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et d'appointements auxquelles il fut soumis. Il ne s'en est jamais plaint, il ne paraissait pas même s'en apercevoir; et, tant qu'il a pu se traîner, courbé d'une manière effrayante par l'âge et les infirmités, on l'a Vu,* allant gaiement à pied d'un bout de Paris à l'autre, porter ses soins et son attachement à sa respectable amie, madame de Choiseul , qui , de soil côté , lui prodiguait des attentions aussi tendre^ que si elle eût été elle-même son obligée.
En 1789, on le pressa de demander utie place vacatite à l'Académie française. TH/i^it plusieurs fois refusé, par modestie et par piaidence, à de pareilles sollicitations; mais enfin il se rendit aux instances de ses amis et au vœu de l'Académie. Il fit ses visites, Jirécédé par sa réputation , et par la célébrité de son bel ouvrage intitulé: Voyage du jeun€ Aruicharsis , qni avait paru l'année précédente.
Il l'avait commencé en 1767, et oh s'étonne de la constance d'un auteur qui , durant trente ans , suit le même plan et s'occupe du même travail. 11 est bien plus étonnant qu'un homme ait osé concevoir l'idée d'un si vaste édifice, et qu'au milieu d'une foule de devoirs auxquels il ne manquait jamais , il ait pu achever cette merveilleuse fabrique en trente années seulement.
Dans cette composition , à laquelle ijiulle autre ne ressemble, on ne sait ce qu'on. doit admirer le plus, ou de l'immense étendue de connaissances qu'elle exi-
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geait et qu'elle renferme , cm de l'art singulier des rapprochements et des transitions, qui a su lier imperceptiblement tant d'objets disparates entre eux ; ou de l'élégance continue et de l'agrément infini de toutes les narrations , de toutes les discussions , qu'au premier coup d'œil on serait tenté de prendre pour les jeux d'une beUe imagination. Tell^ a été, en effets la méprise de quelques personnes qui ont donné le nom de roman à u^ ouvrage où on trouve toute vérité , et où on ne trouve C|iie;: dbs vérités. Cette critique, plus applicable à la Cyropédie de Xénopbon qu'à l'Anftcharsis de Barthélémy, ne mérite pas d'êti^e réAitée^ et je ne m'étendrai pas davantage sur un livre ^ui est entre les mains de tout le monde , que tout le monde relit,. et dont la lecture est toujours également attachante et instructive.
Barthélémy fut élu par acclamation à l'Acadéttiie française; et à sa réception il fut accueilli, et^ pour ainsi dire^ couronné par les acclamations publiquesw Son discours fut comme sa vie et son caractère, un tissu, un modèle de simplicité, de sentiment, de nK>» destie; et le directeur (i) qui lui répondit, enrichit sa réponse des grâces piquantes et délicates qui brillent dans tout ce qui sort de sa plume.
(i) M. de Bonfflers, si connu par de charmants ouvrages.
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L'année suivante , M. de Saint«-Priest , alors ministre du département de Paris et des lettres , offrit à Barthélémy Thonorable place de bibliothécaire du roi , vacante par la démission de M. Le Noir. L'abbé reçut cette offre flatteuse avec reconnaissance^ et r^fitsa In place: ne croyant jp0\ accoutumé comme il l'étak à des travaux littéraires libres et indépendants , pouvoir se charger des détails minutieux et forcés de œ grand dépôt.
Circoosorit par sou goût et par sa modestie dans le soin et les travaux du cabinet ^des médailles, il s'y livrait avec uae ardeur toujours nouvelle , aidé «par son tiev^i Barthélémy Courçay ^ui lui avait été assoie en 1768, et qui est au}ourd'hui titulait^ de la place. C'est 6^w assez l'éloge du neveu que de dire qti'il est digne d'un tel oncle, et c'est une justice qu'on ne .peut «e dispenser de lui rendre.
Le cabinet s'était singulièrement aconi' et embelli entre les mains de Barthélémy: son activité, sa vigi- 4aiice ne négligeaient atACim objet; «t ses correspobdanoes, ^i embrassaient, avec un-égal riuccèi^, toièfce la Fmnce et toute l'Europe, lui procuraient chnqi^ jour de nouveaux tœsors. La Suèclehèt Je DaneniaA se prêtèrent à œttc contribution , icomme avait &ît l'Italie, ^et complétèrent, pour leur part, la collection des médailles modernes^ idont la suite avait été né^ gligée npràs In mort de M. Colhepty ne grand homme ,
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qui ne négligeait rien de ce qui pouvait contribuer ou à la richesse ou à l'ornement de la France.
Mais les médailles modernes , qui n'apprennent guère que ce qu'on sait d'ailleurs , ne paraissaient pas à Barthélémy un objet aussi intéressant, pour le cabinet, que les antiques ; et c'était h là'recherche de celles-ci qu'il donnait, avec raison, ses plus grands soins. Il n'y a que les initiés dans ce genre de travail, qui puissent avoir une idée des difficultés qu'il présente, des peines infinies qu'il coûte. Veiller sans cesse à la découverte des monuments rares, précieux, uniques même qui se trouvei^t enfouis dans divers cabinets ; les y déterrer à force de vigilance et d'activité ; se les procurer en les achetant avec économie; ne les insérer dans une des suites qu'après s'être assuré , par un examen minutieux , de leur authenticité , et des singularités qui les distinguent de quelcpies autres à peu près semblables; les inscrire enfin au catalogue, avec leur description claire et précise : telle est la foule de détails auxquels Barthélémy dut sacrifier, pour l'intérêt du cabinet dont il avait la garde, une grande partie de son temps, de ce temps qu'il employait si bien et si agréablement pour lui dans ses études particulières. Il se livra à ce travail obscur et pénible avec tant d'ardeur et de constance, qu'il parvint h doubler les richesses du cabinet. Il y avait trouvé vingt mille médailles antiques, il en a laissé quarante mille;