CHANT III
Sa voix appelle avec émotion
Tintin, Mimi, Mariane, Angélique.
Aux cris perçants la sonnette répond.
On vient, on court en chemise, en jupon :
Flambeaux en main , ces ombres fortunées ,
Près de Philis par l'amour entraînées,
Jettent sur elle un avide regard.
Poussent au loin draps , rideaux , couverture ,
Cherchent partout, mais cherchent au hasard.
Un beau désordre est un effet de l'art 5
Il est plus beau s'il vient de la nature.
A la faveur du nouveau jour qui luit Dans la forêt la puce prisonnière Veut s échapper, et Mimi la pouisuit Les doigts levés : cette jeune guerrière , Le jour, la nuit, plus de cent et cent fois S'est signalée en de pareils exploits.
Au premier choc elle prend Sauterelle, Et sur-le-champ la brûle à la chandelle. Triste témoin de ce spectacle affreux , Le héros saute hors de la citadelle , Bondit , voltige , escarmouche , étincelle , Saute à ti;avers et les bras et les feux , Mord en courant la belle Mariane, Pince Angélique , égratigne Tintin ; Mimi l'attaque, et déjà sur son sein Elle a reçu la piqûre profane.
Cinquante doigts levés contre ses jours N'arrêtent point de ses fureurs le cours. Et tous ces doigts qui s'avancent, reculent. Qui tour-à-tour se pincent ou se brûlent ,
l'jlx LA CHANTELOUPÉE.
De Sallsson animent le transport.
Mais à la fin , par un dernier effort ,
Philis riant à gorge déployée.
D'un tour de main le prend <à la volée ,
Et sans pitié le condamne à la mort.
Notre héros , prêt à subir son sort ,
La regardait, plus touché de ses charmes
Que des tourments qu'il va bientôt souffrir,
Et lui disait, en répandant des larmes:
Eh quoi ! c'est vous qui me faites mourir !