‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 33 sur 115 · LXX P I F C E S · texte numérisé non relu

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qui avait puisé la plus grande partie de son Essai, dans des notes manuscrites rassemblées par Barthélémy sur ce qui le concernait. Je l'y avais engagé; et le lui ayant rappelé peu de temps avant sa mort, il me répondit: « J'ai jeté sur le papier quelques légères réflexions sur ce « que j'ai fait, mais très-superficiellement ; car je m'aper- « eus bientôt que je ne méritais pas de m'occuper de « moi. Je ne sais même si je n'ai pas brûlé ce ftiible essai. » 11 m'a été communiqué, j'en ai fait usage et cité même des fragments. On ne doit pas être étonné si je rapporte en trois ou quatre endroits des détails peu différents de ceux dans lesquels M. tle Nivernois est entré,- du reste, dans cet éloge, je n'ai parlé du Voyage du jjiine Anacharsis , du moins en grande partie, que d'après ce que j'en avais dit moi-même dans les numéros 43 et 44 flu Journal général de France^ ^7^9- C*^s articles étaient le fruit d'une lecture suivie et réfléchie de cet ouvrage: j y ai ajouté seulement quelques réflexions que j'ai faites depuis, ou entendu faire par des hommes éclairés.

Il a publié jusqu'à cinq alphabets de Phénicie.

Le premier alphabet phénicien que Barthélémy a publié, est tiré de l'insciiplion de Malte et des médailles de Phénicie; le second, des médailles de Sicile; le troisième, des Inscriptions de Chypre, rapportées par Pococke; le quatrième, du monument de Carpentras, et le cinquième, d'une nouvelle inscription trouvée à Malte. Les quatre premiers se trouvent dans les volumes XXX et XXXII du Recueil de F académie des Belles-Lettres, et le dernier dans le Journal des Savants, décembre 1761. Barthélémy parle de celui-ci dans une note manuscrite,

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en ces termes: « Vers le mois d'août 1761, on décou- « viit à IMalte une petite caverne, t)u se trouvait un ca- « davre et une inscription grossièrement taillée dans le « roc, en une espace de sept pouces de hauteur, et de <■ onze de large. L'ouvrier qui tut chargé de la détacher « du rocher, en la cernant, la rompit et la partagea en « deux fragments, dont j'acquis dans la suite le pluscon- « sidérable, pour le cabinet des Antiques. 11 y manque « à la lin tle chaque ligne une ou deux lettres, qui se '< trouvent dans les copies qu'on avait tirées de l'inscrip- « tion avant cet accident. »

.... qu'avoir raison avec lui.

Le docteur Maty écrivait, le 9 janvier 1767, a Barthélémy, au sujet de sa tlispute avec Swinton, en ces termes: « Notre président, le comte de Morton, a déjà « lu une partie de l'exemplaire , que je lui ai remis, et «admire, conmie moi, et les grâces que vous savez « donner au sujet qui s'y refuse le plus, et surtout la '< modération dont vous donnez l'exemple à un adver- « saire qui y paraît si peu disposé. Je n'ai gardo* déjuger « du fond de la dispute; mais je sais bien, après la lec- « ture des pièces, que j'aimerais mieux me tromper avec « vous, qu'avoir raison avec lui. Il n'y aurait pas grand « risque, et ce serait peut-être la première fois que la «vérité se serait mise i]n coté des passions et des mau- « vais procédés. N'en prenez point occasion de juger défa- « vorablement notre pays, mais plutôt venez juger vous- « même combien l'on y est sensible aux droits de l'hu- « manité, aux charmes de l'éloquence, et au triomphe « du savoir et de la vertu. C'est l'impression que j'ai moi-

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'< même retenue des instants trop passagers que j'eus le « bonheur de passer avec vous chez M. de Foncemagne. »

.... Barthélémy ne cessait de le répéter.

« Que de gens , écrivait Malesherbes à son ami Barthé- « lemy, ont autant connu de gens de lettres que moi! je « ne vous dirai pas que vous soyez le premier savant (il « faut dire le premier sage) à qui j'ai entendu dire de « bonne foi, et avec candeur, Le succès a passé mon espé- « rance; mais vous êtes le second. Le premier est le cé- « lèbre Gessner, l'auteur du poème d'Abel.

« Il me parla, lorsque j'étais à Zurich, de la gloire avec « tant de raison, et si peu d'exagération de modestie, « qu'il n'était pas possible que ce ne fut un sentiment « vrai.

« Ce peu de mots qu'il me dit firent sur moi une im- « pression profonde ; et si le jeune Anacharsis avait ren- « contré eu Grèce un sage de ce caractère, son portrait '< aurait très-l)ien figuré avec celui des autres.

« Je ne suis pas surpris que vous n'ayez qu'un empres- « sèment modéré pour l'Académie Française; la représen- « tation théâtrale des réceptions ne va pas avec votre « modestie, et les laui^iers qui y sont donnés par ce qu'on .< appelle le public, qui n'est cependant qu'une société « de beaux esprits, ne sont pas bien flatteurs pour celui « qui a recueilli, comme vous, les suffrages unanimes de « la nation, qui seront bientôt ceux de toute l'Europe •c savante. Mais l'Académie a grande raison de vous dé- « sirer avec la plus grande ardeur, et vous ne pouvez pas « vous y refuser. >» A "Verneull, le 29 janvier 1789.

JUSTIFICATIVES. LXXIH

.... dans les principales langues de l'Europe.

La première traduction du Voyage d' AnacJiarsis est l'allemande, commencée par M. Jenisch, et finie par Biester, bibliothécaire du roi de Prusse. Elle a paru en

1790, et a eu trois éditions. La seconde de ces traductions est l'anglaise: Travels of Jnacharsis, etc. Londres,

1791, sans nom de traducteur, chez Robinson. Les Italiens n'ont en leur langue qu'un assez long abrégé de cet ouvrage, en trois volumes in-12, publié à Pise en 1791, par M. Fabroni. On est étonné qu'un homme d'esprit et de goût, comme cet écrivain, se soit déterminé à faire perdre, par une pareille rédaction, une grande partie des charmes et de l'instruction qu'on trouve dans le Voyage cV Anacharsis ^ sous le prétexte frivole que les dames italiennes n'aiment pas beaucoup la lecture: e aile nostre donne italiane che non amano molto la lettura. (Lettre à Barthélémy, du 9 septembre 1791.) Il en connaissait néanmoins tout le mérite; et dans une lettre adressée à Barthélémy, qui est à la tête de l'éloge du savant père Lupi (i), Fabroni s'exprime sur ce voyage en ces ternies : Quod vero illo non evuditissiinis modo viris , sed etiani Us qui minime sunt in litteris versati^ voluerit essefamiliaris, omnesque allicere reruni copia, serdentiai unique veritate; modo narrans tractu orationis leni et œquabili, modo addens narrationi majoreni sonuni vocis, modo expediiam ac projluenteni quodatnm.odo adhihens celeritatein , modo augens res ipsas exorna-

(i) Auteur Je quelques ouvrages d'érudition, entre autres de savantes et judicieuses observations sur l'épitaphe de S. Sévère, martyr, publiées a Palerme, en 17 34:. in-fol.

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