s'il ne l'est |ias, il ne peut psyer aucun fermage; car alm il ne rentrerait |ms dans la totalité de ses avances, et il préférerait ne pas cultiver le champ.

Celte société se multiplie et devient plus riche ; la demande des proliuOsdu sol s'augmente en conséquence, et eu porte le prix à un taux M qu'il devient prolitable de cultiver les terras de seconde qualité que feacanlo désigne sous le nom de i€rre$ A* 9. Celles-ci, avec le même capital, les mêmes soins, le même travail, ne rendent que 90, sur le même esfiace où les têrr§â A» t rendent 100. Dès cet instant, dit-il, un fermage est possible; car. du moment que la valeur des produits terrinaux est telle qnedescullivateura trouvent leur compte à cultiver des lerraa qui. sur un espace donné, rendent 90 boiiseaux de froment au lieu de cent, les propriétaires des (erm A'<*f trouveront des cullivateure ^1 feront un profit pareil, même lorsqu'ils paieront 10 boisseaux «ou ia valeur de 10 boisseaux) |ionr le fermage. Après avoir paye ces 10 boisseaux, I»!* rulllvateursd(*s terres de premién^ qualité recueilleront focore 90 boisseaux qui sullisoiit pour indemniser ceux qui cultivent l«« lerrcs de deuxième qualité.

Si la population et le prix du blé augmentent encore, on pourra trouver du profit à cultiver les terres de troisième qualité, c*estri-dire celles qui ne rapportent que 80 boisseaux. Alors les propriétaires des ^err«fj\^ S pourront en tirer un fermage de 10 boisseaux, et les propriétaires des ^^re5 ^o 1 obtiendront des leurs 20 boisseaux de loyer; puisqu'après avoir payé ces vingt boisseaux, il en restera 80 au fermier de même qu'au cultivateur qui aura mis en rapport les terre$ iV» 3, sans payer aucun fermage. On peut ainsi continuer la suppostiion jusqu'à ce qu'elle représente la situation réelle du pays où l'on se trouve.

Quelle conséquence Ricardo et son école tirent-ils de là? Cest que le prix du blé n'est jamais déterminé par le taux du fermage, mais bien par les frais de culture, de main-d'œuvre, que, dans ce système, réclament les plus mauvaises terres en culture, celles qui ne donnent point de profit foncier. D'où ils concluent que le travail seul oontriboe à ta production; que le profit foncier n'est que le résultat d'un monopole, et qu'il n'a d'autre efiet que de faire payer au consommateur une portion de valeur qui ne fait pas partie du prix nécessaire des choses.

On peut répondre à cette doctrine que je suis forcé de comprimer pour qu'elle puisse être contenue dans les bornes d'un article, que, du moment que la richesse d'un pays consiste dans la valeur échangeable des choses qu'il possède, la production annuelle consiste dans la valeur échangeable des produits annuels, quels que soient les moyens de production employés. Il est permis d'attribuer avec Adam Smith la valeur territoriale produite, à la quantité de produits territoriaux que le public demande, comparativement à la quantité qu'on en peut créer. Qu'estce qui fait naître et soutient cette demande? D'une part, l'utilité de ces produits, telle qu'elle résulte de l'état où se trouve la société; et d'une autre part, la quantité de tout autre produit que l'on peut créer et donner en échange des premiers. Si la société produit beaucoup, elle offre, pour avoir un boisseau de blé, plus de valeurs que n'en exige le remboursement des avances du cultivateur. De là cet excédant de valeur qui, dans une société populeuse et productive, donne naissance au fermage.

C'est l'effet d'un monopole, ajoute-t-on ; un monopole n'occasionne point une création; il n'occasionne qu'un déplacement de richesses ^—

* Voyes BucBANAïf : Commentaire sur la Richeste des natinne.

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