CONTRE LA PEINE DE HORT
» Quitte enfin la sanglante ornière » Où 86 traîne le- char des réyolutions ,
» Que ta hsdte soit la dernière
• Bans ce désert des nations ; >} Que le genre humain dise en bénissant tes pages : » C'est ici que la France a de ses lois sauyages
» Fermé le liyre ensanglanté ^ t) C'est ici qu'un grand peuple, a^ jour de la Justice, » Dans la balance humaine , au lieu d^un yil supplice ,
» Jeta sa magnanimité. »
Kais le jour où le long des fieuTes Tu vcTiendras, les yeux baissés sur tes chemins ,
Suivi , maudit par quatre yeuves ,
Et par des groupes d'orphelins , De ton morne triomphe en yain cherchant la fête , Les passans se diront en détournant la tète :
Marchons, ce n'est rien de nouveau!
C'est , après la victoire , un peuple qui se venge ^ Le siècle en a menti ^ jamais l'homme ne change :
Toujours , ou victime , ou bourreau !
A NÉMÉSIS
Un des derniers numéros de la Némésis (1) contient une satire aussi injuste qu^amère contre M. de Lamartine. On lui reproche Tusage le plus légitime des droits du citoyen, Thonorahle candidature qu^il a acceptée dans le Nord et dans le Yar ; on semble lui interdire de pro- ' noncer le nom d'une liberté qu^il a aimée et chantée avant ses accusateurs. On lui reproche aussi d^avoir reçu de ses libraires le prix de ses ouvrages. Poète attaqué par un poète , il a cru devoir lui répondre dans sa langue , et il a écrit cette ode dans la chaleur de la lutte , le jour même de Félection.
(1} Numéro du s juiUel 1831.