REPUBLIQUE FRANÇAISE " !.. E. K
- Le maire de Paris, avei'ti gue îles citoyens ont mani- « lesté l'Intention de détruire les résidences qui ont appar-
• purtetiu à ta famille déchue afln de faire disparaît l'f
• jusqu'au! derniers vestiges delà tyrannie, leur rapiielie » que ces édilices appartiennent désormais à la NaCcoii...
• que d'apii'8 une i-ésolution prise par le Onuverneiueiit
■ iirovisuire, il» doieent être eenduf pour leur prix, ôtr'' « affecté au soulagement des victimes île notre glorieuse
• Révolution et aux dédonimaKementa que réclament It- « 'ioiunierce et le travail.
• Ilinvite donc tous lestons citoyens k se souvenir qii^>
• les édifices nationaux sont plarés sous lu aauvgarde du
■ peuple.
- ^ô février tg48.
- Le »i
. Seoré
C'est une promesse de février, nous objectera victorieusement le successeur de Pache. Il fallait sauver les biens d'une famille auguste. « J'ai judaTsé, dit satnt Paul, mais pour décevoir les Juifs. »
(1) Nul besoin de votre déclaration ; nous vous connaissons comme précurseur de l'Empire.
(2j Que vous adressiez vos tendres roucoulades aui orléanistes, aux légitimistes, ettutti quanti, nul n'y trouve il redire. Puissent même ces lignes accroître, si ceat possible, le témoigniifre tte leur reconnaissance! Mais, de grâce, ne mêlez pas le peuple à vos forfanteries réactionnaires. Ne.iiarlez pas de victoire au captif que vous avez llvi-é 1 AsscK d'ironie, car c'est vous qui &ve/.faitU.
« De quoi donc pout-il y avoir uno plainte fondée '( là où chacun a tiré profit (i)?
«L'avis de tous les financiers sérieux, depuis € M. A. Fould jusqu'à M. Thiers, depuis M. Hippolytc « Passy jusqu'à M. Goudchaux (2), a toujours été que a rirapôt des 45 centimes avait été la mesure la plus a vraie, la plus juste, la plus logique, la plus hon- « nête(3).
« Que nous ayons à nous reprocher nos fautes, a soit! (4) C'est la conséquence naturelle de la lutte; « mais que, convaincus en notre âme et conscience de
(1) Quel sacrilège oserait encore se plaindre? La brume du lointain s'est levée sur un champ de bataille sanglant, une ville prise d'assaut, des exilés, des veuves; la liberté sanglote sur des ruines. Illusion, mirage, vain songe d'un «îsprit qui n'a pas aspiré l'éiixir des 45 centimes. Le chantre damier prend à deux mains la lyre deBelmontot; Laissez leur dire que la France est heureuse.
(2) Le pavillon couvre dignement la marchandise. Le> scrupuleux Fould, l'ascète Thiers, le banquier humanitaire Ooudchaux que le seul nom de socialiste mettait en furie, le ministre bonapartiste Passy, voilà certes d'excellents jug'es en fait de rértïé, deju^^ttce, de lorjique et avant tout iVhoniiétetc,
On peut apprécier à cette litanie la moralité politique et de Garnier et de ses mesures.
(3) Pourquoi s'arrêter en si beau chemin. La langue française manquerait-elle d'adjectifs? Cette littérature empruntée à M. Gagne et aux vendeurs d'orviétan {redde Cfpsarl) se débite au son de la grosse caisse et avec un casque. En temps primitif, Garnier aurait lu sa lettre avec l'appareil et le char de Mangin.
(4) La modestie sied bien aux grands hommes. Garnier commence par parler de ses fautes et démontre ensuite n'en avoir jamais commises. Pourquoi, dès l'abord, ne pas proclamer son infaillibilité, mais il veut réunir tous les mérites. Quelle savante gradation! L'impôt sauveur est devenu mesure salutaire, puis mesure indispensable, la plus craie, la plus juste» la plus logique, la plus honnête; il devient pour le bouquet mesure de salut public. Qui eiit deviné tant de choses dans l'ineptie des 45 centimes?
u Vindispensahle utilité d'une mesure de salut pu- * blic (1), nous en fassions le texte et le prétexte (2i a à calomnier (3), là est le mal !
« Pour moi, je le déclare, si on me jette comme une « offense Timpot des 45 centimes, je le relève comme « un fait qui mMionore(4), comme je m'honore d'avoir « été membre d'un gouvernement (5) qui a prononcé « l'abolition de la peine de mort, de l'esclavage, du « serment politique ; qui n'a proscrit personne et qui « s'est retiré les mains pures, le front haut, emportant « pour seule fortune ce décret de l'Assemblée Consli- <f tuante, qu'il avait bien mérité de la Patrie !
€ Salut cordial.
« (iarnier-Pagks. »
On conviendra que, pour jeter de pareilles bourdes à la face du public, H faut avoir un grand mépris pour lui, une foi vive dans l'ignorance et l'aveuglement du
(1) « Il n*y a pas d'athées » dit arrogainment le spiritualisme Eh bien, ceux mêmes qui combattent les 45 centimes sont forcément convaincus de l'utilité de cette mesure propice aux épitliètes. Une demande, aimable farceur :
En dépit de tout votre tapage, en êtes-vous bien convaincu, vous ?
(2) Texte, prétexte. Joli !
(3) Quis tulerit Gracchos de seditione querentes. Vous calomnier serait difficile, vous ne l'avez été que par les naïfs qui ont cru et proclamé votre foi révolutionnaire- Meurtrier et traître qui, sous de nouveaux masques, veux continuer ta.vieille intrigue, je ne .te calomnie pas, je t'excuse!
(4) Avez-vous déjà peur qu'on l'oublie? Soyez tranquille.
(5) Boum I Boum! Zin 1 Zin ! Voilà l'hymne en l'honneur du Gouvernement provisoire, finale inévitable de ces sortes de morceaux. Les soi-disant bienfaits de ce ûéte^table régime ont été réduits à leur juste valeur.
Il a aboli la peine de mort en matière politique et sous snii règne même, Rouen plébéien était égorgé par ses bourgeois ; quelques mois plus tard, Lahr et Daix portaient
peuple. Ces honteuses déclamations, pantalonnades n'arrachent qu'un mot: Charlatan !
Après cet épilogue, on pouvait croire close une existence si noblement remplie, si glorieuse, et dont le parfum remplissait d'un tel orgueil ce vieillard, qu'il laissait toute fausse modestie pour proclamer ses hauts faits et ses vertus. Garnier a voulu consacrer à la patrie les, restes d'une voix qui faiblit et d'une ardeur qui s'éteint, guider encore le vaisseau sur la mer orageuse, le sauver peut-être une seconde fois des excès révolutionnaires. On l'a revu s'agiter, maquignonner des votes, chauffer des enthousiasmes, prêcher sur des tombes, parlotter, comitailler, dire aux uns : « Je les ai tués, j'ai défendu l'ordre au péril de mes jours » ; aux autres : « Je n'y étais pas, je crachais le sang » ; ou encore : « Voilà mes votes, ils sont dirigés contre les
leurs tètes sur réchafaud, et Paris était livré aux horreurs d'une ville prise d'assaut. Il a aboli l'esclavage aux Antilles, mais il l'avait maintenu à Paris.
Il n'a proscrit personne, et ses sournoiseries, ses fautes calculées, son influence corruptrice envoyèrent à l'exil 11,100 citoyens déportés sans jugement, tandis que VaboUtion du serment politique ouvrait toutes grandes les portes, ôtait leur dernier scrupule aux réacteurs. S'il a pris une mesure libérale, elle fut arrachée à son impuissance; et sa débonnaireté d'emprunt est définie par un de ses collègues, François Arago (Rapport de la Commission d'enquête) : « On nous'demandait : Pourquoi ne mordez-vous pas ? C'est que nous n'avions pas de dents. » Les dents avaient poussé en juin, et l'on mordit.
Que M. Gamier-Pagès se glorifie d'avoir fait partie d'un tel corps et qu'il en porte haut la tête, c'est une question d'impudence. Ses mains sont pures. Il les a lavées, et la boue et le sang ne tachent pas 1 Je pense, et l'affaiie des mines de Huelva lé démontrerait au besoin, qu'ils ont tous eu pour fortune autre chose qu'un décret de l'Assemblée.
Qu'il soit fier I Si les jésuites et les royalistes ont une patrie, il en a bien mérité !
>xces populaires » ; puis : « Mes votes sont faussés, il y i erreur; ce sont ceux de Fould. » — Le tout couronné par le mot de passe des vieux traîtres, la formule sinistre et magique qui englue les foules et fauche les révolutions : « Union ! union ! Concprdc î concorde ! » pour nommer ce pauvre Pages député. Le râle des victimes et « il faut en finir ! » ont répondu.
Repoussé en 1857, parce que les souvenirs saignaient encore, et qu'Havin, le roi de Paris, lui fut opposé. Garnier a bien préjugé de l'insouciance et de Toubli populaires. Les pavés des rues Saint-Antoine et du faul)Ourg du Temple ont dû tressaufcr. Pages, renouvelant la campagne de 1847, et sûr d'Havin cette fois, au défaut de Bancel, a été nommé député de la Seine par le prolétariat égaré. Que dis-je i cet infortuné Garnier- Pagès est monté en grade; il a eu sa Passion, en face de laquelle pâlissent tous les autres ; il est devenu martyr à 500 francs par mois. Le législateur de 48 a récolté les fruits de sa réglementation du droit de réunion ; de règlement en règlement, le flot est monté jusqu'à lui. Rien n'égalait sa surprise. Compère Carnol eriait au quiproquo. « Des hommes comme nous, répétaient-ils en choeur avec Paccent de la pudeur outragée, des hommes comme nous sur les bancs ! Nous, les défenseurs de Tordre, les sauveurs de raristocratie, les antagonistes de tout excès! Nous prendrait-on pour ces fanatiques qui ne comprennent ni chartes ni constitutions, et que nous avons contribué tant de fois à jeter ici I »
Un moment, la lueur du jour a éclairé les profondeurs du bourbier électoral ; on a pu sonder les mystères du tripotage sans principe et sans grandeur, le mépris de ces hommes l'un pour l'autre, le^ ambitions et les rivalités mesquines, on un mot, tous les déguisements de l'égoïsme. Il a fallu bien vil< fermer cette fosse. On a fait un beau discours en
III <lcei'IU! lihertL- ijn'oii m- siil ni lomiiiépir ni
-|>i ' ii-r. l'i lii «ci''nr s'osi riosf par un lableaii toii-
r.nw itn roii vnil, SRrrrs dans la pins rlroil** rmhras-
li''. t<iij< l(.-s iiMcJi-ns liliéi'aux sciisi-s, radicaux dynas-
]ii( V. ivpiihlii-aiiis do oonsUlulion f\ lU- honnit uom-
^«{tiiic ; Hébert, k- ininisiro di' la c.omitliriir' moralp <■!
jjBcs pro(u'-.s do UMidanoc', les lii'-ros de Juin, de Lvon cl
MeKoiicn, les accusateurs infatigabk's «les socialistes,
Iw Sf'iKird cl les Favre, les Arago et les Bepryer.
i>ii-' n'serve l'avenir à Garnier-Pagès ? Lui et les 'Il ii~ ;><Hirsuivont un principe peu nuageux, un idéal ji.ii l.iiii'incnl saisissâble : les honneurs et le pouvoir. Il III' Ir iMclie même point et livre les lignes suivantes à lii tncililMlion des t'Ioeteurs: «Le pouvoir, dit notre " I i,i;iiiislfl, impose une attitude et une conduite autre que celle de l'opposition. Le pouvoir crée, organise, l<propose, cberclie l'approbation, demande le consenment. L'opposition examine et critique. Dans To/jvous êtes un parti, vous n'avez que la :ole; au ponvoir, vous êtes un gouvernemeut, avez mission d'initiative et d'action. Von mneipeK mutent ïntafts, mais de la théorie vous )7. à l'application. Vous ne pouvez donc garder ême voie et suivre les mêmes errements. »
sa, l'opposition, les plirases, les gestes inspirés .'scaliific du pouvoir. (ïritnprau somuiel, il l'aul IV lis piiiMi|»', ilans ri'iiii jusiju'â hi dégriiyto- ■b-f \r i^il^•iL;;l■ i]ili'ni[irslir ili.'S déclama tions Hbi'il.'piiiiill.T II' \iiMix tribun el apparaître sous les d'un gouvenicinent fort et t-nergique, ferme. Ile cl modéré, iics principes ne s'usent pas cl une nouvelle ascension. Kscobar aequieswleçoiisorferles parleurs maîtres à nos jeunes ,iPends-u)i I pauvre Nisard, la morale siamoise est
~Demandi>z une prolossion de loi à liarnier-l'agiH. il
-•■Si-
rrpoml par roiiragan dos siibslanlifs Z>///r//^f'', Utt.i(>^i. Concorde^ voiro même Fraternité. Insisiez-vei'^ : « Mon programme, dit-il, est inscrit dans mes aelrs. dans ma vie entière. » Cette vie et ces actions sont so!.> les yeux du peuple, à lui ofe juger. C'est pour son édilication que nous avons fcuiaé ces oxistences troublr^, voilf'^es par la complicité ge*n('Tale. Arraelianl. les nuis- (|ues, nous disons, le front haut, au proléla : « Voilà le représentant que tu t'es donné. »
Paris, tmp. .T. Allrmane, M, i-ue S.)int-Sû»veuv
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