GARNIER-PAGES
A l'approche des catastrophes césariennes, les morts sortaient des tombeaux. Aujourdliui, des hommes que l'on eût cru à jamais ensevelis dans le mépris et la honte, apparaissent sur la scène, brandissant leurs bras, secouant leur faux-col et leur prose, agitant le hochet des foules où roulent les mots menteurs de liberté et d'égalité.
Garnier-Pagès, Fauteur des 45 centimes, le plus ferme appui de la réaction, le représentant de l'immoralité politique, un des personnages auxquels 48 doit plus spécialement sa perte, vient d'être nommé à Paris comme le phénix des démocrates, comme la personnification du mouvement dont il s'est montré le constant antagoniste.
France, seras-tu toujours la proie de l'intrigue et du mensonge? Peuple aveugle, connaîtras-tu enfin tes amis et tes ennemis ?
Des hommes ont été investis de la plus haute mission qui puisse incomber à un citoyen. Ils ont accepté le mandat d'arracher le prolétariat à l'esclavage, l'ignorance et la misère, de continuer 92, d'ouvrir l'horizon sans limites ! Ils ont senti battre sur leur cœur le grand cœur du peuple, ils ont été acclamés par des milliers de voix confiantes et chaleureuses. Au milieu de cet
{■ntliousiasmo, cfs hommes restent l'roids, ils u'oiil qu'une ponsSe : (mcliaincr l'élan, étouffer l'aspirai ion. refouler l'espoir. Leur piti(^ s'adresse au crime, leui' rigueur à la misère et à la faiblesse. Ils s'enleniJciil avec tous les ennemis do l'humanité. Dominiqui' l'i Loyola serrent leur main ; fêles, prévenances, cajoleries sont pour les traîtres déchus; cachots, mitraille, difiance pour les patriotes vainqueurs, et après tant tli' souffrances, de déceptions, de ruines, la civilisai ion souffletée, le progrès enrayé, les cœurs meurtris et brisés, il suffisait d'un équivoque meâ culpd, de quelque* mouvements de bras, de l'aspect de longs clieveiu blancs I
Les fils ont été tués, les femmes violées (1), les maris exilés sur les pontons sans jugement, sans pain.' Ils sont morts. Le monde a été trompé ; l'occasion, 1 cette chauve, perdue. Les auteurs de ces désastiw vivent bien, mangent mieux, ont des rentes et gardenl | le monopole du républicanisme honnête et modéri'. pur de la prison, sans tache do l'émeute, prêt à se di^- | vouer à toute table de ministère et de festin. |
(i) « Chaque fois iiue la garde mobile fusillait les jiri-
• sonniers, comme la plupart de ces mallieureui cotnW- 1 taient dans leurs quartiers, on voyait tout il coup sa!-
• tir des maisons des femmes écbevelées qui veiialeul ^ ■ jeter en pleurant aui genoui des vainqueurs... En wf"
• tains endroits, notamment à la place Maubevt, l'i^tc^
• veutioQ des femmes engendra le dernier degré du cniH
• auquel peut donner lieu la guerre civile, l'orgie dan» '*
• sang. • (Hippolyte CastiUe, Hittoire de la deuxième Btpublique, t. m, ch. VI). 1
« Gomme les autres quartiers, le faubourg Saint-A"'
• toine fut, après le combat, le théâtre un perq uisilion!' • d'arrestations sans nombre, d'eiécutions et ratine Af ]
• pillage. Plusieurs femmes furent violées, trois luren'
• précipitées d'une fenPtre, rue de Charenton, • IL""" Ménard, Prologue d'une Réoolution, p, 285 et, encore, p- *' et 239).
Quant à ceux qui lultrrcnt, champions indomptables, réclamant la justice, arborant le droit, sans pacte avec les rois comme avec les dictateurs, ceux-là dont la prison fut le trône comme la calomnie la couronne, qu'ils crèvent sur la paille du cachot ou de l'hôpital, voués à Texécration publique. La morale et Topinion les stigmatisent: inhabiles. Elles n'ont d'avances et de sourires que pour leurs favoris, les martyrs officiels qui recueillent leurs larmes dans des coupes d'or, boivent jusqu'à la lie le calice du Champagne, et étalent une égratignure au peuple, leur éternelle victime.
Souffrances poétiques devant lesquelles s'évanouissent les tortures des nattons! Tragiques infortunés! lorsqu'ils ne gémissent plus sur leur grabat de sybarite, ces plaintifs jouets du sort caressent Havin, Morent, Guéroult les félicitations du Palais, coquettent avec lo Pape, républicanisent avec Henri V et passent pour des parangons de démocratie.
Ce sont les honorables au teint et à la réputation fleuris, à la conscience large et bonne fille, ignorante des velléités incongrues et d«s vilains scrupules des sectaires.
Leur principe est ce cercle étroit qui s'agrandit ou se resserre au caprice des passions : la légalité ; leur idéal, un ministère, une députation ou une régence ; leurs moyens, la corde raide et le balancier.
1 Muse des acrobates, reine de la parade et du boniment, qui agites ta basquine au milieu du peuple bigarré des Arlequins et des Pierrots, déesse agile qui souris aux efforts de nos grands politiques, sis favens, ô dea. Sans toi pourrais-je narrer l'histoire de nos dernières années, décrire les sauts de carpe, les tours de gobelets et les hauts-le-corps de nos équilibristes modernes.
Après 1830, la toile se lève. La grrrande représentation, que le peuple paie de son sang et de son or, va commencer. Messieurs, prenez vos places I
IVaiionI, voici la conn'rlif Ui's Adplphes, -tant de toi-; fatale au\ révolutions. Carnier-Pagès se substitua à son fri'Te par droit de conqnête et par droit de naissance ~ patrimoine d'honneur tôt dilapidé. Dès 1840. en. face de ses électeurs de Verteuil, le patriarclie dy la démocratie moderne débile, en vue des plus hauts inlérôls, « le ministère et la ri^gence », une petite théorii* sur la conciliation que n'eût, certes, pas dfsavoiiw M. Emile Ollivior.
B Union I union ? Concorde ! concorde ! » pour Is première fois retentit l'air hypocrite qui, après avoir parcouru tous les tons de la gamme, depuis l'aigre jusqu'au fausset, doit aboutir au: «Tuel Tue!» i<^ Saint-lîartliélemy. En 1847, désireux de plus en plus de s'unir à la monarchie, et en compagnie du mênif Carnot, arcades aml/o, l'apôtre des unions véreiist's. accomplit le mouvement à droite qu'il a si verlcmciil reproché de nos jours à deux do ses collègues. Alfli* paraît la fameuse brochure: les Radicaux et la Charte. acte illustre de défection ; on tente de rallier à i* dynastie le parti républicain tout entier, i Union ! concorde I » Une réjouissante alliance de mots inaugure 1' radicalisme royaliste, dynastique et constitutinniiH Celte enseigne dil tout Pages.
Le projet avorte. Consolés par le Siècle d'Odilon, f" leur décerne le litre de « radicaux sensés ■>, les df"* rameneurs sont accablés des sarcasmes et de l'indi^'lion de la Ré/orme. M. Thiers lui-même, leur mintsir'' futur, les joue après les avoir compromis. Il proclai'i' son amour pour la stabilité et se prononce contre IduI'' concession sur le terrain électoral.
La lecture do la Réforme est édifiante, je la rcc*' mande k M. Ollivier, émule calomnié du Garnier-Pasii^ de 47 qui, en 64, se donne ia discipline sur les ffSS^ de son imitateur:
« Le parti bourgeois radical, dont M. Garnier-I'a?'-
n pst aujoiird'Iiiii le Wn-os, a-t-il voU'' \cs bastilles sous « l'inDuence de M. Thiers qui voulait, disait-il, (lé- " fendre la Pairie eontro l'étranger, et qui fit cette belle
■ campagne d'Egypte où l'on vit, par son ordre, l'une « des plus belles flottes françaises traverser la mer on ' fuyant, quand le canon des Anglais incendiait et dé- " mantelait les villes de notre allié'? Les conseils de la " science, du patriotisme, et les alarmes de la civîli- « sation n'avaient-ils pas depuis quinze ans démasqué « l 'arrière-pensée des Tuileries, quand, à l'appel d'un « des plus zélés serviteurs de la cour, le parti radical <■ que les constitutionnels appellent aujourd'hui le
■ parti sensé, accorda ses cotes, ses discours et sapro- « pagande à l'embastillement de Paris, à ces lois de « septembre, en pierre et en fonte, qui condamnent 1 l'avenir à la dictature de l'obus. >
(1847. Hé/orme du vendredi 17 décembre}.
Allegro: « Union et concorde! » quand même.
M. Garnier-Pagès, comme le dieu de Pompignan poursuit sa carrière en répandant des flots de phrases sur ses obscurs blasphémateurs. Soutenu du National, il promène au banquet son radicalisme sensé et obtient même, par sa conduite conciliante, l'applaudissement des Débats. Ses principaux triomphes furent à Montpellier et à Neubourg.
Après l'anathème obligé aux Hébertistes, anathème du reste ratifié par la Réforme: « La souveraineté du peuple, s'oxclame-t-il, est soumise à une loi sainte, à une règle, à la loi morale, a (Une loi sainte, parparenthèse, qu'on n'oppose jamais à la souveraineté des castes.)
Réforme du 18 novembre : t M. Garnier-Pagès ne ■ s'appuie pas sans doute sur les dogmes fermés et a morts, sur les révélations qui tiennent encore l'emu pire par la force de la routine et des hiérarchies. Sa « morale n'est pas celle des liturgies ; et quand il
" parle fie la loi supérieure, il entend le droil et \c ■■ ili'voir, c'csUji-dirorf-galité, la liherté i;l la fraterniti'. " S'il m élait uutn^menl, le Journal des Déhatx n'aii- " rait pas tort de le revendiquer pour un Acs. siens ri « de le Taire asseoir sur le canapé de M. (juizot. o
Kl dans suii niimiro du li): « Ainsi la Hi^volulioii " iiliautlouni'c, ks princijies éternels enterrés dans lu " Charte d diitis la pùlilii{ue des porte l'eu il les, une in- I' li'igLie ourdie pur les Coiislitulionnets au profil <!<'
• quelques liommes et servie par les radicaux, en vio u lation du droil, voilà tout ce que nous avons trouvi'
dans la brochure de M, Carnot, et voilà tout ce qui' Il vous trouverez soiia les grandes phrases au fond di's
1 banquets rérormistes constitutionnels.
a La Réforme a déclaré que ce mouvement sans bul t défini, sans conditions n'^glées, n'était qu'un piige
• dans lequel on voulait entraîner !e Parti démocra- « tique et le pays tout entier, malade de misère et de Il honle; afin d'escalader le pouvoir elle a dit que « l'oubli de tout programme sérieux, l'abstention insih II lente du futur ministre en chef, ot surtout les inirigués des meneurs, qui repoussent le peuple et li' « droit, étaient autant de ti'moignages irrécusables, de M prouves vivantes contre une conspiration ouverlf " par les coteries au prol'it de M. Thiers, propos(''c il « y a deux ans par M. (jarnier-Pagès, développée comnn' « doctrine par M. Carnot, et si vaillamment soulejun' ( par les radicaux dans les banquets.
<s Les démocrates ont eu les piéees sous les yeu5.
• Entre la liéforme et le National qu'ils se pronoii- « cent. »
La victoire vient mettre d'accord ces deux ennemis. Elle donne raison au député de Verteuil. Mais tomment expliquer la conduite de MM. Lcdru-Ro! lin, Flocon, Louis Blanc s'assoeiant au transfuge et à l'aposlat qu'ils venaient de flétrir, et lui donnant l'accolaili'
I gouvernementale sur la joue chaude encore de leurs ^ soufflets de la veille. Cet homme traité par eux d'apostat, ils le couvrent de leur garantie auprès du peupk» ^t assument ainsi la solidaritt^ de sa trahison.
Que les fous croupissent en lâches à Doullens et au Mont-Saint-Michel, Garnier-Pagès, lui, combat à coup sur. Plaudite cices! Tn demi-succès le fera niinislre ; un triomphe complet, gouvernement. Maître Jac(|iies est pour tout faire. Il serait radical s'il n'estait constitutionnel et constitutionnel s'il n'était radical. Le peupU^ a-t-il le dessus ? Vive la Républicjuo ! A-t-il le dessous? Vive le roi !
« La République a été le rêve de toute sa vie, mais « il eût accepté un gouvernement de conciliation ».
Ce qui veut dire que le rêve de toute sa vie^ la République, est un gouvernement inconciliable. Or, que doit faire l'homme honnête et modéré d'un pareil rêve, sinon le secouer commeuncauchemar? Pourse réveiller, notre héros ne s'est pas pincé, mais il a pincé rudement r ies autres, et n'ayantpu prévoir l'avènement de Vlneonciliable^ il Ta trahie d'abord, puis broyée dans le sang. Ce n'est pas pour le pays avili, pour le Droit renié et insulté, pour la liberté sociale, politique et reliî,'ieuse que le peuple et l'armée s'égorgent dans les mes, c'est pour décider si Pages sera ministre ou dictateur. Dieu même est de la partie, Garnier nous l'apprend. Il trouble la raison de Louis-Philippe afin d'élever au pouvoir son fidèle serviteur.
En face des cadavres sanglants, image trop vraie de la France égorgée, notre héros ne se départ pas de son llegmo et de sa modération : « Justice sera faite, dit-il, à la foule frémissante ; vous sortez de la légalité. Rentrez chez vous. » Telles furent ses paroles. Aujourd'hui, l'histoire éditée par ces vieux, f loueurs de révolution farde un discours digne de Janus, chef-d'œuvre d'équivoque.
<i Un grand crime a été eommis, soyez tranquilles, juslicc sera faite. * Justice de par le ministère ou le roi, justice de par le peuple ; et le mot tranquilles aux significations multiples 1 un maquignon normand n'aurait pas mieux traduit ! Aussi Garnier-Pagés donne raison à la version de ses adversaires, aveu dont la rareté fait le mérite : ■■ Vu les circonstances, ajoute-t-il ces paroles turent trouvées modérées. =
Tout le temps do ces journées néfastes et glorieuses, Gamier-Pagès fut à la queue d'Odilon Barrot, p^lemèle avec les radicaux sensés et tes royalistes progressistes qui le gardaient comme un en-cas de révolution- - M. Pagnerre est dans les fauboui^ », répétait ave<effroi M"" Duchàtel. » Plût à Dieu, répondit Malleville. que Pagnerre fut à la tête du mouvement. » Ce vœu devait être exaucé.
Tous CCS Paturols, ces Malleville et ces Pagnerre n'avaient qu'une crainte : la Révolution. Ils eussent pm féré la succulente tutelle d'un royal pupille. Le ii, au matin, ils s'en croient sûrs. Ce triomphe du ventre radical et dynastique est une fleur.
Toujours sur l'air d'Union, Concorde, andanie{l)a Odilon Barrot, entouré de MM. Garnier- Pages, Abbat tueci, Havin et Biesta, Pî^nerre et Degouve-Demuncques se dirige vers le ministère de l'intérieur, •X Le peuple, dit Gamier-Pagès lui-mémo, associait à « Odilon Barrot le nom de Garnier-Pagès, estimé pour s sa constante fidélité au principe républicain. '
Poignées de mains frémissantes, tambours, trompettes, etc.. a Réunis dans un même sentiment, le)^ " soldats et le peuple voyaient dans le cortège de l'opn position triomphante la fin d'une funeste lutte, el ils « applaudissaient à l'eavi. Un ciel magnifique édainil ■ ce tableau I >
îl} Histoire de Garnier-Pagès, T. V, pages 113 et IH.
'Shi —
Halheureusement le peuple — ce vocable dont ils ont tous tant abusé — emporte ces toiles d'araignées lissées par des mains laborieusement ambitieuses. Vite, Odilon envoie son Pages à THôtel de Ville, prévenir les r'vénements et soutenir la Régence. Il arrive avec sa l)ande de royalistes et parlemente longtemps avec le peuple au bruit de la fusillade qui jonche de morts le pavé.
D'heure en heure, il écrit à son chef Odilon : fté^ence ! Régence I Tout à coup une bande d'hommes à la figure et aux mains noires de poudre, aux haillons i'umants, à la voix furieuse, se rue dans la salle et braque ses fusils sur le lutteur ministériel. Aussitôt, le rêve de toute sa vie éclate dans Garnier-Pagès. « On m'a forcé, écrjra-t-il^ je cède par devoir. Vive la Répu- ))lique! »
C'est maintenant la grande parade jouée à THôtel de Ville devant un public nombreux et bruyant. Fioles de quintessence, poudre d'orviétan, recettes et incantations magique^ se débitent à grand orchestre : tout se guérit, tout s'extirpe sans douleur, sans remède... rien qu'avec des phrases. Il suffit de prendre par les épaules et de pousser à la porte les agitateurs qui empêchent les bons citoyens d'entendre et d'applaudir.
misère I Curée de médiocrités ambitieuses dont le peuple paiera bientôt les hontes, comme toujours ! Après l'Iliade, la Ratrachomyomachie. Après l'épopée do 92 et de 93, l'indigne parodie du gouvernement provisoire. Cette salle de Saint-Jean où siégeaient les géants de la grande Commune, où le peuple, par un décret instinct, était venu chercher §a tête et son bras, la salle qui vit Hébert et entendit Chaumette n'est plus qu'une baraque où des charlatans effrontés trafiquent (la l'honneur et de la liberté d'une nation. La place de Grève, battue tant de fois par les vagues humaines, n'est plus qu'un champ de foire.
Aiims sensibles et coniro-t^volutionnaires, dv U réaction qui sbaissorez voire pouce lorsque peuple, ce grand vaincu, traînera dans l'art-ne. n'sccu Bcz pas les dtclateurs de l'Hùtel de Ville. Ils ont seloti leurs forces. Ces iDugissements (;ui vous himet Ires^illir jus(iu'uu fond de vos boutiques el Je ïi salles, ils les onl élouffi's. Ces gaillards robustes, ai muscles saillants, dont la blouse liétéroclile encou brail le boulevard, ils les ont l'envoyés à l'atolln', l'exil ou au charnier ; ces réclamations menaçanU pour votre caisse et votre êgoïsme, ils les ont éladées enfin, cette République dont le nom seul vous est n (!'|iou vantail, ils l'ont livrée.,., que dis-jeî ils l'ffl éfjorgée eux-mômes 1 Ingrats !
Voyez Garnier-Pagî's, son amant platonique, qui serait nonobstant consolé avec une Régence, il '■ di'voue, il se jetle dans le mouvement comme t Décius de réaction. S'il court à l'Hùtel de Ville, c'est ( vue des excès et des agitations à réfréner. S'il y resl c'est pour étrangler la liberté par l'ardre, et le drt par la légalité.
A peine établi, après avoir envoyé sa derniérfl d pêche au maître Odilon : « Ou veut, dit-il, que je H I maire de Paris. » Après avoir essayé en vain defaii nommer des royalistes pour ses adjoints, GarnierC tonne l'hymne hypocrite, louche et nauséabond comme un chant de trahison :
« Ordre et conciliation ! Pas d'excès. Pas de révolf • tion. Il faut se rallier autour du gouvernement pt « visoire. Le v&isscau va sombrer. La société vapétï « Appel à tous les hommes de cœur. " Voilà pouf' royalistes (1),
Clémence et grandeur I Liberté de crever de fil ou d'être fusillé. Egalité : donc, les pauvres doiv(
(1; VI' vol., p. 56.
yor autant que les riches; les chefs d'atelier ne uvent être tenus d'un minimum envers leurs ousinon, privilège.
Fraternité et conciliation! Qu'Etéocle serre dans l bras Polynice I Abel, reçois l'accolade de ton bon ire! Embrasse le bourreau, qui n'a pas oublié le ^^8 de Ni*ron. Enfin, respect des proprif'tés usurpées, ffti^ent volé, des monuments et des familles infâmes. itu qtio du peuple avili et broyé. Plus de distinction castes ou considération de l'ilotisme et de l'inférioi sociale. Yoilà pour le peuple. ,
Pauvre république contre-révolutionnaire, accla- ~e par les royalistes à l'hosannah des prêtres, vrai quenard à patriotes. Offerte nue par les eunuques l'Hôtel de Ville, la pauvrette tremblait aux cyniques
jses de ses nouveaux amis. « Cachez ce sein que je
I saurais voir », disait le béat Montalembert.
sst une Madeleine repentante >, psalmodiait Fal-
, Que fût-ce lorsque le clergé, ce grand révoiuonaire, la bénit comme une morte, croyant l'étendre cercueil?
Union et concorde in exeelsis, en faux bourdon(]). f'«Bt-çe pas, prêche le fervent Pages, un des faits
1 plus remarquables de la révolution de 48. La onne foi du clergé apparait évidente (comme celle 'ù Garnicr à peu prés) . Elle est constatée par tous les
suments sans exception. Mettre en doute la sincérité sa conduite serait une injure gratuite. > 1^ si gratuite, maître Garnier. Oubliez-vous que yéme clergé si ardent à l'abord, parce qu'il avait U'peur, refusait quelques mois plus tard sonconrs à la fête de la Concorde, qualifiée par ses mins de prenne — fête païenne, en effet, étrangère tnouveaux cultes.
:)T, VII, p. 180 et BuiT.
Mais liarninr poiissf le mépris di^ la Képiihlii (lu Soi-JalUmt- au point <l(i liMir doniK'r [Xtur f \'F,\ani(i\i'.ce \i\rf nnlisocial l't anlilimiiiiniliilrc. Joui uiuiitti-im> il la sc.ifiicc*. k l'ainuur, à la lilHTli''! TrappisliiS. CCS fous lurliireurs de Ittiir limr. si'n l<'s HiKTlriis il<-s cuinniuuislos, conim? si IVpliti' iwiavn-s v\ ijwi asci'tcK m Tacn Uuno onlili^ siiprèBl l'iuiL la splendeur de la ltbri> CiLi;, et un moycuif lliéocratique la .Irnisaicin de nos rêves.
Aussi comme dans la parabole, il y avait plus ( joie h l'HiVi'l de Ville pour un royaliste ou un j^sal t;i'avi3»ai)l les dt^r^s de IWcalior du Henri IV, ni giûur les milliers de républicains Taisant aiilicliapiiit sur le pavé dos rues.
Dans l'iiili'Tieiir de l'édifice : «Union et Coiicorileti de toute b forée des poumons, d« tout le nuivro il l'oreliestre. Laissons parler (iarnier, il est éloiiuenl ;
Ce qui avait altiri^, ce qui attirait à rHotel ilt^Vill I le plus (^rand nomlire, c'était l'esprit impérieux > a roneiliatùm. Comme dans un nactre qui oaaombrtf « toutes les rivalité, toutes les haines sctaiseuliievil <■ le péril eom/iiun. Paris et la France, devant tel t soudaine tempête (il appelle ainsi ta Hévolutioix a Février) se sentent pris du liesoin de la fraternité |î)r
• Oui, tous les cœurs, tous les esprits sYlanci'W " vers l'avenir. Les mains so pressaient, les opinioa K se confondaient, les rangs s'effaçaient pendant cfill a trêve de Dieu si courte, hélas! Le gouverne "
• provisoire vit accourir auprès de lut, non seulemo < les députés de la gauehe et du centre gauche dl
■ représentants de l'opinion la plus avancée, luaie^ 1 core des légitimistes. (Parbleu I) Après La fiocliP^
• quelin. M. Napoléon Bcrtfiiparle (fils de Jérfimcf*
■ M. Pierre Bonaparte, etc. "(i),
(l)T, VI. page a-..
Lui-même n'était-il pas le produit de cette fusion de pensées? MM. Lamartine et Crémieux y figuraient à côtr de M. Lcdru-RoUin. M. Bethmont avait accepté le ministtro du commerce ; MM, Marrast, Louis Blanc et Flocon, le secrétariat du pouvoir. MM. Ledru-Rollin et Garnier-Pagès, MM. Carnot et Flocon avaient noblement oublié leurs dissidences passées. Le ministère de la guerre avait été offert aux généraux Lamoricière et Bedeau, ces derniers soldats delà monarchie en fuite. Les radicaux de toutes les nuances, réunis au National, avaient porté le nom de M.Odilon Barrot sur la liste du gouvernement provisoire. MM. Marie et Carnot avaient pressé Odilon Barrot de les accompagner à l'Hôtel de Ville. Le peuple lui-même avait sollicité de M. de Malleville, de prendre place dans la mairie de Paris. M. Garnier-Pagès faisait appel à M. Odilon Barrot et à ses amis :
« Mon cher 0. Barrot,
« Les événements ont dépassé vos prévisions. Une « nouvelle révolution est sortie de la lutte. Plusieurs « de vos honorables collègues et moi avons cru devoir « accepter du peuple la pénible mission de former un « gouvernement provisoire qui a été installé à l'Hôtel « de Ville. Nous avons proclamé la République, sauf « ratification par le peuple qui sera immédiatement « consulté.
« Persuadé que dans les circonstances graves où « la nation se trouve placée, que l'union de tous les « citoyens, de tous les hommes de cœur (on connaît « ce jargon) est indispensable pour assurer la liberté, « l'ordre et le progrès à l'intérieur, l'indépendance de « la Franco à l'extérieur^'e viens réclamer votre con- « cours et celui de vos amis dans Tœuvre difficile « qu'il faut accomplir.
« Vous le savez, si vous aviez été appelé au pouvoir
• pour y (aire triom|)h«r les principt^ que l'oppoulion « I di'-fendus avec ardeur, iioiis n'eussions pas hiàii
• k appuyer commis lin progn'* toutes les rt^formesquc « vous vussici voulu dounnr an pays, sous la résenB « loiUftais de nos ilésirs et de nos espéi > puU([iie cV-st à nous oiie les destinées de la FraflC» « onl W confit-Vs. je ii tn^itr pas à raon tour à fsîfe « tm appel loyal, à vous cl à vos amis, convaincu « ijuViix et vous, vous u'iiésiterez pas à y riSpoodrc.
• Voire arni do cœur et tout dévoué,
■ GAKMEB-PAIiKS. »
hf concours de M. (Milon Barrot i^Uiit acquis d'avsno! h d'aussi MoMescieiirs. Pourquoi le leur aurail-il roMf Ils n'osaienl proctam^T la i^publique. Leur pri'iniw élucubmlion n'en dit mot. La seeonde ne la proclac queeoiidilionnellement, saurraliriealton. MM.Pagnpm cl Biïio sVmeiivenL de tant de hardiesse et coumil rfr tirer l'aiidacioux papier; mais le peuple, cet indociifli s'y opposa.
Puis nouvel incident. Par une inspiration lucide de l'avenir, le peuple apportait à l'Hôtel de Ville les davrcs des citoyens tombés sur les barricades, sombre mémento mort qui, sous les yeux des dictateurs réaC' lîonnaires, se dressait comme un reproche et une menace. Un de leurs premiers actes, sign^ Garnie^Pagf!. ordonne de les jeter la nuit à la Tosse commune. On croirait rêver si l'on n'avait sous les yeux celU'ïiiqn* lifiable pièce:
" Le gouvernement provisoire ordonni.* ([iicletrai»' n port des cadavres au cimctir-re sera Tait la nuit, saiM « appareil, avec les moyens que possède l'Adrainisinlion des hospices,
» Pour les memlires du gouvernement proviàolf^' « Signé : Gabnieh-Pacès,
- as février. •
I Voilà ta mesure de l'estime et de la reconnaissance
voutVs au peuple par les hauts personnages auxquels il apporte infatif^ablemcnt son suffra(;e et son amour. Dans ces cerveaux desséchés, sous ces froides poitrines, il n'est même plus de place pour le respect des morts.
I A peine sont refroidis les glorieux prolétaires qui ont jeté la couronne à une poignée de nains, et déjà ces myrmidons gonflt^s repoussent du pied l'instrument inutile, veulent anéantir au plus vite la preuve de leur origine, enfouir au plus profond do la terre ces témoins d'une dette qu'ils sont résolus à laisser protester.
Malheureusement pour cette mesure, toute de concorde sans doute, le délégué Drevet défend les cadavres du peuple contre ces oiseaux de proie de la réaction. Discours, prières, menaces, rien n'émeut cet indocile. On ost forcé d'appeler Gannal. Qu'importe! Les diclal«urs conduiront en plein soleil, en grande pompe, les corps qu'ils eussent voulu jeter la nuit à la fosse, et lo même Garnier, se faisant un tremplin de
[ leur cercueil, débitera sur leurs ossements la plus attendrie des oraisons funèbres. L'écureuil se rattrape toujours à quelque branche, et s'il tombe, c'est sur ses pieds.
a Délégué du peuple, déclare Urevet, je m'opposai • à l'inhumation nocturne, attendu que ces citoyens ' étaient morts pour la liberté, ce qui méritait bien « quelque honneur funèbre, et qu'en outre n'étant pas s reconnus, les veuves et lesorphelinsqu'ils laissaient, « seraient privés dos pensions que leur devait la Rtipu- 1 blique, et je donnai ordre aux citoyens préposés à la i garde des morts, de voilier à ce que nulle personne « n'approchât des cadavres. »
De pareils compagnons gênaient les dictateurs provisoires ; aussi n'eurent-ils de repos qu'après les avoir chassés à force d'humiliations et de mépris.
A l'égard do Drevet, la haino des séides de Garnier
ne connul pus Av Ijomos. Os ossay/reni siïtiplemenl de \f Faire disparaître. Je lui laisse la parole t
« t-e IB mai, mV-lant rendu à sept lipufes el dottij
■ H l'Hi'itH do Ville, afin d'appn-mlre si rien i]v fàcJKïcE a nV-tflil arnvt' à M. de Lamarliiio (c'était une ir a irinnie du Drevet) je fus arrf'l..^ M. Floflârd doaM " l'onlre aux giirdps nalinnaiiK entre W mains dcsquïlt « il mereinil, de mo rusillor si je lenlais la moindi» 1 ri^ststaoce ou si quelques mouvcinenis araieai Rfli « ait dehors, sans que rien autorisulde pareils ordres^
• car je n'ai opposé aiiciino r^'sistanee : puis ce fullft " tonr du citoyi'O Heaumonl qui vint recommandera " eenx qui me gardaient de me f leurs haïcnuielM
d«RS le ventre au moindre mouvement du UeliaR,
• le tout accompagna d'injuros dt'bit^s d'un ton fort' « violent, el de ma part le plus profond silence. J'aH " la précaution de prendre l'adresse des citoyens bous
1 la ^ardo desquels je me trouvais. Ils pourraient doW ■' affirmer au besoin la plus scrupuleuse exaclitoft .' des détails ci-dessus donnrs et (jiie j"ai du reste. ( "
■ puMicrdanslonumi'rodola /Ve.Medu lOmaitSM
On n'a pu tuer Drevel, on le déshonore. Les mfirdM séides, le grotesque Klollard et le royaliste Beaumonl* en pleine cour de Bourges, traitent Drevet de moucharf et de stipendié... le tout d'inspiration, sans tondotneill ni preuves. El lorsque le naïf Drevet demanda justieé à la correctionnelle, il fut tout surpris de se voir rea- »oyé avec dépens. Insensé! pourquoi ne laissait-îlp passer les infamies de ces Messieurs?
Tandis que le mouvement révolutionnaire tourbillonne sur lui-même sans but et sans guide, on se chsinaille à l'Hôtel de Ville. Pendant la lutte, lorsque 1» canaille versait son sang, les verseurs d'encre so parld gcaicnt les lambeaux de la proie. Une liste dosfultrti festineurs avait été arrètJ^e dans les bureaux du Naiioni et de la Réforme. Par un oul)li suspect, les nomssenb
i membres dt^putés furent lus à la Chambre, et rsquc MM. Marrast, Flocon e[ Louis Blanc vinrent Blâmer leur part à l'Hôtel de Ville, les coryphées du tfrage universel, se targuant de leur titre censitaire, les admirent d'abord qu'au secrétariat du pouvoir, gès s'opposait surtout à Louis Blanc, dans lequel il rail du socialisme. Lani'-cessité et l'amour du peuple ' ;quireDt ces résistances. On lui jeta en pâture son i comme on avait jelé Pages aux bourgeois pro- 3s. Ce disciple bâtard de Bobcspierre, ïidt^le à la ne de son maître contre les hébcrtistcs et l'anarchie. Ejaliste enfantin et Christ au petit pied, accepte la de d'amuser le peuple et d'endormir sa faim et sa i^. Tandis qu'il prêche au Luxembourg, la réaction
s'organise.
Dès le 25, on a fouli- aux pieds le drapeau de la yolution, le drapeau duChamp de Mars teint du sang , peuple, celui qui du haut des barricades repoussait t compromis et tout atermoiement hypocrite. Sou Itaiite couleur gênait les caméléons. Pour moins, le p^e avait fait les journées d'octobre. Des phrases fang^-rcnttout. Ce fut la fable du loup et de l'agneau, làstoire prête le rôle d'agresseur au drapeau rouge sque, précipité du perron de l'HAle! de Ville, il cMe place au drapeau souillé de Louis-Phihppe.
En face d'une administration judiciaire, reflet trop l^le des parlements et des cours prévôtales, d'un nctionnarisme oppressif et parasite, de lois dirigées tes contre la nation sans un mot de ses droits, d'une B d'esclaves plutôt que de citoyens, du pau\Te S tout entier et sans défense aux mains du riche u puissant, lorsque la liberté individuelle était à nier, la Commune à organiser, et que l'horizon ^^^.rail magnifique dans le plus splondîde lever de dution, lorsque les chances étaient mille fois plus ibreuses qu'en 89, que le moment wmbiait venu
d'en fipir avec les dogmes et d'inaugurer enfin l'ère scient! Tique et Itumanttaire entrevue par les initiateurs du culte de la Raison, lorsque de toutes parts les abus roufinillaient atlendant la cognée, que font les manclalairi'S do la nation dont le mandat est signé du sang des victimes?
Peuples, (^coulez, Terre, prête l'oreille. L'Horeb va parler. Du sein des tonnerres et des i^clairs, tes Moïses dii National et de la Réforme, transfigurés dans la gloire, apportent les tables de la loi. Voici le décaloguc de TAIlianee, le premier eri de Ri'piiblique auquel tressaille le monde, la Voix de Justice qui remplit le faible de bonheur et le puissant d'effroi :
" Art. 1. — Tous l(is impôts sans exception conli- « nueront d'élre pei'çus comme par le passé.
a Art. 2. — Les bons citoyens sont engagés au a nom du patriotisme à ne mettre aucun retard (tans « le payement de leurs taxes.
« Art. 3. — Le gouvernement provisoire s'engage t à présenter à l'Assemblée un budget dans lequel " seront supprimées les taxes sur le timbre de la presse " périodique, l'octroi, le sel, et une loi qui modifiera < profondément le système des contributions indlrcclcs. »
le bon billet ! Gel article 3 n'est pas une nouvelle connaissance. C'est ce budget de l'an mil prédit sans cesse par les prophètes, mirage fantastique offert par les gouvernants à leur contribuables.
Si du moins le gouvernement provisoire fût rcslé dans le nlnltt <juo, dans la stricte neutralité.
Niin ! a Union, concorde I o spieeaio. Tout cntifr il la peur de ce pauvre peuple qui les acclame de ses luille voi\, ces gouvernants factieux n'ont de dèfian»' i|iie pour lui, d'espoir que dans ses éternels adversaires. I.cs attaques des royalistes pour les renverser sont dif lâcapades, l'arrivée du peuple pour les défendre, dfs
leltions. S'ils ne peuvent arracher de ses mains sail*"^ Blés le suffrage universel, tentative qui pourrait H ses dangers, on le lui laisse étriqué, cFiôtré, délillé de tout ce qui pcnl l'éclairer et l'instruire, épée eux tranchants. Aussi on arme et on conspire à Stel de Ville contre les faubourgs. Au lieu d'orgar les sections, on organise la police; on fait appel rates les loyautés, au loyal Barbf's comme au loyal ifihereau. La meule de la discipline savamment niée, broie toute Tclléité d'indépendance dans . livrée pieds et poings liés à ses chefs royaes. Unis dans un ardent hommage à l'Immortalité, radicaux judicieux et toujours prévoyants brisent êirmcnt politique quidonne un air de parjure à leurs lotioos. Aux applaudissements des traîtres et des pables, ils prononcent l'abolition de la peine de ■ten matière politique, ce décret de clémence dont D sera le commentaire. Ils créent la mobile, sinistre oîne, et Marie organise les ateliers nationaux, mane à double fin, d'abord contre le Luxembourg,! ■ d'une émeute lorsqu'il faudra un prétexte. ' "Ëarnier partage avec tous ses collègues la responilîté de ces heureuses mesures; il en a revendiqué I particulièrement quelques-unes, comme l'organim de la mobile, mais le champ des finances lui nrlient sans conteste. L'anarciiie livrait assaut à îles abus du vieux monde : Garnier préposé, a gardé tystémc financier le vaste tribut levé sur le peuple, ^endu la moindra extorsion avec un amour de père, proposait-on d'abolir un impôt > il en avait toujours i la Bsain quelque autre beaucoup plus lourd et le suppression plus urgente, et Pi'ee cersrt. Ainsi, i désordre, et l'habile homme se frottait les mainïl I l'espoir de transmettre intact à ses successeurq'ta rïtage de la maltùle. AlK)Iissait-ii même un impôt» tel), te décret n'était exécutoire i|u'en IS50; de sorte!
que Garnier cunetntor sauvait de plus en plus la caisse et la patrie.
Quel général n'éprouve un échec? Cotlo brillante tactique se heurte à l'égoïsme des journalistes et (X contretemps a laissé quelque trace dans l'histoire merveilleuse écrite de sa plus belle plume de Tolède par le couleur arabe de la rue Saint-Roch. Ces infâmes folliculaires n'oscnt-ils pas réclamer l'abolition du timbre, cliaine odieuse de la pensée qui dit : Silence au pauvre! En vain Garnier fait appel à toutes les ressources du pathétique:
f Quant aux principes, sexelame-t-il avec un ton . de crocodile, nous sommes d'accord avec vous, ht u pensée doit être affranchie radicalement!... il ne peut •' plus y avoir d'impôt du timbre, de cautionnement, " parce que rien ne doit entraver la circulation de la « pensée. Mais il y a une difficulté, c'est la situation, tt S'il n'y acatt que l'impôt du timbre qui fût lourd,
• pénible, dur, maïs il y a d'autres impôts ; il y a les
• octrois, il y a l'impôt sur le sel qui touche à la vie « du pauvre, et cette révolution est faite pour le pauvre « et pour le peuple. »
Le peuple avait bon dos, mais ces journalistes sont insensibles. En vain l'héroïque Garnier dispute pied à pied un terrain qui lui échappe. • Le timbre sers supprimé dix jours avant la réunion de l'Assemblée Nationale, s Les Journalistes refusent tout paiement; de sorte qu'il fallut céder et faire de nécessité vertu. Voici en quels termes pileux le Moniteur l'annonce à l'ombrageuse réaction : « La presse ne pouvait rester en
< dehors de la sollicitude du gouvernement. Résolu
< comme il l'est à maintenir tous les impôts pourac- 1 quitter les engagements et assurer le service de l'Etal,
• il ne pouvait considérer comme un simple revenu ■ fiscal, une taxe essentiellement politique. »
Merci de la munificence ! On avait plus facilcmoin
faîsofl du peuple. Un gouffre s'est ouvert tout à coup soas les fleurs de rhétorique. Les caisses de l'Etat sont vides. « Union! concorde! s'il vous plaît! » La charité pour ces pauvres millionnaires, plaintifs accapareurs ! Une obole aux banquiers juifs et hollandais!
Abomination ! La République va manquer aux engagements de la liste civile, renier la signature de Villele ( t de Guizot, sevrer de leurs rentes ces excellents citoyens qui soldèrent les victoires de Transnonain, de Vaise, les lois de septembre et Tembastillement parisien. Aussi le drapeau noir se hisse à l'Hôtel de Ville. Le capital est en danger ! C'est au peuple encore à payer 18 ans de corruption électorale : on lui en fait l'appel suprême.
Quel spectacle! Ils ont eux-mômes le courage de narrer toutes les sublimités d'un dévouement qui, en face de i'égoïsme moqueur des hautes classes, apportait à la spéculation masquée en patrie pantelante la timbale d'un père, le bijou de famille, le livretde caisse d'épargne, une décoration civique. Ils eurent le cynisme d'accepter; et ces modestes dépouilles tombant comme une goutte d'eau dans l'abîme, Garnier-Pagès n'hésite pas à demander à la République son droit de joyeux avènement, les 45 centimes. On sait combien, en dépit d'une réserve illusoire sur les petites cotes, cet impôt désastreux a pesé sur les campagnes désespérées (!). 11 éloigna de la Révolution son vieil allié le paysan, lui laissa pour longtemps sous les yeux le spectre bizeauté des 45 centimes, et fut l'arme de choix des réactions. M. Garnier-Pagès n'a cessé de revendiquer ce chefd'œuvre fiscal qui poignarda la Révolution. Personne ne le lui conteste. Qu'il reste cloué à son front comme le stigmate le plus hideux, l'argent arraché au pavre!
Aucune de ces viles et terrestres préoccupations ne pouvait atteindre Garnier dans la haute sphère où il
(1) Voir plus loin, page 2S6 et suiv.
était placi'- : tel est du moins le portrait que nouBsi trace un aulrc aventurier de 48, M. Emile Thomas (!) <■ M. (îarnier- Pages est grand; ses longs cheveu " pris flottent derrière sa l^le. Il a le front découvci 1 pliilnl que haut, ses yeux ont qucl(|UP chose d'égar i et sa physionomie respire l'exaltation; son visage ( • ses habitudes de corps indiquent la plus grande sa « tisfaction dt' lui-même, le plus profond respect pou B SOS propres opinions, la plus grande confianco s « son infaillibilité... M. Garnier-Pagès ne discutait pu « il tranchait et posait ses avis d'une voix stridente e « les entremêlant de sa locution proverhiale ravorîlo u purement et ximplement . . . M. Garni er-Pag^s noï « laissa à peine le temps de nous expliquer et nous fi
< un In's long discours d'où il ressortait que lui sei
< au gouvernement ('■tait capable de quelque chose, « Je me souviens encore que le caissier et le payeu " profitant de l'audience pour présenter au mînisU « quelques observations... M. (iarnier-Pag<!'s leurdll « — Ne vous inquiétez de rien. Messieurs, je voua dm B ncrai mes instructions, j'ai tout prévu: tout est I
« ajoula-t-il en portant le doigt à sou front. »
Ainsi M. Garnier-Pagi^s, Pythie friïmissante surse trépied provisoire, prétendait à l'inspiration des pn ph<He3. Rien do merveilleux. Non seulement ce ûngl lier gouvernement d'une république était appuyép les légitimistes et par les prêtres, mais par le de Dieu les avait conduits au pouvoir on endurcissant j cœur du Pharaon bourgeois, la Providenct^ était l'i Iroductrice de Pages au ministère.
a Garnier-PagOs accepte lo ministère des tinsnf i( (M. Gamier, comme César et Montluc, parle ! n lui-même à la troisième personne) confiant, non^ « sa capacité (ohl) mais dans le concours de ses â
(i) IIUtO'Te des Ateliers nalionaniB.
« lègues, dans l'ardente volonté du bien dont il se « sentait animé et dans la Providence qui Vavait sou- «tenu parmi toutes les amertumes de la oie. *
Il faut le reconnaître, la Providence n'a pas bien inspiré son néophyte. L'amertume en fut cette fois pour la gcnt contribuable. Les malheureux entre les mains de Garnier et de la Providence! Deux fois l'inaomptable tribun mûri dans les prisons, grandi sous la calomnie, adjure les pilotes insensés de sauver la trance et d'enrayer la réaction. Trahie par ses chefs atterrés ou malveillants, la République va rouler dans épouvantable tourmente de Juin. Tout est prêt. 1-edru-Rollin a fait rentrer l'armée sous le couvert de sa popularité et Garnier-Pagès a armé la mobile. La Hévolution garrottée, souillée et honnie, les campagnes ^xaspérées, les royalistes ralliés et en place, l'armée ««en commandée, cartouches pleines, baïonnettes fourmes, le gouvernement provisoire a dignement rempli sa tâche... Les élections réactionnaires ont eu lieu, le 23 avril, au jour de Pâques, « jour de régénération sociale », dit l'ironique Garnier-Pagès. Prêtres et maires ont conduit leur troupeau à l'urne. Aussi ces messieurs ao l'Hôtel de Ville peuvent déposer leur mandat aux applaudissements de l'Assemblée implacable. Ils ont l)ien mérité de la réaction !
Mais si le lion s'est épuisé dans de vains efforts, s il s'est lassé à la poursuite de vains sons et de vaines étoffes, il est encore debout. A ceux qui ont si bien commencé, l'honneur de terminer la tâche, la gloire <1 amener le monstre naïf dans le louche guet-apens où on pourra l'abattre. Louis Blanc réfléchit; on l'écarté. Ledru-Rollin récolte les fruits de sa trahison du 16 avril. Arago préside. Quant à Garnier, il brille au premier rang de la Commission executive, comme un fanal de réaction.
Alors les batteries se démasquent. Une loi sûr les
atlrnQpvnK-nts punit d'iinf pt^iniï iuruiiianip lo LirÉ potittrim- ilii ptrtipli'. I/opposition pirondine (leTafii s'arcculucnvrc lu m'-iiat'i' et k-s crisd'isnaril. cl loisiBO. n'Tlamaiit \i- limit dp vrsiT siin sans pour iinc nalinn N.>'Up, la fouir d<-lKir.lc- sur l'Assemblée, li's livras i\ h Comniissitiii praHlent île cv brus<iuo choc pouf «1^ rapitiT la Ri'-voliilion.
« l'nionl eoncoptie! • farioxo. « Ils srinl tous M- « riMi's. tous 1 hurle il la tribuni', la liouclic lordue, h <i fifturt- coiilracti^p. la tt^vrc Mimante, un oralcuraBï " lonjrs chpvi'ux (1 1. \.v ciloyrn Sobrifir a l'ii' arrÉU . L'endroit qu'il liahitait a i-lé cciné : oit y a pria te . Iiommps d les uiunitioufi (fui y (''talent ill^'palenWB " entassas. Soixantc-fiiiiiiîtr hommes ont i-lt' arrflù
■ Au Palais National, te Club National avait son cpnlt " d'action. Tous les papiers oui i^té saisis, cLloGI > fermé. Il existait le Club Blant|ui. Lo Chih Blanqt
• B éli^' porni"-: les papiers, l'argpnt ont éti- saisis... Ir^
• citoyens Barltps. Bliinqiii (2). rl'auirfss. dont il k « inutile de donner les noms, y ont l'I^^ coiidiiils. 1
I ciloyeu Sobrier. aussi i^n l'tat d'arrestation au Luifio
■ boui^, Raspail pire, Raspail nevoii, (Juanlin. fttU t chan, et cnTin le colonel d'i^tat-major S&issot n ' « arrêts et destitué, vont y être conduits. ^^
Notre brave et glorieuse arrot^ tiiii (^laitM
II appelée k Paris par le vieu unanime du peupbnl « de l'AssemltK'c nationale (Très bienl): cette bf •• armée avec laquelle nous avons tous fratemisfi, = elle est du même sang que nous, elle est compO o df nos frères; notro brave armée a été appelée ià « on a donné l'ordre à tous les régiments qui « raient Paris de se rendre il Paris. (Très l)ieM ! trèshieD
(1) Discours du 15 et 10 mai {Moniteur),
(î) (îurnier-Paffés se trompait, dans sa
uvalt éclmppe. ri ik; l'ut arrélÉ qui' huit joi
Vous savez tous iiu'il c^isUil iino certaine péunion fboiDmes qui, puisant c«rlains noms daiis d'anciens puvenii'S, avaient pris le nom de Moiilagiiards. la Commission du pouvoir exécutif a ordonné immédistemeut la dissolution des Montagnards, etc. (Bravo I liravo ! ) •
El donnant In premier baptême â la réaction, lui itant ee masque de ri'-puWieanisine et d'Iionnéteti' } devait se modérer tous les jours : u C« que nous Bkms, dit^il, c'est une Hi'-publi<[no ferme, lioniiùte modérée. »
Qoels étaient donc les hommes dont Garnier promait la capture aux applaudissements d'une Assemdile républicaine? Des chouans, ptîut-ètre, des rsécuteurs du dernier r^gne ou des meneurs de mets à poilî Non! ce sont tes fous qui depuis t-huit ans sacrifient leur sang et leur liberté; qui r leurs cris et leurs efforts ont empèclié la prescrip- B, tenu baut et ferme au milieu dos défaillancos eL t i&cliotés, le drapeau de la Kévolution. Ce sont
s qu(> MM. Caruot et Garnier-Pagés du baut d< IT stalle de député, accusaient de faillir au républïmme sensé et de méconnaître la Cbartc, ce bon Image do Hollande si savoureux. Toujours le même : à eux oncore la prison, l'infamie ; aux habiles, mnour, le pouvoir et l'applaudissement des foutes! Uaintenant la comédie tourne au drame. La réaction rplus besoin de voile. Garnier résume ainsi la situa- «.(1):
f Le peuple est immergé dians ses libertés, tous sos Iroits sont acquis, tous ses vœux sont satisfaits, OUlcs ses espérances dépassées. Jamais il n'a joui
I aussi complète possession de lui-même. " (juo réclame donc ce peuple exigeant ! Ses bons
(1) Tome VI, page 452,
wm
amis les libéraux sont au pinacle, ses nouveaux l'rt-res les royalistes lepressentdans leurs bras; ses bons ptVcs spirituels, les prêtres, le b^înissent ; les juges de l^uis- Philippe le morigènent. Il a des discours. Il paie les 43 centimes. « Le peuple, dit Garnier-Pagès, s'acharne à détruire sa propre souveraioeté. » C'est que voilà rr-ehéance des trois mois de misère acceptés par le gouvernement provisoire pour le salut des hautes castes. I^ canon et la mitraille régleront les comptes de la République. Le droit au travail ira s'exercer en Solognr, en Algérie, voire même de l'autre côté de l'Océan.
Ces doux peasers berçaient les hommes du pouvoir. Déjà, lors du drapeau rouge, Arago, ce savant qui, comme Bailly, fourvoyé dans la politique, finit comme lui par prendre goût au sang, Arago disait à ses adversaires : * Appelez vos adhérents, je ferai battre le rappel et nous déciderons la question à coups de fusil- " Des délégués nantais étant venus solliciter un emprunt auprè'S de la comoiission executive, pour payer leurs ateliers nationaux, on leur répondit : ■ Si vous ne pouvez pas en sortir, faites ce que nous allons faire ici, Tirez des coups de fusil (1). »
(1) Rappoit de la Commission d'enquête. Déposition dr F. Arago. Au reste il était difficile de se faire illusion sur ces hommes. Jamais Arago ne fut un républicain. En Mi. il adressait la proclamation suivante aux électeurs du XII* arrondissement : * Je déclare que le gouvernemeDi monarchique et héréditaire est, suivant moi, le seul qin puisse prendre racine en France et y Iructifler. Je suis convaincu que le pays serait exposé à mille agitations sous an chef électif. Si j|ai l'honneur d'obtenir vos suffrat'^s, je combattrui donc à la Chambre toute mesure qui lOf paraîtrait conduire à un gouvernement républicain. • (Imprimerie de la Veuve Thuau, rue du Clo(tre-Saint-Beiiori,4'. Son continuateur, Emmanuel, a déclaré, dans une letirr' publiée dans tous les journaux à gran I renfort de tamUuu. que la vie de son père était indivisible à ses yeux. Nuldouic qu'il ne l'accepte sans béuéûce d'Inventaire.
Enfin, écoutons Garnicr :
« Il fallait à tout prix résoudre la question du tra- « vail, car dans ces moments il y avait un million « d'hommes à la charge de l'Etat.
« Comment employer un million d'hommes? On « pouvait, comme à une autre époque, on pouvait, au « nom du patriotisme, au nom des intérêts de la France, « au nom même des principes, on pouvait jeter ce « million d'hommes au dehors et déclarer la guerre de « principes à tous les monarques et à tous les peuples. « Le gouvernement ne le voulut pas. On savait bien « qu'il y aurait une souffrance intérieure, quil y aurait « peut-être une lutte intérieure ; mais s'il fallait en « venir à ces redoutables éventualités, le gouvernement <f provisoire aima mieux encore se résigner à la guerre «f étoile que d'aller porter le fer et le feu chez des « peuples qui n'attaquaient pas le pays, et le mal fut « ainsi contenu dans les limites de la France par res- « pect pour l'indépendance des peuples au dehors (1). »
Singulier respect de l'indépendance des peuples, et politique de boucher! Tandis que le prolétariat, en échange de la dictature, ne leur demande que du travail et du pain, mes démocrates en habit noir abouchés avec les royalistes, couvent des projets de meurtre. Leur bouche débite des flagorneries, leur cœur n'a qu'une pensée : se défaire du prolétariat parisien. Philanthropes cosmopolites, ils optent pour la saignée en famille, à huis-clos, sans déranger le voisin.
Saignare, purgare, Resaignare, repurgare.
Voilà toute la politique des conservateurs. S'agit-il d'application pratique, tous les spiritualistcs sont de l'école de Broussais.
(1) Moniteur^ séance du 24 octobre 1848.
l,a n'-artioii t-ii h-llc liumi'iir irouvaplaisaolûi'» l'Si^i'ulT la l)Pso{riif pur reiix mi-inBS cjue le pea^ avait tirf-it [lu iii'anl. qu'il accompagnait depuis (Q innis lie ses art Uiimt ions t'iilliousiastes ; et a-s iaiAl l>ouo, valots du rovuliHino vi bourrt^aus. saisissciUH alli^gri'ssfi la mission il'i'norjier la Répuliliqui'. l'nioii soits lt> foucl du (fardc-cliioiiruii' I Guncorde soiia la grific de l'exploiteur... ou siM > Muiisiour, ficrit lo minislro Trélat ait direcleurd
• iitrli^'rs nationaux, j'ai l'Iianneur de vous snao
■ nuo la commission du pouvoir i>xi'-cutil' (Araj|[o. H f LedruHollin, Lamartine, (iarnier-Pagi's — qu'ai
• ni" soit oublié) vient d'adopter 1rs mesures 4 s vailles:
a ï" Uos ouvriers célibataires âgés de ISà 3SU « seroul invités à s'enrôler sous les drapeaux de a Hépublifine pourcompli^lcr les régiments de fan
■ Ceux (jiii refuseront de souscrire des cagigesm c volontaires seront immédiatement rayés n d'embrigademeiiL des ateliers nationaux.
« 2" 11 sera proct!'dé sans délai au n'censemcnt i t ouvriers de Paris... Les ouvriers qui no poiin « justifier d'une résidence de six mois avant lo 24l « seront congédiés cl cesseront de recevoir des si « et des secours,
( 3" Les listes d'ouvriers dn«sées par arromji n ment et par profession, seront déposi'es daaai.
I bureau spécial où il en sera donné connaissance patrons... Les patrons pourront rcf/dériV tpl noH
II de ces ouvriers qu'ils déclareront nécessiûrc I « reprise ou à la oontinuation de leurs travaux. ** a qui refuseront de les suivre seront à l'instapt » « des ateliers nationaux...
« S" 11 sera organisé dans le plus bref délai ^ <t gades d'ouvriers que l'on dirigera dans les dé « lements pour élre employés, sous la direction
ponts et chaussées à l'exéciilion des grands travaux" lublics. ■
Ainsi, la faim ou la milice que l'on prépare à un le usage ; la faim ou le sort d'esclaves en magasin
îs par le caprice d'un maitre I la faim ou l'exil d'un ipeau dispersé aux quatre coins de la France sans ,
lie et sans patrie: tel est le firman de Trt^lat, leJ
;t de proscription édict(5 par des démocrates. ta directeur des ateliers, Emile Tliomas, qui, du 1 », BO mêlait de beaucoup de choses, veut adresser Jqaes observations. Mandé au cabinet du ministre, ib'ouve deux officiers de paix, l'ordre de donner sa lîssïon et de partir sur l'heure à Bordeaux afin d'orde nouveaux ateliers. A Bordeaux, un ordre Tcstation signé Garnicr-Pagi'S et Tri'-Iat l'a précédé, KT surcroît de pri^tcaution, porte d'arrêter en même pB les agents qui ont accompagné le directeur. Certes, ces messieurs de la Commission étaient dignes rïvre au temps des lettres de cachet. Jamais limiers poursuite d'une biche ou d'un faon, ne montrèrent
de fureur et d'acharnement que la meute libérale J Ssuitique de l'Assemblée altérée du sang du peuple, e pendue à ses flancs, aboyant à mort. Ils eut dans les veines quelque chose dos brigands de iée, dos sbires de la Saint-Barthélémy et des croisés Montfort, tous ces nobles et ces évéques masqués patriotes pour mieux égorger. Et à chaque mot do | Dciation, d'entrevue, quels croassements, et hurle- j its sauvages! Pas de retard, pas de quartier. Du sang I t mille hommes sont au Champ de Mars, il faut les " dons la rue le même jour, à la même heure, au Eienl même où gronde l'émeute. La Sologne sera I Icarie et leur cité du Soleil. Ils préférèrent mourir )e pavé de Paris oii l'ouvrier jouait enfant, où| sa i reposera tout à l'heure, béante, redressant de toute sa hauteur, et du même J
IMus (ruDÎon ni de < niilinu (les Haqucs do sai songe. M. Garnier-Pag^ n'ei I8G4, pour les hosoins de »
fciltî Iiouip im'mc. il crachaî inexorable. Coinhicii, par d le san($<Ju pouplo I
BionliM les bras de ces I tout au plus pour conduire II paraissent trop di'-biles. La { réclame un tueur, unhomme^ uu Front étroil, qui disestuUUH
Eh vain les membres de 5 s'accroclienl en dés metlfnt-ils de mitrailler ave «(i»!
Cavaignac et les Cbarra- ' la coalition réactionnaire. I de la République, les leii Marseillaise. Le peuple, sai sans autre drapeau que -^i>i' Waterloo.
Union ! concoi'de ! hm; ramassanlles combaltanls. | sa l'oase.
Victoire à jamaisglorii'n pour les vainqueurs I Vu 1 holocauste comme gage <!
républicains aux libéraux jcsi
Pereat, pereat, ^ Pauvres martyrs, t'goi^és ] sans jugement sur des ponloi par la plume délicate îles -( Feranie.s en pleurs, enfaiils en cria et les sanglots, troupe soitm- 'les l!um — »» 1 suivre nuit et jour, sans trévu.
' là où l'on fail les IjaiTicTlfs. pniir l-'s (lé-
enous-inémfs k l'ijislanl. "
ICBoiriltice BÎiiisLrfî £1 juin, le vif^ourciix. l'éiior-
* Pagf-s (ilonl l'iinerfîio ne fiVsl. jamais d('plo vi''r
unlTC II' pcuplt') rciiioiil.r encore à lu Iriliini'' r-l
1? nouvelle vigueur :
Moiis lioiis .sommes rendiis, comme iinus iivoiis ou Hieur de vous le dire, sur les ilirftTenls points fU capitale... Le citoyen Arago s'est transporti'isleXn*arrondis!i<<mont, et là, marchant lui-même clés troupes, lospn^cMant, montant lui-mémo sur ^iMiricados, il est parvenu à en Trancbir quelques- .; mais obligé des'arréter, il a sommé les insnrgés e se rendre, il l'a fait avec énehuie:. Les sommais ayant W inutiles, il a dû tirer lo canon
t Dans les autres parties do Paris, nous avons par- Mru nous-mêmes les 1'% 1I% ill% iV*, V", Vi', VIl^ .VIII' arrondissement; nous venons dire que partoul
iris est au ponvoir de l'ordre Citoyens représen-
, dans ces circonstances graves et solennelles, est inutile de vous dire avec quel courage, avec Uelle bravoure, notre garde nationale, notre brave
tuée, notre bravo ^afrfe mobile s'est comportée
j Citoyens représentants, demain nous continuerons 'dre notre devoir acer fnergte. Nous prendrons 6 les mesures. Comme je l'ai dit, ces mesures, i le canon... demain nous irons avec Force terme à cette insurrection que l'on ne it comprendre, qui prend tous les drapeaux, ({ui lETOUC aucun, qui est un parti payé, un parli ^ogé{^)et qui renferme des principes d'anarcliie fout genre, etc »
Les insurges an juin, M. ijarnier, là parti qui prend !S drApeaui, qui n'en avoue aucun, le parti Mudoyà
renferme îles principes ii'iinur«hii; (te tout genre,
VOUS et les vôtres.
— ^'iH —
Plus d'union ni de concorde sur les cadavres, an milieu des flaques de sang; mais l'assassioaL et le mensonge. M. Garnier-Pagès n'en a pas moins affirmé, pn| 1864, pour les besoins de son élection, que, maladf à. cette heure même, il crachait le sang. Le Moniteur e^l. inexorable. Combien, par d'autres plaies, coulait alorsl le sang du peuple ! I
Bientôt les bras de ces faiseurs de phrases, bons tout au plus pour conduire le peuple dans un guêpier,j paraissent trop débiles, La Saint-Barthélémy libéralpj réclame un tueur, un homme du métier à l'œil de pienc i au front étroil, qui dise sans trembler: Tue! tue! j
En vain les membres de la Commission exéeuiivi'i s'accrochent en désespérés au pouvoir. En vain pro-' mettent-ils de mitrailler avec autant de grâce que les Cavaignac et les Charras. il faut tomber devant la la coalition réactionnaire. Déjà le tocsin sonne le glas' de la République, les feux de peloton étouffent l<i. Marseillaise. Le peuple, sans autre chef que son droit sans autre drapeau que son désespoir, a engagrs"" Waterloo,
Union ! concorde ! hurlera la mort, ce soir, "' ramassant les combattants, pour les jeter pèle-mâle dan'' sa fosse.
Victoire à jamais glorieuse pour les vaincus, inBiH'" pour les vainqueurs! Un peuple tout entier offerl ''^ holocauste comme gage d'alliance pur les libi^rsu' républicains aux: libéraux jésuites,
Pereat, pereat, illa dies !
Pauvres martyrs, égorgés par des cannibales, jeb^' sans jugement sur des pontons, insultés sans relii'l"" par la plume délicate des scribes et des rhéteurs. Femmes en pleurs, enfants en deuil I Oh! puissent 1cris et les sanglots, troupe sacrée des Euménides, pon^' suivre nuit et jour, sans trêve ni repos, quiconqu'^
trempé dans ce crime ! les cadavres jeter sous leui*s yeux une lueur rougeâtrc, les larmes monter comme une mer. Puisse sur leurs mains s'imprimer à jamais la tache sanglante de Macbeth, et la voix de la Patrie et de THistoire répéter à leurs oreilles : t Gain, Gain, qu'as-tu fait de ton frère ? »
< Rendez-vous, proclamaient-ils, la République vous tend ses bras fraternels. » Et ils les fusillaient.
Jetons un voile sur ces hontes, jetons la terre sur ces morts. Oui! mais taisez-vous, laissez en paix vos victimes; cessez de joindre Toutrage au meurtre et la souillure au guet-apens. Brisez vos glaives fratricides, et renoncez à ces trophées infâmes qui vous ouvrent le cœur et* la porte des aristocraties. Nous avons assez, nous avons trop de vos baisers de Judas.
Elle a vécu. Illusion, rêve, espoir, tout est fauché I Oa pensait à Tavenir, au progrès.
Chut ! Le canon a parlé! On pleure dans Rama, et Rachel ne veut pas être consolée. La question s'est rétrécie entre Aménophis et Hildebrand, Gharles VII ou Henri de Transtamare. G'est une partie dont le peuple dompté, sagement médicamenté, paiera la carte. L'Assemblée elle-même ne vit plus : folie de peur et de crainte, accueillant par des cris d'hyène toute mesure atroce, repoussant avec fureur toute parole d'amnistie, elle poursuit sa danse macabre éclairée d'une lueur funéraire. Tous ces hommes sont des squelettes, ils agitent des osselets et creusent une fosse. Le temps avec son sablier a compté leurs derniers moments.
Garnier-Pagès tint sa place dans cette assemblée de spectres, et s'il y pratiqua avec une certaine constance le système de l'abstention, appoint commode d'une majorité oppressive, quelques votes émergeant de ce système digne de Gonrard permettent de suivre sa trace. L'ardent défenseur du droit de réunion n'hésite pas à voter la loi sur les clubs, qui les tue sous prétexte de
li'S n^glomenUir, et laisse la porto ouverte à toutes 1rs II' pressions dans le chapitre dt« Sociétés scen^lea. LVtnnonie auhrur des 4S centimes, prodigue à l'occasion, appuie do son vote les Ô0,000 francs par moisil'aupnicntatioii pour le président Louis-Napoléon BoiiapaHi'. en revanche, il repousse la loi sur le eiirnul des plae^^ l'I les n'iormos sur l'exonération.
Puis un jour, le lendemain de Juin, lorsque tous les Pilâtes démocratiques lavaient leurs mains souillée:i, un Rommo (son nom éveille en notre esprit loutuu monde de regrets) vient proclamer le Droit, sur les décombres mêmes où le crime bourgeois croyait l'avoir enseveli. Proudhon. en face des égorgemenls et de la Iransportation, confesse sa foi de justice et fait sentir l'aiguillon du remords à tous ces réacteurs, qui se tordaient sous sa parole comme un tourbillon de damut^. Alors, on assista à une scène inouïe dans les annales parlementaires.
Brigands I » crie Dupio. « Lâches! n hurle Sénanl. A Charenlon! ■> glapit Taschereau. Ne maîtrisant plus sa rage financière, Goudchaux sort de la salle des séances. Un bouffon manquait à ce tte nouvelle passion- Garnier vint donner son coup de pied au martyr socialiste. Du sein des ordres du jour dictés par toutes les furies de l'égoîsme, l'œuvre de Garnier brille par l'incohérence et la sottise. Ce serait burlesque si ce n'élail ignoble. Tant de fange dépassait le but visé par ci imbiles. On préféra à la plate iovective de Garnier l'élucubration savante des Saudrin, Peupin et Bérard, revue. amendée et corrigée par le ministre de l'inlérieur Sénard. Sat est volutsse.
L'heure de quitter la scène politique a sonné, ''l lorsque l'Assemblée clôt ses séances par le refus d'uni' amnistie pour les 11,000 citoyens déportés à Cayeiiii< sans jugement, Garnier-Pagès disparait. Tous ces hommes ne furent point réélus. Le peuple les maudis^it-
t la réaction elltwnëme svaiL pris en tl^goiU ces docilt»
iiuieiits. Apr^s s'en êlrff servie, elle les dédaigne.
Benin'^ dans la vie priv-i'-e, spectateur froid el intact
t maux qu'il avait préparés, sourd à tout enseiftne-
lent, muré ilans t'amour-propre el l'éf^oîsme, l'agio
Heva. pour la plus grande gloire de ses trahisons, un
■ Bionument, le plus sanglant de tous les témoi^ages.
Cest l'histoire écrite par les politiques déchus, du
bnd de leur retraite, pour masquer leurs rides. Tarder
leurs visages et leurs aelions, surpn>ndre la postérité.
Toutes les histoires de 1848 sont les mêmes, depuis
Auis Blanc jusqu'à Daaici Siern. Elles soutiennent la
tRépubliquc comme la corde soutient lo pendu ot n'ont
■l|u'un but : l'outrage à la Révolution. Uais l'histoirede
iCarnier- Pages se distingue par son lyrisme et sa perpé-
luelle fanfare. Rien de comparable k ce Prudhomiiie
Iqui triomplie de ses fautes, exalte ses trahisons et
Lpousse des cris de joie en présence des ruines.
Enumérant la plus splendide liste de Iraitres, il Scrioavec l'accent d'un inspiré (1} :
t La République, je me plais à le redire pour ses t destîn^-es futures, pour la gloire de la France qui t l'acclama spontanément, pour l'honneurde tous ceux « qui la soutinrent de leurs adhésions fut l'ancre de l aalut au milieu de la tempête (Garnier désigne ainsi lj« Révolution de Février). « \ L'illustre historien, et c'est tout naturel, oublie le rtiplo, ce malappris qui » s'imaginait avoir l'ait la révolution pour lui seul (2) ... On lui prouva le conire.
Garnier n'a aucune notion des boucheries de Rouen, ^Juin et de leurs suites. S'il rencontre sous sa plume
il Tome VllI, page 244 q Rapport lie la Couiii Bler-PagL-s.
ti d'enquête. I>épi)slti<jn de
JVgoi'gcnwUt dp Rou«!n où des eeaiaiiies d'iioinmi's île fommes et d'cnfanls fureut immolé!;, sans quela réKlion ait pu moatrfr dans ses rangs une victime, < comprima', écril-il, c'est unu nécessité (1) j. Par conlre, les adliésions du cler^ le fout pâmer d'aise.
Un nuage passe sur cette all(?gresse. Les royalistes, ces insatiables, ces ingrats, adressent encore quciqutt reproche à leur sauveur; lîarnicr les réfute vicloricuscmeiit et dans di' longues pages. Il est plus à l'aise avec les sectaires, car dans la pLrasé^ologie iKM^iieles lionimes sans principes et sans conscience, larp'S comme le vide et le désert, traitent la révolution 'li' chapelle et ses soldats de sectaires.
Voici les reproches de cette race importune ; on y verra que si Garnier a péché, si aujourd'hui encore il persiste dans ses errements, ce n'est pas de rignontucc-
« Renversement (2) du drapeau rouge, maintien de
• l'armée dans Paris, précipitation des élections, con-
nivence avec la réaction, impunité dos chefs des aii- « ciens partis, refus de l'organisation du travail, d"
1 droit au travail, du communisme, rejet de l'eoiprun! « forcé sur les riclies (3), du milliard des émigrt's.
• respect des biens de la famille d'Orléans, conservao tion de la Banque de France, dédain du papier- « monnaie et de la liquidation générale des dettes, o ajournement de la guerre et do l'invasion généraK'
de l'Europe monarchique, ignorance de la loi du " progrès et de toutes les grandes pensées sociales,
1 étouffemontdu principe régénérateurde l'humanité. >
Quel acte d'accusation, et encore dressé par ^a^ cusé lui-mémcl (iarnier en a passé, et des meilleurs; une iiiiir naïve s'attendrait à une réfutation sérieusi*.
(l)Tunii' VIII, page3;9.
(il L'ïivfu est à enregistrer. Le reporter ci-(
(3) Tome Vlll, page 430 et suiv.
prenant corps à corps et broyant tons les arguments des sectaires. Garnier ne les honore pas d'une ombre (le discussion. Il s'enronce dans les hauteurs du dithy* rambe :
« Le gouvernement provisoire se serait-il trompé? « Si on leur reproche un excc^s de tolérance, do ren- « peet du droit et de la liberté^ poussé presque jus- « qu'à compromettre V existence de la Bépublique, je a le nie; et j'affirme que c'est au contraire par ces « sentiments même qu'ils l'ont fondée dans l'avenir, <i qu'ils ont bien été de leur temps, qu'ils ont obéi <. aux intentions du peuple et servi la Révolution »
Et page 435 : « Ainsi 1848 sera une des grandes cf dates de notre génération. Pour la France, c'est un « nouveau pas dans le progrès, pour l'Europe c'est un « signal. Les principes de 1789 ont, en 1848, aban- « donné leur cortège funèbre pour remonter dans « leur sphère d'ordre, de beauté et d'humanité. Le « fantôme a disparu, il n'est resté que la Liberté et la « Justice dont la République (1) est la plus sincère ce émanation. »
Tartuffes ! paroles vides et creuses comme le mensonge! Tant d'effronterie ferait rire, si elle ne se traduisait en caractères sanglants.
Ces pages sont de 1862. Que dire du machiniste, le sourire sur les lèvres au milieu des décombres jfu-
(l) On s'étonne de ce mot. La République de Garnier est celle de Brissot, la république des riches, des prêtres, des royalistes et des exploiteurs. Lisez tome VI de son histoire, pafe^e350:
« Prouver aux. riches qu'il leur est loisible de vivre en « république aussi paisibl ;raent que sous la monarchie et « plus siirement que sous le despotisme, tel était le noble
« but... »
La République pour Garnier était une spéculation. Les arguments furent Rouen, Juin, et la trahison des provinces. Toutefois les riches ne furent pas convaincus.
mants, des membres dispersés? Qui enlendraît sans frémir ces lugubres Diafoirus; ils ont tué le maiadr et prétendent qu'il ne s'est jamais mieux port*'-.
Et qu'on ne plaide pas en leur faveur les circonstances atténuantes de l'ineptie. • Toutes les questions sansexcoptioD, financières et autres, le gouvernemcm pouvait les résoudre ; il ne l'a pas fait, il n'a pas voulu le faire. » (Séance du 24 octobre 1848). Qui donc parir avec ce ton tranchant, sinon Garnier-Pagès lui-mémo ^ Et dans la même séance, un appel insinuant à l'oublieuse majorité :
• Je demande à l'Assemblée de juger le gouvonii'- <■ ment provisoire, non pas, mon Dieu, pour le peu ■ de bien qu'il a pu faire, mais pour le mal qu'il a
onipêché. (Très bien! très bien!) » Gom prenez- vous î
Les citoyens Berryer, Falloux, Montalembert, de Montreuil, voire même le citoyen abbé Fayet applaudissent. Garnier-Pagès rappelle encore sa trahison, afin dei^lanor quelques applaudissements.
Il faut poursuivre malgré l'horreur et le dégoùl. Garnier s'adresse aux ouvriers (1). « Les ouvriers ne a comprennent pas la haute portéedesinstitutionspoli- « tiques et des conquêtes morales que le peuple avait « te droit de recueillir de la Révolution et dont le gouï vernement oersa// à /!ofs les applications, sans resi triction aucune. Ils eussent tout trouvé danslecalnx'
1 d'un état libre et prospère, dans la fortune puf blique. «
Et l'impitoyable Garnier leur reproche de ne pas s'être rallia au gouvernement provisoire.
Union I Concorde! N'est-ce pas? Comme le cliien marbré de coups revient lécher la main du maiiri'. Ahl plût au destin que les ouvriers ne se fusscai pas ralliés au gouvernement provisoire, qu'ils tic
(1) Tome VI, page 181.
IVussent pas entouré de 1001*$ rangs épais, qu'ils ne lut eussent pas sacrifié pendant trois mois leur cœur, leur enthousiasme, leur misère ! qu'ils connaissent aujourd'hui sa gratitude ! C'est vous qui vous êtes rallic^'s aux royalistes, pour refouler la plèhe, pour la trahir et IVgorger ! Pour([uoi souiller encore vos victimes. Rien ne vous désarmera donc ! Ils vous apportent leurs votes, comme ils vous apportaient ie pouvoir, comme ils vous ont donné leur sang. Ils semblaient vouloir lasser à force do confiance, votre constance à les trahir et à les calomnier.
Du reste, nous sommes du pays où les battus paient l'amende. On inaugure même devant certains pays une nouvelle défense : les assassins ne sont plus coupables, mais ces scélérates de victimes qui par perversité et noirceur d'àme se jettent sur les poignards de messieurs les assassins.
M. Garnier-Pagès ne loue pas seulement les assassins, il les conseille. Ainsi, il se donne beaucoup de mal pour leur recommander le calme et Tattente ; mais n'ont-ils pas l'histoire ?
N'est-ce pas en bâtissant, sans se plaindre, les palais des Tarquins, et en offrant avec calme leur femmes et leurs filles à ses enfants, que les Romains conquirent leur liberté I La République des Provinces-Unies ne s'est-elle pas constituée en livrant ses chefs à la friture sacrée et ses franchises aux Espagnols, par amour de la légalité ?
Les Etats d'Amérique sont devenus la grande nation d'aujourd'hui en payant l'impôt du thé et souscrivant avec dignité aux taxes et surtaxes imaginées par la métropole. Enfin, pour parler de nous, la France n a-t-elle pas conquis la meilleure part de sa liberté par le respect des bastilles, des dîmes et des privilèges?
Toutes ces révoltes, ces désordres, ces criailleries sont ce qu'il y a de plus funeste à l'union. Quelle con-
corde avec le serf sur sa gK*bc, lé nègre sous le fouet, le caout dans son trou ! A force de résignation seulement, on attendrit les Shylock et les Torquemada l Surtout que ces fous ne tirent pas châtiment des traîtres, cet exemple déplorable serait destructeur de toute concorde. Quand le peuple tient un bourreau sous son pied, il doit le relever, lui mettre son épéeen Boains et lui tendre la gorge. Ainsi Ton arrive à fonder la République dans Vacenir, etc. M. Garnier-Pagès est bien de force ^ nous démontrer toutes ces belles choses ; sâ cantate en Tlxonneur des 45 centimes le démontrerait au besoin.
C'est en 1863 que l'ex-ministre des finances .écrivit cette lettre à faire pâmer d'aise les démons dans les abîmes, les anges dans le ciel et les hommes sur la terre.
Un esclave ironique suivait le char de César. Pendant que Mondor débite ses drogues merveilleuses, un pitre glapissant lui donne la réplique.
Des notes accroupies au bas de la page accompagneront de leur aigre sourdine le ramage de l'ardent septuagénaire :
« Paris, 15 juin 1863.
« Monsieur le Rédacteur,
« Il est, dans l'histoire des peuples, de ces erreurs « profondes, ae ces préventions injustes nées de l'igno- « rance des causes et exploitées par Tesprit de parti (1). « De ce nombre est l'impôt sauveur (2), les 45 centimes
(1) Que de promesses dans cet exorde, M. Garnier-Pagès, et comme nous nous rencontrons! Votre popularité n'estelle pas un de ces exemples frappants de ces erreurs profondes nées de V ignorance des causes et exploitées par l'esprit de parti,
(2) Sauveur. Aurait-il donc sauvé le peuple de l'ignorance, de la misère et du désespoir? Non, il a sauvé le capital, le seul peuple reconnu de Paris.
« à qui la France a du d'échapper au déshonneur de la « banqueroute (1). Tant que j'ai supporté seul la rcs- « ponsabilité de cet impôt (2), je n'ai point fatigué la t presse de mes explications (3). Je me suis borné à « donner le récit des faits dans une histoire de la Révo- « lution de 48 (4). Mais, depuis ces derniers temps, « cette mesure salutaire (5) est devenue une arme de i guerre employée sans distinction contre tous les ôp- « posants, par ceux-là même qui l'avaient approuvée « en 1848 (6).
« Je crois donc bien que le devoir (7) me prescrit « maintenant de prendre face à face, corps à corps, les « reproches, les accusations (8) et qu'il me sera permit mis de les relever, non point pour m'en fortifier (9) « mais pour en glorifier le gouvernement de 1848 et le « pays (10).
« Après deux années désastreuses de disette, d'inon-
(1) L'honneur de la France n'a rien de commun avec les tripotages de Louis-Philippe. Par quels liens secrets se rattacherait- il aux rentes d'une poignée de privilégiés? Garnier-Pagès serait bien bon de nous rapprendre.
(2) Allons donc ! Traduisez : « Tant que redoutant les souvenirs des Parisiens, je n'ai pas osé me présenter à leurs suffrages. »
(3) Mais elles sont instructives vos explications, et valent des volumes !
(4) On la connaît votre histoire, n'y revenons plus !
(5) Les royalistes applaudissaient au salut de leurs rentes et à la ruine de la République, sauf plus tard à vous faire un grief de la mesure.
(6) L'ingratitude est une de leurs vertus.
(7) Traduisez encore : « L'intérêt de mon élection future. »
(8) Mais vous n*avez rien pris du tout.
(9) Au contraire 1
(10) Pauvre pays, à combien de sauces l'avez-vous mis f Vous l'avtz saigné avec l'impôt et la baïonnette, vous le glorifiez maintenant en galimatias double dont vous partagez avec Gagne le secret !
« dation et <lo crise péeuDiairc; ijueHe iHatt donc la
• situation le 24 février 48tô (1). M. Duoos, rappor- >' K^ur do la loi des comptes, depuis ministre (i). l'a
• ninsi établie.
" l.a itt'tle riotlaiile, exigihlr, orrieîellemeiit recoii- •■ nue, sVIevail à SIM) millions, plus 170 millions pour " travaux (|iii ne pouvaient être interrompus, en loul •■ l,13U millions.
•• Il fallait en outre pourvoir aux dépenses mcii- « suelle!!, 140 millions, et aux dépenses extraordinaires '■ impost^es par les circonstances.
« Il y avait en caisse : Espèces i3S,OÛO,000
B Valeurs en portefeuille dont la rea-
trée était incertaine 57,000,000
<.' Valeurs en dépôt 13,000,000
Total 205,000,000
t Sur les 135 millions espèces : (3)
« 73 millions étaient affectés irrévocablement au « paiement du semestre de la rente.
" 62 millions restaient en espèces pour satisfaire " aux nécessités s'élevant à 1,130 millions et aux l)0u soins urgents.
(1) Le pays soufEre, donc aecablons-ie de nouveaui irajji'jts. Tel est le raisonnement du financier démocrate.
{2) Première autorité citée par Pag'ès. La liste Ta s'en (iéTOuler bientôt : rien que des juifs, dos ministres, au moins des rois et des empereui-s.
(3) Que nous importe toute cette fantasmagorie de chiffres, véritable compte d'apothicaire! Il ne s'agit pa» ii'additions, mais de justice. Réori^aniser l'impôt, moraliser la dette, rêgier ëqnitablement les droits du capital et du travail : voilà ce qui était en question. Héritiers de la monarchie, comme vous le répétez avec le CoiutitutionMt. vous veillez'sur tous les abus comme sur un patrimoiQi! que vous tremblez de ne pas transmettre intact.
« Le Constitutionnel d'xfiSi'il : le gouvernement provisoire n'a pas fait cotte situation, il en hérite.
<' Pour sauver le pays, que fallait^il faire (1)?
M L'emprunt forcé,
« Le papier-monnaie,
« L'aliénation des recettes futures (2),
'< La confiscation des biens de la famille d'Orléans,
« Le rappel du milliard distribué aux émigrés (3),
« Le gouvernement provisoire repoussa ces expé- « dients et ces moyens violents (4).
« Les antécédents lui avaient tracé la voie (5), Topi- « nion publique la lui indiquait.
« Sans remonter plus haut que 1813 (6), Napo-
* léon, pour subvenir aux frais de la guerre, ajoutait « 100 centimes aux contributions des patentes et des " portes et fenêtres, et 30 centimes aux contributions
* foncières personnelles et mobilières.
« En 1814, il ajoutait encore 50 centimes à la con-
il) Pour sauver le pays et non ses parasites, il fallait liquider, au lieu d'engager indéfiniment l'estomac des prolétaires au profit des aristocraties.
(2) Voilà à peu près le fond du sac Pages. Comme on le ^^it, il est maigre.
(3) Oh ! ces deux mesures ! personne ne les a redoutées 'le votre part.
(4) Une anecdote édifiante sur cette horreur de la vio- Ij^nce, pareille à celle des catholiques pour le massacre. Le * 'ers avait accueilli avec acclamation la République. Chaqiie village avait couru à la foret prochaine choisir le plus oeau chêne comme arbre de Liberté. A la nouvelle de l'im- K>t sauceur des 45 centimes, ce fut un cri de colère etd'inî^ignation. Il fallut de la troupe et des canons pour mettre ^ exécution une mesure salutaire.
(5) On va voir la filiation politique de Pages, elle est piquante.
(6) Certes, les grands exacteurs, les faussaires, les faux- ^onnayeurs ne manquent pas dans l'histoire monarchique. ^i vous n'êtes pas remonté à Pbilippe-le-Bel, à Jean-le- ^^on, à Louis XIV, c'eât générosité de votre part.
■i IrihiUioii loncièiT, lOU cciiLiinos aux coiilribulion- '■ ih^rsonnellos. mobiliiTcs, l'I ârs portes ri ronèlrcs.
« Louis XVIH, en 18JS, frappait les départenieiils « d'une contriljution <le guerre de iOO millions.
« En 1816, il continuait la contribulion exlraordi- " naire tie 100 centimes, décrêlio en 1814 par Napo- « léoii.
« Il en perpétuait une partie sous le nomdocentim»* B additionnels, sans destination spéciale. Louis-Philip|)e, « en 1830, ^'levait le chiffre des centimes additionnels <c de 10 à 17 et ajoutait 30 centimes extraordinaires an " budget de 1831 (1).
« En 1848, le gouvernement provisoire (2) vota » « l'unanimité ces trois décrets.
" L'imp(')t des iS centimes (évalué à la somme ncllr « de 160 militons).
« Le dégrèvement des contribuables pauvres (l'va- ■ lue à 30 millions) (3).
« L'abolition de l'impôt sur le sel comme eompen- « sation (4).
« Par ce sacrifice de 160 millions et parlarecona naissance des billets de banque comme mounaii' lï légale, la France fut arrachée, je le répi'-le avi'i
fl) Un Tio |M!ii1. ^îiiijre ulioiaii' de meilleurs riHMlcIr." i'' des autorités plus révoIiLtiunnaires. NapolËiin. eux»;:' (lansdi^s guernw d'ambition, faisiiiit apijtl aux derniniv i-essouriîL's de lu France, I.^ui9 xvill soldant rslliaini ëtrangùnt et le milliard de Cnblent/, double tribut; L(>lli^ Philippe même, peste I rien n'y manque. M. Oarnier-Pu).''': est Ëciiisant pom' lui-même et tient sa place au milifu il' cette troupe d'élite dont, il est le continuateur.
(2) C'est modestie pure. Vos collèjïues ont eu le mrit' de vous comprendi'e, mais pnurquoi vous enlever niii^i l' mérite de l'invention?
(3) Impôt mytholijj!:ique, application inconnue.
(4) Exécutable en iSâO, ne l'oublions i>as.
« fierté, au déAhonnenr de la banqueroute^ et toutes « les dettes de la monarchie furent payées (i).
«Eh bien, je le demande hardiment (2), que chaque « citoyen compare la parcelle d'argent qu'il a donnée « à la grandeur du résultât, et qu'il dise s'il a un « regret à exprimer, et si au contraire il n'a pas à a s'applaudir d'avoir contribué à liquider le passé, « à assurer le présent et à consolider le crédit de l'Etat « pour l'avenir (3)?
« D'ailleurs, examinons qui donc n'aurait pas à se « féliciter (4)?
« Les rentiers? Los semestres des rentes ont été « acquittés.
(Ij La chute en est jolies agréable, uinoarease.
Voilà le gros mot lâché : les dettes de la Monarchie payées! Votre but était de les faire endosser à la République, comme d'habiles coquins font valider à un jeune homme, le lendemain de sa majorité, les dettes véreuses arrachées à son inexpérience. Piquer d'honneur un peuple ou un enfant, la marche est la même.
Cette opération porte un nom en jurisprudence et en histoire : c'est du chantage poit^t^ae.
(2) La hardiesse ne vous manque pas.
(3) Toujours le même système : donner le change au peuple, l'éblouir à force de sophismes et de phrases, et lui représenter ses faux pas comme des prodiges de générosité et de politique. La victime doit marcher au guet-apens comme au triomphe, tière de sa sottise et pleine de gratitude pour les traîtres qui la perdent. Peuple battu, tromi)é et content, — idéal du stratégiste. Ainsi, sur la fallacieuse invitation de Garnier, que chaque citoyen dise s'il a un regret à exprimer, et si, au contraire, il n'a pas à s'applaudir d'avoir contribué à liquider la réaction dans le passéy à Vassurer dans le présent et à la consolider pour Vaoenir.
(4) Sublime du grotesque et de l'impudence-? Garnier oublie simplement ceux qui ont payé ce fameux impôt, cette pierre philosophale de tlnance qui a tout sauvé et tout guéri.
« I.I-S uiivrii-rs i Us ii'oiil rien doiiiii' l'i ilts anl M • sous ForniH (le salaire une partie lics 43 ceiidmci(
■ Les employés '.' Us ont perçu leiira appoiu ' iitents (2|.
■< L'armi^e i llï iniliious lurent imméiliateiiK ' affectés à sa réot^nisation (3).
" La marine! Elle fut i^randie.
■• Le clergi^? L'EgUse a ri';giiIièronient perçu ■' (lime (le l'Klal (4).
il] Gai'tiJei', au paj'oiysnie di^ l'tiiil.huusiasmi-, atJJ tes vivants et les morts, les inotideB et tes iitanètes, ilieui et les liomiueH à se iirosternei' devant les'fê ' tiiiieH. Qui n'aurait à s'en féliciter î Les rentiers, p encore; bien qu'ils itlent préféré recevoir leurs renMse détmurser, mais les oiivriei-a, halte là I \'os iTi oenti sont une manne tombëe des nues, je le veui bien t i lia IVappaleut encore le mobilier, les patentes, les pi et fenêtres, iinpQts certes payés par le peuple, al VOUB >iVH7. suffi Hiim ment reproché le faihle sulaire urracM * pj-emières appréhensions, ils ont reçu lu reste des 4S. times sous forme de boulets et de baTonnettel,. ' eompter le fouet du bagne. Qui donc n'aurait h s'eflli tiTÎ Ce»l tout profit. Les morts ne reviennem 111s votent pour vous.
(ï) La m .'ute, la valetuUk-, les espions, les sbitvfl. t uette tourbe qui se l'uait à la curée dfr l'Hôtel de V payons laff^ement ces utiles fonctionnaires !
(3) N'oublions pas non plus l'armée, la brave si comme disent les réacteurs en Quirant la bouuheriSsert il protéger la patrie, elle maintieiit liaut vt térit nom et le drapeau français. L'ennemi fut délogé du théon, chassé de la Bastille et écrasé au fauboufj Temple. Les chift'res, du reste, sont éloquents : cette f^ armée absorbe 114 millions sur IGO. La France est riche pour payer ses gloires.
(4) Autre Indispensable, ,1'avala lu dans nos histo spiritual is tes, dculdlques ou néo-ptatoniciens (Henri tin, Jules Simon ou quelque autre], que In Réroluijon venue supprimer la dlme et la taille, on (luie, pan encore l'une et l'autre. Merci à damier -Pages, en
i Les commerçants. W industriels ? l'nr partie fui IJoctée à la cn'-alion des comptoira dV-scompli-. " B Banque de France et les lianques «les d<'-partesî Elles furent sauvées (1).
I carap^nes^ Mais si on avait recours au r-monnaie, elles étaient ruinées, i Les villes l On leur a prêté pour leurs travaux. Pv Les receveurs généraux ? Ils ont été remboiirsf'-s
t sauvegardés.
^.ï Les artistes? Ils ont été secounis.
1 Les créanciers de l'Ktat ? Ils ont été soldés. ■ Les oHéanisl*^'? I^s hicns de ta famille royale, suffi aux besoins, ont «'-té respectés t2).
; légitimistes? Fallait-il donc revenir .*nr le nrd des éraigrés'.'
.1^ Sauver iHCalssF^I c'est le cri du cœur, ur, l'impftt i45 centimes np i>esaU pus seulement sur la propriété BBière, mam sur les patentes, le mobilier, les portes et .iSties, et frappait particulièrement le travail et l'iudus- Mb qa'il se donnait des airs de secourir. Yertii inelbbl ' les i5 centimes ! Les commerçants et les industriels n'en intpaa moins sauvés. Les artistes, le peuple, les fois, hiiitest sauvé, i^luelle l'ëdemption ! Oarnier est .Messie! plraclet par la rosée vivifiante des ^5 ii'iiiiiin-, tihi> les
Irrlérés du monde sont lavés. — El ni- •■ mri'' - \:i<. v i
millions dont 114 sont aussitôt ab^iTii*-- pur I ,-iKiin' .
e «. Or, avec ces 46 millions, l'Lni-i>itii>!ir^ii>l<- u^lmu-l-
ïi tout. Je reffarde autour de mui ; les reuLiers ptijés,
M peuple salarié, les employés appointés, In mai'lnc agran-
■|S(agrandie est peu clair, mais ne i-hicauons pas). Le
^BB* re^iojt sa dline, le commerce va, les artistes sont
i^urus, les erôanciei-s de notât soldés, les campagnes, il
i,nAi, un peu ai,'itË08 (la faute eu est a Voltaire) endn
Btkbleau de itonhenr et de prospérité. Le tout avee46mil-
'k.Ëh bien, Je le proclame hautement, depuis l'Iiommc
Ulée qui, avec cinq pains et deux pntils pulsstios,
^it une multitude atfamée, rien de comparable n'a
'É; et je demande lu canonisation, que dis-je,
e thaumaturge.
1 respect est toncUanl; rappeltjns toutefois h
u l.ci! bonapai'tislrs î N'oiit-iU pas liériU'- des Avan- ' tagofi d'iiiu^ lii|uidatioti efrectuée et d'un crédil I afrermi (1) !
s Le peuple i II n^a pas terai sa victoire par la I faillite (2).
M. OarDier-Pagèa, transmiié en députe de là Seine, une de ses plus jolies élucubrations de février: