‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 111 sur 115 · DES MÉDAILLES · texte numérisé non relu

DES MÉDAILLES

quarante légions du temps de César. De plus. Galba écrit à Cicéron , Ub. X, Epist. fam. 3o : Antonius legiones eduxit duas, secundam, et quintam trigesiniam. Cicéron parle lui-même dans un autre endroit de cette trente-cinquième légion [Philipp. V, sub fin.). Mais la trentième, dont il est question dans la médaille, était-elle attachée à Antoine? On voit par des lettres de Pollion à Cicéron, en 717, que Lepidus et Antoine le sollicitaient de leur livrer la trentième légion [ibid. 3i , Sa); ce qui fut sans doute exécuté , puisqu'au rapport de Velleius, Plancus et Asinius Pollion livrèrent les troupes à Antoine : Uterque exercitus tradidere Antonio. Cette légion est célèbre dans les monuments pour sa valeur et sa fidélité :ybr^w, valensy fidelis, pia,felix, victrix; elle s'appela encore dans la suite Ulpia , nom qu'elle tira d'Ulpius Trajan. Elle existait donc avant cet empereur : elle avait souffert, et ce prince ou la rétablit à l'occasion de la guerre contre les Daces, ou se l'attacha d'une manière particulière.

Le père Paciaudi remarque ensuite qu'Antoine mettait un vaisseau sur ses monnaies, pour faire sa cour à Cléopatre; et le pavillon arboré sur la proue de celui que porte la médaille, lui fait croire que c'était un vaisseau prétorien. Il a encore cela de particulier qu'il est sans mât, sans antennes et sans voiles; d'où l'on conclut que c'était un vaisseau . de guerre, représenté comme étant sur le point de con;ibattre, parce que l'usage des anciens était de baisser les voiles, et le mât lui-même, avant le

DE MARC- A NTOINli. 2()3

combat. L'auteur profite de cette occasion pour s'expliquer sur les polfrèmes des anciens; c'est-àdire, sur leurs vaisseaux à plusieurs rangs de rames. Celui dont il est ici question, et d'autres, n'en offrent qu'un rang; faut-il en conclure que l'idée des auteurs qui ont admis des rangs de rameurs élevés par étages dans les vaisseaux anciens, est une chimère?

Après ce qu'ont dit sur ce sujet tant de savants depuis Bayf jusqu'à nos jours, le père Paciaudi n'y voit encore que ténèbres, et des difficultés insurmontables, quelque sentiment qu'on embrasse. Cependant, après un mûr examen, il juge plus probable l'opinion de ceux qui croient que les rangs de rames étaient placés par étages les uns audessus des autres. Car, si les médailles d'Antoine, et plusieurs autres, offrent des navires où les rames sont placées horizontalement sur les bords, on en trouve d'autres où l'on voit les rames s'élever les unes sur les autres à différentes hauteurs. Telles sont quelques-unes de Q. Métellus, d'Adrien, de Gordien III, et deux en or de Carausius et d'Alectus, rapportées par Deslandes.

L'auteur en produit aussi une en cuivre du même Carausius, que lui avait montrée Apostolo Zeno , sur laquelle on voit trois étages de rames bien marqués. Et, sans parler de la colonne trajane (i), on

(i) L'auteur, parlaut de la galère prétorieone de Trajan qu'on voit sur cette colonne, dit comme le père de Languedoc, «pi'on peut douter si les rameurs étaient placés sur un même

Page 1