‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 96 sur 115 · CHANT III · texte numérisé non relu

CHANT III

Sa voix appelle avec émotion

Tintin, Mimi, Mariane, Angélique.

Aux cris perçants la sonnette répond.

On vient, on court en chemise, en jupon :

Flambeaux en main , ces ombres fortunées ,

Près de Philis par l'amour entraînées,

Jettent sur elle un avide regard.

Poussent au loin draps , rideaux , couverture ,

Cherchent partout, mais cherchent au hasard.

Un beau désordre est un effet de l'art 5

Il est plus beau s'il vient de la nature.

A la faveur du nouveau jour qui luit Dans la forêt la puce prisonnière Veut s échapper, et Mimi la pouisuit Les doigts levés : cette jeune guerrière , Le jour, la nuit, plus de cent et cent fois S'est signalée en de pareils exploits.

Au premier choc elle prend Sauterelle, Et sur-le-champ la brûle à la chandelle. Triste témoin de ce spectacle affreux , Le héros saute hors de la citadelle , Bondit , voltige , escarmouche , étincelle , Saute à ti;avers et les bras et les feux , Mord en courant la belle Mariane, Pince Angélique , égratigne Tintin ; Mimi l'attaque, et déjà sur son sein Elle a reçu la piqûre profane.

Cinquante doigts levés contre ses jours N'arrêtent point de ses fureurs le cours. Et tous ces doigts qui s'avancent, reculent. Qui tour-à-tour se pincent ou se brûlent ,

l'jlx LA CHANTELOUPÉE.

De Sallsson animent le transport.

Mais à la fin , par un dernier effort ,

Philis riant à gorge déployée.

D'un tour de main le prend <à la volée ,

Et sans pitié le condamne à la mort.

Notre héros , prêt à subir son sort ,

La regardait, plus touché de ses charmes

Que des tourments qu'il va bientôt souffrir,

Et lui disait, en répandant des larmes:

Eh quoi ! c'est vous qui me faites mourir !

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