DE S. T. BARTHÉLÉMY. XCV
Les salles du palais de Portici sont encore plus intéressantes, et fixèrent souvent l'avide curiosité des observateurs. On y a rassemblé les antiquités d'Herculanum et de Pompéia. C'est là qu'on voit une immensité de peintures, de statues, de bustes, de vases, d'ustensiles de toute espèce : objets infiniment précieux et attachants, les uns par leur beauté, les autres par les usages auxquels ils étaient destinés; mais en même temps on remarquait douloureusement, et avec une e^^ce de honte , l'abandon où étaient restés , dans cette admirable collection, les quatre ou cinq cents manuscrits trouvés dans les souterrains d'Herculanum. On en avait déroulé deux ou trois dont*l« savant Mazocchi donna l'explication. Ils ne contenaient rien d'important, et on se découragea. Mais Barthélémy ne se décourageait point. Il sollicita sans cesse , il intrigua presque , pour engager les possesseurs du trésor à en prévenir la perte. Il se croyait même à la veille d'y réussir quelqu^ie «années après, lorsque ce beau et utile projet échoua par la mort du marquis Carraccioli , alors ministre à Naples, qui s'en occupait avec intérêt.
Nous venons de voir l'abbé employant l'intrigue si étrangère à son caractère. Nous Talions voir employant la fraude ; et nous applaudirons justement à l'une comme à l'autre.
Il désirait passionnément de pouvoir présenter aux savants de France qui s'occupent de la paléographie, un échantillon de la plus ancienne écriture employée dans les manuscrits grecs. Il s'adressa au docte Mazocchi son ami , et à M. Paderno , garde du dépôt de Portici. Mais tous deux lui répondirent qu'ils avaient