EXAMEN CRITIQUE DE M. MAC CULLOCH
ralenra produites. Celle de l'entrepreneur en éprouve de considérables. Voilà les vérités pratiques qui sont d'une grande utilité pour les particuliers.
Quant aux publicistes, aux hommes d'État dont les vues se portent mot tout sur des considérations d'intérêt général, sur les moyens (Ttugmenter Taîsance nationale, les vérités pratiques, celles qui peuvent le plus utilement les diriger, me semblent être celles qui ont pour objet la production, et les causes qui la favorisent. Pour les uns comme pour les autres, je serais tenté de croire que ce qu'il y a de plus importmtaprès ces démonstrations, c'est l'analyse de la consommation et de «es effets, parce que c'est ce qui peut éclairer les hommes sur les rcnltats bons ou mauvais de l'emploi des richesses, qui sont trèshnaes ou très-mauvaises, selon Tusage qu'on en fait.
Au surplus, les controverses abstraites contre lesquelles je crois utile de m'élever, ont d'autant moins de chances de se perpétuer en Angletare, que les sociétés d'économie politique s'y multiplient tous les jours, fiu vivant de Ricardo, il n'y en avait qu'une à Londres : non-seulement, die est devenue plus nombreuse; mais il s'en est formé une autre, dans k partie la plus commerçante de la ville. L'une et l'autre sont composées d'hommes de pratique, qui tous prennent part, soit aux affaires publiques, soit à des entreprises par actions, soit à des commerces par- Ifedliers. J'ai assisté, dans le sein de ces sociétés, aux discussions les plu intéressantes élevées entre les hommes les plus instruits. 11 est impossible que l'attention de ces réunions distinguées ne soit pas sans ramenée sur des sujets applicables, soit aux intérêts privés, soit intérêts de la nation, soit à ceux de l'humanité. Non-seulement on a attaché à l'ouvrage de Ricardo une importance .qni me parait exagérée; mais on lui a attribué avec aussi peu de fon- ', dément le mérite de l'originalité et de la nouveauté. Suivant M. Mac |4Binoch, la publication de cet ouvrage forme une ère nouvelle et me- ^tÊmUe; on se récrie sur ce qu'il a découvert que toutes les valeurs **^ttngeables ne sont que le prix du travail, et que les fonds de terre - iBAoeot en rien sur les prix, sans faire attention que M. Destutt- ^, dans son Commentaire sur Montesquieu, qui même, dès avant ^ |jfertnemenls de 1814, avait été traduit en anglais par l'illustre Jef- ^^xlniso!!, ei-président des États-Unis, avait avancé précisément les Wm principes; et qu'il les avait reproduits, en 1815, dans son
Traité de la volonté *. Je ne les crois pas plus exempts d'erreur; mais,
enfin, voici les expressions de M. de Tracy ;
«1 Dans nos Tacultés et dans remploi qu'en fait notre volonté godûtent tous nos trésors, et cet emploi, le travail est la seule richesse qoi ait par elle-même une valeur primitive naturelle et nécessaire qu'elle communique à toutes les choses auxquelles elle est appliquée, et qui n'en sauraient avoir d'autre... Adam Smith a bien vu que ce qui compose la masse des richesses d'un particulier ou d'une société» n'est autre chose que du travail accumulé... Cependant, il croit voir encore, dans la rente de la terre, autre chose que ce qu'il appelle les ftofti d'un capital. Bf . Say va plus loin. Il voit nettement qu'étant incapables de créer un atome de matière, nous n'opérons jamais que des transformations et des transmutations... 11 prononce, sans hésiter, qu*UD fonds de terre n'est qu'une machine. Néanmoins il maintient encore plus formellement que Smith, que c*est de l'action de la terre que naît le profit qu'elle donne à son propriétaire'. ... Avec cette prévention, on ne sait comment déterminer le prix naturel et nécessaire de chaque chose '.
» C'est à tort qu'on a fait de l'industrie agricole, dit le même auteur, dans un autre ouvrage, une chose essentiellement différente de toutes les autres branches de l'industrie humaine, et dans laquelle l'actîoD de la nature intervenait d'une manière particulière 4.... Tous les êtres existants dans la nature, et susceptibles de nous devenir utiles, ne le deviennent que par l'action que nous exerçons sur eux, par le travail plus ou moins grand que nous exécutons pour les convertir à notre usage... Ce n'est pas à dire que, s'ils sont déjà devenus la propriété
* La portion de cet ouvrage qui a rapport à l'ÉGonomie politique a été réimprimée fooi le titre de Traité (V Économie politiqiLC,
* M. de Tracy oublie que je reconnais, dans un capital comme dans un fonds de tene, ih coopération nécessaire pour créer des utilités, et qu'on est obligé de payer cette ooopénUoi, lorsqu'on achète l'utilité produite. On paie la coopération d'une machine qui est une portion de capital, de même qu'on paie la coopération d'un fonds de terre qui est une espèce 4e machine. (Note de rAuteur,)
^ Commentaire sur V Esprit des lois, p. 312 à 315, édit de 1817.
* L'action végétative du sol n'est pas d'une nature différente de l'acUon du vent qii pousse nos navires ; mais l'action du sol peut se faire payer, en verto de rappropriatico dei terres qui de son côté est nécessaire Pour que la production ait Heu.
'Note de l'Auteur.)
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im koÊume (comme lont les terres), il ne faille commencer par faire m ncrittce pour les obtenir de lui ; mais ils ne sont devenus la propfîélé de quelqu'un, que parce qu'il y a précédemment appliqué un tafail quelconque dont les conventions sociales lui ont assuré le fruit. Aiaai, ce sacrifiée mtese est le prix d'un travail *.
Vaaifea auteurs encore avaient prétendu que les produits agricoles ■ cUicot que le profit d*uu capital accumule, sur ce motif qu'on ne fait des avances pour rendre un fonds productif, que loi-sque ces avances produisent un intérêt égal k celui que rend un capital prêté, et mémo que Ton se contente d'un intérêt moindre, pour les avances destinées à ■citre en valeur une terre, que Tintérét qu'on recevrait |K)ur tout autre emploi, parce qu'on regarde celui-là comme le plus solide de
Ce raisonnement assez spécieux ne prouve point encore que le fer- ■afe ne soit en totalité qu'un intérêt déguisé du capital engagé dans «■ fMiik de terre. Il Test sans doute en partie ; car il y a peu de biens- \ qui ne tirent quelque valeur des améliorations qu'on y a répan- I; mais la totalité de leur valeur locative ne proviendrait de là que dans le cas où la terre susceptible de produire et dénuée d'améliorélioaa, ne pourrait se louer à aucun prix ; or, ce cas n'arrive point dans mi pa js civilisé. Le pacage de nos plus méchantes montagnes se loue. Il j a dans le royaume de Naples d'immenses plaines, abandonnées aux aenira productions spontanées de la nature, productions dont la valeur mt représentée par le droit prélevé sur le l>étail qu'on envoie y passer riii%er'!
On voit que M. MacCuUoch, comme il arrive trop souvent a ses cornpatrides, n'accorde une grande attention qu'à ce qui s'écrit en Angleterre. Il s'est pourtant départi de cette rèj^le à l'égard de M. Ilenrj' Morrh qui a fait imprimer en français un Cours d*hcotèomér jtoliiiqMr destiné à l'éducation des grands ducs de Hussie. On ne |>eut pas devimer le motif qui a porté M.MacCullochà vanter cet ouvrage oulrc mesure. Il ne peut pas ignorer que les trois quarts du livre de M. Storch ftr sont qu'une copie iUtémie de quelques ouvrages connus ^. Sans
* Tr,nu df la rofonl/, pagm |6I cl 174.
* \na WComrt tompUt d'Économie polili^iir, uu TAuleui j ili*%fîo|i|M'(rt r\rmplr.
^ Ite U aicàeiic dri fi4tlioiii,«lc SHOTlidu Trnilr (I7>iiif*mi«' /ic/ifi'/ii'-. il<* J.-lt. Sn,
doute, OD doit savoir gré à cet auteur travtîUant à l'instruction de dcuK princes, d'avoir mis sous leurs yeux des extraits de livres accrédités; mais ce n*était pas un motif pour exciter radmiratioD da savant professeur de Londres ; d'autant plus que le dernier quart, qui n'est pas copié, du Cours de M. Storch, n'est que Texposition d'un nouveau { système qu'il s'est forgé relativement aux produits immatériels, qu'il appelle biens internes^ système qui ne supporte pas un instant d'eumcn. Qu'est-ce, d'ailleurs, qu'un cours d'économie politique qui ne contient absolument rien sur les grandes quêtions qui intéressent le plus la société : sur la balance du commerce, les entraves à la circulation, les corporations, les monopoles, les colonies, les dépenses publiques et les impôts? Du reste, il y a dans les notes de M. Storcb quelques faits intéressants sur les États du Nord; mais dont l'auteur ne tire aucune conséquence nouvelle.
Pour revenir à Ricardo, je pense que son seul titre de gloire, est sa doctrine des monnaies. Il a complètement profité des grandes expériences qui ont été malheureusement faites sur la dépréciation des papiers-monnaies de France et d'Angleterre, aussi bien que sur la restauration de celui d'Angleterre, qui a été peut-être plus fâcheuse que sa dépréciation. Il a dessillé sur ce point les yeux de l'Angleterre qui croyait bonnement que ses billets de banque avaient toujours la même valeur, lorsqu'ils ne pouvaient plus acheter que les deux tiers de la quantité de marchandises que l'on obtenait avec de l'or. Et ce qu'il y a de piquant, c'est que la doctrine de Ricardo sur cette matière, est fondée précisément sur ce principe de la proportion entre la quantité offerte et la quantité demandée dont il refuse de reconnaître rinduence. H prouve d'une manière irrécusable que l'instrument de la circulation est une marchandise de même nature que toutes les autres, et il nie que toutes les autres soient soumises aux mêmes influences.
M. Mac Culloch me reprochera peut-être de n'avoir pas fait connaître plus tôt ma façon de penser à l'égard des doctrines de Ricardo. Je me serais reproché encore plus de causer la moindre afiliction k ud homme aussi recommandabie, qui m'honorait de son amitié, dont toutes les pensées, depuis qu'il s'était retiré des afl'aires, étaient tournées
dont il a pris des chnpitrcà tout niilicrs, le titre du chapitre compris; du Traité delaxo' Inntd et du Commentaire, sur l'Esprit des lois, par Destutt-Tracy, et du Traité de$ feinex et des RécompensfSj par Uentham, mis en ordre par Dumont.
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fcn le Um pqMic, dont, aa total, les travaux ont été favorables au progrès de la sriencc qu'il cultivait ; à un homme, enfin, qui était aussi peu porte k tirer vanité de son savoir que de sa fortune. Aussi, n*ai-je touché que très-légérement, dans les notes que les libraires m*ont sollicité d'ajouter i la traduction (Vançaiso de son livre, les points sur lesquris nous diCTérions; mais on verra peut-être quelque jour, par notre correspondance \ que, si j*ai évité de le combattre sous les yeux du public» je soutenais néanmoins i huis dos contre lui quelques combats dans 1 intérêt de la vérité.
I * «)• ifMvcn pl« Ma ilant ce volume oeUA oorrespoiHUiiee,daiit laquelle les deox cé- Ittrai fcooeiBMct ool diirutc arec une égale francblie et un mâme amour du bk» et de la «crnr. plutieun do queiUoiia les plus délicates de rÊconomie poUUqne. (H. S.) ,