‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: augmentées de l'essai sur la vie de BarthélémyChapitre 3 sur 53 · DE J. J. BARTHELEMY. XV · texte numérisé non relu

DE J. J. BARTHELEMY. XV

recouvra ses forces qu'au moment d'entrer au séminaire, où il reçut la tonsure. Dans cette pieuse retraite , il avait beaucoup de loisir, et il en profita pour apprendre l'arabe. Un jeune Maronite, élevé à Rome, se trouvait alors à Marseille, auprès d'un oncle qui faisait le commerce du Levant. Il se lia avec Bartlié-» lemy, devint son maître de langue, lui enseigna l'arabe à fond , et l'accoutuma même , dans des conversations journalières, à le parler facilement. Alors il lui proposa de rendre un service à des Maronites, des Arméniens , et d'autres catholiques arabes qui n'entendaient presque pas le français : c'était de leur annoncer la parole de Dieu dans leur langue. Ce jeune homme avait entre les mains quelques sermons arabes d'un jésuite prédicateur de la Propagande. Barthélémy, qui ne savait ni rien refuser à un ami , ni se refuser à aucun genre de travail , en apprit un ou deux par cœur, et les prononça avec succès dans une salle du séminaire, où ses auditeurs orientaux furent si enchantés de lui , qu'ils le prièrent de vouloir bien les entendre en confession; mais sa complaisance n'alla pas jusque là , et il leur répondit qu'il n'entendait pas la langue des péchés arabes.

Il était si éloigné, je ne dis pas d'étaler sa vaste érudition, mais même de la laisser paraître, que peu de personnes savent à quel point il s'était familiarisé avec les langues orientales, et c'est ce qui m'a engagé

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