‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: augmentées de l'essai sur la vie de BarthélémyChapitre 39 sur 53 · DE PALMYRE · texte numérisé non relu

DE PALMYRE

fait l'auteur lui-mêuiè , qui , ayant partagé les travaux et la gloire de ce voyage, s'est exprimé avec une modestie convenable à ceux qui exécutent de grandes choses.

Le même ton règne dans un morceau très-bien fait qui est à la suite de la préface; ce sont des recherches sur l'ancien état de Paimyre. Cette ville, dont on rapporte l'origine à Salomon, et que les auteurs orientaux paraissent avoir toujours connue sous le nom de Tadmor, était éloignée d'environ vingt lieues de l'Euphrate, et cinquante de la Méditerranée. Située au pied d'une chaîne de montagnes qui la couvraient à l'occident, elle s'élevait par degrés au-dessus d'une plaine fertile, en tout temps arrosée par des ruisseaux , dont les sources placées sur les hauteurs voisines prenaient au gré du laboureur toutes sortes de directions, et devenaient plus abondantes en été qu'en hiver. Cet heureux canton, où la nature étalait ses richesses, était environné de tous côtés par de vastes déserts, où le voyageur, incertain de sa route, ne trouvait souvent qu'un sable aride et bridé par les ardeurs du soleil. A la faveur d'une pareille situation, la ville de Paimyre séparée du reste du monde, ne prenait aucune part aux guerres qui, pendant plusieurs siècles, ravagèrent les contrées de l'Orient, et jetait en silence les fondements de sa grandeur future. Du moins ne lui voit-on jouer aucun rôle, ni lors de l'expédition du jeune Cyriis ou d'Alexandre le Grand, ni dans l'histoire des rois de Syrie, ni pendant les premières conquêtes que les Romains

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firent dans ces pays éteignes; et, lorsqu'il en est fait ensuite mention dans les auteurs anciens, il en est parlé comme d'utie ville libre, riche, commerçante, en état de résister à Marc- Antoine, qui, dans la vue de dépouiller ses habitants, résolut de les poursuivre au-delà de l'Euphrate, où ils s'étaient retirés avec leurs trésors , mais qui tenta vainement de passer ce fleuve en leur présence. Il les accusait de n'avoir pas gardé une exacte neutralité entre les Parthes et les Romains. Cette accusation, qui au fond n'était qu'un prétexte à son avarice , pouvait en apparence justifier son expédition. La ville de Palmyre était alors, et fut long-temps après, une des fi:*ontières communes de l'empire romain et de celui des Parthes. Elle conservait sa liberté au milieu de ces deux puissances attentives l'une et l'autre à la mettre dans leurs intérêts; et devenue pendant la paix un des entrepôts de leur commerce respectif, elle était pendant la guerre l'objet de de leurs craintes mutuelles. Il paraît que dans la suite elle reçut une colonie romaine , mais on ignore l'occasion et la date précise de cet établissement ; on ignore de même si la forme de l'ancien gouvernement en fut altérée ; ce\qu'on sait de plus certain, c'est qu'au temps de l'empereur Gallien, la ville de Palmyre devint, en quelque façon, la rivale de Rome par les exploits et les vertus d'un de ses citoyens. A ces traits 'on doit reconnaître Odenat, ce brave officier qui rétablit les affaires des Romains en Orient, qui battit plusieurs fois les Perses, et fit trembler leur souverain dans sa

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