‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 79 sur 115 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

JLiES ombres de la nuit s'éloignaient à peine; déjà le soleil blanchissait les airs, et déjà les victimes de la vengeance de Minos voyaient renaître le jour et leurs malheurs, lorsque le commandant de l'escadre fit appeler les autres chefs, et descendit avec eux dans la prison. A leur aspect, ces malheureuses captives crurent toucher au moment qui devait terminer leur sort : éperdues et tremblantes, elles se précipitaient de tous côtés avec des cris lamentables , comme si cette fuite inutile eût pu les arracher à leur destinée : Carite immobile se tenait appuyée languissamment. Polydore n'était plus à ses genoux : la crainte d'être découvert l'empêchait même de lever les yeux sur son amante.

Les Cretois reconnurent avec surprise qu'on avait passé le nombre fixé par les conditions de la paix, et Philoclès l'un d'entre eux , qui avait présidé à l'embarquement, cherchait en vain à dévoiler ce mystère, quand l'Amour ou quelqu'autre dieu favorable qui veillait peut-être pour Carite, rendit tout à coup le chef des Cretois accessible à la pitié. Ce barbare , qui avait porté la désolation dans toutes les familles de l'Attique , qui avait même ar-

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