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trouva, en 1724, sur le raooWPalatin, une ancienne peinture qui représente de même un navire à trois rangs de rames bien distingués (r), et les ruines d'Herculanum en fournissent , dit-on, une pareille. Le père Paciaudi est confirmé dans son sentiment par les expressions des anciens à cet égard , surtout par ces paroles de Végèce au sujet des vaisseaux de guerre: Interdum quinos sortiuntur remigum ordines; nec hoc cuiquam énorme videatur, quum in actiaco prœUo longé majora refe^ rantur concurrisse navigia^ ut senorum etiauiy vel ultra ordinumfuerint. Néanmoins elles ne sont pas décisives contre le système du père Sanadon, cité par le père Paciaudi; car, comme cet auteur pensait que les rames étaient disposées en ligne horizontale, et que plusieurs rameurs étaient placés sur la même rame, en descendant du courcié à la bande^ on ne trouve rien dans les expressions de Vegèce, qui ne puisse quadrer à cette idée. Nous ajouterons qu'un Français, dont le père Paciaudi paraît n'avoir pas connu les ouvrages, a pensé
pont, ou sur des ponts différents, élevés les uns au-desSus des autres. Scd duhitatio de eo potiiis sahoritut , an rémiges à,lii alus essent superiores ; exigua enim adeo est inter remorum ordines distantia, ut nautœ in una eademque contahulatione stantes passent suprêmes juxth , ac infimos tractare remos. H en dit autant de la birème sur laquelle Tempcreur Paléologue et le patriarche de Constantinople abordèrent en Italie, pour se trouver au concile de Florence. On voit la figure de ce navire sur les portes du Vatican, que fit faire le pape Eugène IV, (1 } Si la figure est exacte, on dirait même qu'il y en a quatre.
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coamie le p^^e Sanadou sur ce point, quoiqu'il ne s'accorde pas avep lui »r quelques autres. C'est de Bâras de la Penne, qui, malgré l'honneur qu*il avait, tout laïque qu'il était, ai être affilié à la Com^ pagnie de JésuSy ce sont ses. termes (i), n'a pas laissé d'écrire beaucoup sur cette nçiatière, non-seu* lement contre Folard et Fabr^tti ^ mais encore contre les pères de Languedoc et de Maugeraye. Cet auteur soutient que les figures de la colonne trajane ne sont pas une preuve de la construction des vaisseaux usitée dans ce temps-là , puisqu'on avait abandonné l'usage des trirèmes plus de r5o ans avant l'empire de Trajan,
Le père Paciaudi s'appuie encore beaucoup sur . le témoignage des anciens, qui parlent de rames plus courtes les une§ que les autres , et qui nous disent que les thranites (c'étaient les rameurs du côté de la poupe) avaient une plus forte paiç que les autres, parce qu'ils fatiguaient davantage, à cause de la longueur de leurs rames. Quelque parti que l'on prenne , il paraît qu'il faut supposer l'inégalité des rames comme un fait incontestable j
(•i) Réplique à la réponse du père de la Maugeraye,, insérée dans les Mém. de Trévoux» Mars 1728, art. aâ.
Nous avons aussi vu du même auteur une leUre critique au sujet d'un livre \viû\v\ki: Nouvelles découvertes sur la Guerre ^ etc. avec des remarques critiques sur les trois 'Systèmes des trirèmes, etc. à Marseille i'jt.'] ^ petit in-folio. On voit par sa rcîplique qu'il a composé sur ce sujet plusieurs autres écrits que nous n'avons point vus. Cette ix^plique a été imprimée à ]VIai^eille'4iiiH!#728) chez Dominique Sijbié.
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d'où il semble résulter qu'elles n'étaient pas toutes placées sur une même ligèe horizontale. Mais tous ceux qui ont traité cette matière, ceux du moins que nous avons vus, le père Paciaudi lui-même, disent ou supposent que les rameurs frappaient l'eau tous à la fois, et à intervalles égaux, ce qui n'est pas aisé à concevoir , les plus courtes rames faisant nécessairement une moindre vibration que les plus longues , si l'on peut se servir de cette expression. La longueur même des rames qu'on est obligé d'admettre dans tout système , présente encore une autre difficulté. De Barras, par exeniple, donne cinquante-sept pieds de longueur aux rames du vaisseau de Philopator, vingt-six pieds pour la partie intérieure , et trente-un pour l'extérieure : quelle étendue ne devait donc pas avoir l'espèce de ligne courbe que traçait le bout intérieur de la rame dans son mouvement , et comment concevoir qu'an homme placé à cette extrémité eût pu nager assis, ou même debout?
Le père Paciaudi n'oublie pas le témoignage des anciens qui attestent que les rameurs étaient plus élevés les uns que les autres, et à inégale distance de la carène ou du fond du vaisseau, non plus qu'un fait assez récent et rapporté dans l'histoire de Venise. Un mathématicien nommé Victor Faustus, qui vivait vers l'an iSSy, y construisit, à l'imitation des anciens, une quinquérème, qui fît l'admiration de tout le monde; et, quoique la figiu'e de ce bâtiment n'existe plus , le père Paciaudi pense que les cinq rangs de rames étaiâW: distri-
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bués par étages, suivant Fancienne pratique, (jft' vaisseau est apparemment le même dont parle Bayf dans la préface et dans le corps de son ouvrage de re navali^ imprima par Robert Etienne en i537, c'est l'édition que nous avons vue. Cependant, quoique Bayf (i) eût été à Venise, il s'exprime de manière à faire croire qu'il n'avait pas vu ce bâtiment. Mais ce qui paraît plus singulier, c'est qu'au rapport de Bayf, Françoiis I faisait construire au Havre, ad Portum Gratiarum, 'Xine quinquérème pareille, à cinq ordres de rames, mais d'un meilleur goût et mieux proportionnée (a)/ C'est ainsi qu'il en parle, en adressant la parole à ce prince luimême: IVec mirum si hœc fidem non hahebunt apudhomines nostros, qui et Venetorum qiUnquereip,em unam admirantUTy et tuani totidem ordi-nunij quœ iUam symmetriâ superabit^ gratulabundi jexpectant. Il en parle aussi dans le corps de son ouvrage: revenons à celui du père Paciaudi.
Il relève, avec raison, une méprise de Larrevj qui a cru que ces lettres. IMP. AUG. , qu'on trouve souvent sur les médailles d'Antoine, signifiaient empereur auguste y au lieu que les dernières signifient augure^ dignité dont Antoine se fit toujours honneur; ce qui est confirmé par d'autres médailles
(i) Voici ce qu'il en dit, pag. 35: Feneti videant an iUa eorum quinqueremis , quœ XXVIII tantàm, opinor, transtris constat y œdificata sit ad antiquarum quinquéremium rationem,
(2) Elle se nommait Caracon, selon Deslandes, et fut brûlée presque sous les yeux de François I.
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triumvir, où ce mot est écrit ea toutes lettres» Mais la justice, due à tout le monde, ne nous permet pas d'approuver de même la sortie qu'il fait contre Bayle, en le traitant de cynique. A l'occasion d'un traité de paix que le roi de Perse fit avec les Grecs , le critique rapporte les témoignages de Plutarque et de Diodore de Sicile; et comme les dates produites par ces deux auteurs ne paraifisent pas s'accorder, il conclut que les préjugés sont pour Diodore. « II, faut avouer, ajoute-t-il, que a Plutarque n'est point un bon guide de chronolo* « gie: il transport^ quelquefois les événements, (c tout comme s'il composait un poëme épique, » Je ne compte pour rien, dit à ce sujet le père Paciaudi (i), l'autorité de cet écrivain acharné a médire des anciens, qui avance que Plutarque a parlé d'Antoine plutôt en poëte qu'en historieB. Les débauches d'Antoine ne sont-elles attestées quc^ par Plutarque , et le dérangement des faits peut41 en infirmer la certitude ? Mais , i ** il n'est du tout point question d'Antoine dans la remarque de ^ayle, comme on vient de le voir, a^ Ce critique n'attaque point la fidélité de Plutarque , ni la vé^
(i) Nec quicquam tribuo auctoritatis maledico illi vcterum scriptorum ohtrectatori , seu veriàs cynico cani, qui ut Plutarchum dente carperet rahido ait poesin, potiùs de Antonio y quant historiam finxisse. Jn quœ ah illo summa animi levitate, vitœque licentia fncta pcrhibentur ^ unius nituntur Flutarchi testimonio? Aut inordinata temporum séries^ quant Baylius historico culpœ vertit^ dictis abrogatfidem? (Pag. ai).
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rite des faits rapportés en cet endroit. Il se coutente de dire que l'auteur grec n'est pas un bon guide en chronologie : or, on peut être historien véridique, et chronologue peu exact; ensuite dire qu'un, auteur transpose les événenientsij ce n'est pas assurer que les événements soient faux. 3" Préférer l'autorité de Diodore de Sicile à celle de Plutarque pour l'ordre des temps, ce n'est point médire des anciens.
Le père Paciaudi adopte l'idée par laquelle l'abbé Barthélémy rend raison de cette jûnglilarité de quelques médailles antiques^ qui pré^^ptent d'un côté un relief, et de l'autre une aire quadrangulaire en creux (i). Il pense que. dans l'enfance de l'art, les premiers ouvriers, pour retenir le flan par le moyen des coins , imaginèrent de graver en creux celui qui devait former le type de la médaille, et en relief celui qui devait la fixer. Ce relief était divisé par des lignes gravées en creux, de sorte que la pièce portant sur les parties saillantes , en recevait l'empreinte au premier coup de marteau, et y demeurait engagée pendant le reste de l'opération. Le père Paciaudi a vu plusieurs de ces médailles antiques, avec le tétragone en creux, et il en publie sept qui n'avaient point encore partfi
Il termine son ouvrage par des observations sur un marbre antique , venu du Péloponèse , qu'il a vu à Venise. Ce marbre gravé représente, à son
(i) On a supprimé dans cette phrase quelques expressions qui sont du secrétaire, ou principal rédacteur du journal.
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avis, un médecin assis, consulté par une femme malade : à quelque distance paraît un serpent sur un arbre , et sur une planche latérale la forme de six instruments à l'usage de la médecine, qui embrassait alors les fonctions de la chirurgie. Ce dessin, dans toutes ses parties, offre un beau champ à l'érudition de l'auteur, dans un ouvrage surtout dédié à un médecin. On pense bien qu'il n'oublie pas l'ancienne querelle , renouvelée de nos jours entre Richard Mead et Midleton, deux savants médecins, l'un de Londres, l'autre de Cambridge, sur l'état des médecins chez les anciens Romains. »Ce dernier soutenait contre son confrère, qu'ils étaient de condition servile; et la Motte, Anglais, mit fin à la querelle , en distinguant quatre sortes d'esclaves (servi) chez les Romains: i® ceux qui étaient pris par le droit de la guerre; i^ ceux qu'on acquérait à prix d'argent; 3** ceux qui naissaient dans les maisons du maître, et s'appelaient vernœ; 4^ ceux qui, étant étrangers, se mettaient eux-mêmes en servitude pour acquérir le droit de bourgeoisie à Rome. Tel était celui qui dans Pétrone dit : Ipse me dedi in servitutem , et malui civis esse Romanus quant tributarius. Or, la premièife et la dernière classe n'étaient pas capables d'avilir une profession qiiifut souvent exercée par des personnes aussi distinguées par leurs dignités que par leur savoir. Jules-Charles Schlaeger a fait l'histoire de cette querelle dans un ouvrage intitulé: Historia litis de medicorum apud veteres Romanos degentium conditione. Helmstad. 1740-