‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 21 sur 115 · LU ÉLOGE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LU ÉLOGE HISTORIQUE

censeurs ; ils reprochent à Barthélémy son cadre , dont ridée, selon eux, n'est ni neuve ni heureuse (VII). Une marche didactique leur paraît préférable, parce qu'elle donne aux idées plus de liaison , et à la vérité plus de poids. Mais pourrait-elle être suivie avec succès dans un plan qui embrasse tout, histoire, religion, philosophie, littérature, arts, usages, etc.? Elle aurait bientôt fatigué des lecteurs accoutumés depuis lonfij-temps à n'exercer ni leur raison , ni leur mémoire , et chez qui l'étude était devenue presque un tourment, au lieu d'une jouissance. Il fallait donc réunir, non-seulement le mérite du style à celui des pensées, mais encore l'illusion à la réalité. C'était un moyen efficace d'intéresser un peuple qui n'a peut-être d'autre supériorité que d'avoir perfectionné l'art de feindre, et d'attacher un masque sur tous les visages ' . D'ailleurs, sous le personnage d'Anacharsis parcourant la Grèce, Barthélémy pouvait dire une foule de choses qu'il aurait été forcé de négliger dans un simple traité; parce que tout étant en action dans un voyage, comme il l'observe très -bien, on y permet des détails interdits à l'histoire. En adoptant un autre plan, il était impossible de prêter de l'intérêt à des matières épuisées, et sur lesquelles même on s'était déjà trop exercé. Il n'aurait pas été moins difficile d'y conserver le ton et la marche qu'il avait pris dans son introduction; et pourtant ce superbe propylée ne décore ni une masure, ni un bâtiment mesquin. C'est, au contraire, l'entrée

(i) Vôyago d'Anacharsis, chai). 58.

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